‹ Numismatique D'alexandre Le Grand - Vol IIChapitre 27 sur 32 · CO) OL · texte numérisé non relu

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nom de philippe fut employé dans le temps suivant des slatères en cours dans les pays grecs, et devint plus tard la dénominalion commune des monnaies d’or chez les Grecs et les Romains *, d’où l’on peut conclure que cette monnaie fut frappée en grand nombre et devint très répandue; aussi le statère no { a été trouvé en grande quantité, de sorte qu'on peut le regarder comme la plus commune des pièces d’or qui nous ont élé conservées de l'antiquité. On ne peut non plus douter que les didrachmes nes 7 et 8 ne soient frappés par Philippe IE, lorsqu'on prend en considération le syslème monétaire auquel ils appartiennent, l’analogie entre les signes de ces monnaies et des statères, le grand nombre qui en existe et les pays où ils sont trouvés. De tout temps on a aussi reconnu que ces monnaies appartiennent à Philippe I. Il n’en est pas ainsi des autres.

Dans les deux siècles précédents les numismatistes aimaient à attribuer à Philippe II autant de monnaies que possible. C’est ainsi qu’ordinairement les pièces d'or et d'argent de Philippe HI CArrhidée) aux types d'Alexandre, souvent même quelques-unes des monnaies de Philippe V, furent rapportées à Philippe If, et que lon n’attribuait à Philippe I que quelques pièces de bronze. ?

5 Des passages justificatifs chez les anciens auteurs sont cités par Eckhel

Doctr, n. v. IT p. 90. |

Ce n’est que chez quelques-uns des numismatistes des temps passés que Île

statère se trouve attribué à Philippe IE (cfr Eckhel Doctr. n, v. IT p.94) et

le didrachme n° 8 à Philippe V (p. e. dans Thes. Brandenb. I p. 248 et dans

Gessner Num. regum Maced.).

7 Voyez les ouvrages suivants. Beger Thes. Palatinus p.115. Thes. Brandenb. p. 235, 236 et 238. Liebe Gotha num. p. 3-4. Gessner Num. regum Maced. tab, [IL Wachter Archæol. num, p.63. Mus. Pembrock. I tab, 2, IT tab. 51-52. Pellerin Rois p 7-10. On trouve cependant déjà dans Harduin Chron. Vet. Test. Op. sel. p. 574, dans Mus, Theupoli p. 1216 et dans Frælich Not. elementaris p. 140 quelques pièces d'or et d’argent aux types d'Alexandre et au nom de Philippe attribuées à Philippe IL On peut regarder comme reconnu de tous que ces dernières appartiennent à ce roi et non à Philippe 11; les preuves sont alléguées chez Eckhel Doctr. n. v. If p. 92-94.

Eckhel qui fraya une nouvelle roule dans la numismatique retrancha le nombre des monnaies de Philippe Il et ne donna à ce roi que le slatère et les deux didrachmes que nous venons de nommer; pour les petites pièces d’or nos 3-6, les pièces d'argent ordinaires nes 14-15 et les pièces de bronze nes 22- 23, il les crut appartenir à Philippe IILS Son opinion prévalut jusqu’au dernier temps. Sestini n’altribua non plus à Philippe Il que les mêmes trois grandes monnaies et rapporta à Philippe HI, outre les mêmes que lui avait données Eckhel, encore les pièces d’argent nes 9 et 17 et les pièces de bronze nes 24, 27 et 28.° Visconti différa des précédents en supposant que les pièces d'argent nes 12 et 15 et la pièce de bronze ne 23 fussent de Philippe IV, fils de Cassandre. © Eckhel et Seslini ont été suivis dans l’ouvrage de Mionnet; on y trouve aussi les pièces d'argent nes 11, 12 et 21 classées à Philippe III !!, et quelquesunes des pièces en bronze nes 27 et 28 à Philippe V. D’après Eckhel, Sestini et Mionnet il est devenu d’usage de ranger toutes ces monnaies à Philippe IT; c’est sous ce roi qu’on les trouve ordinairement dans les collections et les catalogues. Dans le dernier temps on a pourtant commencé à s'éloigner de ce système. Dans le Muséum de Payne Knight? le ;1, de statère, le diobole no 14 et la pièce de bronze ne 22 sont rangés à Philippe IL M. Lenormant dans son ouvrage cité a fait observer que quelques-unes des pelites pièces d’or peuvent appartenir à Philippe IL #%; il donne à’ce roi le triobole no 12 ainsi que le no 11, quoique non sans quelque doute ©, et il suppose que

8 Doctr. n, v. Il p. 114.

3 Voy. les passages des œuvres de Sestini cités dans les notes à ces nos Ç 1.

10 Iconographie gr. II p. 59-63.

11 Voy. les notes ajoutés à ces nos Ç 1. 12 Pag. 76-77.

15 Savoir les 1, 1 et !, de statère. Selon M. Lenormant le demi-statère doit plutôt être rapporté à Philippe IV, fils de Cassandre, parce qu'un lion se trouve sur les monnaies de ce prince. Num. des rois gr. p. 32 ad pl. X VIE, 17.

14 L, c. p. 20 ad pl. XIE, 16; 15 L, c. p. 33 ad pl. XVIT, 20,

quelques-uns des dioboles nes 14 et 15 et les pièces de bronze nos 22 et 23, surtout les dernières, soient à attribuer à Phi- : lippe I, IV et V.5 Enfin, M. Leake dans son ouvrage qui vient de paraître, Numismata bellenica, a classé les dioboles nos 14-16 et les pièces de bronze ne 22-23 sous Philippe II.

La raison principale par laquelle après Eckhel on n’attribuait pas ces monnaies à PhilippelÏl, mais à Philippe IN et 1V, doit être cherchée dans la manière de considérer la tête sur les monnaies ordinaires d’argent et de bronze, nos 14, 15, 22 et 23, en la regardant comme le portrait d’un prince orné du diadème royal. Celle tête ne pouvait représenter Philippe Il parce qu’elle n’offrait jamais les traits d’un homme avancé en âge, parce que le diadème royal ne fut introduit que par Alexandre le Grand, et que ce ne fut en général qu'après Alexandre qu’il devint d'usage de placer la tête “d’un roi sur les monnaies; mais celte têle convenait à Philippe Arrhidée (ID et à Philippe fils de Cassandre (IV) qui moururent jeunes tous les deux. Eckhel et Sestini, n'ayant pas observé que plusieurs de ces têtes fussent munies de cornes, ou n’ayant attaché aucune importance à celle circonstance, en restèrent à Philippe IT. Visconti, regardant comme peu probable que ce faible roi püût être le premier dont le portrait fût placé sur les monnaies, et trouvant singulier qu’elle ne fût mise que sur les petites pièces d'argent et de bronze, préféra Philippe fils de Cassandre qui, en donnant à sa tête la place sur les monnaies qui avait été auparavant réservée aux dieux, ne faisait que suivre l'exemple des puissants diadoches, et qui, selon lui, n’avait fait frapper que ces petites monnaies. Il regardait les cornes comme des cornes de bouc que ce prince avait fait placer sur le diadème comme un emblème des rois macédoniens, à limitation de’ Démétrius Poliorcète. Contre ces savants il faut faire observer,

16 4, c. p. 33 ad pl. XVIT, 21-22.

qu’en général ces têtes n’ont pas le caractère de portraits, que sur les monnaies des rois précédents de Macédoine on trouve une tête pareille entourée d'un bandeau qui ne peut étre et qui n’a jamais été prise pour un portrait, qu'un bandeau est un ornement connu de dieux et de héros, et que, d’après ce qui a été exposé dans le $ précédent (p. 342-435), il y a lieu de regarder la tête cornue comme celle du dieu Strymon.ff Ayant ainsi commencé à attribuer à Philippe Arrhidée des monnaies à types propres, différents de ceux d’Alexandre, on fut aisément tenté à en ajouter plusieurs ressemblant à celles-ci et à Ôler par-là à Philippe Il toutes les petites espèces de monnaies. 1

Quelques remarques serviront à montrer préalablement ce qu'il y a d’invraisemblable à regarder les monnaies en question comme émises plutôt par Philippe IIT ou IV que par Philippe il. Les dioboles nes 14 et 15 et les pièces de bronze nos 22 et 23 existent en très grand nombre et offrent beaucoup de signes différents dont aucun n'indique un lieu d’émission hors de la Grèce. Si ces monnaies avec les autres petites espèces sont attribuées à Philippe HT, outre les nombreuses monnaies d’or et d'argent aux types d'Alexandre qu'on peut regarder avec certilude comme frappées sous lui et de même

17 La corne doit être regardée comme une corne de taureau naissante, non comme une corne de bouc; elle diffère entièrement des cornes de bouc avec lesquelles Philippe V est représenté sur les deniers romains frappés par L. Philippus de la famille Marcia. |

18 Lorsque, comme une raison pour rapporter le + de statère à Philippe II, Eckhel (Doctr. n. v. p. 114) en relève la ressemblance avec les + de statère d'Alexandre le Grand, il faut observer que sur le droit on ne trouve pas la tête de Minerve propre aux monnaies d’or Alexandre, mais la tête d'Hercule, laquelle, comme aussi le type au B., se voit souvent sur les monnaies des rois macédoniens avant Philippe IE : Visconti (Iconogr. gr. II p. 62). motive l'attribution du triobole n° 12 à Philippe IV en avançant que le cavalier au B. est le même que sur les monnaies de Cassandre; mais c’est évidemment le même cavalier qui est représenté sur le didrachme de Philippe II no 8.

selon les signes pour la plupart en Grèce, la grande quantité des monnaies et la mulliplicité des signes deviennent disproportionnées à la courte durée du règne de Philippe Ill qui n’élait que de 6-7 années. Le grand nombre de ces monnaies convient encore moins à Philippe fils de Cassandre qui ne régnait que pendant quatre mois. Il est même incertain si ce prince a batiu monnaie; il n’en existe point de son frère Antipater qui était pourtant plus longtemps en possession du pouvoir royal, et les monnaies qu’on attribue au troisième frère Alexandre ne sont pas, du moins pour la plupart, frappées par lui. Le règne de Philippe Il qui se continuait pendant 23 ans offre au contraire un espace de temps qui suffit pour un monnayage d’une si grande étendue. IL faut encore observer qu'il existe de Philippe IT des drachmes, des trioboles et des oboles aux types d'Alexandre le Grand ®Ÿ, et qu’il y a aussi des pièces en bronze aux types de ses prédécesseurs qu’on doit lui attribuer (voyez ci-dessous $ 6). Mais si les monnaies que nous venons de nommer ne sont pas de Philippe IE il n’y a que des statères et des didrachmes qui puissent lui être attribués, et il faudrait donc supposer que pendant son long règne Philippe Il n'eût pas frappé de petites pièces d’argent et point de monnaie de bronze, quoique ses prédécesseurs et ses successeurs en Macédoine eussent frappé l’une et lautre espèce.

Un examen des types, des signes et du poids fera voir, que les monnaies d'or et d'argent dont il s’agit et un grand nombre au moins des pièces de bronze ne sont pas frappées par Philippe IT, mais doivent être rapporlées à Philippe I.

Pour ce qui regarde d’abord les monnaies d’or et d'ar-

19 Voy. les monnaies d'Alexandre p. 21-28.

20 Voy. plus bas 66. Les drachmes sont aussi communes que les dioboles en question et forment l'espèce de monnaie qui dans le système attique correspondait aux dioboles dans l'éginétique, voy. p. 358.

gent, les types en sont presque tous pareils à ceux sur-les stalères et les didrachmes de Philippe Il ou sur les monnaies de ses prédécesseurs. Parmi les types des monnaies d’or la tête d’Apollon (sur les nos 2 et 6) est identique avec celle sur le droit du statère ordinaire. La tête d’'Hercule (sur les nes 3-5), le lion à mi-corps (sur le no 3) et la massue avec l’arc (sur le n° 4) se retrouvent sur les monnaies des rois précédents, comme aussi le cavalier galopant (sur le ne2), à la vérité non sans vêtement mais sans doute d’une signification pareille (voy. p. 346). Les divers types sur le [:. des + et 3 de statère sont tous les mêmes qui se rencontrent comme signes sur les statères et les didrachmes et, de même que ceuxci, probablement des symboles de villes (voy. p.348). Parmi les monnaies d’argent, la drachme, le tétrobole et les trioboles ont sur le droit la même tête d’'Hercule que les précédentes, et sur le K. un cavalier qui est le même que sur les didrachmes et le statère no 2 ou peu différent. Les dioboles ont tous au K}+, le même cavalier que sur le siatère no2 dont nous venons de parler. Quant aux têtes qui occupent le droit des dioboles, on trouve une jeune têle entourée d’un bandeau aussi sur les monnaies des rois précédents. La tête d’Apollon est une répétition de celle sur les pièces d’or.?! La tête cornue ne se rencontre pas avant le temps de Philippe Il; les monnaies de Patraüs, roi de Péonie, font cependant conclure qu’elle a élé déjà introduite par Philippe If, non plus tard par Philippe IT. Les Péoniens étaient moins civilisés que les Macédoniens et ce fut par lintermédiaire de ces derniers qu’ils recevaient les usages et les arts de la Grèce; les monnaies macédoniennes étant en cours chez eux et Philippe IT ayant mis Patraüs dans une dépendance politique, il était naturel que

21 La tête de Diane sur le no 17 ne se trouve pas sur les monnaies des autres rois de Macédoine ni des précédents ni des suivants; mais la conformité de ce diobole avec les autres à l’egard du revers, de la fabrique et du poids: ne permet pas de douter qu'il n’appartienne à Philippe El.

l'empreinte monétaire de ce roi fût influencée par celle du roi de Macédoine. On trouve sur les didrachmes et les dioboles de Patraüs une tête d’Apollon et une tête entourée d’un bandeau qui sont évidemment des imitations de celles sur les monnaies de Philippe; de même la jeune tête cornue a été transportée de celles-ci sur les trioboles de Patraüs *, Ce roi étant contemporain de Philippe Il, non de Philippe HI, c’est donc sous le premier que doit avoir commencé la fabrication des monnaies à la têle cornue, non sous le dernier. — Le trihémiobole a le même droit que le diobole no 14 et le même revers que le triobole no 11. Les oboles nes 19 et 20 portent la même tête au droit; le cheval à mi-corps et la tête de cheval au K. se trouvent sur les monnaies des rois précédents. ?1 L’obole ne 21 a les types de commun avec l’un des 4 de statère. — Tous les types des pièces d’or et d’argent dont nous avons traité différent de ceux d’Alexandre le Grand ou ne sont pas employés aux mêmes espèces de monnaies que ceux-ci. S'ils étaient du règne de Philippe HE, il devait s'être opéré sous ce toi un grand changement du monnayage, ce qui est peu vraisemblable. Philippe Arrhidée n’était roi que de nom; les généraux d'Alexandre étaient les vrais maîtres des différentes parties de la monarchie, et jusqu’à ce qu’ils eussent suffisamment consolidé leur pouvoir ils devaient, à ce qu’il semble, attacher de l'importance à faire voir, aussi par les formes et les signes extérieurs du gouvernement, que c'était encore l’empire d’Alexandre qui se continuait. Les monnaies d'or et d'argent qui sans aucun doute sont frappées sous Philippe IT ont les mêmes

2% Ayant au B. un sanglier à mi-corps, Quelquefois ces pièces de Patraüs ne sont pas assez complètes pour que la corne soit visible; il s'en trouve dans le musée britannique un exemplaire distinct. Les monnaies d'argent péoniennes sont aussi du poids éginétique, quoique celui-ci soit un peu plus bas que dans les macédoniennes.

23 Voy. Bulletino dell’ inst. archeol. di Roma 1833 p.153s., Lenormant dans Num. des rois gr. p. 11-12.

% Voy. Mionnet S. IL p.178 nos 21-23, Num. des rois gr. pl. VITE, 5 et 10.

types que celles d'Alexandre le Grand, el nous avons exposé plus haut (p.50 s.) que la fabrication de monnaies qui ont el le nom 'et les types de commun avec celles d'Alexandre à été continuée après sa mort.

Ce qui est encore de plus de poids, c'est la conformité qui existe entre les signes sur les monnaies -en question el ceux sur les statères et les didrachmes de Philippe ll, et de l’autre côté la non-conformité qui a lieu entre ces signes et ceux sur les monnaies certaines en or et en argent de Philippe IL (aux types d'Alexandre le Grand). Sur les pièces d’or on renconire douze différents petits iypes de villes qui se répètent tous sur les statères et les didrachmes de Philippe I. Aussi les mêmes marques de personnes que sur ceux-ci sont quelquefois ajoutées; ainsi les signes qui sont joints sur les 4 de statère, ZA et le trident (voy. la table ne 69), M et le canthare (no 114), À et l’abeille (no 193) se rencontrent également sur les stalères; mais on ne trouve pas ces signes ensemble sur les monnaies de Philippe HT. D'ailleurs sur celles-ci quatre des signes de villes, le trident, le canthare, la lune et la pétoncle, manquent entièrement. Les signes associés sur les trioboles, le foudre et AH (ne 17), le fer de lance et IM (no 172), se trouvent ensemble sur les didrachmes de Philippe Il, mais non sur les monnaies de Philippe IT. Aussi les signes des dioboles renvoient évidemment à PhilippeIl. Les signes de villes sur ces pièces, au nombre d'environ vingt-deux, se rencontrent presque tous sur les statères ou les didrachmes de Philippe IL, mais il ne s’en trouve que six sur les monnaies de Philippe HT. Des signes de villes et de personnes qui sont réunis sur les dioboles se retrouvent de même ensemble sur les statères et les didrachmes du premier, non sur les monnaies du dernier, p. e. N et x avec le foudre (nes 12 et 15), AN avec

5 À la seule exception des trois incertaines (nos 139, 262 et 271) qui ne se trouvent non plus sur les monnaies de Philippe III.

nl

la feuille de lierre (ne 144), PF, À, À et T avec la couronne (nos 227-230). En comparant enfin le trihémiobole et les oholes avec les didrachmes de Philippe IT de l’un côté et avec les monnaies d’or et d'argent de Philippe IT de lautre, on verra que les initiales HM (v. ne 298) et la branche (v. no 244) se trouvent sur ceux-là, non sur celles-ci. Dans le suivant il sera démontré qu'il existe de Philippe IT un nombre considérable de monnaies (aux types d'Alexandre) frappées en Grèce qui offrent différents signes, ordinairement le signe d’une ville uni à celui d’une personne; de tous ces signes il n’y a pas une seule paire qui se rencontre sur les monnaies dont il est queslion, et plusieurs des symboles de: villes y manquent entièrement. On voit ainsi par les signes, que les monnaies dont nous traitons ici sont frappées dans les mêmes villes et en partie par les mêmes personnes que les monnaies incontestables de Philippe IT, mais que les monnaies sûres de Philippe HE n’ont pas été frappées dans beaucoup de ces villes, ou du moins pas par les mêmes personnes; il est évident que ceci fournit une preuve aussi forte en faveur de Patiribution de ces monnaies à Philippe Il que contre leur attribulion à Philippe HE.

Une raison spéciale pour attribuer les monnaies d’argent à Philippe IT est dans leur poids. Nous avons déjà fait observer que les didrachmes de Philippe Il, ainsi que les monnaies d’argent de ses prédécesseurs, sont frappées d’après le système éginétique, et qu’Alexandre le Grand introduisit le système altique, auquel s’accordait déjà la monnaie d'or de Philippe I, aussi pour la fabrication de la monnaie d’argent; c'est d’après le système attique que sont frappées les monnaies d'argent de Philippe IT aux mêmes types et-ensuite celles des rois suivants. 5 Mais toutes les monnaies d’argent en question for-

6 Il faut pourtant observer qu’il existe quelques dioboles aux mêmes types el du même poids que ceux de Philippe If, qui semblent être frappés sous Lysimaque à (Cardia-)Lysimachia, voy. Sestini Lett. di cont. VIN, p. 11, Num. des rois gr. pl. V, 13.

ment des fractions (telles que nous avons nommées $ 1) du didrachme qui était l’espèce principale du système éginétique, tandis qu’elles ne s'accordent pas avec le systéme attique d’aprés lequel le tétradrachme était la monnaie principale. Selon ce qui a été remarqué plus haut (p.357) on ne saurait supposer que Philippe III qui n’était roi que de nom, ou les généraux d'Alexandre qui régnaient à sa place, eussent remis en vigueur le système éginétique aboli par Alexandre. Il est certainement très invraisemblable que ces pièces d’argent soient à attribuer à Philippe HE qui frappait monnaie d’après un autre système, el d’après celui-ci aussi des drachmes, des trioboles et des oboles *7, plutôt qu’à Philippe Il au système monétaire duquel elles conviennent et dont sans cela on n’aurait pas des espèces de, petit module,

Quant aux monnaies de bronze no 22-24, les types en sont les mêmes qui se trouvent sur les pièces d’or et d’argent. Les signes, dont il ne paraît le plus souvent qu’un seul sur ces monnaies, sont aussi en grande partie les mêmes que ceux sur les statères et les didrachmes. Sur les pièces les plus communes, nes 22 et 23, on trouve 32 petits types et à peu près autant de monogrammes ou lettres isolées ; des types on retrouve la plupart sur les statères et les didrachmes de Philippe IL, tandis qu’il n’en paraît qu'un liers sur les monnaies d’or et d’argent de Philippe IT; des monogrammes on rencontre plusieurs, au nombre desquels il faut remarquer AN qui est assez souvent ajouté à différents signes de villes sur les monnaies de Philippe IT, mais qui n’est pas placé sur celles de Philippe HI. Les pièces du no 24 portent six différents pelits types qui se trouvent tous sur les statères et les didrachmes de Philippe IH, mais dont il n'y a que deux sur les monnaies de Philippe H; parmi les lettres et monogrammes sur ces pièces, qui se retrou-

77 Voy. plus bas & 6.

vent de même tous sur les monnaies de Philippe ll, il y a un À deux fois répété (v. ne 277) qu’on ne rencontre pas sur celles de Philippe IT. Mais tandis que, d’après notre opinion, les pièces d’or et d'argent allribuées dans le précédent à Philippe IL n’ont été répétées par aucun des rois suivants du nom de Philippe, il en est autrement des monnaies de bronze. On verra par le $ 6, qu’il existe des pièces en bronze aux mêmes types, dont quelques-unes ne peuvent être frappées par Philippe IT et dont d’aulres doivent avec plus de raison étre attribuées à Philippe IT, et que peut-être en général des monnaies de bronze à iypes correspondants ont été frappées par les rois suivants. Pour beaucoup de ces monnaies il est impossible de décider, si elles appartiennent à Philippe Il ou aux rois suivants; sur les tables de Philippe Il nous n’avons adopié que les pièces qui portent les mêmes signes que les monnaies d’or et d'argent, soit deux signes associés, soit un signe de ville seul.*°

Il est possible qu’aussi des monnaies de bronze offrant les types décrits à la fin du $ précédent sous les nes 25-28 aient été frappées sous le règne de Philippe I; car les types? et les signes de villes sont les mêmes que ceux sur les monnaies d’or et d'argent. Mais comme les signes, qui sont peu nombreux *, se trouvent aussi sur les monnaies des rois suivants du nom de Philippe, et que les types peuvent aussi avoir élé employés par ceux-ci, l'attribution de ces monnaies à Philippe I est douteuse. Par cetle raison elles n’ont pas été prises en considération pour les tables des monnaies de Philippe IT, mais les signes qu’elles portent sont notés sur la table qui offre un

28 Nous avons cru devoir exclure les pièces qui portent une marque de personne qu'on ne rencontre pas sur les autres monnaies de Philippe, bien qu'elles aient le signe de ville de commun avec celles-ci.

29 À la seule exception du cheval libre sur le n° 26, mais celui-ci se trouve sur les monnaies des rois précédents de Macédoine et se voit à mi-corps sur l’obole no 19.

30 Cfr p. 339 notes 26-28.

coup d'œil général sur les signes de villes communs aux monnaies des différents rois sous la rubrique E.

Pour la fabrique les monnaies que nous avons traitées correspondent en général aux statères et aux didrachmes de Philippe Il. Les pièces en or et en bronze, les dioboles et les oboles rapprochent plus des statères, les autres pièces. d’argent plus des didrachmes qui sont le plus. souvent d’un travail grossier (cfr p.349); ces derniers diffèrent par-là des statères et des monnaies d’argent de Philippe IT, dont l'exécution artistique est généralement plus légère ou plus belle.

Dans quels pays et villes doit-on supposer, d’après les relations historiques, que les monnaies de Philippe II aient été frappées sous son règne ?

Ce fut à des conditions différentes que les peuples et les villes de Grèce furent soumis à la domination de Philippe. Les uns perdirent entièrement leur liberté, de sorte qu’ils furent directement administrés par les magistrats macédoniens; les autres gardaient sous le gouvernement macédonien plusieurs de leurs anciens droils ou la forme d’une constitution démocratique; d’autres enfin conservaient leur autonomie en ne reconnaissant que l’hégémonie du roi de Macédoine (cfr Alexandre le Grand $ 10). D’après ce que nous avons fait observer ci-dessus p. 59-60, on ne peut supposer que les monnaies de Philippe aient été frappées que dans les villes dont l’administration était auprès du gouvernement macédonien, ou exclusivement ou de manière que le peuple y prît part, non dans les villes aulonomes sous la suprématie macédonienne. Il s’agit donc d’examiner non seulement quels étaient les pays et les villes quembrassait la domination de Philippe, mais encore si ces pays el

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