II
* T07. lesn** 406 À 419, 494et4i5.
> Eckb«l,D. y. V., t.I, p.6i.
RAABOKKAISE.
tation du denier consulaire, usitée chez les Giaulois, et pense qu’en outre certaines pièces de la fabrique la plus barbare, offrant néanmoins des types évidemment marseillais, tels que la chnuette, la galère et le caducée' , étalent frappées par les colonies’. Nous verrons bientôt que les colonies massaliotes inscrivaient leur propre nom sur leurs monnaies, et quant à l’autre assertion, il faudrait, jiour la justifier, connaître les pièces de la métropole dont les ty[>cs plus parfaits auraient servi de motlèle; or on ne peut admettre que les imitations seules soient parvenues jusqu’à nous.
Ajoutons à toutes ces preuves l’autorité puissante de Saint- Vincens et de M. le marquis de Lagoy qui , possesseurs de riches collections de médailles locales, et ayant étudié à fond toutes les questions qui s’y rattachent, n'ont jamais douté que les Massaliotcs n’eussent continué do battre monnaie jusqu'à une époque assez avanct’e de l’Kmpire d'Occident.
D’aprt's tout ce que nous vouons do dire , nous ne devons plus voir, sur les médailles dont il nous reste à parler, d’autre caractère que celui de la décadence toujours croissante de l’art, Unissant par atteindre à la barbarie. Cette décadence est bien visible sur les pièces d’argent do la série aC | à aSa , dont les types ue sont qu’une mauvaise copie de ceux, déjà bien dégénérés, de la série précédente. Le style en est froid , le dessin roide et sans couleur; le caractère divin a disparu totalement de la tc'le de Vkute, Le nombre des variétés est beaucoup uroins grand , et annonce une diminution dans l'émission de numéraire, en harmonie avec la décadence du commerce massaliote.
Le médaillon didraclmie, u° 28a , qui termine la série est, avec le 11° Gi, le seul exemple d’une médaille de Marseille d’un poids plus élevé que celui de la drachme On remarquera, sur ce dernier numéro, le symbole de l’étoi^ au-dessus dalion; à l’époqua à
' les n*** 4 o 3, 4<>8 à 4^0 1 etc. d’argeot avec la t^ie de JUinerve aa rcTcn
* Opasc. posüi. , p. 19.— PoQs était de ro/;/e(a'^ et aSoJ). même tealé d’y joindre les petites pièces ’ La colleetioa de nadane T6choo d*Aa*
-Bigrtized by GoogI
MASSILU.
laquelle se rapporte cette pièce , les dieux et leurs divers symboles étaieitt envisagés sous un aspect sidéral, et le lion avait pris place parmi les constellations.
Une dégradation plus sensible encore se lait voir sur les médailles au deuxième type de Diane, qui fut le dernier employé sur les drachmes , comme le font assez reconnaître les n“‘ 65 à 69. En voyant la barbarie de ces différentes pièces, on doit supposer que le mon noyage de l'argent eut lieu jusqu'à la fin de l'autonomie massaliote. Ces monnaies grossières, dont les numéros supérieurs offrent des types plus parfaits , piourraient favoriser l’opinion de Pons et faire croire à des imitations gauloises, puisque les modèles nous en seraient conservés; n-ais comme il n’y a pas lieu de reconnaître cette imitation , à l’égard de la monnaie de cuivre, et que celle-ci n’est pas moins barbare que l’autre, on ne peut guères, je pense, refuser à Marseille la plus grande partie des pièces d’argent de cette dernière série. M. le mariiuis dcLagoy m'a dit, à l’appui des assertions précédentes, avoir observé que les pièces liarbares, particulièrement celles de cuivre se trouvaient constamment sur le territoire marseillais , et très rarement ailleurs, même à Saint-Remi, dont les fouilles lui ont procuré un grand nombre de médailles de la métropole, frapjx’cs aux belles époques de l’art. Cette obsen-ation nous lait voir son monnoyage réduit alors à circuler dans des limites très étroites, comme celles de ses possessions elles-mêmes.
Il y a une exception à faire pour le n” 69, dont la fabrique celtique n’est pas méconnaissable, et je lui ai donné place afin, précisément, d'offrir un point de comparaison favorable à mes opinions.
Au surplus, le classement des médailles d’argent, au type de Diane couronnée d’olivier, ne présente pas de résultats très satiafisiaants. En examinant les diverses marques de dégradation dans les types de ces pièces, depuis le plus magnifique style, jusqu’au
naqr, rvnfenM une vaiMié de aotr« n*’ dt, &** i6 de la pt fi des médailles gautouci de d’ooe fabrique plus barbare; elle eat cette «oHedioB.
KARBONNAISE.
plus barbare , on est obligé de conclure qu’ils ont continué d'être employés pendant toute la durée du monnoyage, et cela s’accorde dilTicilenient avec l'adoption successive d’autres types pendant le même espace de temps. Si les idées de Pons devaient être accueillies, à l'égard de l imitation des monnaies massabotes, ce serait dans cette série qu’il faudrait en chercher des exemples
I.es oboles finissent par ne plus présenter que des aires concaves, des types informes; queh{uefois même le droit de la pièce est sans type , et le revers a perdu les deux lettres de sa légende habituelle
Les bronzes n’offrent jias moins de traces d’une barbarie toujours croissante. Les sigit-s et les symboles deviennent plus rares dans le champ, et les légendes plus courtes, caractères communs à l’enfance du monnoyage comme à sa décadence. Les inscriptions rétrogrades, tronquées ou défigurées X'alpita, ainsi formé, y\‘‘, le sigma lunaire, C®, l’emploi des lettres latines D, S®, sont aussi des signes non équivoques des bas-temps auxquels nous arrivons et de l’inllucncc romaine. On ne frappe plus guère que dans les petits modules et sur des flans globuleux , qui donnent à ces pièces l'apparence des médailles impériales de potin d’Alexandrie, et des petits-bronzes d'Anastase ou de Justin 7.
* %'oy. b pL II.
* Voyelle* n"* 5 i à 53 . fai sacrifié l’éiégancc de la première de mes planclics aa désir de présenter, dan» son complet, une suite de pièces frappées depuis le corn in enccmcnt jusqu'à la fis du roonaoynge massa* lioie , c'est>à> dire dans un espace de peutétre liait siècles.
* N“*3i5, 3i6, 356 à 363, 394,395, 396, 4^8, et 43 a à 434.
< 359, 364 à 36?, 4 i 3 à 4iC>
* 391,395, 396, 4®®* 4®8, 4*7 4i6â 43 t.~LV/rii 7 oj» de forme lunaire, se volt aussi dans les inscriptions des monnaies masaaliotes dca dernier» temps (n* 379).
Je ne »ai» a'ii n'y aurait pas lieu de reoon-
naftre , dan» l'€ qne l’on voit aussi sur (es drachmes de ta belle époque (n*^* 56 et 67), le caraelère mystique consacré à Apollon , et eipriinant la célèbre formule £f, tn es, inscrite sur te teraple de Delphes. Le doc* leur Creutee et M. Raoul Rochette lui ont reconnu cette râleur sur des médailles et des pierres grsTccs, et U pouvait ne pas être déplacé près de l'effigie de Diane, ou de ranimai symbolique du revers des médalUet qui représentent cette déesse. (Voy. le Jour* nal des Savaats de 1 836 , p. 94 et 9$. )
‘ N'* 391. 393 et 401.
7 Ct* caractères sont particnlièrement reconnaissables sur les n*** 388 , 391 à 4 ®*i et 4 * 8 .
MA£SlLtA.
SS
\jO. tête d Apollon , après avoir subi clifTérentes altérations, finit par ne plus être lauréc ' ; le taureau est représenté debout sur certaines pièces’. Sur l’une d’elles, n“ 36", on voit, en outre du type principal, la partie antérieure du corps d’un animal, difficile à déterminer, qui [tarait posé sur le soniinet d’une enseigne ; j’ai cru reconnaître le sanglier symbolique des Gaulois^, mais il serait aussi facile d’en faire un tout autre animal. La réunion de ces deux figures indique peut-être une alliance des Massaliotes avec un autre peuple, dont l’emblème aurait été placé sur cette monnaie.
Plusieurs pièces, telles que les n“‘ Syi et 3ya, sont coulées sur d'autres semblables à eelles numérotées 368 et 36i); seraientelles des copies gauloises? En serait-il aut.intdes n°* 43a à 434? J’avoue que cette opinion n’est pas inadmissible, et j’en ai été conduit à placer ces trois numéros à la fin de toutes mes suites, afin de les en séparer complètement si on le jugeait convenable.
Observons sur quelques médailles, et en contradiction avec l’ÿncien usage , le lion au revers d Apollon et le taureau nu revers de Diane L Ce nouvel assemblage des types s’explique facilement à une époque où tous les mj'tlies revêtaient des formes astronomiques. Le lion, symlmle du principe igné ou générateur actif, était le signe zodiacal dans le({uel le soleil, ou Apollon, avait son domicile, au moment de sa plus grande exaltation, tandis que la lune, ou Diane, également lors de sa plus grande exaltation , avait le sien dans le signe du taureau , symbole du principe humide ou générateur passif, ces principes donnant par leur dualité la vie à toute la nature
, Les types du revers des médailles dont le type principal est la tête de Minerve sont très variés dans cette dernière période; ils ne sont plus aussi exclusivement religieux , et n’offrent pas tou-
■ IC" «3ï A O*.
• >■“ Î64 i 3fij.
’ Voj. moD MAin. rar le type (lu sanglier, daos U Rer. Nam., 1840, p.
* Cf. Lajflrd, Méin. »nr d«ns bM-irlicf* mithriaqun » aa (orne XH' d« la nouv. adrîe daHccocil de l’Acad. dttlfl»cripÜopapp.93.
NAABONNAISE.
jours un rapport apparent arec la divinité. Nous allônà passer en revue ces différents types.
Ce sont d'abord Minerve apijucx’it représentée debout, urmée , et dans l’attitude du combat ' ; puis le lion massaliote ’ , dont la relation avec Minerve ne peut s’établir qu'en la considérant comme le symbole particulier de la ville, placée sous la protection de la déesse, ou comme l'emblème de la souveraineté; puis Vaiffle^, dont nous avons déjà établi la valeur symbolique*. De grands indices de barlxirie paraissent sur ces bronzes; j’ai fiiit remarquer tout à l'henre l'épaisseur des flans et l’irrégularité des légendes ®. Celles-ci, MAP A et MA • PO, n”‘ 3<)4 et 3q5, ne seraiclitcUes autre chose que la légende MAJÏA défigurée par l’inexpérience du graveur, et faut-il voir dans cette autre, APA , n* 3q8, qui avait été attribuée |>ar Sestini à Agatlia®, les débris de la légende plus complète, MAPA, du n" 394? H est plus difficile de se rendre compte de l'inscription IPOHPl, n” 4oo. Je serais tenté de supposer que toutes ces légendes indiquent des noms de magistrats, et comme la ville est désignée constamment sur le revers des médailles, cette circonstance viendrait à l’appui de ma conjecture.
Les symboles qui nous restent à expliquer font tous allusion aux relations commerciales. Au moment où ces relations perdaient de plus en plus de leur importance, les Massaliotes clierchaient à en l>erpctuer ainsi les glorieux souvenirs.
Les médailles 4o3 et 4o4 sont modelées sur celles d’Athènes 7 ; seulement la chouette de Minerve, au lieu d’être posée sur une amphore, s’appuie sur le caducée, symbole du commercé massaliotc.
Le dauphin, accompagné quelquefois du trident, sur les médailles 4o5 à 4o", 4a8 et 43o, rappelle Poséidon, protecteur des villes maritùnes. Le dauphin d'ailleurs était regardé , en parti-
* 3Sg i 3g3.
* K"* 5g4 & 4oï.
* Fid, mp . , p. 7 $.
* Fid. $up.f p. 84 .
* Clats. gêner . , p. 9 de U G^ogr.
7 Voy. Mion.g t. Il, p. tiÔ et »aiv., et sup. t. m, p. 538 et SDÎT.
MASSIUA.
oulier comme l'emblème de la mer Tyrrliénienne, et il était appelé poisfon tyrrhénien' -, on sait combien il est fréquentsur la monnaie des villes méditerrenées. Les Massaliotes, à l’exemple des Tyrrliènes , avaient pu le choisir comme un des symboles de leur pays et de leurs vaisseaux , et voir dans ce poisson , nageur habile et ami des hommes, le présage assuré d'une heureuse navigation. Comme l’a remarqué le docteur Creuzer .lorsque Dante , dans son Enfer , emploie cette comparaison ;
Cfuaa tta^tAiniy quaitJo fannoitgn»
A matinar , cea Varn de te tekiena ,
Che targomentin di campar hr legna %
le poète semble adopter ce qui fut, au fond , la croyance primitive du peuple grec C'est qu'en effet cette croyance de l’antiquité lui a survécu dans le moyen-lge, et il est curieux , notamment, de retrouver le symbole du dauphin sur les monnaies mérovingiennes , frappées à Marseille sous le roi Sigebert II
Trois symboles différents paraissent encore sur les médailles au type de Jl/ûjen'C •• la galère, faisant allusion au commerce maritime*; le caducée, rappelant le commerce territorial, ou le commerce en général®; les mains entrelacées , emblème de la bonne foi dans les transactions 7.
Les deux premiers de ces symboles, et celui du dauphin, figurent aussi sur les petits-bronzes au type de Diane. La déesse, sur ces monuments, est représentée la télé nue^, ou couronnée de feuilles d'olivier^, ou tourcllée'”. Dans les bas-reliefs, Artémis parait ainsi tourellée" ; et d’ailleurs Diane s’identifie, comme ou
* Sénee., 45t. — Cf. Buo<
iMr«ta , iip. PumH , Piri. Mr* emuf,, t, 1 , p. 5o.
* Dante » laj . , cant. xxii.
’ Cf. Creuier et Galgoiaot, Bellg. de TAstlq. , n y 6) I et raW.
* Vojr. Rer. ITumtstn., i839, p. et 4«s.
* VoY. les n®* 408 k 4t3.
* Vor. les n'* 4 i 3 à 43 o* f Voy. le n® 4a t.
* 4a8et4ip.
*®Ji'”43oet 43i.
** Zoéga, Saut RilM, L 5i.— Ct Cftu* zer et GoignUul, Op. latui.f U, tJj.
XARBONNA.ISE.
sait, avec Cybèle, dont la coiiTure habituelle est une couronne de tours. A l’époque à laquelle nous sommes parvenus , l'efligie de Diane, sur nos médailles, pourrait être considérée aussi 'comme line personnification de la ville de Massalie.
Saint-Vinccns nous a conservé un renseignement précieux sur l’âge présumé d’une médaille semblable à notre n° 429. < Cette X pièce, dit-il, a été trouvée à Aix, dans une urne cinéraire du * travail le plus élégant, qui était renfermée dans un monument B sépulcral détruit en 17H9 ; elle était à fleur de coin et semblait B avoir été mise dans l’urne en sortant des mains de l’ouvrier ; au B moins est-il certain qu’elle avait été dans le commerce pendant B très peu de temps. Le mausolée dont il s’agit avait été élevé, d’a- B près les conjectures les plus vraisemblables , pendant le règne B d’Antonin-Pie , c’est-à-dire au milieu du II' siècle; il fit ensuite B partie du palais d’Aix. Les Marseillais ont donc conservé le droit B de battre monnaie sous les empereurs , ainsi que nous l'avons B dit. Cette médaille étant d’une belle conservation , on reconnaît B encore mieux qu’elle n’a pas été frappée dans un temps où les B arts florissaient à Marseille b
Nous avons renoncé à donner une explication satisfaisante d’un dernier monument numismatique appartenant à la collection de madame Tôclion d’.\nnecy. On le trouve gravé dans les planches de l'ouvrage projeté par feu M. Tôclion, sur les médailles de la Gaule mais il n’a rien laissé d'écrit à son sujet, dans le très petit nombre de notes qu’il avait déjà rassemblées. Nous avons donné , sous len' 4aa, un nouveau dessin de ce singulier monument, d'après l’original , et on y reconnaîtra facilement le caractère delà fabrique romaine, qui distingue les médailles de notre vin' époque. Tout contribue, au surplus, à faire do cette pièce un monument à part : frappe avec un coin du petit module sur un moyen-
■ Méin. m«. de Saint- Viocens père» rédigé par Saint-Vincen» CU» |>. 4 ^' — • It e»t question de ce Mémoire dans la Notice sur Saint-Vificens» page xo, et il j est dit un
mot» page 17» de la découYcrte de la méddillc» qui est grarée n” 9 de la pl. tv. Le Métp. Ris.est conservé é la bibliotbèqued'Aix. • Voy. pl. lit , n* a.
Digitizetf by CoogI
MASSIUA.
bronze, emploi d’une légende boustrophédon, adoption, pour type principal , d’une effig;ie qui ne peut être celle d’une divinité. Cette pièce n’était peut-être pas une monnaie , mais une sorte de tessère, dont l’usage ne saurait être fixé.
Ici se termineront nos recherches sur les médailles de l’antique Massalie. L’importance du travail ne paraîtra pas, sans doute, répondre à la richesse des monuments; mais si l'on veut bien nous savoir quelque gré d’avoir réuni des matériaux dont les hommes éminents de la science pourront faire un meilleur emploi, notre ambition sera satisfaite , nous nous trouverons suffisamment récompensé de nos efforts.