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Voyez note C... à la fia du volume

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la parenté du riche fabricant de France. Cependant OberkampE de Wiesenbach n'avait pas attendu jusque-là pour penser à ceux qui pourraient avoir droit à ses libéralités ; longtemps on avait ignoré dans le lieu de sa naissance ce qu'il était devenu ■■ on l'apprit par ses propres démarches et par ses bienfaits. Dès 4803, un Oberkampf, teinturier à Berlin, était venu visiter son cousin germain, qui le retint quelque temps à Jouy et ne le laissa pas partir sans l'indemniser largement de son voyage.

En 1 806 eut lieu une exposition des produits de l'Industrie dans les salles du Louvre; la manufacture de Jouy n'exposa que trentehuit articles choisis principalement parmi ses impressions au cylindre et à la planche de cuivre ; un beau dessin pour meubles (sujet du Meunier, son fils et l'âne), imprimé en amaranthe, y fit sa première apparition et obtint ensuite un succès de longue durée; Jouy était hors de pair pour ce genre. A la suite de cette exposition, le jury décerna à

M. Oberkampf la médaille d'or de première classe, comme « fondateur de la fabrication des toiles peintes en France. »

Le mouvement industriel et les transactions commerciales eurent à souffrir des conséquences de la guerre; par suite du blocus continental, l'exportation était nulle et l'impression à façon, qui avait donné de si beaux Tésultats en 1 805 , diminua dans une proportion considérable en 1S06 (on imprima cette année 7000 aunes de moins qne l'année précédente); la vente se ralentit également.

La Manufacture traversa d'une manière paisible l'année 1807; le principal incident de l'été fut la visite des sœurs Widmer, Mmes Reift et Mûlier, à leur oncle Oberkampf, qu'elles n'avaientpas vu depuis vingtsept ans. Ce voyage était depuis longtemps projeté mais toujours différé par les deuï sœurs, qui n'avaient jamais dépassé les confins du canton d' Argovie ; leur ignorance de la langue française était l'obstacle qui les inti-

midait le plus; enfin, pressées par leurs frères et par leur oncle lui-même, elles se décidèrent et arrivèrent à Jouy le 1 er avril 1807, accompagnées d'un ancien ami, M. Tschanz ( successeur de Philippe-Jacob Oberkampf à Othmarsingen ) et de sa fille, qui leur servit d'interprète.

. M. Oberkampf aimait à s'entretenir avec elles deB souvenirs antérieurs à son départ pour la France, parce qu'étant les aînées de la famille, élevées par leur grand'mère jusqu'à l'âge de dix-huit et de seize ans, elles possédaient les traditions les plus anciennes, les plus intéressantes pour lui; elles regrettèrent vivement d'être privées de toute communication directe avec Mme Oberkampf et les autres dames de la famille, dont aucune ne parlait l'allemand ; Mlle Tschanz eut fort à faire pour y suppléer. Les frères Widmer s'efforcèrent de procurer à leurs sœurs toute sorte de distraction; mais , accoutumées à une vie casanière , on eut peine à les faire sortir de l'enclos de

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la Manufacture, qui suffisait à leurs promenades ; les excursions à Versailles, à Paris leB fatiguaient; elles eurent beaucoup plus de plaisir à passer quelques jours tranquilles à Essonnes, dans le ménage de leur frère Philippe, et de visiter l'Indienne dirigée par leur frère Victor, Avant leur départ, Widmer aîné donna en leur honneur un festin de famille, où, pour la première et unique fois de leur vie, les deux sœurs et les six frères Widmer se trouvèrent réunis. Le moment des adieux arriva enfin, et, le cœur bien serré, les voyageuses embrassèrent l'oncle vénéré qui pendant tout ce séjour les avait comblées de sa générosité et de son affection j Gottlieb fut chargé d'escorter les bonnes dames jusqu'à Aarau; le retour se fit en poste en quatre jours, et bientôt il ne fut bruit dans la capitale de l'Argovie que des merveilles de Jouy et d'Essonnes. On se rappela alors avec quelque fierté que le père d'Oberkampf *vajt été fabricant à Aarau, qu'il y avait eu le titre de bourgeois et que ce fut de là que son fils par-

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tit simple graveur, pour devenir en France un grand industriel.

Une activité considérable régnait à cette époque dans les ateliers: à Chantemerle s'achevaient les constructions de la filature. Les demandes du public avaient porté la fabrication vers les genres d'indiennes qui devaient séjourner le plus longtemps sur les prés , si bien que les prairies des deux établissements se trouvèrent insuffisantes et qu'à Jouy on fut obligé d'étendre des toiles jusque sur les prairies duMontcel.

Le 14 mai fut célébré à Jouy le mariage de Victor Widmer avec Mlle Gluzel , sœur de Mme Petiueau; le cadeau de noces de M. Oberkampf a. son neveu fut un acte de société qui l'intéressait pour 1/25 dans les bénéfices de la Manufacture.

Le 25 juillet Jouy fut encore honoré d'une visite princière : l'ambassadeur de Perse , le prince Mirza Méhémet Riza-Khan, accompagné d'une nombreuse suite, y vint, ayant (comme il le dit à M. Oberkampf) « apporté

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a non de Paris, mais de Téhéran, le déair de a voir cette manufacture, dont les produits « étaient regardés par les fabricants d'Ispa- « han comme des chefs-d'œuvre d'impres- « sion. » L'empereur Napoléon avait reçu cet ambassadeur en Prusse l'année précédente'.

Ici se place le récit d'un insuccès commercial'. La maison Oberkampf avait fait à Lisbonne, du 12septembre 1807 au18mai1808, des achats de coton du Brésil, obtenus à des conditions extrêmement favorables par suite des circonstances critiques où se trouvait* alors le Portugal et s'élevant à 3382 balles. Ces cotons étaient destinés en partie à approvisionner la filature d'Essonnes; le surplus devait être vendu, en laine, à l'arrivage et réaliser au cours d'alors un bénéfice de mille francs par balle.. La guerre d'Espagne fit de cette! opération qui offrait de si belles appa-

1. En 1820, un autre ambassadeur de Perse Tint également à Juuy et y fit d'importantes acquisitions.

2. Par suite du quelles circori stances M, Oberkampf fut-il engagé dam cetto affaire î C'est une question étrangère à l'objet de ce récit.

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rences un véritable désastre. Le 24 juillet 1808, M. OberkampfécrivaitàMmeOberkampf, alors avec ses filles aux bains du Mont-Dore :

« .....De tous nos dotons, il n'y en a que « 300 balles en France, le reste està Lisbonne a et en Espagne, mais nous n'en pouvons « avoiraucune nouvelle; personne ne reçoit de « lettres de ces contrées. ... La vente va trèsce mal : c'est tin embarras sans fin; on ne « sait ce qu'on fait, ni ce qu'on doit faire. »

M. Feray proposa à son beau-père d'envoyer Katzenberger 1 en Espagne à la recherche des cotons égarés et de le munir d'une procuration; M. Oberkampf autorisa cette démarche et Katzenberger se mit en campagne.

Ses recherches ne furent pas entièrement vaines, mais les malheureux cotons étaient tellement disséminés par toute l'Espagne, que sur les 3382 balles achetées à Lisbonne, il n'en arriva en France que 2061 ; les

1 . Voyez page 108, et Mit notes la relation de Kateenbarger.

1320 balles perdues représentaient une valeur de plus de dix-huit cent mille francs 1 .

Il n'est pas étonnant qu'un pareil revers ait jeté quelque trouble dans la situation financière de la maison : pour la première fois M. Oberkampf se vit obligé d'uaer de son crédit pour faire face aux engagements exceptionnels dont les échéances allaient se succéder rapidement. Le 27 août, M. Martin Pourtalès, de Montpellier ', l'un des plus anciens correspondants de la Manufacture , lui adressa, sur sa simple demande et avec beaucoup d'empressement, cent cinquante mille francs, comme avance en compte courant; mais celte somme étant loin de suffire à ses besoins, Oberkampf eut recours à M. PourtalèB atné, de Neuchàtel, qui lui fit, le 25 octobre 1 808, un prêt de six cent mille francs remboursable par quarts de Bis mois en six mois, du 31 décembre 1810 au 30 juin 1812. On prit encore d'autres mesures de prudence

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