L"ART IXDUSTRIKL AU XVI'' SIECLE
sont d'une beauté particulière. Flotner fut aussi médailleur, et ses médailles-portraits n'ont pas leurs pareilles en Allemagne pour la sûreté et la simplicité de l'exécution. Heureusement, quelques-uns de ses modèles originaux, en bois et en pierre, nous ont été conservés ; ils prouvent une
Poêle en céramique, par Augustin Hirschvogel. à la Burg de Nuremberg.
merveilleuse habileté technique. Xous avons de Flotner d'autres œuvres plus complexes et de dimensions plus grandes, par exemple une belle porte provenant d'une maison de la famille Imhoff, dans la salle de l'état civil de l'Hôtel de Ville, à Nuremberg, et la magnifique fontaine de la place du 3larché à Mayence, qui date de 1526. Enfin, il ne faut pas oublier ses œuvres architectoniques. Ainsi, on doit certainement lui attribuer non pas seulement la cheminée de marbre de la maison Hirschvogel
(Hirschelgasse, n° 21^ avec ses colonnes ornementées et ses gracieux génies, mais encore lédifice tout entier, construit en 1534, avec ses deux étages, avec son charmant portail et ses frises, avec les lambris du salon, où des trophées dune riche imagination remplacent les pilastres. 11 a travaillé également et pour une bonne part, en 1 534-1 544, au castel Tucher, quelques maisons plus loin. Dans l'histoire de la construction à Nuremberg, ces deux maisons ont une place spéciale. La salle llirschvogel est une œuvre d'un caractère particulier qui la distingue essentiellement de tout ce que la Renaissance a produit en ce genre à Nuremberg. Ici, aucune trace du gothique dont l'art de la construction a obstinément gardé les formes jusqu'à l'époque du baroque ; comme ailleurs, Peter Flotner, ici, nous apparaît un véritable disciple de l'art italien que, plus que personne, il a contribué à introduire à Nuremberg.
L'art de l'orfèvrerie avait été vivement stimulé par Durer et les (( petits maîtres » ; Peter Flotner l'avait aidé puissamment par ses merveilleuses créations. Il suscita, vers le milieu du xv'^ siècle, une série de maîtres qui se donnèrent la tâche de créer des esquisses pleines d'imagination et de les reproduire par la gravure sur cuivre. L'un des mieux doués fut Virgil Solis, dont les premières œuvres remontent à 1540. Il s'inspira de l'art italien ; mais il sut emprunter aussi à la France et aux Pays-Bas. Il mourut en 1562, et, dans une carrière de quarantehuit ans, il nous a laissé 800 œuvres qui se partagent entre la gravure sur cuivre et la gravure sur bois. Parmi les gravures sur cuivre, viennent en première ligne des esquisses de vases qui témoignent d'une parfaite connaissance de la technique en orfèvrerie, et qui sont souvent d'un goût exquis. Ses illustrations pour livres, parfois magnifiquement coloriées par lui-même, sont tour à tour bibliques ou profanes. Ainsi, il a fourni des illustrations pour les œuvres de Virgile et d'Ovide et pour les Fables d'Ésope. Son continuateur, sous ce rapport, fut Jost Amman, né à Zurich en 1539. Cet artiste travailla activement à Nuremberg de 1560 à 1591, année de sa mort. On lui doit des illustrations pour des éditions de la Bible, pour des livres d'édification, pour des ouvrages d'histoire et des chroniques, pour des livres de droit et de poésie, puis des armoiries de villes ou d'États, des arbres généalogiques. Il exécuta aussi des illustrations .sur les divers costumes et, sous le titre de Desci'iption de tous les états de la terrc^ il représenta en cent trente-deux gravures sur bois, que Ilans Sachs orna de sentences, les arts et les métiers de son époque. Parmi ses eaux-fortes, les portraits méritent une mention spéciale. Il ne s'occupa point de l'ornementation. Ce dernier art fut cultivé par Hans