ST
Plusieurs villes y furent conquises pendant la campagne dans les années
342-340, v. Justin IX, 1, Démosth. De corona p.274, et ailleurs. Cfr Wi-
niewski Comm. p. 198-199. - Elles furent cependant reprises par les Athé-
niens qui après ce temps semblent avoir occupé la péninsule jusqu’à la ba-
taille de Chéronée.
13 Parmi les villes y occupées par Philippe sont citées Ganos et Héréon. Æschines Adv. Ctesiph. p. 65 (474). Démosth. IT Olynth. p. 29, 22.
14 Cfr p.162. 15 Cfr Démosth. De corona p. 251, 7. 16 Diodore XVI, 71.
17 Après avoir remporté une victoire par la ruse il ne fit qu'un butin de prisonniers et de bétail, qui sur le retour lui fut enlevé par les Tréballiens. Justin IX, 2-3. Rathgeber, dans Annali dell inst. archeol. di Roma X p. 292, a tâché de montrer que Philippe II se soumit la Thrace entière, même les
à [Fe]
cune partie de ce pays barbare, ni’qu'il ait réduit à la dépendance les villes grecques situées sur la côte. D’après ce qui précède on peut donc présumer, que les monnaies de Philippe aient été frappées sur la côte méridionale depuis la frontière de la Macédoine jusqu’à Périnthe et dans les villes fondées dans l’intérieur, mais non dans le reste de la Thrace.
En Thessalie, dont les villes en parlie étaient sous des oligarques ou des tyrans, en partie jouissaient d’une constitulion démocratique, unies par une ligue, Philippe fut appelé au secours par les Alévades contre les tyrans de Phères. Il chassa ceux-ci en 352, et se soumit successivement tout le pays. D'abord il semble avoir respecté la liberté du peuple; mais il ne tarda pas à mettre des garnisons macédoniennes dans les villes les plus importantes 1 et à y lever des impôts, et enfin en 344 il renversa et la domination des Alévades et la constitution libre des villes, en divisant le pays en quatre provinces (tétrarchies) gouvernées chacune par un administrateur particulier, et en établissant dans les villes un gouvernement dynastique entièrement dépendant, comparé à la fameuse décadarchie spartiate. La Thessalie ayant ainsi perdu son indépendance politique et étant devenue une province à part sous le roi de Macédoine *, il est probable que les monnaies de celui-ci y aient aussi été battues. Il est rapporté qu’aussi en
villes grecques sur le Pont; mais ceci ne peut être déduit de l'expression hyperbolique d'Isocrate (ad Philipp. or. T. I p. 322), non plus des autres passages allégués par l’auteur.
18 Ainsi Phères fut déclarée libre aprés l'expulsion des tyrans.
19 Ceci est rapporté de Phères, de Pagasa et de Magnésie. Démosth. I Olynth. p. 12, 26; p. 15, 19; De Haloneso p. 84, 20.
20 Démosth. { Olynth. p. 15, 21-22.
#1 Démosthène appelle l'état suivant de Thessalie doulsiæ et ajoute que par ces dispositions les Thessaliens étaient réduits à la servitude non seulement za nôlss, mais aussi xar #4». Voy. IL Phil. p.71, 10; IE Phil, p.117, 25; p. 119,19; De Cherson. p.105,4. Cfr Hoffmann Griechenland [ p. 259 ct Wachsmuth Hellen, Alterthumskunde I p. 715. | |
2? Cfr p. 65 note 9.
Thessalie Philippe exploitait des mines d’or. ** Les petites îles près de la côte, Halonésus, Péparéthus et Scialhus, étaient aussi dans la possession de Philippe. Celle de Péparéthus est dite d’avoir été durement traitée; Sciathus fut soumis à un tyran. ?!
L’Epire était sous ses propres rois, indépendants de la Macédoine. Philippe s’empara de quelques villes en Cassopie, mais seulement pour les donner à Alexandre, son beau-frère, dont il soutenait l’avénement. * Ambracie était de plus d’imporlance pour Philippe, parce que cette ville lui ouvrait la route maritime en Péloponnèse; après l’avoir inutilement assiégée en 343 #, il faut qu’il ait réussi plus tard à la prendre, puisqu’à la fin de son règne elle avait .une garnison macédonienne. * |
En Eubée, où de petits ityrans gouvernaient les villes principales, et où les Athéniens disputaient la domination aux Thébains, Philippe, déjà en 353, s’était mélé des différends et. avait gagné un parti Parmi ses partisans Callias, tyran de Chalcis, était un des plus actifs. Après deux campagnes en Eubée Philippe força Athènes de lui céder Pile entière par une paix conclue en 349. En 342 de nouveaux troubles fournirent à Philippe l’occasion de prendre Erétrie, où il chassa les citoyens du château de Porthmos, en démolit Les murs et transmit le gouvernement à Clitarque et à deux. autres tyrans; de même il s’empara d’Oréos (Histiée) dont il nomma Philistide tyran. ® Il est vrai que l’année suivante les Athéniens chassèrent les tyrans pendant que Philippe était occupé de la gucrre
8 Justin VII, 8.
% Démosthène De Haloneso; De corona p. 248,5; Philippi Epist. p. 162; De Chersoneso p. 99,2. Strabon IX p. 437, $8.
25 Démosth. De Halon. p. 84, 22.
26 Démosth. I Phil. p. 118, 53 p. 119, 30; p. 129,21. De Halon. p. 84, 22.
27 Chez Diodore XVIL, 3 il est dit, qu'à la mort de Philippe la garnison macédonienne fut chassée d'Ambracie et que la démocratie y fut rétablic.
8 Æschines Adv. Ctesiph. $ 86 p. 66.
% Démosth. II Phil. p. 119, 22; p. 125,18-127; De corona p. 248, 125.
en Thrace; mais la bataille de Chéronée en 338 mit fin à l’influcnce des Athéniens en Eubée. On jugera ainsi qu'Eubée ou ses villes principales ayant été à plusieurs reprises et pendant une assez longue époque au pouvoir de Philippe, on peut bien admettre que ses monnaies y aient été frappées, ou par ses chefs militaires, ou par les tyrans qu’il y avait inslilués. Lorsqu’en 346 Philippe entra pour la première fois en Hellade et qu’allié avec les Thessaliens et les Thébains il mit fin à la gucrre phocidienne, il s’en retira bientôt. L’humiliation des Phocidiens et la démolition de leurs villes eut lieu en vertu d’une décision du conseil amphictyonique, sans qu'il en résultât aucune augmentation de terrain pour Philippe. Mais lorsqu’en 339 il entreprit sa seconde campagne en Hellade pour faire la guerre sacrée aux Locriens amphisséens, il s’établit dans la ville détruite d’Elalée qu’il forlifia de nouveau, et s’empara d’Amphissa. Après que les Thébains se fussent alliés avec ses ennemis et eussent été défaits à Chéronée en 338, il traita Thèbes en ville conquise avec une extrême sévérité et mit une garnison mäcédonienne dans le fort de Cadmée.% II se peut donc que dans ces trois villes on ait batiu la monnaie de Philippe dans les dernières années de son règne. Mais il n’est pas probable que ceci ait eu lieu en Hellade hors de ces villes. Quant à la Phocide, il ne peut être question que d’Elatée, les autres villes ayant été démolies d’après le décret des Amphictyons et les habitants distribués dans de petits villages. Les Locriens formaient une ligue particulière, et ce ne furent que ceux d’Amphissa qui eussent été les coupables. Les villes béotiennes, qui avaient élé opprimées par Thèbes, rétablirent leur ancienne ligue, à laquelle accédérent Orchomène, Platée et Thespie, villes qui avaient été détruites par les Thébains et à
30 Diodore XVI, 87. Justin IX, 4.
la reconstruction desquelles Philippe contribua. #! En conséquence de la paix faite après la bataille de Chéronée Athènes fut obligée de renoncer à ses possessions hors de l’Attique ?, mais Philippe ne porta aucune atteinte à la constitution démocratique de celte ville. Les Etoliens, alliés de Philippe dans la dernière campagne, avaient été depuis long temps unis dans une ligue indépendante, et il en était de même des Acarnaniens auxquels Philippe avait en vain tâché d’enlever la Leucade. ”
Enfin Philippe entra en Péloponnèse pour briser le pouvoir de Sparte, entreprise à laquelle la plupart des états péloponnésiens lui prêtèrent leur secours. * Lacédémone fut ravagée et son territoire rélréci en faveur des peuples voisins qui avaient été les alliés de Philippe; mais celui-ci ne se soumit aucun district ni aucune ville de Péloponnèse à laquelle la fabrication de ses monnaies puisse être rapportée.
Philippe n’étendit pas sa domination jusqu'en Crète ni aux iles de la mer ionienne. Non plus aücune des îles à Pest de la Grèce ne semble avoir été soumise à Philippe, excepté celles près de la côte de Thessalie que nous avons nommées. Il descendit à la vérité à Lemnos et à Imbros, qui appartenaient à Athènes, et en emmena des prisonniers et du butin, mais sans garder ces îles.% Thasos, aussi dépendante d’Athènes, n’était pas dans la possession de Philippe à la fin de son règne”, quoique cette île fût peu éloignée de la côte de Macédoine.
La bataille de Chéronée valut à Philippe la prépondérance en Grèce; mais il ne semble pas qu'après celte vicloire il se soit approprié aucune contrée ni aucune ville nouvelle (à l’ex-
81 Cfr Hermann Griech. Antiqu. I Staats-Alterth. $ 182 note 6; Wachsmuth Hellen. Alterthumsk. I p. 709 note 44.
32 Tant les villes de la Chersonèse thrace que les îles. Pausan. [, 25, 8.
33 Les Eléens, excités par leur haine contre Sparte, avaient formé une symmachie avec Philippe. Pausan. V, 4,9. Argos, la Messénie, Mégalopolis et plusieurs villes de l’Arcadie étaient du parti de Philippe.
34 Demosth. [ Phil. p. 49, 26. .35 Epistola Philippi p. 159, 6 et p. 163,:15.
ception de Thèbes dont la défection devait être punie), non plus qu'il ait renversé la conslitution d'aucun état. - Le but de Philippe n’était point de transformer la Grèce en monarchie, mais seulement d'obtenir l’hégémonie et le pouvoir absolu comme général en chef des états grecs dans la guerre contre Îles Perses; il y parvint à la diète de Corinthe en 336. Les états qui avaient une constitution libre conservérent intacte leur administration intérieure; ce ne furent que les affaires communes de la Grèce qui à la diète de Corinthe présidée par le roi devaient être menées conformément aux intérêts de la Macédoine.
Dans l’Asie Mineurce la côte nord-ouest était au pouvoir de Philippe peu de temps avant sa mort, l'avant-garde de l’armée qui devait renverser lempire perse s'étant avancée
=. sous les ordres d’Attalus et de Parménion jusqu’à la frontière
de l’Eolide et s’étant établie à Magnésie, % Il n’est cependant pas vraisemblable qu'aucune fabrication des monnaies de Philippe y ait eu lieu. La possession de ces contrées ne fut que de courte durée, Attalus, à ce qu’il semble, ayant été bientôt forcé par le rhodien Memnon, chef des Perses, à se retirer à ’Hellespont, et Philippe fut assassiné dans l’automne de la même année (336) que l’armée.avait passé en Asie au printemps. D'ailleurs le but de celte expédition n’était pas de soumeltre les villes grecques à la domination macédonienne, mais de les délivrer du joug des Perses.
Les pays et les villes dont les signes peuvent se trouver sur les monnaies de Philippe Il (frappées pendant son règne) sont donc: la Macédoine d’après l’étendue qu’elle obtint sous Philippe, la côte méridionale de la Thrace jusqu’à Périnthe et quelques villes dans l’intérieur du pays, la Thessalie avec les îles voisines, Ambracie, Amphissa, Elatée, Thébes et l’île d’'Eubée. | *
36 Polyæn. V, 44,4. Diodore XVI,91; XVIE, 7. Cfr Droysen Geschichte Alexanders d. Gr. p. 104-5,
SE
Sur les philippes frappés dans une époque postérieure el sur les imitations barbares.
Il existe des statères correspondant à ceux de Philippe II (philippes) qui ne peuvent étre frappés sous son règne. Tel est celui de la collection de Lord Northwick, publié par M. Millingen ! et cité plus bas p.385, n°308. Comme la fleur de balaustium et les leltres PO sont distinctives pour les monnaies de Rhodes et qu’on y trouve aussi le nom de magistrat, il n’y a aucun doute que ce statère ne soit frappé à Rhodes. Mais il ne peut être émis par Philippe IT dont la domination ne s’étendait pas à cette île. Comme les Rhodiens s'étaient trouvés dans des rapports hostiles à Philippe et avaient, conjointement avec les habitants de Chios et de Cos, prêté leur assislance à Byzance, lorsque cette ville fut assiégée par lui*, on ne peut non plus supposer qu’ils aient frappé sa monnaie en conséquence de quelque traité, ou pour lui rendre hommage ou par des raisons pareilles. Sur un autre philippe dans Île cabinet royal de Copenhague on trouve pour signe la partie antérieure d’an sanglier ailé, voy. ne 309. Il est connu que c’est le type prédominant sur les monnaies de Clazomène en lonie, fondé dans sa tradition locale; ce type se trouve aussi quelquefois sur d’autres monnaies frappées en Asie *, mais point sur les monnaies d’aucune ville européenne.
M, Cousinéry a énoncé l’opinion* que dans les premières
1 Ancient coins, p. 45, pl. IT, 9. 2 Diodore XVI, 77.
3 Un tel monstre avait jadis ravagé les campagnes aux environs de Clazomène, et un endroit dans le voisinage en avait eu son nom. Ælian. De nat. anim. XIT, 38.
4 Sur des monnaies de Samos frappées en commun avec Clazomène (Num.
Chron. VII p. 76), de Jalysos en Rhodes (Borrell dans Num. Chron. IX p. 70,
Luynes dans Annali dell inst. archeol. di Roma XII p. 145), de Lycie
(Fellows Coins of ancient Lycia pl. XIV, 4 et XV, 3) et de la Chersonèse tau-
rique (Koehne Zeitschr. IE Forts. p. 198 nos 68-69).
Voyage en Macéd, I p. 230-314.
tel
années de son règne Alexandre le Grand n’ait pas battu monnaie à ses propres types, mais qu’il ait continué la fabrication des monnaies de son pére dans les trois métaux. Ce ne serait qu'après que la bataille du Granique fut gagnée et qu’Alexandre eut rendu son culte à Minerve à Ilium, qu’il aurait commencé à frapper les monnaies d’or à l'image de cette déesse, ou dans celte ville ou plus tard à Sardes; les premières monnaies d'argent seraient frappées à Clazomène et à Smyrne après qu'il y eut fait un séjour dans sa marche à travers l’Asie Mineure, parce que les monnaies d'argent le représentent déifié sous les iraits d’Hercule et que dans ces villes pour la première fois on lui vouait un culle divin. Si celle supposilion élait fondée, il n’y aurait rien de plus simple, que de rapporter au commencement du règne d'Alexandre toules les monnaies qui ne peuvent être de Philippe If. Mais lhypothèse de M. Cousinéry n’est basée que sur l’idée préconçue que la tête d’Hercule sur toutes les monnaies d’argent représente Alexandre déifié. Nous avons montré plus haut ce qu’il y a d’insoutenable dans ces opinions de M. Cousinéry, voy. p. 14 note 24. M. Millingen présumait que le philippe rhodien fût frappé par le peuple de Rhodes sous Alexandre le Grand en mémoire de son père et par égard pour Alexandre, où peut-être sous Philippe IT par une raison pareille. Mais il est certainement: peu vraisemblable, que les Rhodiens aient frappé les monnaies de Philippe pour rendre hommage à Alexandre, ou qu’ils aient. batlu monnaie pour célébrer la mémoire d’un roi étranger auquel ils ne devaient rien et à qui ils avaient même fait la guerre. ? | Il n’y a point de raison de supposer qu’en Grèce des phi-
6 As a tribute Lo his memory and a compliment to his son Alexander. Ancient coins p. 45.
7 Les passages des anciens auteurs que cite M. Millingen Î. c. pour prouver que les Rhodiens étaient dévoués à Alexandre, ne sont pas satisfaisants ; il
faut supposer le contraire, voy. p. 87 notes 13-14,
lippes aient été frappés par aucun des rois suivants du nom de Philippe, ni en général après le temps de Philippe IL Ceux sur lesquels on trouve des signes qui doivent étre expliqués de villes en Grèce ont ordinairement ces signes de commun avec les didrachmes, dont la fabrication ne peut être prolongée audelà du règne de Philippe, et ne contiennent rien qui puisse indiquer un monnayage postérieur. Ce n’est donc que dans l'Asie Mineure qu’on est obligé à admettre que des philippes ont été frappés après Philippe IT. Ils ne peuvent pas étre émis par Philippe Arrhidée, car sous ce roi on frappait des slatères aux types d'Alexandre et n’employait, comme nous l’avons montré plus haut (p.357), d’autres types monétaires que ceux de son grand prédécesseur; d’ailleurs on ne baltait pas de monnaie au nom de Philippe II dans l’Asie Mineure occidentale, voy. ci-dessous $ 7. Nous avons déjà fait observer (p.87) que les statères de Philippe IE, d’après les anciens auteurs et vu la grande quantité qui en existe, doivent avoir été les monnaies les plus répandues dans l'antiquité, sans doute plus encore que les statères d'Alexandre 5 qui, comme les pièces d’or en général, furent appelés plus tard du nom commun de philippes. On peut en conclure qu’ils étaient les plus recherchés ‘dans le commerce. et les imitations barbares prouvent qu’il en était ainsi aussi pour le commerce qui se faisait avec “les peuples barbares, surtout par les villes de l’Asie Mineure en passant par la colonie phocéenne de Massilie. Il est donc vraisemblable que les philippes, ainsi que les tétradrachmes d'Alexandre frappés dans la période postérieure et d’autres monnaies tant de l’antiquité que du temps moderne, soient frappés long temps après Philippe Il par des villes commerciales dans l'Asie Mineure occidentale par la raison seule qu’ils avaient le meilleur cours dans le commerce. Nous en avons parlé plus
8 Déjà Eckhel (Doctr. n. v. Il p. 96) fait la remarque que les statères d’Alexandre cèdent en nombre à ceux de Philippe.
amplement à l’occasion des monnaies d'Alexandre, voy. $ 13. Le philippe de Rhodes se rattache à la série des tétradrachmes d'Alexandre de l’époque postérieure qui offrent aussi la fleur de balaustium, PO et un nom de magistrat écrit en entier, tandis qu’il n’existe point de statères d'Alexandre (alexandrées) correspondants ; ceci fait supposer que les Rhodiens, tout en fabriquant des tétradrachmes à l'empreinte d'Alexandre, frappaient des statères à l’empreinte de Philippe, parce que ceuxci circulaient mieux que les statères d'Alexandre. Il y a de la même période des tétradrachmes d’Alexandre au signe de Clazomène auxquels correspond l’autre philippe déjà mentionné.
Il y a encore plusieurs philippes marqués des mêmes petits types que portent les tétradrachmes d’Alexandre frappés dans la période postérieure par les villes de l’Asie Mineure occidentale (cfr le $ suivant au ne 309), tandis qu’il n’existe pas de statères d'Alexandre de ces villes. On pourrait en conclure que dans cette période il était usuel de frapper des monnaies d’or à l’empreinte de Philippe ainsi que des monnaies d’argent à celle d'Alexandre. Mais il faut observer que les mêmes petits types peuvent aussi désigner des villes en Grèce, qu'ils se trouvent presque ious sur les pièces d'argent et de bronze de Philippe, notamment sur les didrachmes qui ne furent frappés que sous son règne, et qu’il existe des statères d'Alexandre ‘offrant la plupart de ces mêmes petits types, qui par différentes raisons doivent aussi être rapportés aux provinces européennes. Il n’y a ainsi pas assez de raison pour supposer, que les philippes aient été répétés dans la période postérieure par beaucoup de villes ou en grand nombre. La fabrique n’offre point d'indication sûre pour fixer la période de la fabrication des philippes comme elle en offre pour les tétradrachmes d’'Alexandre.
Les imitations barbares des monnaies de Philippe, fabriquées par les peuples pannoniens et gaulois, dans les pays desquels on les trouve, ne sont pas du ressort de cet ouvrage. |
Parmi celles-ci, qui sont aussi nombreuses que variées, il y a cependant beaucoup qui approchent de bien près des monnaies propres de Philippe et qui ont son nom justement rendu, quoiquelles soient d'un travail grossier et peu grec et que les traits de la tête au droit ainsi que les proportions des figures au x. y soient souvent allérés.® On pourrait supposer que ces monnaies fussent frappées aux extrémités des états de Philippe, dans les contrées septentrionales de la Macédoine ou dans l'intérieur de la Thrace, où la civilisation grecque ne pouvail pas êlre bien avancée sous Philippe. Il n’en est pourtant guère ainsi On se serait alors attendu à trouver sur ces monnaies des signes particuliers désignant des villes dans ces pays moins civilisés. Mais de tels signes ne s’y rencontrent pas; les signes sont les mêmes que sur les monnaies d'empreinte grecque pure, et ils appartiennent à des villes où florissait la civilisation grecque ; aussi les voit-on répétés sur les pièces plus barbares à légendes confuses. Il est donc vraisemblable que les monnaies de ce genre soient frappées dans les. mêmes pays que celles qui sont entièrement barbares, et la raison de leur supériorité sur celles-ci doit être qu’elles proviennent de peuples dont la civilisation était plus avancée, ou qu’elles soient exéculées par des graveurs plus habiles.
Classification des monnaies de Philippe IL. :
Quant aux monnaies de Philippe qui portent les mêmes signes de villes que celles d’Alexandre le Grand, (et il en est ainsi
9 De ces pièces en or il existe aussi des demi-statères et des quarts de staière aux mêmes types que les statères; on y voit quelquefois la tête d’Apollon sans couronne et le char attelé d’un seul cheval.
10 On trouve le plus souvent sur les statères le foudre ct une corne qui dé- ‘signent Pella et Cœla dans la Chersonèse, sur les didrachmes le flambeau de course, signe d'Amphipolis. ‘
de la majorité de ces monnaies), les raisons de leur classement aux villes et aux provinces sous lesquelles elles sont rangées sur les planches ont été alléguées sous les monnaies d'Alexandre le Grand ou peuvent se déduire de ce qui y a été exposé. Pour toutes ces pièces il suffira de renvoyer aux articles précédents. Ce paragraphe n’offrira donc des renseignements que sur les signes de villes qui sont particuliers : aux monnaies de Philippe.
La Macédoine.
Nes 1-26.1 Pella. Voy. p. 124-127. ?
No27.3 Bottiée. On ne peut douter que ce monogramme, composé de BOT, n'indique le district de Bottiée, puisqu'il se trouve sur plusieurs pièces en bronze du temps des derniers rois de Macédoine et du commencement de la période romaine, qui n’ont point de nom de roi ni de ville, mais les mêmes types auxquels sur d’autres monnaies le nom des Bottiéens est ajouté. Le monogramme se retrouve comme signe sur les monnaies de Philippe V.
1 No 2. Paris. 3. Mionn, n° 663, Thomas coll. n° 1273. 6. Munich, Gotha, 7. Voy.p.337 note 12. -8. Mus. brit. 10. Munich, 14. Thomas coll. n° 1019. 16. Paris, Vienne, Berlin. 17. Paris, cfr p.337 note 11. 18. Sestini Mus. Hederv. n°27. 19. Berlin. 20. Mus. brit. 21. St. Pétersbourg. 22. Turin. 23. Mus. brit., cfr p. 335 note 2. 26. Thomas coll. no 1020. — Voy. table supplém. n° 7a.
2 Dans le catalogue d'Ennery no 9 est cité un statère marqué du foudre, de
AP en monogramme et d'un grain. Si ce dernier signe est juste, cette pièce est frappée pour Crithote (voy. no 177s.). — On trouve souvent des statères barbarisants qui ont le foudre, AP en monogramme et un épi (cfr Duchalais Descr, des méd. gaul. p. 307 no 319 s.). Le monogramme sur ceux-ci est quelquefois si négligemment exécuté qu’il a l’air d’être composé de 477. Dans la Num. des rois gr. p. 19 ad pl. XII, 7 l’épi à l’exergue est nommé un fer de lance et le monogramme n'est pas mentionné; ce dernier est aussi omis par Mionnet (n° 44). Nous ne rangeons pas ces statères aux monnaies de Philippe IL, cfr p. 374,
3 No 27. Sestini Descr. n. v. p. 134 n° 6.
4 Cfr Sestini Descr. n. v. p. 85-86 et p.99 no 4. Mionn. S. HT p. 6 no 41; p. 50-51 n°5 332-337 (où dans la description des nos 392 et 333 un cheval est à tort cité au lieu d’une vache).
LR
Nes 28-48.5 Amphipolis. Voy. p. 127-131.
Nos 49-58.6 (Amphipolis.) Voy. p. 4131-32.
Nos 59-74,7 (Eiïon.) Voy.p.133-34.
°"No75.9 Trælium. Voy. p. 134-35.° Nos 77-85.10 Héraclée Sintique. Voy. p. 135-377. Nes 86-89. Philippes. Voy. p. 137.
N°90. Apollonie. La tête d'une peau de lion ne se
trouve pas comme type sur d’autres monnaies des pays qui
étaient soumis à Philippe Il que sur une pièce d’argent qui au
porte AMOA dans un carré divisé en quatre parties et qui
sans doute est frappée à Apollonie en Macédoine #; il faut
donc donner le présent staière à cette ville. M. Borrell qui a
publié la monnaie autonome la rapporte à Apollonie non loin d’Olynthe, mais elle peut tout aussi bien étre de la ville du même nom en Mygdonie. Si le statère de Philippe appartient
No 28. Munich. 29. Cat. de Welzl no 2697. 30. Becker. 31. Paris. 34. Fox. 35. Mionn. no 75. 36. Mionn. no 71. 38, Paris. 39. Munich, banque de Londres. 40. Müs. brit., Mionn. no 76. 41. St. Pétersbourg. 42. Paris. 43. Mus. brit., Mionn. n° 74, 44. Paris, la Haye, Gotha. 46. Paris, Copenhague. 47. Timoni. 48. Paris.
No 49. Mus. brit., Leake. 51. Mionn. no 918, S. no 531. 54. Mus. brit., Mionn. no 60. 56. La Haye. 57-58. Paris,
No 60. Mus. brit. 64. Paris. 68, Berlin, Rollin, Hofman. 69. Banque de Londres. 70. Munich. 72. Paris. Sur le n° 73 le trident est combiné avec le monogramme. |
No 75. Mus. brit., Dresde, Feust.
Chez Mionnet (Suppl. n° 65) on trouve cité un didrachme de Philippe IT avec une fleur et un cygne; la fleur est sans doute le symbole de Trælium et le cygne le type connu des petites monnaies d'argent sans nom, qui d'après les trouvailles doivent avoir été frappées dans la partie de Macédoine où était situé Trælium, cfr p.133 note 42.
No 78. Mus. brit., Berlin, 79. Mus. brit, Copenhague, Prokesch. 81. Voy. p.338 note 20,
No 86. Mus. brit., Rollin. 87. Thomas coll. no 1010. 89. Mus. brit., Copenhague, Mus. Thorvaldsen,
No 90. Gotha.
Num. Chron XI p.57 no 1. Cfr Les monnaics d'Alexandre p. 141, no 179.
Le ———— .,
au même lieu d'émission, on doit préférer la dernière ville, la première ayant été détruite par ce roi. !* G
Nos 91-102. 5 Acroathon. Voy. p. 138-40. Le monogramme des nos 95-96 se trouve sur nes 18, 73 et 83. Pour le pédum et le simpulum sur les nes 101 et 102, voy. p. 151 et 199.
Nos 103-5.1 Téroné. Voy. p. 142.
Nes 106-717 Scioné. Voy. p. 148.
Nes 108-14. Mendé. Voy. p. 144.
Nos 115-19. 1% Therma. (Thessalonique.) Voy. p. 144-46.
Nos 1200-23. Pélagonia. Voy. p. 147-48.
Nos 124-27.*% Dium en Piérie. Voy. p. 4148-49.
Nos 128-31.*%* Héracléum en Piérie. Voy. p. 4149-50.
Nes 132-155, Villes incertaines de Macédoine. No 432. # Bouclier macédonien, voy. p.150. No 133.2! Pédum, voy. p.151. Nes 134-38.% La jambe de bouc sur ces pièces est sans doule appliquée au lieu d’un bouc #, qui est un type général sur les anciennes monnaies de Macédoine * el
rs
Cfr p. 364 notes 8-9.
15 No 91. Rollin. 92. Paris. 95. Sestini Mus. Hederv. p. 122 no 15. 96. Steinla. 97. Paris, 98. St. Pétersbourg. 99. Mus. brit., la Haye. 100. Paris, Rollin. 101. Munich, ;
16 No 103. Mionn. no 91. 105. Gotha, Steinla, Feust.
17 No 106. Vienne, Copenhague, Whelan, 107. Munich.
18 No 110. Vienne, Berlin, St. Pétersbourg. 113. Banque de Londres. 114. Mus. brit. Dans le cat. de la collect. de P. van Damme (Amsterdam 1807) no 39 est encore cité un statère avec un canthare et AP.
19 No 118. Berlin.
20 No 120. Mus. brit. 122-283. Sestini Mus. Hederv. n° 26 og 32.
1 No 124, Mus. brit. 125. Cat. de Welzl no 2439. 127. Mus. brit., Vienne,
#2 No 128. La Haye, cfr le cat. de P. v. Damme no 40. 130. Munich. 131. Cat. de Welzl no 2447.
28 No 132. Mionn. S. no 53. 2% No 133. Mus. brit.
25 No 134, Mus. brit. 135. Munich, Prokesch. 136. Munich. 137. Mus. brit.,, Munich, Prokesch. 138. Munich.
26 Réduction motivée par l'espace étroit de la monnaie, de même que le pied de bélier tient lieu du bélier sur les petites monnaies de Cranium en Céphalénie. Cfr p.211 note 13 et p. 347 note 60.
27 Voy. p. 107 notes 3, 4 et 6.
doit désigner une ville de ce pays, soit qu’on le regarde comme un symbole de Pan ainsi que le pédum sur le ne pré-
cédent, soit qu’on le mette en rapport avec les traditions des
rois , On trouve le monogramme AP sur d’autres monnaies de Philippe frappées dans des villes macédoniennes (nes 19 et 74), et la lyre peut s’expliquer d’une ville chalcidique Cv. p.
152). No 139. Une plante, poussant du plan sur lequel est
placé le cavalier, ne se trouve que sur les monnaies macédoniennes avant Philippe I %. Nes 140-443 Feuille de lierre, voy. p.153. Nos 145-513! La lune, voy. p. 153-54 Nos 152- 55.2 Aplustre%, voy. p. 154-55.
La Thrace.
Nes 156-57.%# Abdère. Voy. p.155-56. Pour le fer de
lance ajouté sur le no 157, voy. Cardia ne 1705.
Le
Nos 158-65.% Maronée. Voy. p. 158.
Nos 166-76.% Cardia. Voy. p. 1595.
Nos 1797-79. 7 Crithote. Voy.p. 1164-65. Le monogramme
IM'S se trouve sur le didrachme du même type no171, frappé
dans la ville voisine de Cardia,
Cfr Eckhel Doctr. n. v. IT p. 124-925.
Sur les pièces d'argent sans nom, ayant au droit un cavalier, au H%. un lion à mi-corps. |
No 142. Feust. 143. Prokesch. 144. Berlin.
No 146. Gotha. 151. Paris, Vienne.
No 152. Munich, Mus. Thorvaldsen, Thomas coll. no 1015.
Le monogramme 77° sur le no 155 est dans Numism. des rois gr. p.20 ad pl. XIE, 12 à tort cité comme composé de 7rP; sur les pièces de travail grossier il ressemble quelquefois à un F, v. Mionn. n° 85.
No 156. Mionn. no 39. 157. Paris, Mus. brit.
No 162. Mionn. S. ne 532, 163. Timoni. 164. Mus. brit. 165. Munich, Leake.
No 166. Munich. 167. Mionn. no 659. 168. V. p. 335 note5. 170. Vienne. 172. Paris, cfr p. 337 note 10. 174. Munich. 175. Gotha.
No 177. Mus. brit., Munich. 179. Paris, Mus. brit.
Ce monogramme, qui se trouve souvent sur les monnaics de Philippe, offre quelquefois le zéta separé du my. No 179 est incorrectement décrit dans Numism. des rois gr. p. 20 ad pl. XIE, 14.