‹ Nutrition de la plante. Cycle de l'azoteChapitre 58 sur 71 · LE · texte numérisé non relu

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Fig. 48. — Nitrobactérie de Quito,

‘il remplaçait simplement le sulfate d’ammonium par du nitrite de sodium dans le milieu à silice gélatineuse. On peut également, comme l’a fait BEIJERINOK, remplacer la silice gélatineuse par de la gélose purifiée au préalable par plusieurs macérations dans l’eau et employer le milieu minéral suivant :

Eau :.de LIVIOrE: Rte SE Ver Re ee Nitrite de SOURCE ENS SCT I Carbonate-de s0diüm 7." 5 Ta, nt 2 Sulfate de magnésium... : , . ... . .", traces Phosphate dipotassique:, … : .! ... , 1°,=Ctrates Béléses ROSE TR RE RUN 15

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Le Mitrobacter isolé par Winocrapsxky est une bactérie très petite (o & 5) et qui ne se développe pas en présence d’ammoniaque, mais qui transforme les nitrites en nitrates.

On arrive ainsi à regarder le phénomène de la nitrification comme résultant de deux fermentations successives, la fermentation nitreuse et la fermentation nitrique proprement dite, préparée par la première.

La nitrification dans le sol. — Mais il n'était pas inutile de se demander si c’est bien ainsi que les choses se passent dans les conditions naturelles, à l'intérieur du sol.

Winocrapsky a refait des expériences analogues aux précédentes en prenant comme milieu de culture de la terre arable stérilisée et humectée d’eau contenant une petite quantité de sulfate d'ammonium : si on ensemence avec le ferment nitreux on obtient de l'acide nitreux et cette substance seulement; le ferment nitrique seul ne produit aucune action; les deux sortes de bactéries associées donnent naissance uniquement à de l’acide nitrique, comme c'est le cas pour la même terre arable non stérilisée et abandonnée à elle-même; c'est que dans ce cas l'acide nitreux n'apparaît que comme un intermédiaire entre l'ammoniaque et l'acide azotique en lequel il est transformé au fur et à mesure de sa formation.

Ce n’est pas ce qui se produit dans les milieux liquides ; lorsqu'on ensemence ceux-ci avec les deux sortes de ferments il se forme surtout de l'acide nitreux, et cela tiendrait d’après Winocrapspy à ce que, dans ces conditions, le ferment nitreux se déve-

loppe beaucoup plus rapidement que l’autre et, lorsque le ferment nitrique commence à agir, presque tout l’oxygène a disparu pour assurer le fonctionnement de la bactérie nitrique ; dans la terre il y aurait toujours suffisamment d'oxygène à la disposition du ferment nitrique en raison de la grande porosité du milieu.

Mais d’autres raisons interviennent encore pour expliquer la manière différente dont les phénomènes de nitrification se passent dans des cultures liquides ou dans le sol ; l’une d’entre elles porte sur les conditions dans lesquelles se multiplient les bactéries des deux sortes. BourLANGer et Massoz ont montré que si on enlève aseptiquement le liquide d’un matras à scories où vient de s'achever une nitrification et où par suite se trouvent développées des bactéries nitreuses et des bactéries nitriques, et qu’on le remplace par : litre d’un liquide contenant 12 grammes de sulfate d'ammonium on obtient dans les jours qui suivent les quantités ci-dessous de nitrite et de nitrate (évaluées en sels de sodium) :

Durée (jours) Nitrite de sodium Nitrate de sodium

0 (e) o gr. 537 8 traces x!

10 0 gr. 148 o gr. 823 II Oo — 146 O — 91 13 O — 191 1 — 186 :

14 traces 1-— 26 15 ( 1 — 732 17 0 2 — 236 18 | (e) 2 — 324

La teneur en nitrite est toujours assez faible, alors que les nitrates ontaugmenté d’une manière constante;

les deux fermentations ont d’ailleurs été simultanées : la symbiose a donc été réalisée ici du premier coup, alors que les deux bactéries s'étaient développées antérieurement dans le vase de culture ; lorsqu'on procède au contraire à un ensemencement au début d’une expérience de nitrification, il arrive que la bactérie nitrique se développe beaucoup plus lentement que la bactérie nitreuse et cela du fait de la présence d’ammoniaque libre ; quand cette dose atteint 200 milligrammes par litre, tout développement cesse et on comprend que la fermentation nitreuse se produise seule ; l’'ammoniaque libre n'agit pas au contraire sur les propriétés fermentatives de bactéries déjà développées, comme celles dont on part dans les expériences de BouzranGEr et Massor : or dans les conditions natu-

relles on se trouve en présence de Supports rocheux

qui se comportent comme les scories des matras précédemment utilisés, c’est-à-dire que lPassaciation des deux bactéries se trouve réalisée d'avance.

Le phénomène d'association des bactéries nitreuses et nitriques n'est pas d’ailleurs le seul qui intervienne dans la formation des nitrates à l’intérieur du sol et il est évident que toutes les bactéries qui sont capables de transformer la matière organique en ammoniaque favorisent la nitrification ; c’est ce qu'a montré directement OmeLraxsky en associant aux ferments nitreux et nitrique le Bacillus ramosus ; cet auteur a réussi à produire le phénomène de nitrification d’un bouillon de viande en l’ensemençant simultanément par le Bacillus ramosus (a), le Nitrosomonas (b) et le Mitrobacter (c). Si on n’ensemence que les organismes a et b on obtient de l’acide nitreux ; si on n’introduit que b

et c le bouillon reste sans modification, les deux bactéries étant incapables de transformer les substances organiques en ammoniaque.

Signalons enfin l'existence d’un ferment, le Bacillus nitrator, étudié. par Kaserer et qui, en l’absence de “matières organiques, est capable d’oxyder l'ammoniaque directement en acide nitrique.

L'étude du phénomène de la nitrification s'opérant en milieux liquides artificiels montre que la présence de substances organiques est défavorable ; or, dansles sols où apparaît de l'acide nitrique, il existe souvent des matières organiques constituant l'humus, et celles-ci paraissent au contraire favoriser la fermentation ; elles constituent tout d’abord une source d’ammoniaque ; mais, indépendamment de ce fait, elles augmentent la production d'acide nitrique; c'est ce qu'ont établi Münrz et LaINÉ en ajoutant à des terres plus ou moins riches en matières organiques 1 ou 2 p. 1000 de sulfate d'ammonium ; les quantités (mgr.) d'azote nitrique formé par kilo de terre ont été les suivantes :

Terre Terreau Terre Terre Terre de jardin consommé silico-caleaire argileuse argilo-calcaire

Teneur en carbone p. 100. 3,8 17,6 1, I 1,5 0,1 p.10o sulfate | 2jours. 36 117 (0) 9 5 d'ammonium. } 7jours. go 207 37 ho 20 0,2 p. 100 sulfate ë ou PUPAECE 4 7 4 ie

Il y a donc manifestement d’autant plus d’azote nitrifié que le sol contient plus de carbone: mais l'humus apparaît comme ayant surtout un rôle au début de la nitrification ; si on provoque en effet une fermentation continue par addition de sulfate d’am-

SAÉ

Se

monium, jusqu’à l'établissement d'un régime normal, on trouve par exemple au bout de trente-deux jours les quantités suivantes d’azote nitrifié pour les 5 lots précédents de terre :

Hd LI H0 NS! 003 906 871

C'est encore par le terreau consommé que le rende-

ment est le plus considérable, maïs on voit combien

les différences se sont atténuées.

L'humus ne possède donc pas vis-à-vis des ferments de la nitrification les mêmes propriétés toxiques que les substances organiques diffusibles dans les milieux liquides (glucose, glycérine...); d’autres expériences, réalisées en milieux liquides, ont d’ailleurs montré que le rendement en acide nitrique est à peu près le même avec l'humate d’ammonium (236)-qu'avec le sulfate d'ammonium {206).

En résumé les bactéries nitreuses et nitriques existent partout et il y aura nitrification de l’ammoniaque chaque fois qu’un certain nombre de conditions seront remplies : présence de calcaire dont il suffit d’ailleurs de quelques millièmes, quantité d'eau convenable (la dose de 20 p. 100 est généra-

lement la meilleure), aération suffisante (les façons

qu'on fait subir au sol l’'augmentent sensiblement). L'humus naturel nitrifie toujours, mais assez lentement ; l'azote non humifié (engrais verts, fumiers, tourteaux) subit une transformation plus rapide, mais à condition que le carbone organique diffusible ne soit pas trop abondant; sinon il se produit un phénomène antagoniste du précédent; l’acide nitrique ne se produit plus et celui qui s'était formé disparaît par réduction,

Le phénomène de la nitrification permet d'expliquer comment les substances organiques azotées qui se trouvent dans le sol, subissant une série de transformations, aboutissent à la formation des nitrates qui constituent la source essentielle d'azote pour les végétaux ; il en est de même pour les sels ammoniaçaux dont on se sert comme engrais, qui peuvent être, nous l'avons vu, utilisés directement par les plantes supérieures, mais sont surtout le point de départ de la formation de nitrates; cette transformation est particulièrement active dans les sols légers, aérés, et c’est à ceux-ci qu'on devra surtout appliquer l'emploi de sels ammoniacaux ou de substances organiques capables de subir l’ammonisation ; on réservera par suite l'emploi des nitrates pour les sols compacts, dans lesquels la nitrification est toujours moins active.

La formation de salpêtre que nous avons signalée plus haut sur les murs humides, en présence de matières organiques, n'est qu'un phénomène de nitrification de grande intensité et c'est en tenant compte des conditions naturelles de son apparition qu’on a pu, : au moment des guerres de la République et de l’Empire, réaliser des nitrières artificielles à grand rende- . ment, en vue de la fabrication de la poudre. Il apparaît des produits analogues dans plusieurs régions des Indes Orientales, à Ceylan, dans l'Amérique du Sud . (azotate de sodium du Chili), en Egypte et en Algérie … et toujours dans des conditions semblables, c’est-àdire sous l’action des microorganismes que nous venons de considérer.

La nitrification présente un grand intérêt pour le

TRANSFORMATION DES SUBSTANCES AZOTÉES DAS développement des plantes supérieures et il convient de la favoriser en agriculture; mais les nitrates ont sur les sels ammoniacaux dont ils proviennent un désavantage qu’il convient de signaler ; ils sont beaucoup plus facilement entraînés par les eaux de pluie que l'azote ammoniacal ou organique de sorte que de ce fait la nitrification peut constituer une perte en azote pour le sol.

Il s'agit d’un phénomène d'adsorption qui est

intense pour l’'ammoniaque et très faible ou nul pour les nitrates. Il suffit pour s’en rendre compte de filtrer à travers de la terre une solution d'un sel d'ammo-, nium ou d’un nitrate : on constate que dans le premier cas la solution ’s'appauvrit beaucoup en ammoniaque | et qu’au contraire le taux de nitrate ne se modifie que - très peu; on peut encore laver de la terre avec de l'eau distillée ; on observe qu'après cet épuisement la terre contient encore une quantité appréciable d’ammoniaque alors qu’elle a abandonné à peu près tous les nitrates qu’elle contenait.

C’est pour parer à cet inconvénient qu'on a recours en agriculture aux cultures dites intercalaires où dérobées. Elles consistent à semer, par exemple après la moisson, au mois d’août, dans une terre où on a cultivé une céréale, une plante à croissance rapide telle que la Moutarde et à l’enterrer au mois de novembre ; l’azote nitrique qu’elle a absorbé et qui a été transformé en azote protéique est de la sorte immobilisé pendant l'hiver : il sera ammonisé, puis nitrifié au printemps suivant et utilisé par une nouvelle culture au fur et à mesure de la transfor-

mation,

E. Dénitrification

À la suite de ses recherches sur le phénomène de la

nitrification, ScHLOESING fut amené à l’étude d’un. phénomène inverse, celui de la réduction des nitrates

et leur décomposition en un mélange, en proportions a variables, de bioxyde d'azote, de protoxyde d’azote et …

d'azote libre ; l’expérience fondamentale de ScHLOESsING consiste à placer de la terre calcaire additionnée de nitrate de potassium (7 gr. 5 pour 12 kilos de terre) dans un flacon de ro litres, auquel on adapte un tube

.à dégagement se rendant sous le mercure et destiné -à‘recueillir les gaz ; pendant les quatre premiers jours |

le mercure s'élève progressivement dans le tube, l'oxygène étant absorbé par les organismes du sol et Je gaz carbonique formé se combinant aux carbonates

ni. À partir du cinquième jour la pression commence à croître; au bout de quinze jours elle devient

égale à la pression atmosphérique et le vingt-cinquième jour on constate un violent dégagement de gaz ; le phénomène a pris fin au bout de deux mois.

… L'atmosphère qui se trouvait alors.dans le flacon ne

contenait pas trace de bioxyde d’azote ni de protoxyde d'azote ; elle était exclusivement constituée par du gaz

‘carbonique et de l’ azote libre. Quant à l'acide nitrique …

(4 gr. 853 au début), il avait complètement disparu ; on constatait par contre une augmentation enammoniaque (101 mgr. par les 12 kilos); or si tout l'acide nitrique

avait été transformé en ammoniaque on aurait dû trouver une augmentation de 1 gr. 528 de cette der- " nière substance; l'excès d’azotes’ estdégagé à l’ étatlibre, ainsi qu’en témoigne l'analyse de l’atmosphère finale.

à TRANSFORMATION DES SUBSTANCES AZOTÉES 245

Une seconde expérience a montré qu'en l'absence d'oxygène non seulement une terre nitratée perd tout l'azote contenu dans le nitrate, mais qu'elle en perd même davantage, cet excès provenant, sans aucun

doute, des substances organiques.

Ge phénomène, qui apparaît comme capital au point de vue de l'étude du cycle de l'azote dans le sol et au point de vue des pratiques agricoles, a fait l’objet de nombreuses études ultérieures. Il résulte encore de l'intervention de microorganismes, mais ceux-ci sont beaucoup plus nombreux et moins spécifiques que ceux de la nitrification ; les réactions qui aboutissent à la réduction des nitrates sont d’ailleurs assez variées ; tantôt les nitrates sont transformés en nitrite et ammoniaque, tantôt, à partir des nitrates ou des nitrites, on aboutit à la production de protoxyde ou de bioxyde d'azote; enfin, comme dans les expé-

riences de ScHLOEsING la réduction

formation d'azote libre.

peut aller jusqu’à la

Pour mettre le phénomène en évidence on peut utiliser différents liquides, tels que celui de GAYON, ainsi constitué :

Eau.

Azotate de potassium. .

Acide citrique .

ASDITagiNéa" 2, Phosphate de sodiu

Sulfate de magnésium.

Chlorure de calcium .

Sulfate d'aluminium.

8ilicate de sodium.

< Sulfate ferreux Ammoniaque , , .

0,0 q.s. pourrendre le liquide faiblementalcalin :

- Ce liquide, ensemencé avec un peu de fumier de

cheval ou de paille et maintenu à 35°, donne naissance

à un abondant dégagement gazeux ; par des reports successifs on peut arriver à purifier les espèces micro-

biennes agissantes ; Gayxon et Duperir ont ainsi obtenu

deux bactéries, Bacterium denitrificans x et 6, qui donnent du bioxyde d'azote, de l'azote et du gaz carbonique.

On peut admettre comme formules de réaction les suivantes, où le carbone porté dansle premier nombre correspond par exemple à de l'acide citrique :

2 AZOSK + C — 2 AzO?K + CO?

2 AZO®K + C — Az°O + CO'K2

2 AzO + C —= 2 Az? + CO’ 2 AZOSK + 2C — Az'O + COK? + CO2

IL existerait aussi des bactéries qui, ne réduisant pas

“Les nitrates, décomposent le protoxyde d'azote qui

leur sert de source d'oxygène.

De nombreux autres expérimentateurs ont de la même manière isolé un grand nombre de microorganismesdénitrificateurs. C’est ainsique Burt et STÜTZER isolèrent du crottin de cheval les Bacterium denitrificans T et IT ; le premier de ces microbes vit en symbiose avec le Bacterium coli commune à qui reviendrait la transformation du nitrate en nitrite, le B. denitrificans 1 amenant à son tour le nitrite à l’état d'azote gazeux ; quant au B. denitrificans IT il est capable à lui

seul de produire cet azote à partir de l’azotate. à

Les travaux de GRIMBERT (1898-99) aboutirentensuite à une nouvelle notion; l’auteur étudia parallèlement deux organismes dénitrificateurs,-le Bacillus pyocya-

neus et le Bacillus coli commune, en les cultivant sur

de l’eau à laquelle il ajoutait 1 p. 100 de peptone et 1 p. 100 d’azotate, ou sur du bouillon de viande auquel il incorporait les mêmes quantités de peptone et d’azotate. Le Bacillus pyocyaneus détermine dans le premier milieu la transformation de l’azotate et on observe un dégagement d'azote pur ; il se produit

bien du gaz carbonique dans la réaction, mais il se

combine à la base devenue libre de l’azotate décomposé et le milieu devient nettement alcalin. On a affaire à un dénitrificateur direct ou vrai et l'oxygène du nitrate est employé à oxyder la matière carbonée ; on constate ici que le volume de l'azote dégagé est

égal au volume de l’azote du nitrate décomposé.

Passons au Bacillus coli commune ; dans le milieu aqueux il ne donne pas naissance à un dégagement d'azote ; on n’observe qu’une transformation du nitrate en nitrite : mais avec le liquide à base de bouillon de viande on observe un abondant dégagement gazeux et il est facile de se rendre compte que le volume d'azote dégagé est le double du volume de l’azote correspondant au nitrate disparu. GRIMBERT a montré que la moitié de l'azote dégagé provenait d’une réaction secondaire, s'opérant entre le nitrite formé par l’action du bacille sur les nitrates et des substances aminées ou amidées contenues dans le liquide. L'acide nitreux réagit sur ces dernières en donnant de l'azote et du gaz carbonique, celui-ci se com-

- binant à l’alcali du nitrite, d’où maintien de la neu-

tralité du liquide. On obtient par exemple avec l’urée la réaction |

CO(AzH!}: + 2Az OH = 2 Az + CO* + 3 H20 2 vol. 4 vol.

Ep

248 (CYCLE DE L’AZDTE et avec l'asparagine pe j.

C#HSAz20$ + 2 AzO®H — CHSO® + 2 Az? + 2 HO Ac. malique L

De tels microorganismes sont désignés sous le nom de dénitrificateurs indirects, et on voit que pour isoler les dénitrificateurs vrais il est nécessaire d'utiliser des liquides dépourvus de corps aminés ou amidés.

Les bactéries capables de provoquer le phénomène …

de dénitrification sont très fréquentes dans l'air, dans les eaux, dans le sol et particulièrement sur la paille et sur les excréments animaux ; G. et F. FRANKLAND ont reconnu la propriété en question à r7 bactéries sur 32 isolées du sol, WarinGrox a trouvé de son côté une proportion de 17sur 25, Massox de 85 sur 109. Certaines bactéries pathogènes possèdent également le pouvoir dénitrificateur (Micrococcus ureæ, Bacillus ramosus, Bac. violaceus); il en est de même pour différentes Mucédinées, Cladosporium herbarum, Penicillium glaucum, Mucor racemosus, Allternaria..…., qu'on rencontre dans le sol, la paille, les excréments ; on est donc en présence d’une propriété assez banale qui se manifeste dès qu'il existe un nitrate, une substance organique et une dose modérée d'oxygène ; ces orga-

nismes sont en effet des êtres aérobies et, si l'oxygène.

en trop grande abondance gêne le phénomène de la dénitrification, il n’a pas d'action sur la multiplication même du ferment.

On a établi un certain nombre de catégories basées

sur l'intensité du phénomène réalisé par les diffé-.

rentes espèces et on a par exemple distingué : Les dénitrificateurs énergiques (Vibrion cholérique, le Bacille typhique des souris, le Bacillus aerogenes) ;

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Les dénitrificateurs moyens (Bacillus lyphosus, Bacillus coli) ;

Les dénitrificateurs faibles (streptocoques, staphylocoques).

Il semble bien que la dénitrification complète soit. très généralement précédée de la formation de nitrite, mais le mécanisme est assez. variable avec les divers organismes ;- B£erERINCK et Van DELDEN ont de leur côté constaté que l’Azotobacter chroococcum possède la faculté de transformer les nitrates en ammoniaque sans formation intermédiaire de nitrite.

Nous venons de voir implicitement que le phénomène de dénitrification nécessite la présence d’une substance organique ; un très grand nombre de sucres, d'acides organiques peuvent intervenir; ce sont par exemple la glycérine, la mannite, les sucres réducteurs, l’amidon, la cellulose, les pentosanes, les acides lactique, citrique, malique, butyrique et surtout l’acide propionique. ;

On conçoit l'intervention fâcheuse que peut présenter la dénitrification dans le sol, puisqu'elle correspond à une destruction des azotates et à une perte définitive d'azote. BréÉAL a donné une reproduction expérimentale de ce qui doit se passer dans le sol en plaçant dans un vase de la paille eten versant de l'eau distillée additionnée de nitrate de potassium : sion dose l'azote de la paille et du liquide au début de l'expérience etau bout d’un mois on obtient les résultats sui-

vants :

prPaîlle 99 -mepr.27 | Nitrate, . 26 — ARS CE PE DCR NOR EN se CNE TS en ES

Pertes 8 — 6

Au début. 35 mgr. 7

Azote total.

Il s’est produit une perte d’azote représentant à peu près le tiers de celui qui a été introduit sous forme de nitrate.

Le fumier renferme à la fois de nombreux dénitrificateurs et des hydrates de carbone ; il réalise donc les conditions requises pour la dénitrification et on s’est demandé ce qu’il advenait de l'adjonction au sol de l'addition d’un tel engrais organique. Cette question est évidemment de première importance au point de vue agricole; Wacxer et d’autres expérimentateurs constatèrent qu’en fait le sol subit une perte de nitrates

quand on y ajoute du fumier, d'où la conclusion qu'il .

convenait de renoncer à l’emploi du fumier comme engrais. DEHÉRAIN a repris ces expériences et a montré qu'il s'agissait d’une question de dose ; avec les quantités de fumier employées normalement les pertes en azotates deviennent insensibles ; elles ne deviennent importantes qu'avec des doses exagérées de fumier. On a proposé un moment, pour empêcher la dénitrification du fumier, d’additionner celui-ci d’eau sulfurique (0,2 p. 100) qui agit comme antiseptique ; mais ce liquide a le grave inconvénient d'arrêter également toutes les autres fermentations. :

Une humidité considérable du sol favorise la déni-

trification, probablement en diminuant l'accès de

l'oxygène ; la disparition des azotates est également importante quand le taux d'humidité tombe au-dessous de 6 p. 100, les ferments nitrifiants ayant besoin d’un minimum de 10 p. 100 d’eau. :

Le maximum d'activité des ferments dénitrifiants a lieu àune température assez basse, incompatible avecle développement normal des bactéries de la nitrification.

Cycle de l'azote. —- D'après les faits que nous venons d'apprendre relativement à l'azote et à ses composés dans leurs rapports avec les végétaux, le cycle de l'azote à la surface de la terre se trouve être sensiblement plus compliqué que celui du carbone.

Si nous partons de l’azote atmosphérique nous avons reconnu qu'il pouvait être utilisé directement par

différents'microorganismes, le Rhizobium Lequminosa-

rum qui vit en symbiose dans les racines des Légumineuses, et par certaines bactéries du sol (Clostridium, Azotobacter.….). |

D'autre part les plantes supérieures utilisent l’'ammoniaque et l'acide nitrique de l'air et du sol; aux dépens de ces différentes sources il se constitue des substances protéiques qui peuvent être à leur tour utilisées par les animaux.

Les substances organiques azotées contenues dans les débris des végétaux, dans les cadavres ou les déjections des animaux subissent à l’intérieur du sol une série de transformations biologiques amenant en

particulier la formation d’ammoniaque, dont une

partie peut se dégager dans l’air ; cette ammoniaque subit à son tour l’action de microorganismes l'amenant à l’état de nitrites, puis de nitrates, source la plus efficace d’azote pour les organismes supérieurs ; enfin un phénomène inverse peut ramener les nitrates à l’état de nitrite et même d'azote gazeux, avec lequel le cycle se trouve fermé.

Les nitrates du sol sont facilement entraînés par les eaux d'infiltration et sont conduits par les rivières jusqu’à la mer où ils sont transformés biologiquement en sels ammoniacaux ; il se dégage à la surface

CYCLE DE L'AZOIE

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de la mer de l’ ammoniaque en même temps que de la vapeur d’eau et cette ammoniaque retourne au sol par les eaux de pluies ou par voie d'absorption directe.

Le fait essentiel qui domine toutes ces transformations est la part qui revient dans leur réalisation aux microorganismes se développant dans le sol : il existe une véritable symbiose entre eux et les végétaux supérieurs ; On peut la mettre facilement en évidence en établissant des cultures d’une plante vasculaire dans

des pots remplis d’une même terre, mais stérilisée où non par la chaleur (120°), rien n’est changé à la composition chimique de la terre par cette opération et cependant on constate que la végétation est très réduite quand on a supprimé les bactéries ; c'est qu'on a arrêté la transformation des substances azotées complexes en matières assimilables (ammonisation et nitrification) ; le sol doit donc être considéré comme un milieu vivant au point de vue de la manière dont il se comporte vis-à-vis des plantes supérieures.

Nous retrouvons d'autre part à propos de l’azote le même rôle important des végétaux à la surface du globe, que nous avons signalé touchant le carbone; les animaux se trouvent encore à ce point de vue dans une étroite dépendance vis-à-vis des plantes, qui

forment un trait d'union indispensable entre le monde minéral et le monde animal.

UE

Nous examinerons dans ce chapitre un certain nombre de substances végétales qui contiennent de l'azote, mais ne rentrent pas dans la catégorie des protéines ou de leurs dérivés étudiés précédemment; ces substances appartiennent à quatre groupes essentiels qui sont :

1° Les glucosides qui renferment, combiné à un

reste de glucose, un corps azoté différent du cyanogène ; |

20 L’acide cyanhydrique et les glucosides cyanogénétiques ;

30 Les alcaloïdes ;

4° Les lipoïdes azotés et phosphorés.

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