‹ Numismatique de CambraiChapitre 21 sur 203 · SUBDIVISION · texte numérisé non relu

SUBDIVISION

La pièce suivante est la moitié de l'unité principale. Son type rappelle celui de Yesterling au portail, qui fut si commun, en Belgique, dans la première moitié du XIV siècle. 11 faut remarquer néanmoins que l'édifice , sur la monnaie de Nicolas, présente des caractères architecturaux qui le rapprochent davantage du style roman '^ tandis que le portail des esterlings du XIV* siècle, tels que ceux de Jean III, duc de Brabant, affecte déjà la forme élancée et élevée qui devint en usage à celte époque*.

CASTRl • INCAMERACESIO; dans le champ, un édifice composé d'un avant-corps crénelé et de trois tours.

i^. -h NICHOLAVS • EPISCHOPVS; croix pattée, cantonnée des lettres C AST (Castrum).

Argent; 1,21 gramme; très-rare; collection de MM. Ghéland, d'Anvers; pi. IV, fig. 7.

Une monnaie analogue a été décrite par Tribou, d'après Dupont. Si le dessin emprunté à cet auteur est exact, l'exemplaire sur lequel il avait été pris, aurait différé de celui de MM. Gheland, par deux points, au lieu d'un seul, placés après le mot castri, et par de petits globes disposés triangulairement autour des lettres qui cantonnent la croix.

* L'archileclure procéda du plein cintre jusqu'au conimenccmcnl du XIU" siècle, et se distingua par des formes régulières, mais un peu lourdes. Ce sérail peul-élrc aller trop loin que de vouloir reeonnnilre , dans l'image microscopique gravée sur la monnaie de Nicolas, le ch&teau roman qui avait donné son nom à une des résidences favorites des évéques de Cambrai.

' De CaurooDl, Rudimmtê de Varehiologie , p. 344.

ENGUERRAND DE CRÉQUI oo ENGUERRAND II

52« Évéque (1273-1292).

Enguerrand , fils de Beaudouin de Créqui, fui élu en 1273. Il occupa le siège de Cambrai pendant dix-neuf ans, et fut transféré à Thérouane en 1292'.

On ne possède aucun titre monétaire relatif à son épiscopat.

L'évèque Enguerrand a frappé, à Cambrai, outre l'unité monétaire principale, introduite par son prédécesseur, une monnaie qui en était sans doute la moitié et qui avait à peu près le même poids que la pièce du Cateau que nous venons de décrire.

Cette subdivision correspondait à Testerling anglais, qui fut pris à cette époque comme prototype dans un grand nombre d'ateliers monétaires et particulièrement chez les voisins de Tévêque de Cambrai, Jean II d'Avesnes, comte de Hainaut (1280-1304) et Gui de Dampierre, comte de Flandre (1280-1305). La faveur dont l'esterling a joui dans les Pays-Bas , est parfaitement expliquée dans Tavantdemier ouvrage de M. Chaton, où la législation monétaire des provinces belges est traitée avec un grand talent*. Cet auteur rappelle que Saint Louis avait donné aux esterlings (ordonnance de 1265) la valeur de quatre tournois ou un tiers de gros , et que Philippe-le-Hardi (20 juillet 1282) avait décrié \esbaudekins ou valenciennois et autres monnaies blanches ou noires fabriquées hors du royaume, excepté les sterlings , qui devaient continuer à courir pour qnarrio ioumois*.

L'esterling répondait, suivant M. Gaillard \ au tiers du gros de France.

La grosse monnaie d'Enguerrand est fidèlement calquée sur celle de Nicolas.

* M. Le Glay prétend que Tévéquc de Thérouane du nom d'Enguerrand , n'élail pas le même que celui de Cambrai. — Cam. christ., p. M.

* Beeherehes tur les monnaies cf«f oomlef de Hainaut, p. tM$. ' Cr. Saint -Génois ; 9fonuments aneisns, p, 70i.

* Beehêrchês sur les monnaies des comtes de Flandre , p. 138.

Son esterling présente, d'un côté, la tête de face qui reproduit le droit de Vunité principale, de Tautre, les lions du Cambrésis qui, rappelant remblème héraldique du Hainaut, du Brabanl, de Namur et de Luxembourg, facilitaient le cours des espèces de Tévèque dans les contrées voisines.

Les armes du comté de Cambrésis, lorsque Tart héraldique eut posé ses règles, furent d*or, aux trois lions d'azur, becqués et membres de gueules. Cet emblème, sans doute avant que les émaux en fussent régulièrement fixés, a exclusivemenl servi de contre-sceau dans la chancellerie épiscopale de Cambrai , à compter d'Enguerrand de Créqui\ On 1q retrouve aussi fréquemment sur les monnaies, à partir de Gui d'Auvergne.

TYPE DE liA TÊTE DE FACE. — UNITÉ PBINCIPALE.

N* 1. + INGERRANNVS EPISCHOPVS; tête de face, sans barbe, portant une mitre Irès-ornée.

i^. Croix évidée , avec trois petits globes dans chaque canton ; double légende circulaire présentant: en dehors, + AVEMÂRIAGRATIAPLENA, et en dedans, CA ME RA CV; au centre, une croix évidée, avec trois petits globes dans chaque canton.

Argent; beaux reliefs; 2,55 grammes; collection Serrure; pi. v, fig. 1.

Il en existe d'autres exemplaires, qui pèsent de 1,92 à 2,65 grammes.

N° 2. — Variété du n" 1, où la mitre est plus élevée, plus étroite et ornée de croisettes au lieu de perles , et où le vêtement présente des croisettcs , au lieu d'annelets.

Argent; 2,40 grammes; collection Dancoisne.

< Voir à ctt sujet, pour l'évéque Guillaume de Hainaut, Vredrius, Genealogia flandriea , cl pour les épiscopals suivants, les sceaux que portent, la trêve de 1297 entre les rois de France et d'Angleterre, où intervint Gui de CoUcmède f Archivée de l'Empire^ 72, 53, \, 631^; l'accord du iS décembre 1400, entre Pierre d'Ailly el les gens du Dauphin, châtelain de Cambrai f Archives du NordJ; les titres datés de 1323 el de 1381 f Archives du NordJ; et enfin un titre de Jean de Boufgogne, qui se trouve dans la collection de M. Fénelon Farez.

N"" 3. — Autre appartenant au Cabinet impérial des médailles; mitre plus évasée, figure plus étroite, différence dans les ornements du costume; au revers, des trèfles au lieu de globes isolés.

Argent; 2,53 grammes; pi. v, fig. 2.

Cette monnaie avait été décrite par Tribou. 11 en existe des exemplaires qui nous laissent quelques doutes sur leur authenticité.

HiÊnB TYPE. — SUBDIVISION PAB nOlTlË OU BSTBBLING Jk LA TÊTE IflITBËE.

N* 1. -h INGERRANN * EPC; tête mitrée, de face.

1^. MON CAM ERA CEN; croix des esterlings, cantonnée de trèfles. Argent; 1,39 gramme; collection Dancoisne; pi. v, fig. 3.

N- 2. -4- INGERRANN ♦ EPC; tête plus petite; mitre ornée de perles.

i^. MON CAM ERA CEN; croix des esterlings, cantonnée de croissants. Argent; flan rogné; 1,02 gramme; ma collection; pi. v, fig. 4. Un exemplaire mieux conservé et uil peu plus pesant se trouve au Cabinet impérial des médailles.

ESTEBLING AUX ABNEB DU- CONTÉ DE CAnBBÉSiS.

N' 1. » IGERRANN EPISC; écu de Cambrésis, inscrit dans le grènelis qui sert de bordure à la pièce.

^|. o MON CAM ERA CEN; croix des esterlings, cantonnée de trèfles; Argent; flan rogné; 1,30 gramme; collection Reichel, à Saint-Pétersbourg; pL V, fig. B.

N"" 2. — Autre où les légendes ne présentent aucun signe de ponctuation. Cette pièce semble être la même que celle décrite par Tribou. Argent; 1,08 gramme; collection Dancoisne; pi. y, fig. 6.

N* 3. • INGE ♦♦ RRAN ♦♦ NEPC ♦

i^. MON CÂM ERA CEN; pièce rognée; argent; 1 gramme; collection Mignot; pi. y, fig. 7.

N* 4. ... INGE .%... RRAN ..... NEPC...; variété de l'avers du n* 3, dans laquelle les croisettes sont remplacées par de petits globes disposés triangulairement.

i^. MON CAM ERA CEN; un point entre les lions. Argent; 1,20 gramme; collection Dancoisne; pi. y, fîg, 8. Dans les trois n" suivants, les légendes sont entrecoupées par des points.

N' 5. + INGE . . RRAN . . NEPC

B}. MON CAM ERA CEN Argent; 1,15 gramme; collection Dancoisne.

N- 6. INGE • RRANN • • • N • EPC •

1^. MON CAM ERA - CEN; dessin communiqué par M. Ducas.

N* 7. • INGE • • RRAN • • NEPC •

q|. Même légende qu'au n"" précédent.

Argent; collection V. Delattre.

GUILLAUME DE HAINAUT ou GUILLAUME I"

53* Évéque (1292-1296).

Guillaume , fils de Jean d'Avesnes, comte de Hainaut , et d'Alix de Hollande, reçut la consécration épiscopale en 1292. Il mourut en 1296, pendant son pèlerinage à Jérusalem.

ttYSTÈHB ET TYPE HONËTAIBES.

Les monnaies que l'on classe, dans toutes les collections, à Tépiscopat de

Guillaume, sont des reproductions fidèles de l'esterling anglais; on les rencontre

fréquemment dans les enfouissements numismatiques de la fin du XIIP et du

commencement du XIV" siècle. Le seul dépôt exhumé en 18il , à Marchienneaux -Ponts, près Charleroi, en a donné 138 exemplaires, mêlés à des gros tournois de France , au nom de Philippe ; à des pièces de Gui de Dampierre , marquis de Namur, de Jean I*", duc de Brabant, etc., etc.

L'esterling, qui avait pris naissance en Angleterre, sous Edouard V (1272- 1307), s'était rapidement répandu. Au temps de Tévêque Guillaume, on en frappait déjà dans presque toute la chrétienté *. Ainsi que le remarque M. Chalon*, cette monnaie n'était autre chose que le tiers du gros royal; elle avait donc, dans un pays de marche comme le Gambrésis, l'avantage de se rattacher au système monétaire français, tout en reproduisant le type le plus usité dans les petits états voisins. Ajoutons que le poids moyen des exemplaires que nous connaissons, et sur lesquels le frai paraît n'avoir eu qu'une faible action, est, en général, inférieur à celui du prototype \ La monnaie de Guillaume lui procurait par conséquent des bénéfices élevés.

Le type de l'esterhng consiste , au droit , dans une tète de face , à cheveux ondoyants, ornée d'un chapel de roses, et, au revers, dans une croix pattée, cantonnée de petits globes réunis trois par trois.

Nous avons eu sous les yeux, il y a quelques années, une pièce au nom de Guillaume, qui différait de l'esterling et reproduisait à peu près le type cambrésien de Nicolas et d'Enguerrand , à la tête mitrée de face. Gette pièce nous ayant paru suspecte, ne trouvera pas place dans notre description.

< On coonait dts calerlings de Gui de Dampierre , comle de Namur (1963-1297), du seigneur de Ugny (1280-1288), de Jean d'Ave^nes, comle de Hainaul (1280-130i), de Guillaume !•', comte de Hainanl (1304- 1337)» d'Arnoul, comle de Looz (1280 à 1323), de Jean de Louvain, seigneur do Hersial (1285-13(^)» de Roberl, comle de Flandre (1305-1322), de Ferry IV, duc de Lorraine (1312-1328), de Gaucher de Chatiilon (1318), de Thomas, évéquc de Toul (1330-1353), etc., etc..

* BeeherehBM «tir U$ tncnnaiss des comtes di Hainaut, p. 2.

' Premier supplément aux Reeh$réhet iur le» mannaiet des comtes de Hainaut, p. 18.

DESCBIPTION DES YABIËTËS.

NM. -h GVILLS • EPISCOPVS; dans le champ, une tête de face, à cheveux ondoyants, ornée d'un chapel de roses.

i^. CAM ERA GEN SIS, entre les branches d'une croix pattée; trois points réunis, dans chaque canton.

Argent fin; 1,29 gramme; collection Hermand; pi. vi, fig. 1.

Les trois n"" suivants présentent le même type que le u"" 1, avec de légères différences.

N- 2. + GVILLS : EPISGOPVS

i^. + CAM ERA CEN SIS Argent; poids moyen de deux exemplaires: 1,26 gramme; collection Dancoisne; pi. vi, fig. 2.

N- 3. -h GVILLS 5 EPISCOPVS

b1. -h CAM ERA CEN SIS Argent; 1,28 gramme; collection Dancoisne; pi. vi, fig. 3. Je possède une variété du n"" 3, dans laquelle une sorte d'apostrophe se voit entre l'S et le C du mot Episcopus^

N« 4 GVILLS %:• EPISCOPVS; la légende commence par un signe

à moitié effacé, peut-être une mitre; le vêtement est rattaché par une fibule cruciforme , qui interrompt le grènetis intérieur.

b/. CAM ERA CEN SIS; croix pattée, comme dans les numéros précédents. Une étoile se voit au deuxième canton et des trèfles aux trois autres.

Argent; 1,14 gramme; collection Serrure; pi. vi, fig. 4.

' D'après un dessin de la Bévue numùmalique belge (l. 1, p. i66, article de M. Goddoiis), les croise lies qui suivent le nom de Tévéque , dans le n* 3 , auraient été remplacées par deux étoiles , dans un exemplaire de la trouvaille de Bekkevoorl.

Cette variété est très-rare. M. de Coster en ayant remarqué l'absence dans le trésor de Marchienne , a conclu de là qu'elle n'avait été émise qu'à une époque postérieure à l'enfouissement , c'est-à-dire à la fin de l'épiscopal de Guillaume de Hainaut.

N* 5. GVILMS EPISCOPVS; dans le champ , la tête de face des esterlings, sans couronne de roses.

i^. GAM ERA CEN SIS; croix semblable à celle des esterlings précédents , mais sans rien dans les cantons ; pi. vi , fig. 6.

A l'exemple de Tribou , nous avons cru devoir reproduire la figure de cet esterlings d'après Duby, qui en devait lui-même la connaissance à de Boze. L'absence de la couronne, au droit, et des triples points, au revers, est sans doute le résultat d'un oubli du dessinateur.

On a longtemps attribué à Guillaume de Hainaut ou à Guillaume d' Auxone , un quart de florin de la seconde moitié du XIV* siècle, qui a été restitué depuis à Cologne'.

GUI DE COLLEMÈDE ou GUI II

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