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rantes nécessaires. Les bons soins prodigués à Christophe-Philippe dans sa famille lui permirent de se remettre en route au signal de M. Demaraise, qui étant parvenu à réduire aune faible part l'intérêt de Levasseur dans ses affaires, offrait à Oberkampf d'entrer ayec lui en association; — à la suite d'une estimation générale, la nouvelle société se forma sous la raison sociale « Sarrazin-Demaratse, Oberkampf et C". » — Frédéric Oberkampf préféra rester en dehors de l'affaire, et se contenta d'un traitement fixe.
Malgré ces premières vicissitudes, les indiennes de Jouy faisaient fortune ; bientôt la location d'une maison dans le village devint nécessaire, puis celle d'un terrain sur lequel on construisit un hangar pour y monter dea cuves de teinture et des appareils de lavage.
Déjà ces annexes étaient désignées comme l'établissement provisoire, car on formait le projet de construire des bâtiments assez vastes pour les diverses opérations et composant une manufacture complète. — Il
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devenait d'autant plus important de donner une nouvelle impulsion à l'industrie de Jouy, que déjà en Normandie, à Bolbee, et même à Sèvres, près PariB, s'établissait une sérieuse concurrence.
Les toiles de fil et coton peintes , connues sous le nom de siamoises, ou de toiles d'Orange, étaient très-recherchées des consommateurs. — Les indiennes à petits dessins, dites mignonettes, imprimées par Oberkampf sur des toiles mixtes, fil et coton, provenant du Beaujolais, obtinrent bientôt un égal succès; on les appelait par analogie toiles d'Orange de Jouy.
Les mignonettes, fabriquées pendant plus de quarante ans, formaient l'article principal du commerce des indiennes; on n'en pouvait assez faire pour répondre à toutes les demandes.
En prévision des constructions qui allaient l'occuper, Oberkampf demanda qu'on lui envoyât d'Othmarsingen un nouveau compagnon ; bientôt lui arriva, accompagné
deux graveurs, Ludwig Rordorf, alors âgé de vingt-deux ans seulement, et qui devint l'ami fidèle et l'un des plus habiles collaborateurs d'Oberkampf; M. Louis (c'est ainsi qu'on l'appelait) mourut à Jouy en 1810.
Cette même année 1 764, vint à Jouy l'imprimeur Schramm, ancien compagnon d'Oberkampf à Bâie, qui resta quarante-six ans, jusqu'à sa mort, à la tête de l'imprimerie de Jouy.
Le 9 juillet, quatre arpents de pré furent acbetéB à M. de Beuvron, au prix de 1 800 fr. et le 7 novembre fut posée la première pierre de la manufacture de Jouy. Le sol sur lequel devaient s'élever les nouvelles constructions n'ayant pas une consistance suffisante, on fut obligé de le consolider au moyen d'un pilotis général ; travail fort long, qui marcha cependant avec toute la célérité possible, incessamment surveillé par Oberkampf. Celui-ci s'était réservé un modeste logement près de la porte, d'où il voyait l'entrée et la sortie des ouvriers et avait à sa portée la cloche, que pen-
dant bien longtemps il sonna lui-même. — On fit à la même époque un travail important; ce fut de redresser le lit de la rivière dans son parcours à travers la manufacture, et de le revêtir entièrement de planches de chêne recouvertes à l'extérieur d'une imperméable couche d'argile, ce qui permit de faire séjourner dans la Bièvre comme dans une vaste baignoire, les toiles les plus délicates, ainsi protégées contre les infiltrations qui auraient pu en détériorer l'étoffe, ou en altérer la couleur; des hangars régnaient an-dessus.
— L'usine fut construite en deux ans, mais la maison d'habitation ne fut achevée que dans les premiers mois de 1 767. — L'installation du nouvel établi ssement s'opéra au fur et à mesure que les ateliers étaient prêts à recevoir leur matériel; l'imprimerie, qui comptait déjà un grand nombre de tables, occupa le premier étage du bâtiment principal éclairé par vingt-deux croisées; l'étage supérieur fut destiné au magasin des toiles, et aux indiennes terminées ; — le laboratoire
des couleurs avec tout son attirail futinstallé au rez-de-chaussée. — Les rentreurs' occupèrent le premier étage du bâtiment sur la rivière, en regard des imprimeurs; dans la salle au-dessus on réunit toutes les pinceauteuses autour des tables parallèles dont chacune était occupée par dix ou douze de ces artistes, assises sur des tabourets et travaillant sous la direction d'une maîtresse de tablé.
« L'opération des pinceauteuses consistait h simplement à colorier à la main certaines a parties du dessin d'une indienne déjà avan- << cée de fabrication avec des couleurs qui ne v peuvent pas être appliquées à la planche, « notamment le bleu d'indigo; elles se ser-
1. Les rentreurs sont des imprimeurs secondaires qui n'opèrent pas directement sur la toile en blanc, mais qui appliguentla deuxième, la troisième, la quatrième couleur dans le trait du dessin déjà imprimé ; de là leur nom de rarireurâ, et celui de rentrure donné a la planche dont ils se servent, tandis que celle qui imprime h; trait s'appelle moule et exige une main plus habile. A Jcuy on avait formé des renireuses, très-adroites à ce travail.
(Note "de M. G, Widmer.)
OBERKAUPF. 29 « vaient de pinceaux, confectionnés par elles- « mêmes de leurs propres cheveux. » — « (G. W.)
Les graveurs, isolés jusque-là les uns des autres, se réunirent aussi dans lenr nouvelle salle, tous placés sur uu seul rang, à un établi fixé autour de la chambre. — Les ateliers de la teinture, ceux des apprêts, de la calandre, etc., furent mis en activité enmême temps. — Au rez-de-chaussée, au-dessous de l'imprimerie, se trouvaient le bureau, la caisse, un magasin et près du grand étendoir, uu corps de garde pour deux gardiens suisses chargés de veillera la sécurité de la manufacture et des toiles qui couvraient la prairie K
Le nouvel établissement étant complètement terminé, on plaça au fronton du portail cette inscription :