IV. GLAJTOI
( PL. xui. )
Tête de Diane, à gauche , avec des épis dans les cheveux et des pendants d’oreille.
f. rAANIKAN. Taureau bondissant, i gauche; au-dessus, un épi, on un roseau recourbé, avec sa tige; dans le champ, 7TN .
. . i Ar. 3. R*. F*, a gr. aa cent.
Cab. d« M. de Ligoy; Voir H Dtfcnptioo de qoelq. nid. iaéd., etc., p. 19.
La précieuse médaille dont on vient de lire la description a été trouvée dans des fouilles exécutées à Saint-Remi , en 1 8»4 > elle fut publiée alors, pour la première fois, dans la Statistique des Bouches-du-Rhône, dont la partie numismatique avait été fournie par M. le marquis de Lagoy. M. du Mersan l’a reproduite daus son Recueil de Médailles inédites; mais le graveur a donné à la tête représentée sur cette pièce les traits d’Hercule. M. de Lagoy y voyait l’eHigie de Cérès. En la publiant de nouveau en i834, le savant antiquaire l’a accompagnée d’une de ces excellentes dissertations auxquelles il y a témérité égale d’ajouter ou de reprendre. Je n’ai pu cependant m’empêcher de chercher à reconnaître, dans l’eiBgie du droit, un type emprunté à la métropole , sinon imposé par elle. Artémis pouvait être représentée à Glanum , couronnée d'épis, comme protectrice des moissons , de même que
HAMOinfÀlSE. — GLAKYM.
chez les Massaliotes elle était couronnée des branches de l'olivier, autre production du sol , formant l'une des sources de richesses de Massalie. Cette manière de parer les simulacres des dieux, d’ornements empruntés aux produits de l'agriculture, placés sous leur protection , n'a rien que de très conforme aux idées religieuses de l'antiquité.
Le taureau, représenté quelquefois debout , sur les monnaies de la métropole, et ordinairement ployant le genou et dirigeant l'une de ses cornes vers la terre, cornupetens, est figuré sur la monnaie de Glanum dans une attitude toute différente, mais qui ne nous parait rien changer à la valeur symbolique que nous lui avons assignée'.
Le monogramme inscrit sur notre médaille se voit aussi sur une obole de Marseille, trouvée également à Saint-Remi. La forme de l'A est la même sur les deux pièces, et rien n’empêche d’en conclure, avec M. le marquis de Lagoy, qu'elles ont été frappées à une époque contemporaine , et (jue par conséquent le monogramme doit s'appliquer à un seul et même personnage *. Or , comme ce personnage ne pouvait vraisemblablement pas être investi de la même magistrature à Massalie et à Glanum, le monogramme doit donc indiquer le nom d'un graveur qui aurait fabriqué les coins des deux villes. JSous avons déjà eu l'occasion de citer l’artiste Parménidès, graveur des monnaies de Naples et de Syraeuses^, et ce n’est pas le seul exemple de ce genre Les réflexions de M. de Lagoy sont d’une grande importance dans la question , et nous déterminent à regarder comme la signature du graveur le monogramme qui nous occupe ; le symbole placé au-dessus du type serait l'insigne du magistrat qui présida à la fabrication de la pièce *.
L’extrême rareté des médailles de Glanum prouve assez que
* Voj. plat haut, p. C 9 et ;i>.
* G»mp. le ^4 de» iDédaîlle» de M*r~ •aille.
* Toy. pie» haut, p. 65.
* Cf. Raoul Rochette, Lettre à Bl. le doc
de Luyne» lur Ici graveur» de» monoaie»
grecque», p. 4^.
’ Cf. ce que aoiu avons dit plus haut sur la question des monograïuiBes et dci symbole» monétaires , p» 6 *;, $8 et 7 t.
KAllBOimAlSE.— GLAJtVM.
cette -ville a battu monnaie très peu de temps, et le rapprochement établi entre l’unique spécimen de son monnoyage et l'obole de Marseille citée plus haut, en placerait l'émission vers la vn‘ période monétaire de la métropole.
Les historiens de l'antiquité ne font aucune mention de Glanum ; mais son nom se trouve dans Pline, Ptolémée, l'Itinéraire d’Antonin et la Table de Pentinger. Sa position à Saint-Hemi est justifiée par la coïncidence des mesures itinéraires', par la belle inscription latine conservée à l’hôtel de la mairie de cette -ville et souvent citée enfin par deux édifices bien connus, l'arc de triomphe et 1e mausolée, dont la riche architecture donne une idée de la splendeur de l’antique Glanum , sous la domination romaine. Son goût pour les beaux-arts ne parait pas moins dans le seul monument qui nous reste de l’époque où elle était une ville grecque.
Comme on trouve dans Pline, immédiatement après le nom de Glanum, celui de Lû/ii, dont la position n’a pu être déterminée^, le plus grand nombre des auteurs modernes ont joint les deux noms ensemble, et en ont fait Glanum-LivU. Cependant l’inscription du second, à la suite de l’autre, n’a évidemment d’autre cause que l’emploi de l'ordre alphabétique par Pline , dans son énumération des villes latines de la Narbonnaise.
* Cf. Walkenaer, G^og. ane. des Gaulea, Càrp. i/ueript . , n** loo i Lagoy, op. laud.
t. ll,p. ai4. 19.
* Cf. Papon , Uiat. da ProTCOM» 1, 64^! * Ja D’oaa paa propoaar da racoooaltrc «
Cayloa^Rec. de noDain. ant, VIl,i 63 ; dana aa nom , Ie»ié6«a, oa Ubid,qni(ooi HiLUa, Vojaga an Fraoca, UI« 407 ^ Orelli , le rajet du cbapilra précédant.