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La Burg vue du clocher de l'église Saint-Scbald.
mais se trouvait au sud de la tour Pentagonale, qui aujourd'hui forme, avec les Écuries et le Luginsland, un ensemble de constructions si imposant, mais qui, primitivement, appartenait probablement au château du burgrave ainsi que la chapelle d'Ottmar, ou de Walpurgis, et le bâtiment dit demeure de l'intendant. De la chapelle il n'est resté, datant de l'époque romane, que la tc^ur contenant l'abside; la chapelle elle-même, anéantie lors de la destruction de la forteresse primitive en 1420, fut reconstruite peu après.
Comme cette forteresse du burgrave ne fut jamais rétablie, un espace libre, coupé d'un sentier et séparé d'un large et profond fossé d'enceinte par un parapet de pierre, s'étend entre la tour Pentagonale et la demeure de l'intendant. Sur le parapet on montre la trace laissée par les fers de la monture du fameux chevalier pillard Eppelein ou, plus exactement, Eckelein von Gailingen, qui, par un saut hardi, fit la nique aux Nurember-
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geois qui s'étaient juré « de ne pendre personne quils ne Teussent pris ». La demeure de l'intendant, qui semble dater du xiii" siècle, a tout à fait l'apparence d'une construction défensive. Avec son appareil irrégulier, la forme gracieuse de si)n loii où s'accroche une logette en charpente, ses galeries et cloisons de bois, et la porte cintrée qui l'accompagne, cette construction forme une des parties les plus attrayantes de la Burg. Non moins pittoresque est, sur la cour des Suédois, son autre face, avec l'avant-corps de forme ronde, datant du xvT siècle, par où Ton accédait dans la Burg impériale, complètement séparée de la Burg primitive où résidait le représentant de l'empereur.
A mesure (jue les souverains vinrent plus fréquemment et plus volontiers tenir leur cour à Nuremberg et convoquer à leurs diètes les princes de l'Kmpire, le besoin se fit sentir de plus en plus d'un édifice séparé, en rapport avec la puissance et la majesté de l'empereur, où celui-ci pût régner en paix et tenir une cour magnifique. Et ainsi naquit la Burg impériale, qu'administra un intendant. Ainsi deux Burgs existèrent ici : celle de l'empereur, et la forteresse des burgraves, qui lui servait d'avantgarde protectrice. A partir de 1 191 ce furent les comtes de HohenzoUern qui furent burgraves de Nuremberg. Ils jouèrent un rôle important dans l'histoire de la ville. Leurs prérogatives se trouvaient en opposition, en beaucoup de cas, avec celles de la cité, laquelle, en qualité de ville libre, n'avait que l'empereur au-dessus d'elle et, de bonne heure, avait reçu de lui un conseil de magistrats indépendant de l'autorité du burgrave. .Même lorsqu'après la destruction de leur forteresse, en 1420, les burgraves eurent vendu à la ville leurs domaines de la Burg, Nuremberg n'en eut pas fini avec eux. Nommés margraves de Brandebourg, les HohenzoUern ne s'intéressaient plus assez à la Burg pour rebâtir leur forteresse détruite^ mais ils ne voulaient pas pour cela renoncer à toute une série de droits, et il s'ensuivit entre eux et la ville de vifs démêlés, suivis de guerres qui forcèrent les Nurembergeois à fortifier solidement leur cité. De là ces restes imposants de murailles qui font aujourd'hui l'admiration des visiteurs.
Nous ne savons ni la date de construction ni la forme de l'ancienne Burg impériale. Elle dut être remplacée vers la fin du xii^ siècle par le nouvel édifice que Frédéric Barberousse éleva à l'extrémité ouest du plateau, .^lais ce château lui-même a changé. A part quelques vestiges, les siècles suivants ont complètement effacé son caractère primitif. Une haute muraille, couronnée de créneaux et garnie d'un passage couvert qui part du logement de l'Intendant, la sépare de l'emplacement de la
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forteresse des Ijiirgraves. En suivant cette muraille, on arrive à un espace libre qui servait de lieu d'asile aux criminels et d'où, par-dessus le parapet de pierre, le rej^ard s'étend sur le pittoresque pêle-mêle des maisons et des tours aux mille formes diverses, des édifices et des murailles d"enceinte. Une porte cintrée donne accès ici dans la cour d'entrée de la liuri^*- impériale. Deuî^ tours en flanquent l'entrée : la robuste
La Burg vue de Ul tour Pentagonale. (Sur le devant, la demeure de l'Intendant.)
Ilasenburg, dressant au bord du rocher sa masse quadrangulaire, et la haute Vestnerturm qui domine toutes les constructions delà Burg, et qui, à cause de sa forme cylindrique, portait le nom de Sinwellturm (tour Ronde). Seule la partie inférieure de cette tour, si fièrement dressée sur son rocher et si imposante le soir dans l'embrasement des rayons du soleil couchant, date du moyen âge. Le massif entablement du sommet et le toit polygonal terminé en pointe qui le surmonte furent ajoutés en 1561 ; ils rappellent les tours rondes des murailles de la ville édifiées en ce temps. Au reste, la Renaissance a apporté ici beaucoup de changements. De cette époque date le groupe pittoresque de maisons bâties à droite de
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la tour. ])armi lesquelles la niaistinnctte où se irouve le puits du château. La profondeur de ce puits en fait une des curiosités de Nuremberg. Creusé dans le rocher jusqu'à une profondeur de 335 pieds, il constitue, de fait, au point de vue technique, un ouvrage remarquable, qui sans doute remonte aux premiers temps de la Burg. C'est encore de la Renais-
Chapelle inférieure de la Burg (avant la restauration de 1892).
sance (1562' que date la porte en pierre qui sépare de la cour proprement dite de la Burg la cour d'entrée, où s'élève à gauche la chapelle, surmontée de la tour .Maro-uerite ou tour des Païens.
La vieille Burg impériale a été complètement transformée. Nous pouvons, il est vrai, reconnaître encore le pal as (partie comprenant les salles de réception) avec ses deux grandes salles superposées, et nous faire une idée de la kemcnatc (partie renfermant les appartements privés) qui occu-
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pait le côté ouest, avec ses innombral^les chambres, couloirs et salles ; mais, à part quelques restes insignifiants dans l'aile méridionale, on ne trouve plus trace de la disposition architecturale primitive. Du tilleul i)lanté ici par l'impératrice Cunégonde en souxcnir du salut de son mari, tilleul que fit remplacer, à la hn du xv" siècle, l'empereur Frédéric 111, il ne
Chapelle supérieure de la Burg.
reste plus qu'un tronc garni de lierre. Malheureusement, non seulement le moyen âge et la Renaissance ont transformé la cour et les salles de la Burg ; le XIX^ siècle a fait de même, à cette époque romantique, parfaitement impuissante, malgré ses excellentes intentions, à mettre dans ses créations l'esprit d'autrefois. Dans une des salles du haut seulement se rencontre un vestige du moyen îige : un plafond de bois peint, de la fin du XIV*^ siècle, presque tout entier occupé par une immense aigle impériale
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de CDuleur jaune sur fond noir. Dans la clianihrc oontigui'. un autre plafond peint, bien conser\é. date de la Renaissance. Consacré à la glorification de Charles-Ouint. il offre, en \ ingt-quatre compartiments. les armes des divers pa vs de son empire. ]>armi des motifs ornementaux où rex'ient çà et là la devise impériale /V//.v iillrn. f'xt'cuté en I520 ])ar le jeune Springinklee et d'autres « bons peintres ». ce beau plafontl ra})pelle beaucoup le style ornemental tle hïirer. De la Renaissance datent les nombreux jioèles en majolique de couleur que renferment les chambres de la Rurg et sur lesquels nous re\iendrons plus tard.
Si notre promenade dans la cour de la Burg. le palas el la kcnic- Hiitr nous a ramenés à la Renaissance, nous allons reculer jusqu'à l'époque de la construction du cluUeau en franchissant le seuil de la chapelle : défiant le cours des siècles, elle a conservé à l'intérieur comme à l'extérieur les caractères de l'épocpie romane ([ui la \\i 1)àtir. Elle se trou\e dans la tour des Païens, dont nous avons déjà décrit la frise d'arcades et les sculptures mutilées. Se])t marches, du côté septentrional, descendent sous une grande porte cintrée, à la chapelle liasse. dédiée à sainte Marguerite, construction de forme carrée soutenue par quatre colonnes trapues qui la divisent ainsi en neuf travées carrées, dont celle du centre, ajourée au sommet, laisse apercevoir au-dessus la chapelle haute, les huit autres au contraire étant surmontées d'une voûte d'arête reposant sur des consoles unies. Au côté ouest est attenante une petite galerie ; vis-à-vis, à l'est, est l'abside quadrangulaire. située dans la tour des Païens. L'ornementation des quatre colonnes rondes et trapues, avec leurs bases rappelant le style ionic|ue et leurs chapiteaux à hauts tailloirs sculptés, montre le plein épanouissement du style roman. Cette chapelle aux proportions ramassées donne absolument l'impression dune crN'pte; et, de fait, ce fut là sans doute sa destination, tandis cj^ue la chapelle supérieure, réservée à l'usage privé de l'empereur, et à laquelle on eiccède des deux salles du pal as, était affectée au service divin. La disposition de cette seconde chapelle et le caractère de son ornementation sont les mêmes ; mais, tandis que l'autre produit une impression som]:)re et oppressante, celle-ci, avec ses quatre colonnes délicates et élancées qui supportent de hautes voûtes appuyées aux murs sur des consoles richement ornementées, donne une sensation toute contraire. La matière dont sont faites les colonnes est à remarquer : c'est un marl)re blanc jaunâtre provenant du Tyrol ou de la Haute-Italie ; et une autre particularité attire aussi le regard : tandis que trois des colonnes sont monolithes et tout unies, la quatrième est formée de deux morceaux et offre en son milieu,
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à leur jonction, une saillie en anneau. Aucune raison artistique n'expliquant cette dissonance architectonique, et l'emploi de ce marbre n'étant pas davantage justifié, on a bâti là-dessus une lét^ende pittoresque : le diable, à la suite d'un pari, aurait apporté ces colonnes d'Italie, mais n'ayant pas réussi à les placer en moins de temps qu'il n'en fallait au diligent Père Cyrille pour dire une messe, de fureur il aurait jeté à terre la dernière colonne, avec une telle force qu'elle se brisa en deux. On montre, au-dessus de l'entrée de l'abside, la tête du Père Cyrille. A la petite galerie du côté ouest de la crypte répond ici un vestibule d'entrée très bas, soutenu par quatre petites colonnes trapues. De là, un petit escalier conduit à la tri1:)une impériale, où l'on accède aussi de la salle supérieure du pd/ds et qui, par deux arcades cintrées, s'ouvre sur la chapelle.
Les autels et les œuvres de sculpture qui décorent cette chapelle appartiennent à l'époque gothique ou à la Renaissance. Les tableaux sont des fragments d'une collection de maîtres allemands, néerlandais et italiens du XV" au xviir siècle, dont la majeure partie se trouve dans la salle inférieure du palas.
La passerelle du Bourreau avec la tour d'Eau et la maison aux Vins.