‹ NurembergChapitre 3 sur 33 · LA VILLE — PREMIERS ÉDIFICES LA NOUVELLE ENCEINTE · texte numérisé non relu

LA VILLE — PREMIERS ÉDIFICES LA NOUVELLE ENCEINTE

C'est au cours du xi* siècle que, dans la plaine autrefois marécageuse où coule la Pegnitz et qui s'étend en pente au sud de la Burg, s'éleva la ville primitive, dont le dessin fut subordonné à la situation du château. Une enceinte fortifiée, constituée probablement par un remblai, des palissades de bois et un fossé, l'entoura et la protégea assez efficacement pour qu'en 1105 l'empereur Henri IV, ayant cherché là un refuge contre son fils révolté, pût y soutenir un siège de deux mois. Pour devenir imprenable, la ville remplaça ce simple S3'stème de défense par une enceinte de murailles qui, en 1127, obligea l'empereur Lothaire, après deux mois de

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siège, à se retirer sans succès. Tniis ans plus tard, il est vrai, Nuremberg dut ouvrir ses portes à l'empereur et devint, par suite du don qu'il en fit à son l)eau-])ère, le duc de Bavière Henri le Fier, ville bavaroise; mais en 1138, à l'avènement au trône impérial de Conrad de vSouabe, il recouvra sa dépendance directe de l'empire et la garda jusqu'en 1806, où elle fut de nouveau incorporée à la Bavière.

Il est difficile de dire de façon précise quelle était la forme de la ville aux XI" et xir siècles, et son étendue au début du xiiT. Un reste de tour dans la Wolfgasse et la supposition que le couvent de Saint-(iilles, bâti en 11 40, se trouvait hors des murs de la ville, font penser qu'elle se développa vers l'est. L'extrémité sud était probablement marquée par la Mahlerthor, située au nord est de la place actuelle de l'Hôpital. Le caractère marécageux du terrain ne permettait pas alors à la ville de s'étendre jusqu'à la Pegnitz et la contraignit d'orienter, à partir de là, ses murailles vers le nord-ouest. Ce n'est que plus tard qu'on réussit à affermir le terrain avoisinant la Pesfnitz.

Deux grandes influences ont aidé de façon décisive au vigoureux et rapide développement de Nuremberg : les deux grandes puissances du moyen âge. l'Empire et l'Kglise. Toutes deux ont laissé à Nuremberg des traces ineffaçables de leur action dominatrice. Mais à elles s'en tijoute une troisième, qui différencie Nuremberg des autres villes où les monuments parlent aussi de la magnificence de l'Empire et de l'Eglise au moyen âge : c'est l'influence d'une bourgeoisie forte et libre, consciente et fière de sa puissance. Si Nuremberg doit aux deux premières bien des traits essentiels de sa physionomie, c'est à sa bourgeoisie qu'il doit son caractère propre. Dans aucune autre ville on ne perçoit aussi directement la robuste et saine influence de ce libre esprit bourgeois.

Les églises ne sont pas monumentales comme les cathédrales rhénanes, mais plus pittoresques. Elles ont un caractère avenant que partage même avec elles la Burg, où les empereurs venaient résider non en maîtres sévères, mais en hôtes amis de la ville, toujours les bienvenus. Nuremberg fut dans le vrai sens du mot une ville libre de l'Empire, libre de tout joug temporel et spirituel, et qui put se développer uniquement suivant l'énergie propre qu'elle recelait ; aucune cité ne posséda comme elle l'amour de ses empereurs, les seuls qui fussent au-dessus d'elle et qui, heureux de son vigoureux développement, y aidaient encore parles privilèges et les libertés qu'ils lui conférèrent.

L'Eglise, de son côté, fit sentir de bonna heure à Nuremberg son influence bienfaisante.

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Il est possible que la lé^emle qui fait appariiilre au \i il' siècle saint Boniface comme apôtre du christianisme en ces lieux, et. peu après, fait accomplir à saint Sébalcl des miracles qui entraînent toutes les populations derrière lui, ait un fondement historique. 11 ne reste plus aucune trace de la chapelle Saint-Pierre édifiée au pied du rocher de la Burg et appartenant à la paroisse voisine de Poppenreuth. que la légende disait avoir été construite par saint Boniface et qui aurait renfermé la sépulture de saint Sébald. L'église qui s'élève aujourd'hui sur le tombeau, si artistement ornementé, du saint date, dans ses parties les plus anciennes, du xni' siècle. A la place du haut chœur gothique de l'est s'éleva, jusqu'en 1361, l'ancien chœur roman, avec un transept utilisé en partie. Des fouilles opérées en novembre 1809 fi^'ent découvrir la crypte, terminée par trois niches en cul-de-four et à laquelle conduisaient quatre escaliers. D'après une notice du chroniqueur Lambert von llersfeld (mort en io8o\ le culte de saint Sébald aurait pris, à partir de 1070. un grand développement et se serait même répandu jusqu'en France. La petite église Saint- Pierre, à la longue, ne pouvait donc plus suffire.

Pas plus que de celle-ci et des anciennes constructions de Saint-Sébald, il ne s'est conservé de vestige de la chapelle du Saint-Sépulcre qui s'élevait autrefois à la place de la seconde grande église de Nuremberg, Saint-Laurent, de l'autre côté de la Pegnitz. Une autre chapelle dédiée à sainte Cunégonde. et cj^ui passait pour une fondation de cette impératrice, se trouvait autrefois dans le voisinage; elle a été détruite en 1703; une ancienne gravure permet de se rendre compte de son caractère roman. D'anciennes estampes aussi nous font connaître l'église Saint-Gilles ou des Écossais, construite également à l'époque romane, mais agrandie pendant la période gothique et brûlée avec son couvent en 1696. Suivant la tradition, elle remplaçait une chapelle dédiée à saint Martin et construite par Charlemagne; mais rien ne le prouve historiquement : les plus anciennes chroniques mentionnent que l'empereur Conrad III fit édifier en II 40 le couvent de Saint-Gilles et y appela des Bénédictins écossais. Trois chapelles seulement et le chœur gothique ont été conservés dans la reconstruction de l'église au XYliT siècle, mais ont été, malheureusement, arrangés alors dans le goût du temps. De ces trois chapelles, celles de Saint- Wolfgang et la chapelle Tetzel sont de l'époque gothique, tandis que celle de Saint-Euchaire est romane. Deux colonnes robustes, soutenant six voûtes à nervures, la partagent, dans le sens de la longueur, en deux nefs aux murailles desquelles quatre colonnes, saillantes aux trois quarts seulement, soutiennent la retombée des voûtes, comme

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