C. Azote organique
En ce qui concerne les plantes vasculaires pourvues de chlorophylle, la question s’est posée d’une manière relativement récente de savoir si elles peuvent absorber par leurs racines et utiliser certaines | matières organiques azotées, c'est-à-dire de savoir si la théorie de la nutrition purement minérale des
plantes supérieures était aussi exclusive que l'avait formulé LieBrc. :
LerèvRE a montré qu'en inanition de gaz carbonique les acides aminés tels que le glycocolle, l’alanine, la tyrosine déterminaient une augmentation du poids de la matière sèche ; mais les précautions d’aseptie prises par l’auteur paraissent insuffisantes et, si les substances qui étaient fournies aux plantes ont amené un rendement appréciable, cela peut tenir à la production de gaz carbonique à leurs dépens ; elles interviendraient alors d’une manière indirecte comme source de carbone et non d'azote; ce dernier corps n'a d'ailleurs pas été dosé dans le sol ni dans les plantes obtenues.
De son côté, Lurz a conclu de ces expériences que les amines les plus simples étaient utilisées par le Maïs et la Courge ; la méthylamine CH°AzH?, la dimé- thylamine (CH3)'AzH, la triméthylamine (CH°)*Az, constitueraient pour cet auteur des sources d'azote ; reprenant ces expériences avec le Radis, je n’ai pu qu'observer la nocivité de ces substances; mais j'ai montré que cette dernière plante peut utiliser un assez grand nombre de substances azotées organiques, en employant le procédé de culture rigou- . reusement aseptique que j'ai décrit antérieurement à propos de l’utilisation par les plantes supérieures “de substances organiques ternaires. C’est ainsi que l’asparagine et le glycocolle augmentent le poids de substance sèche d’une manière très appréciable par rapport aux cultures privées de tout corps azoté ; de plus on peut se rendre compte que la quantité d'azote protéique a augmenté, comme le montrent
L'UR AE CAE 0) ne VON DR ES IT ANRT ES, NAS the LS : fe
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JD ee CYCLE DE L’AZOTE
les nombres qui suivent et qui se rapportent à une 4 plante :
Azote total Azote protéique
Aandé: ss 2% To rhgr..08 o mgr. 12 Re ee 0 — 57 o — 36 Plantule. + Asparagine 1 p.100. 6 —— 19 1 — 34 l Glycocolleo,1p.100. 2 — o1 1 — 11
On voit de plus que la plante à qui on n’a fourni aucune substance azotée perd un peu de son azote pendant la germination.
La leucine est également alimentaire ; la tyrosine peut être aussi utilisée, mais elle est rapidement nocive, comme il arrive d’ailleurs pour toutes les . substances contenant un groupement aromatique ; les “4 peptones se comportent également comme une source d'azote ; l’urée est un très bon aliment pour le Radis ; l'acide hippurique, qui contient un radical cyclique, se comporte au contraire comme une substance toxique ; parmi les diverses substances sur lesquelles j'ai fait porter mes recherches c'est l'acide urique, sous forme d’urate de sodium, qui s'est montré le meilleur aliment azoté.
Voici d’ailleurs quelques nombres qui donnent, … pour des cultures âgées de six semaines, les augmentations de substance sèche vis-à-vis d’une plante provenant d'une graine de même poids et à qui on ne M ournissait aucune substance azotée : s
mer. mer. .
Chlorure d’ammonium. 41,7 Urée.;-22 2575 OUEN Azotate de sodium . . |. 36,5 Xanthine CNE % ASDAFASINE MT, LT, Dar Allantoïne .-.:, RCORRS
Glycogôlle:,". {244,4 1a1,415 QUrate de SOdIUM RS 3
Toutes ces substances étaient fournies à la dose DS 100, - |
Ajoutons que l'acide cyanhydrique et le cyanure de sodium constituent également pour le Radis une source d'azote; les rendements qu'ils déterminent dans les conditions des expériences précédentes sont en moyenne de 15 milligrammes.
V. Brazosouxwra a montré que c'est surtout en présence de sucre que se fait l’utilisation de l’urée, du glycocolle, de l’alanine et de la leucine par le Drassica Napus et le Sinapis alba.
Par contre, les substances protéiques ne se sont Jamais comportées comme alimentaires.
Ces résultats, obtenus dans des conditions artificielles, posent la question de l’utilisation par les plantes supérieures de l’azote organique qui se trouve dans le sol. D’après Boussixeaurr 1 kilog de terre arable contient en moyenne
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! L'azote engagé dans des combinaisons organiques et provenant des déchets animaux et végétaux est donc très prédominant ; c’est surtout dans la matière complexe noire constituée par l’humus que l'azote existe en dehors des combinaisons ammoniacales et nitriques. Cet humus, sous l’action des acides ou des bases étendues, dégage de l'ammoniaque et ce fait conduit à considérer l'azote qu'il renferme comme existant surtout à l’état amidé. L’humus contient de 2,5 à 6,5 p. r00 d’'azole, mais on na pu
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92 7.7. CYCLE DE L'AZOTEséparer jusqu’à présent la matière azotée de la substance ternaire (acide humique) à laquelle elle est associée.
Opérant sur la tourbe du Michigan et la traitant par l'acide chlorhydrique, Jopipr a pu caractériser parmi les produits de décomposition l’ammoniaque, des acides amidés ainsi que des acides mono- et diaminés ; de son côté Rogixsox a pu isoler de sols tourbeux
deux acides aminés bien connus, la leucine et l’iso- =
leucine ; l’humus apparaît donc comme constitué par une matière noire résultant de la transformation des substances ternaires des végétaux dont elle provient et par des substances azotées semblables à celles que nous avons vu dériver des substances protéiques. :
IL! n'existe pas d'ailleurs dans l’'humus que des matières résultant de la dislocation des protéines ;
celles-ci peuvent contribuer elles-mêmes pour une.
part importante à la constitution de la matière azotée
et correspondent à l'existence d'êtres vivants, ceux-là
même qui sont les agents de désintégration de l’humus. Dans les feuilles de Chêne tombées depuis un an KosrryscHEw a trouvé 2,98 p. 100 d'azote total, dont 2,73 p. 100 correspondaient à des matières protéiques et seulement 0,25 p. 100 à des composés plus simples; ces résultats amènent à considérer le sol comme un milieu essentiellement vivant, notion sur laquelle nous serons amenés à nous étendre plus longuement.
. Les végétaux supérieurs ne semblent pas d’ailleurs utiliser d’une manière sensible les diverses formes d'azote organique contenues dans l'humus ; ces com-
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binaisons se trouvent être surtout utilisées par des plantes hétérotrophes telles que les Champignons qui libèrent de l’ammoniaque à partir d'elles; cette