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LE ROYAUME DE CHYPRE

P. ij(). — Dans la note de M. Desimoni sur les monnaies citées dans les actes des notaires génois de l'A'ias et de Beyrouth, je trouve les passages suivants que je crois devoir reproduire en raison de leur importance.

« On a beaucoup agité la question de savoir si les besants blancs de Chypre étaient une monnaie d'or ou une monnaie d'argent. M. Lambros, suivi par M. Schlumberger, a prouvé contre le comte de Mas Latrie qu'il n'avait jamais existé Je besants blancs en argent, mais que jusqu'à Jean Lr, peut-être jusqu'à la première partie du règne d'Henri II i 28 [-1 3o 1), on avait battu des besants d'or contenant au moins 0/4 d'argent : d'où le nom Je blancs, du à leur pâleur.

« Mais où je me sépare Je M. Lambros, c'est lorsqu'il croit qu'au xivc siècle, cette monnaie continua à avoir une valeur effective et constante de Jeux gros. Je suis persuadé, au contraire, que, pendant tout le xivc siècle, le bes.int blanc ne fut qu'une monnaie de compte, destinée à faciliter le passage Je l'argent à l'or dans les évaluations. Pegolotti (t. pp. Sh, X-) nous en fournit la preuve : il nous donne, en effet, pour Chypre, comme pour les autres ateliers monétaires, l'échelle des rapports qu'il vit successivement s'établir entre l'or et l'argent: le llorin d'or équivalent à 6 besants blancs, à 5, à 4, à 3 et 14 karats. >

M. Desimoni ajoute en note :

« MM. Lambros, Schlumberger et de Mas Latrie n'ont pris dans cette échelle que la valeur la plus basse, 3, 3/4 ou 4 besants au florin, valeur inacceptable pour le premier quart du xiv» siècle, époque où le rapport entre les deux métaux dépassait 1 [., tandis qu'il tomba ensuite rapidement. Il est à 11 1/2 vers i3 [n, et à io i/3 en i365, et se maintient à ce dernier chiffre pendant le reste Ju siècle : voir sur cette décroissance, mon appendice I aux Conli delY ambasc. al Chandi Persia (Atti délia Soc. Lig., XIII, p. 670).

P. i<)). — Deux gros du roi Pierre I'r, Ju groupe premier, que j'ai reçus dernièrement de Syrie, portent, dans le champ, à gauche, au dessus Ju trône, un Ji lièrent que je n'avais pas encore rencontré sur les monnaies royales chypriotes, et qui semble être la représentation d'un oiseau. J'ai fait graver un de ces deux gros au n° 12 de la pi. XX.

là. — Parmi de nombreuses variétés de gros du même Pierre Ier, que j'ai achetés en bloc à Smyrne en 1879, je citerai tout d'abord un exemplaire du type constituant le troisième groupe, type publié par h marquis de Vogué et qui porte une légende latine. Je donne la gravure de cette monnaie pour attirer l'attention sur la forme toute spéciale du dessin du banc royal que je n'avais pas assez remarquée au premier abord. Voici la description de cet exemplaire :

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