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Fig tr = Drosera rolundifolia.
Er poils très développés, longuement pédicellés et se =”
terminant par une tête rouge sécrétrice ; ils sont d’au-
tant pius longs qu'ils sont Silués plus près du bord et NUT TION DE LA PLANTE. — jy ‘
La LE
194 | CYCLE DE Re
on en compte environ deux cents par limbe. Une excitation produite par des corps inorganiques (sable, verre, charbon...), ou par des substances organiques non azotées (gomme, sucre...), détermine bien une sécrétion acide des poils, mais le liquide est alors dépourvu de diastase protéolytique ; si c'est au contraire une substance organique azotée (viande) ou un insecte qui détermine l'excitation, la sécrétion produite-devient capable d'effectuer une digestion de ces substances. Ce n'est d’ailleurs pas simplement la substance mucilagineuse recouvrant la tête des poils qui
Fig. 42. — Drosera rolundifolia; limbes de feuilles : A, à l’état de repos; B, venant d’être excité par un insecte qui se trouve emprisonné par les poils glanduleux.
se trouve engluer les petits animaux venant à se poser sur la feuille ; il se produit en outre un mouvement d'incurvation des poils qui convergent vers la région excitée et concourent à emprisonner les bestioles ; le phénomène est représenté par les figures 42 qui donnent une idée de l'aspect des feuilles au repos .
Ji its DIGESTION
DES SUBSTANCES PROTÉIQUES 195.
et des feuilles excitées ; le phénomène dure de deux à … - trois heures dans son ensemble et il n'est pas rare d
Pig mie Drosophyllum lusitanicum.
rencontrer sur une même feuille des débris de dix à quinze insectes. a
4° Le cas des Drosera nous conduit enfin à envisager une quatrième catégorie de plantes car celles qui retiennent simplement les insecte
nivores, S par le
mucilage que sécrètent les poils glanduleux qui n'offrent plus de mouvements réalisant une captation ; c'est le cas des Drosophyllum (fig. 43) (Droséracées)
qui se développent dans des stations sablonneuses et
sèches ; tout l'appareil végétatif (tiges et feuilles linéaires) est couvert de poils glanduleux très développés, terminés par une tête rouge globuleuse, brillant au soleil du fait du liquide sécrété ; il existe en outre de nombreuses petites glandes sessiles qui paraissent produire un liquide acide et doué de propriétés digestives.
De nombreuses autres plantes présentent également des poils à sécrétion mucilagineuse, capable d’engluer les insectes (Primula viscosa, P. villosa, Saxifraga tridactylites, Silene viscosa, Ledum villosum...) sans que la notion de plantes carnivores se soit d'ailleurs étendue à tous ces cas.
Je crois nécessaire de faire observer qu’il y a certainement dans la signification des phénomènes que nous venons de signaler une certaine part d’interpré-
tation et la question doit être examinée de plus près
au point de vue de la digestion des substances azotées et à celui des conséquences qui en résultent pour les plantes qui nous occupent.
Une des plantes les mieux étudiées à cet égard est le Nepenthes melamphora que Craurrrau a considéré à Java, dans les conditions normales de sa végétation. Le contenu des urnes, qui ne provient pas que de l’eau de pluie, mais est en partie sécrété par la plante, est incolore, légèrement mucilagineux et possède une légère saveur de miel, qui s’accentue lorsque les insectes y sont tombés ; le liquide normalement neutre
à Présente une réaction très franchement acide quand l'urne est excitée par les mouvements de petits ani- Maux. La digestion peut s'effectuer en l’absence de toute bactérie, mais l’auteur n'a pu reconnaître l’existence de peptone, de leucine, ni de tyrosine; il pense que ces substances sont absorbées par l’urne aussitôt produites.
Pour Vines l'acidité du liquide sécrété est due à de l'acide formique et, si on fait agir le liquide in vitro Sur de la fibrine, on constate qu'elle est hydrolysée … dans l’espace d’une heure ; on n’a plus les réactions de précipitation des substances protéiques, mais on obtient encore celle du biuret. L’extrait glycériné des urnes agil aussi par une diastase, mais moins activement que la sécrétion même des urnes excitées.
R. Dusois, Couvreur ayant émis l'hypothèse qu'on est icien présence de digestions d'origine bactérienne, VinEs a montré que l’hydrolyse existe encore en pré= sence d’antiseptiques (glycérine concentrée au 1 P. 100 d'acide Cyanhydrique) : d'après lui il se produirait des albumoses, des peptones, de la leucine et du tryptophane (réaction tryptique); l'extrait glycériné des
“feuilles de Drosera ou de Drosophyllum présente des Propriétés protéolytiques très neltes, et la diastase agissante peut être précipitée par l'alcool, sans perdre de son activité. ;
On a rapporté à des acides organiques (formique, propionique, butyrique, citrique, valérianique) l’acidité du liquide sécrété par les poils des Drosera et capable de digérer le blanc d'œuf, la viande et la gélatine.
VôLCKER à donné de son côté par l'extrait sec du
liquide des urnes de Nepenthes, la composition suivante : ?
Acides malique et citriqua . . . . 39 p. 100 ROLE ER NRA 80 Paire GONNA ER RTS SEE CRT D) —— Ca RENE ER SUR ES RS CIE MOUSE, RAT RTS TER Pas 2,6 —
Etudiant les glandes de Drosophyllum lusitanicum au point de vue histologique, C. FRANÇA vient de mettre en évidence des modifications très apparentes subies par les cellules profondes ; alors qu'au moment de l'absorption de substances animales les cellules superficielles ne subissent aucune modification et se comportent uniquement comme sécrétrices, les cel-lules profondes changent d'aspect au moment où la glande est mise en contact avec une émulsion des tissus d’un insecte; leur cytoplasme présente rapide-
ment des granulations sphériques, noires, qui au
bout de quelques heures, deviennent moins nombreuses mais plus volumineuses.
Quelle est la part qui revient, dans ces phénomènes de digestion, à la nutrition générale des plantes envisagées? D'après certaines recherches, des pousses d'Utriculaire présenteraient un développement deux fois plus considérable lorsqu'elles sont nourries avec des insectes ; d'après Büscex des pieds de Drosera à qui on fait digérer des petits morceaux de viande ou des insectes, tels que des Pucerons, sont sensiblement plus robustes que des individus témoins ; le nombre de feuilles est accru, ainsi que celui des rameaux florifères (3 au lieu de r), celui des fleurs (5 au lieu de 1) et celui des graines ; le poids de substance sèche passe de 1 à 1,9-3, le poids des graines se trouve doublé.
Il convient de remarquer que d’autres auteurs n’ont pas obtenu ces résultats et il faut bien avouer qu'il subsiste encore beaucoup d'incertitude sur la signifie cation et la valeur de cette digestion ; ce qui est certain d’autre part c’est que les plantes en question peuvent se développer normalement sans qu'aucune substance protéique soit mise en contact avec les organes singuliers qu’elles possèdent ; peut-être fautil considérer ces plantes comme assimilant plus facilement les peptones que les nitrates ou l’ammoniaque ; ce seraient alors des plantes semi-autotrophes et semi-hétérotrophes, en ce qui concerne du moins la nutrition azotée, car elles se comportent comme franchement autotrophes à l'égard de la nutrition carbonée.
II reste encore beaucoup d'imprécision et d’obscurité dans cette question des plantes carnivores, qui réclame une étude expérimentale d'ensemble ; née de considérations purement morphologiques, cette notion a besoin d'être contrôlée par des recherches chimiques précises. Il n'est pas sans intérêt de signaler le fait que dans le liquide des urnes de Nepenthes on constate l'existence constante de divers insectes, de sept Diptères en particulier, qui y effectuent tout leur développement normal: il faudrait admettre pour eux l'existence d’une antidiastase : d'autre part nous avons constaté que des diastases protéolytiques existent dans bien des organes ou tissus végétaux, sans que la chose implique pour eux un caractère carnivore.
Les Utriculaires paraissent se comporter ün peu différemment des plantes carnivores proprement dites; les insectes ou autres petits animaux qui se
sont introduits dans les vésicules y meurent de faim plus où moins rapidement et paraissent bien être digérés par des bactéries ; on n’a pu en effet mettre en évidence de diastase propre au végétal: les excré-
Fig. 4h. — Thecoph)llum sp., Broméliacée dont les feuilles délimitent une coupe retenant l’eau de pluie.
ments et les cadavres subissant une putréfaction four- nissent des substances de dédoublement qui peuvent constituer une source d'azote accessoire pour la plante ; il ne s'agirait donc que d’un cas qui se trouve réalisé pour beaucoup de plantes se développant en présence de matières organiques.
Il se passerait plus particulièrement pour les Utriculaires quelque chose d’analogue à ce qu’on observe chez plusieurs plantes épiphytes tropicales qui retiennent de l'eau entre leurs feuilles et parmi
BA
iesquelles il convient de citer les Broméliacées, étu-
diées à cet égard par Scmimper et Picano, Ces végétaux ont leurs feuilles étroitement appliquées les unes contre les autres et, en S'embriquant par leurs bords, elles Constituent un réservoir dans lequel l’eau de condensation des brouillards peut s’accumuler (fig. 44); il y tombe divers débris végétaux et animaux et il se forme un véritable aquarium dans lequel se développe une faune très spéciale ; or l’eau de ce réservoir se trouve être particulièrement exempte de substances minérales et organiques ; la chose s'explique par la production de diastases protéolytiques contenue dans une sécrétion gommeuse el par la résorption rapide des produits de la digestion qui en résulte ; pour ces végétaux, dépourvus de racines, les feuilles se trouvent constituer l'appareil absorbant : nous retrouvons donc ici une nutrition azotée accessoire à la base de laquelle existe d’ailleurs un phénomène de digestion opéré par la plante elle-même, mais dont l’action s'exerce sur des débris organiques morts et non plus sur des êtres vivants.
CPAS.