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L"ART INDUSTRIEL AU XVI« SIHCLE

Sibmacher (mort en 161 1) qui a rendu un immense service à l'art héraldique par son grand ouvrage sur les armoiries, contenant 5,720 armoiries (publié en 1605 ; 2'^ éd., 1612 ; réédité en 1856). Il ne nous a pas seulement donné, en une série d'estampes gravées à l'eau-forte, des modèles pour broderies et travaux à l'aiguille ; l'orfèvrerie lui doit aussi une suite d'esquisses vraiment artistiques. Une pléiade de maîtres, d'ailleurs, s'adonnait à l'art de l'orfèvrerie, depuis 1570 : nommons entre autres, Georg Wechter, Bernhard Zan, Paul Vlindt, le maître inconnu J. S., etc. Leurs estampes sont gravées à l'eau-forte ou simplement exécutées au poinçon. Ils sont les continuateurs de Virgil Solis et du maître inconnu de l'année 1551, dont les esquisses pour vases sont parfois supérieures au point de vue artistique, à celles de Solis.

Plus de six cents maîtres orfèvres sont nommés dans les registres mortuaires de Nuremberg, de la fin du xv" siècle au milieu du xvu" ; et beaucoup d'entre eux nous sont connus non seulement par leur nom, mais encore par leurs œuvres, parce que les marques qu'elles portent nous offrent des points de repère certains. Mais un seul nom se présente à la mémoire, quand il s'agit de l'apogée de l'art de l'orfèvrerie, non plus seulement à Nuremberg, mais dans l'Allemagne en général : c'est celui de Wenzel Jamnitzer, le Cellini allemand. Né en 1508, probablement à Vienne, il s'établit en 1534, à Nuremberg, avec ses parents et son frère Albert, qui fut son collaborateur. Là, en 1556, il devint « membre honoraire » du grand Conseil, et, eri'' 1573, membre du petit Conseil. Il mourut en 1585, comblé d'honneurs par l'empereur et par les rois, qui l'avaient nommé orfèvre de leur cour. Au point de vue des formes il s'inspira de l'art italien et rappelle Flôtner et Solis. Un motif qu'il traite

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avec prédilection est la frise dorique à trigl^-phe avec des têtes de taureaux dans les métopes. Ici et dans ses arabesques, nous reconnaissons l'influence de Flotner. Ses figures, magistralement modelées, sont remarquables par le charme pittoresque des draperies. Sa spécialité — et. dans ce genre, lui et son frère A11)ert n'ont pas d'égal — fut le moulage en argent de plantes et d'animaux, d'après nature. La collection Henri de Rothschild, à Paris, possède un magnifique surtout de table que le maître exécuta en 1546, au prix de 1,325 florins 14 livres 10 hellers, pour le Conseil de la ville de Nuremberg. En 1806, il passa, au ]irix du poids du métal, aux mains d'une famille nurembergeoise à laquelle le baron Henri de Rothschild l'acheta, en 1882, pour plus d'un demi-million de marks. Cette œuvre est le meilleur spécimen de l'habileté du maître en ce genre. Nous 5^ trouvons ces délicats moulages, « si subtils, si légers qu'un souffle les agite ». Ils partent d'un rocher formant le socle, ils entourent le pied et le bord de la coupe qu'une figure de femme, en forme de cariatide, soutient des mains sur sa tête, et ils remplissent le vase, agrémenté d'arabesques délicates, qui s'élève du milieu de la coupe. La peinture sur laque et sur émail s'unissant à la dorure produit un bel effet de pol3xhromie. LTn autre chef-d'œuvre du maître est la coupe que possède l'empereur d'Allemagne et qui fut faite en 1570 sur la demande de l'empereur Maximilien IL D'une fontaine de trois mètres de hauteur, qu'il exécuta sur l'ordre du même empereur, il ne reste malheureusement que quelques figures coulées en bronze. Le château de Cobourg possède, de lui, un projet de surtout de table, en forme de fontaine. La Chambre Verte de Dresde et le Trésor de Munich conservent, du même maître, quelques œuvres du même genre, d'une grande richesse et d'une réelle beauté: l'inspiration de la Renaissance s'y révèle splendidement. Nommons encore, parmi les orfèvres célèbres, Christophe Jamnitzer, fils peut-être, d'Albert, né à Nuremberg en 1563 et mort en 161 8. .Ses œuvres ont une forte tendance au style baroque, qu'on retrouve également dans les modèles de son album de grotesques. Outre la coupe de Wenzel Jamnitzer, l'empereur d'Allemagne possède un autre joyau de l'orfèvrerie nurembergeoise : une coupe richement ornementée, mais faite en même temps à la façon d'un calice gothique ; sur le couvercle est un Amour triomphant qui tient une flèche. C'est l'œuvre de LIans Petzold, qui cultiva son art jusqu'en 1633. Il s'est souvent inspiré de Jamnitzer, mais il n'en a pas conservé le sens des proportions classiques. vSes formes, avec une tendance au baroque, sont molles et flottantes, et ses ornementations ne sont point, comme celles de Jamnitzer,

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