RÈGNE
Maahou vir, fils
IGansSmois
De2H5à2l31.
Aoùt99àavrillI5-116.
MAANOoVIII.filsde
MaanouVII. . .
93 ans . . .
Val, fils de Sahr. .
2 ans. . . .
Mwnmu VIII, de
12 ans.. . .
Abgar VIII , fils de
Maanou VIII. .
35 ans. . . .
Abgar IX , Sévère.
1 an 7 mois.
187—188 à 189— 190. \Marc"A™èle- ■ I Lixiis-Verus. .
Maanou IX , fils
[Commode. . . .
d'Àbgar IX. . .
10 ans.. . .
189—190 à 199—200. (Septime-Sévère.
Abgar X , fils de
iCaracalla et
Vers 2254?
199—200 à 214— 217. 1 Geta
Vers 240? [ Gordien lit. . .
Il est rarement question dans l'histoire des impôts et des monnaies du royaume d'Edesse, aussi manquons-nous de données sur la valeur des monnaies qui nous sont parvenues. Quoi qu'il en soit, nous avons recueilli les différents passages historiques relatifs aux tributs que les princes osrhoéniens furent obligés de payer aux Romains, dont ils étaient devenus les vassaux.
On trouve dans l'histoire la première mention de ces tributs à l'époque du règne d'Arscham , fils d'Ardaschès, frère de Tigrane I", qui régna à Edesse par ordre d'Orodes, roi des Parthes. Cet Arscham est appelé par Josèphe, Monobaze ou Monovaze, nom qui se rapproche de celui de Maanou, que lui donne le chroniqueur syrien Denys deThelmar (1), et dont il semble être une altération. Ce prince régnait de l'an 38 à l'an 1 0 avant Jésus-Christ. Moyse de Khorên (2) et Assoghig (3) nous apprennent, en effet,
(1) Assémani, Bibl. orient., t. I; Chron. d'Edeite, p. 419, n° 13.
(2) Liv. II, ch. 24.
(3) Hitl. univ., i" partie, ch. 5.
qu'Arscham, ayant fait la paix avec les Romains, consentit à leur payer tribut pour la Mésopotamie et la contrée de Césarée. Ce fut de cette manière, ajoutent-ils, que les Arméniens commencèrent à payer un tribut particulier aux Romains.
Le filsd'Arscham, Abgar, que les Syriens surnommèrent Uchama, c'està-dire le noir, et que Josèphe appelle aussi Monobaze comme son père, régna de l'an 5 avant Jésus-Christ à l'an 32 après l'ère chrétienne. Moyse de Khorên (1) et Assoghig (2) racontent que la deuxième année de son règne, c'est-à-dire l'an 3 avant Jésus-Christ, « toutes les provinces d'Arménie devinrent tributaires des Romains. » L'empereur avait donné, à cet effet, à Abgar une partie de la Phénicie, de la Palestine, de la Syrie et de la Mésopotamie, à la condition qu'il se soumettrait aux Romains et qu'il leur payerait tribut.
Les monnaies des rois de l'Osrhoène qui nous sont parvenues, appartiennent à plusieurs princes des noms d' Abgar et de Mannus. La série commence à Maanou VIII, contemporain de l'empereur Adrien, et se termine, après quelques lacunes, à l'époque de Gordien III , le Pieux. Nous allons examiner maintenant la suite des monnaies frappées par les princes qui gouvernèrent l'Osrhoène sous la suzeraineté de l'empire romain .
MAANOU VIII, FILS DE MAANOU VII (MANNUS).
115-158 et 140-152 après Jésus-Christ. — Contemporain d'Adrien et d'Antonin.
Après la mort de Trajan, Adrien abandonna toutes les conquêtes de son prédécesseur au-delà de l'Eiiphrate. La conduite d'Adrien, dans cette circonstance , nous fait conjecturer qu'il ne faut pas prendre, dans un sens trop absolu, les expressions des auteurs qui parlent des provinces nouvellement acquises du côté de l'Orient. Nous pensons que l'empereur se borna à rappeler le petit nombre de colonies romaines établies par Trajan dans
(1) Liv. II, ch. 20. (2) i" part., ch. 5.
ces régions, et à faire revenir les garnisons laissées par ce prince dans plusieurs villes et forteresses qui furent alors rendues à leurs souverains légitimes. Adrien continua à exercer les droits de haute suzeraineté sur les Etats orientaux conquis par Trajan. Nous savons, en effet, que cet empereur donna des rois à l'Arménie et à plusieurs nations barbares du Cau» case, et que c'est quelque temps après ses campagnes que les rois de l'Osrhoène adoptèrent l'usage de prendre des prénoms romains et de mettre sur leurs monnaies les effigies des empereurs, ce qu'ils n'auraient certainement pas fait , s'ils avaient été alliés ou vassaux des Parthes.
Maanou VIII, le Mowaç des Grecs et le Mannus des Latins, monta sur le trône d'Edesse en l'année 1 1 5 du Christ. Selon la chronique de Denys de Thelmar, il occupa deux fois le trône de l'an 1 16 à l'an 153; de cette manière, il fut le contemporain des empereurs Adrien et Antonin. Denys dit qu'il commença à régner l'an 21 30 d'Abraham et qu'il occupa le trône vingt-trois ans, après lesquels il s'enfuit chez les Romains. Bayer (1) le fait régner depuis l'année d'Abraham 21 31 , qui correspond au mois d'avril de l'année 1 1 6 de J.-C. Maanou fut privé de son trône par Trajan, mais Adrien le lui rendit. Spartien dit de lui : « Parthos in amicitia semper habuit , quod indè regem retraxit, quem Trajanus imposuerat : Armeniis regem habere permisit, cum sub Trajano legatum habuissent : à Mesopotamiis non exegit tributum, quod Trajanus, imposuit (2). » Il paraît qu'en l'année 139, Maanou fut chassé de ses Etats par Val, fils de Sahrou, et qu'il s'enfuit chez les Romains. Le voyage de Maanou à Rome est attesté par Jules Capitolin qui, au commencement du règne d'Antonin, raconte ce qui suit : « Abgarum regem ex orientis partibus sola auctoritate deduxit : caussas regales terminavit. » Le nom d'Abgar , que l'historien romain donne ici à Maanou, prouve une fois de plus que les Occidentaux avaient coutume de considérer ce nom comme une appellation générique, particulière aux rois de l'Osrhoène. Val, fils de Sahrou , comme l'indique son nom,^j (y.> Jlj, était probablement un prince d'origine arabe et issu des anciens rois de l'Osrhoène. Il s'était emparé de la couronne en 139. Le
(i) Hitl. osrh., liv. III, p. lo3. (2) Hislor. Aug., in Hadr., ch. 21.
règne de cet usurpateur fut de courte durée, car Denys raconte que Maanou, étant revenu de Rome, remonta sur le trône l'an 1 41 et régna encore douze ans, ce qui fait en tout trente-six années de règne, abstraction faite du temps qu'il passa hors de son royaume.
Les numismatistes ont attribué à Maanou plusieurs médailles qui ne lui appartiennent certainement pas. Celle que lui donne Bayer (1) est refaite, et la médaille que Visconti (2) attribue à l'Abgar, qu'il dit avoir été contemporain d'Adrien, est du temps de Caracalla. Mionnet (3) a restitué ces deux pièces à leur véritable place. Les seules monnaies de Maanou qui puissent être attribuées sans contestation à ce prince , sont la médaille publiée par Sestini, et qui faisait partie du cabinet de Consinéry , et un petit bronze du cabinet de France.
Tête du roi coiffée de la tiare, ip JOs**. le roi
ojafedSk Maanou.
Cuivre, moy. mod.
Sestini, Descr. mm. vet., p. 533, n° 8.
Tête du roi coiffée de la tiare, à droite. Grenetis.
ip «JS**»*- *em
aXSfeqSb» Maanou.
Grenetis.
Cuivre, petit module (4). — PI. IV, n° 1.
Cab. de France.
(1) Hisl. osrh.,l. III, p. US, pi. IV, n* 2. (4) C'est par erreur que, sur le dessin de
(2) Iconogr. gr., 2' part., ch. 14, § 12. cette pièce, pi. IV, n° 1, l'indication du métal
(3) Méd. gr., t. V, p. 613; suppl., t. VIII, porte le signe de l'argent. p. -109.
Les deux monnaies, dont on vient de lire la description, sont les seuls spécimens qui nous soient parvenus de pièces avec des légendes en langue syriaque ; car on sait que toutes les médailles des rois de l'Osrhoène portent des légendes grecques. Une autre particularité fort curieuse à signaler, c'est l'absence de l'effigie impériale sur ces deux monuments. Il paraît que ce ne fut que plus tard que l'usage fut adopté de placer les deux têtes de l'empereur romain et du roi d'Edesse. Mais, avant de s'arrêter à ce dernier système, il y avait eu un autre projet dont la numismatique de l'Osrhoène fournit des exemples ; au lieu de la tête du roi d'Edesse qui figure sur les monnaies des monarques contemporains d'Adrien, on remarque, au contraire, sur les deniers d'argent frappés à Edesse, à l'époque de Marc-Aurèle et de Lucius Verus, l'effigie de ces deux empereurs, et au revers une légende grecque portant le nom du roi osrhoénien et qui occupe tout le champ de la pièce. Cependant ce projet ne fut pas suivi longtemps, car sous le règne des empereurs que je viens de citer, les monnaies d'Edesse commencèrent à porter les deux têtes, et cet usage se continua jusqu'à la fin de la dynastie osrhoénienne. A l'époque du règne de Gordien III, qui avait rendu aux Abgar leur royaume que Caracalla leur avait enlevé, un autre type apparaît sur les monnaies d'Edesse, c'est le couronnement d'un Abgar par l'empereur. Ce type avait pour but de rappeler la magnanimité de Gordien, qui, voulant s'attacher les populations de la Mésopotamie, avait rétabli le trône d'Edesse et y avait fait monter un prince issu de la race des Abgar. Cet événement important est rappelé seulement sur les médailles, car l'histoire n'en fait point mention.
MAANOU ,
Prince inconnu dans l'histoire, contemporain de Marc-Aurèle et de Lucius Verus.
L'histoire ne parle aucunement d'un prince du nom de Maanou ou Mannus qui aurait régné à Edesse sous Marc-Aurèle et Lucius Verus, et nous savons positivement que le roi qui occupa le trône de l'Osrhoène, à l'épo ■
que de ces deux empereurs, portait le nom d'Abgar ; l'histoire et les médailles ne laissent aucun doute à cet égard. Les numismatistes ne sont pas d'accord pour attribuer les médailles du Mannus en question à un prince qui aurait régné dans POsrhoène; et, bien que quelques-uns aient refusé au royaume d'Edesse ces monnaies, ils n'ont point proposé d'autre attribution. On sait, par le témoignage de Dion Cassius (1), que les Arabes Atréniens étaient gouvernés par un prince appelé Mannus, au temps de Trajan, qui les soumit, et quelques savants supposent que des descendants de ce prince , ayant porté le même nom que lui , auraient continué à régner sous la suzeraineté de Rome (2), dans les contrées occupées par les Atréniens. On ne peut, à cet égard, former que des conjectures, et le manque de documents nous oblige à n'émettre qu'avec le signe du doute l'attri* bution que nous allons proposer. Il n'est pas douteux que le roi osrhoénien, contemporain de Marc-Aurèle et deLucius Verus, ait été un prince qui portait le nom d'Abgar ; or, ne serait-il pas possible de supposer qu'un autre prince nommé Mannus, et qui aurait appartenu à la famille royale d'Edesse, usurpa la couronne pendant quelque temps et fit frapper monnaie au nom des deux empereurs, ses contemporains? Le fait est possible, mais aucun témoiguage écrit n'est venu, jusqu'à présent, appuyer cette opinion que l'existence seule de ces médailles nous a suggérée.
Mannus et Marc-Aurèle.
BACIAEYC MANNOC $IAO[PwMAlOC]. — Pallas debout , tenant de la main droite la haste, et de la gauche un bouclier.
H> AYT. K. M. AYPHA. ANT^NINOC. — Tête laurée de Marc-Aurèle.
Denier d'argent.
Spanheim, t. II, p. 578.
(1) Excerpt., 1. LXVIII, § 22. (2) Visconti, Icon. gr.,2" part., ch. 14, § 13, note 2.
Mannus et Faustine la Jeune.
BACIAEYC MANNOC $IAOP«MAIOC — Junon debout, tenant de la main droite une patère, et de la gauche la haste ; à ses pieds, un paon.
ip «DAYCTINA CEBACTH. — Tête de Faustine jeune.
Denier d'argent.
Spanheim, t. II, p. 578.
Mannus et Lucius Verus.
BACIAEYC MANNOC <ï>IAOP«MAIC (en quatre lignes). — Filet au pourtour.
H> A. K. A. AYP. OYHPOC. C. — Tête de Lucius Verus, à droite. Grenetis.
Denier d'argent. — PI. IV, n° %.
Neuruann. Num. popul., t. II, p. 89.
BACIAEYC MANNOC «MAOPwMAIC . —Junon debout, tenant une patère de la main droite, et la haste de la gauche.
ç? A. K. A. AYP. OYHPOC. C. — Tête de Lucius Verus, à droite. Denier d'argent.
Pembrock, p. 3, tab. xxv.
Mannus et Lucille.
BACIAEYC MANNOC 4>IAOPwMAl[C]. — Junon debout, à gauche, tenant une patère de la main droite, et la haste de la gauche. Grenetis.
ip AOYKIAAA CEBACTH. — Tête de Lucille, à droite. Grenetis.
Denier d'argent. — PI. IV, n° 3. . ; \
Cab. de France.
Même légende. — Lucille en Cérès, assise à gauche, tenant de la main droite des épis et de la gauche un flambeau.
çj Même légende et même tête.
Denier d'argent. — PI. IV, n° 4.
Cab. de France.
ABGAR VIII.
155-188. — Contemporain d'Antonin, de Marc-Aurèle, de L. Verus et de Commode.
Abgar VIII, fils de Maanou VIII, qui régna à Edesse après la mort de son père, occupa le trône trente-cinq ans, depuis l'année 153 à 188. Il fat donc contemporain de plusieurs empereurs, et beaucoup de monnaies nous ont conservé ses traits avec ceux de Marc-Aurèle, de L. Verus et de Commode. Selon Denys , il aurait commencé à régner l'an 2169 de l'ère d'Abraham, mais, les calculs de Bayer (1) ont démontré que ce devait être plutôt en l'année 21 68, dont le point initial correspond au mois d'avril de l'an 153 de l'ère chrétienne. L'histoire ne dit rien des événements qui s'accomplirent de son temps, elle nous apprend seulement que ce fut sous son règne que Lucius Verus soumit les Parthes (%).
Abgar et Marc-Aurèle.
Visconti (3) a publié deux bronzes qu'il a attribués à Abgar, contemporain de Septime Sévère, le neuvième du nom , et qui appartiennent sans aucun doute à Abgar VIII. Nous avons restitué ces médailles à la place qu'elles doivent occuper.
(1) Op. laud., p. 138. Assémani, 1. I, p. 390, note i.
(2) Chron. anonyme d' Edesse, dans Assé- (3) Iconog. gr.,H' part., ch. 14, § lo. manl, t. I, p. 390 ; et Chron. de Denys, Cf.
KAICAP AYPH[AIOC]. — Tête nue de Marc-Aurèle. j» ABrAPOC BACIAEYC. — Tête d'Abgar, à droite, coiffée de la tiare.
Cuivre, petit module (douteuse).
Patin., Num. imp., p. 192.
Abgar et Lucius Verus.
Tête de Lucius Verus.
y ABrAPOC BACIAEYC. — Tête d'Abgar, à droite, coiffée de la tiare.
Cuivre, petit module (douteuse).
Patin., Num. imp., p. 207.
Abgar et Commode.
[BAjCIAEY[C ABrAPOC]. — Tête d'Abgar, barbue et coiffée de la tiare
dentelée, à droite ; devant, un sceptre. Grenetis.
6> AYT. OYHPOC. KOM — Tête de Commode, barbue et laurée,
à droite. Grenetis.
Cuivre, moy. mod. — PI. IV, n° 5.
Cab. de France.
[BACIAEYC ABrAPOC.] — Même tête.
0? AYTO. KAICAP. KOM — Tête barbue et laurée de Commode.
à droite.
Cuivre, moy. mod. — PI. IV, n° 6.
Cab. de France.
BACIAEYC ABrAPOC. —Tête d'Abgar, barbue et coiffée de la tiare perlée et crucigère, à droite.
jp KAICAP KOMOAOC. — Tête laurée de Commode , à droite. Grenetis.
Cuivre, pet. raod. — PI. IV, n° 7.
Cab. de France.
BACIAEYC ABrAPOC. — Tête d'Abgar, coiffée d'une tiare dentelée , à droite. Grenetis.
ip KAICAP KOMOAOC. — Tête laurée de Commode , à droite. Grenetis.
Cuivre, pet. mod. — PI. IV, n° 8.
Cab. de France.
Abgar et Septime Sévère.
ABrAPOC BACIAEY[C]. — Tête d'Abgar, barbue, coiffée de Ja tiare dentelée, ornée du croissant constellé, à droite ; devant, un sceptre. Grenetis.
r; ATTORPATOP CEOYHPOC. — Tête barbue et laurée de Septime Sévère. Grenetis.
Cuivre, moy. mod. — PI. IV, n° 9.
Il existe une grande variété de coins de cette monnaie qui offrent tous des différences de type assez notables. Ainsi, par exemple, la tiare d'Abgar est quelquefois simplement perlée et crucigère, comme sur la médaille dont nous avons donné la figure, pi. IV, n° 10, et qui existe au cabinet impérial. D'autres fois, elle est dentelée et porte sur le côté droit, un croissant cantonné d'une ou de plusieurs étoiles (pi. IV, nos 11, 12, 14, et pi. V, n° 1). Enfin, cette tiare, qui paraît avoir subi de nombreuses modifications, quant à l'ornementation , est quelquefois dépourvue de tout symbole, seulement elle est constamment dentelée (pi. IV, n° 1 3, et pi. V, n°2).
Mais le fait le plus important que nous révèle l'étude des monnaies de cet Abgar est l'effigie même du souverain. En effet, si l'on examine avec attention les monnaies portant le nom d'Abgar, et ayant au revers l'effigie
de Septime Sévère, on verra que la figure du personnage osrhoénien varie sur les monuments. Sur certaines médailles, comme, par exemple, celles que nous avons reproduites sur la pi. IV, nos 9 et 1 4 , et pi. V, nos 1 et 2, les traits d'Abgar sont moins accentués que sur les exemplaires qui ont été gravés sur la pi. V, nos 3 à 8 , tandis qu'au contraire, la figure du monarque a une grande ressemblance avec celle du personnage qui régnait à l'époque de Commode, et dont nous avons donné les médailles, pi. IV, nos 5 et 6. Nous ne doutons donc pas un seul instant que les médailles que nous venons de décrire aient été frappées par un même prince, c'est-à-dire par Abgar VIII, tandis qu'au contraire, les pièces que nous avons attribuées à Abgar IX, contemporain aussi de Septime Sévère , ne peuvent avoir été frappées par le personnage dont les médailles ont été décrites précédemment. Il est donc évident que deux Abgar régnèrent l'un après l'autre à l'époque de Septime Sévère; c'est-à-dire Abgar VIII, et son successeur Abgar IX, surnommé Sévère, lesquels firent tous deux frapper des monnaies à l'effigie de l'empereur, leur contemporain.
Les numismatistes qui se sont occupés du classement des monnaies de l'Osrhoène, ont confondu presque toujours ces deux personnages , trompés qu'ils étaient par l'identité du nom et par la présence d'une même effigie impériale. Cependant, il est facile de voir que les traits de ces Abgar offrent, sur les médailles, de grandes différences qui ne permettent pas de les confondre. Sur les unes, en effet, on voit un vieillard dont le nez est presque droit, tandis qu'au contraire, sur les autres médailles , la tête d'Abgar paraît beaucoup plus jeune ; le nez est fortement arqué et l'œil est plus ouvert. On peut donc affirmer que toutes les fois qu'on rencontrera une médaille portant les noms d'Abgar et de Septime Sévère, les traits du visage du roi osrhoénien serviront seuls à distinguer ces personnages l'un de l'autre; en effet, nous n'avons reconnu jusqu'à présent aucun autre signe qui puisse aider à trancher cette difficulté, devant laquelle avaient échoué les efforts des plus savants numismatistes.
ABGAR IX, SÉVÈRE.