‹ Oberamergau et ses jeux de la PassionChapitre 5 sur 7 · J3SS · texte numérisé non relu

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Statue de la Madonne d'Ettal.

adorée par les Anges", enfin, encore plus tard un 5me: „Marie tenant sur ses genoux le Corps de Jésus."

Très joli est aussi l'autel de St Benoît, dont le tableau (dû au pinceau de Félix Anton Scheffler né en 1701 en Bavière, mort 1700 à Prague) représente la mort du Saint.

Maintenant, il nous faut prier l'instituteur qui fait en même temps l'office de sacristain, de nous descendre la Madonne. On dit qu'elle est de l'Ecole de Nicola Pisano et date du milieu 13e siècle. D'autres la font remonter aux premiers âges du Christianisme; d'autres même prétendent qu'elle date du Paganisme et qu'elle représente Isis. Elle était autrefois polychrome. La pierre dont elle est formée, est extrêmement remarquable, d'un blanc merveilleux et un peu transparente. Un savant prétend que c'est un porphyre indien. Un charme indescriptible jaillit de cette statue. Le visage de la mère a une expression extrêmement majestueuse, spirituelle; celui de l'enfant, une expression extrêmement aimable. Assurément, l'artiste, qu'il soit païen ou chrétien, a voulu célébrer une beauté céleste.

Maintenant, nous visitons la sacristie où l'on rencontre de superbes armoires incrustées, des plafonds artistement peints et des niches à jets d'eau paisibles.

Eglise du monastère d'Ettal. La sacristie.

Oberammergau avec le théâtre de la Passion de l'année 1634.

Passion.

Son origine.

Déjà au 13«= et 14* siècle se jouaint dans plusieurs contrées de l'Allemagne, mais principalement dans le sud, en Bavière et dans le Tyrol, des sujets religieux, d'ordinaire mis en scène par des prêtres ou des moines, ou du moins sous leur patronage. A cette époque d'ignorance, où il n'y avait que les prêtres et un petit nombre de laïques qui sussent lire et écrire, le théâtre était le moyen le plus efficace pour répandre l'enseignement de la religion parmi le peuple.

De plus, le village montagnard d'Oberammergau convenait on ne peut mieux pour ces sortes de représentations, par la raison que c'était alors un point très-fréquenté, et que les caravanes de voyageurs y faisaient halte le dimanche. Le voisinage des importants monastères d'Ettal et de Rothenbuch contribua aussi beaucoup au développement de ces représentations.

La population, dont l'imagination était ■ éveillée par les caravanes de marchands et

les cortèges de pèlerins, qui affluaient de tous les points, considérait ces représentations théâtrales comme une sorte d'exercice religieux, ou un office divin. 11 en résulta que plus tard, au commencement du 17me siècle, lorsque la guerre dévastait les pays allemands, dépeuplant et appauvrissant également le pays de l'Animer; lorsque, pour comble de maux, en 1632, ou, d'après d'autres, en 1634, la peste fit son apparition dans le village d'Oberammergau, la commune fit vœu, dans sa détresse, pour conjurer le fléau, de jouer régulièrement la Passion du Sauveur, comme une œuvre agréable à Dieu.

Les représentations devaient avoir lieu tous les 10 ans, et c'est ce qui se fit aussi en effet jusqu' à l'année 1674. En 1680, il fut décidé que la Passion ne se jouerait désormais que les années dont le millésime se termine par 10, ou un multiple de 10, ce qui arriva de fait jusqu' en 1770, où elle

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Théâtre de la Passion de 1820 (d'après une vieille lithographie.)

ne fut pas jouée, ayant été comprise dans l'interdiction qui survint, et qui défendait toute représentation de sujets religieux. En vain on adressa en haut lieu des pétitions: l'autorisation ne fut redonnée qu'en 1780, à la suite d'une pétition motivée, adressée au prince électeur Charles Théodore avec le nouveau texte. La commune obtint le privilège de jouer à l'avenir tous les 10 ans la Passion, sans aucun empêchement.

Elle fut jouée en effet sans encombre dans les années 1790, 1800 et 1S10; mais une nouvelle interdiction frappa les représentations religieuses, et ce ne fut qu' avec beaucoup de peine qu' une députation de la commune, ayant à sa tête l'éditeur Georges Lang, obtint qu' il fût fait exception pour la Passion d'Oberammergau.

Depuis, les représentations ne rencontrèrent plus d'obstacles, quoiqu' on y mît toutes sortes de conditions.

En 1870, la guerre franco-allemande les interrompit, et elles ne reparurent qu' après.

La scène fut transférée de l'emplacement du cimetière à la place qu' elle occupe actuellement, et agrandie en 1830; ce qui

donna un grand essor à la Passion, qui attira, à partir de 1840, une de plus en plus nombreuse affluence de visiteurs.

Si la Passion attire maintenant un public cultivé de toutes les nationalités, elle le doit en première ligne à la beauté de son texteactuel.

Exempt de toute nuance confessionelle, le texte est basé sur la bible et la foi chrétienne. 11 est simple, et cette simplicité fait encore ressortir la sublimité du grand drame qui se joue.

Le plus ancien texte que l'on possède encore date de l'année 1662. L'original de ce texte se trouve dans l'établissement Georg Lang sel. Erben.

Comme le prouvent les études approfondies et les écrits des docteurs A. Hartmann et Charles Trautmann, ce texte se compose de deux textes encore plus anciens: de celui dont on a fait usage au 15e siècle à St Ulric et Ste Afre d'Augsbourg, et du poème du maître chantre Sébastien Wild, composé au milieu de 16^ siècle.

Dans ce texte il y a beaucoup de pas-

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Faksimile voin Textbuch 1780.

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