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« et de blessés ; les cavaliers du régiment « Royal-Cravate ont été surtout fort mal- » traités par la populace qui jetait du haut « des maisons, pierres, tuiles, etc., etc. On r prétend que la maison Réveillon est en feu.
« 29 avril. — Nous n'avoue pas dormi « tranquillement cette nuit après tout le mou- « vement de la bagarre d'hier, dans le fau- « bourg Saint-Antoine. — Quand les mutins a ont vu qu'on ne les ménageait plus, et « qu'il y en avait cinq ou -six cents (?) de « tués, blessés ou arrêtés, il a'en est répandu a des bandes dans la ville avec des torches ti allumées, qui arrêtaient les voitures, faia saient mettre à genoux les maîtres et les «domestiques et leur faisaient crier : avive œ le tiers-état. » Il est arrivé dans la soirée a divers régiments,.. Paris a l'air d'une « ville assiégée. — M. Réveillon a, dit-on, « perdu pour plus de 400,000 livres d'effets ; « les ouvriers ont défendu la maison autant a qu'ils ont pu et ont empêché de brûler les a ateliers. L'on blâme un arrêt du Parle-
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« ment, rendu hier, qui au lieu d'ordonner « que les révoltés soient jugés prévôtalement, « comme il est d'usage, ordonne qu'ils le soient « par le Châtelet et par appel au Parlement. »
Au commencement du mois de mai, madame Oberkampf alla, avec ses enfants, visiter à Caen sa famille; M. Oberkampf lui rendit compte de ses occupations dans des lettres dont voici quelques extraits :
• Jouj, le 7 mai 1789.
- .... Tous m'ont dit que la procession (d'ouverture des Étals-Généraux) avait filé superbe; je ne l'ai pas vue, ayant donné à tout le bureau la permission d'y aller.... (ce qui obligeait le maître à garder le logis). 21 mai.... Je suis bien aise de te savoir dans ta famille,, mais je regrette que tu ne jouisses pas de notre vallée qui est dans sa grande beauté. — Ton petit jardin est charmant; tous les murs sont cachés par une superbe verdure. — Je m'y promène, et regrette de ne pas t'y trouver.
* .... J'ai eu hier à dfner MM. les députés du Tiers de Caen, aujourd'hui j'aurai ceux de Carcassonne.
. La semaine dernière j'ai eu ceux de Ville-
franche en Beaujolais, du Clergé, parce que le curé de cette ville est mon ami depuis vingt-trois ans et celui du curé de Jouy.
■ Je vais avoir ceux du Dauphiné. — Tout cela se passerait mieux si tu présidais ici. »
i Jouy, le 12 juin 1789.
• .... Je vais souvent avec H. Philippon aux Étals- Généraux, depuis neuf heures jusqu'à onze heures, pour entendre nos orateurs; le nombre de ceux qui sont remarquables est très-grand. -~ Je trouve cela infiniment plus inléressant que les plus beaux opéras, et les entends avec beaucoup de plaisir. — Il y a tous les jours deux mille spectateurs , et il faut être là de bonne heure pour avoir de bonnes places. — M. Philippon compte toujours faire son voyage, et il a engagé M. l'abbé Puech à le remplacer ici pendant son absence, !a vacance de notre Julie aurait été trop longue. »
a Jouy, le 9 juillet 1789.
■ .... Hier, à cinq heures du soir, est venu à Jouy un ordre pour recevoir cinq cents hommes detroupes. — On a payu de suite au boulangerie pain qu'il devait fournir, et Dieu merci, h minuit, est arrivé un contre-ordre. — Tous les villages des environs de Paris et de Versailles sont rém-
p!is de soldais ; cela donne beaucoup d'inquiétude a l'Assemblée nationale....' •
La priée de la Bastille eut lieu, comme on sait, le 14 juillet.
On a tu que l'association Demaraise et Oberkampf avait été prolongée jusqu'à la fin de 1 789 : le moment était venu de s'occuper de l'acte de dissolution.
Dès le commencement de cette année les associés avaient mis M. AlIcaume,leurnotaire, à même de préparer ce document; enfin l'acte de séparation pour l'époque du 31 décembre fut signé en juillet, de la meilleure intelligence.
M. Demaraise écrit de Saint-Méry, le 8 octobre :
a 11 vient de se passer une grande révolu- « tion dans votre voisinage, et les Parisiens «. ont conduit le Roy et sa famille à Paris; « les États-Généraux vont s'y transporter;
1 . A ces nouvelles Mme Oberkampi se hâta da rejoindre sou mari.
« c'est la nouvelle que nous donne le jour- « nal d'hier. J'ai été fort en peine de mon s fils Alexandre et de M. Morel, qui depuis h sept jours, ont été sous les armes et n'éct taient pas de retour de ■ Versailles au déa part du courrier. Vous me ferez bien plaisir « de me dire si vous avez été tranquilles à « Jouy pendant tout ce trouble et de me don- « ner tous les détails que vous pourrez sur ■< tout cela, b
Le 13 novembre, M. Oberkampf contribua de la façon la plus libérale à la souscription patriotique ouverte à cette époque. Il adressa à ce sujet la note suivante à M. Demaraise :
a D importe à mes intérêts que je paye le « montant de ma - souscription à la muni- « cipalité de Jouy, où est mon domicile réel. « Sans cette raison j'aurais déjà fait faire ma « soumission à l'Assemblée nationale même, « car je crois devoir plus qu'un autre, puis- « que je dois toute ma fortune à la France.
« Voilà comment je compte faire ma déclara- « tion : « le déclare avec vérité que la somme
« de 50,000 livres, dont je contribuerai aux « besoins de l'État, excède la proportion dé- « terminée par l'assemblée nationale, ènten- « dant jouir de l'article 16 ouaprèsmoil'aîné « de mes fils. »
Cette note parut si exemplaire aux membres du Comité qu'ils témoignèrent le désir de la rendre publique, afin de ranimer chez les autres les sentiments patriotiques.
M. Oberkampf fit répondre qu'il en serait plus facbé que satisfait, et il pria M. Demaraise de faire verser la somme au Trésor royal, afin que cela parvînt plus tôt à la connaissance de M. Necker.
Il ne restait plus pour compléter l'acte de séparation signé au mois de juillet par MM. Demaraise etOberkampf, qu'à déterminer par un inventaire général la somme du capital réalisé pendant les 27 années de l'association. Cette laborieuse opération, qui occupa les derniers jours de l'année 1789, donna un résultat qui dépassait toutes les prévisions. La liquidation des intérêts restée
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en commun prit encore bien des années; ce fut l'affaire de M mc Demaraise. M. Oberkampf, devenu possesseur unique de la manufacture de Jouy et de ses dépendances, avec des capitaux plus que suffisants pour leur exploitation, aurait pu donner à ses affaires une immense extension, si les circonstances politiques ne lui avaient commandé la plus grande prudence. Il ne travailla donc que pour occuper ses ouvriers et maintenir l'établissement en activité, sauf à remplir ses magasins de marchandises qu'il ne pourrait peutêtre pas vendre, car le commerce en général éprouvait une grande stagnation.
« J'apprends que vous avez chez vous l'asti semblée primaire *, écrivait M. Demaraise, « je vous plains de ce nouvel embarras. »
La fête de là Fédération fut célébrée au Champ-de-Mara, le \k juillet 1790, auniver-
1. VAssembli? ;»'<;j.'/i(>,>, issu", connu; ?,on :io~i l'indique, d'un' premier scrutin, était chargée de nommer les roprûsentiuts la nation ; c'Otait ('f:lcd.ion à deux degrés.
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saire de la prise de la Bastille; on y vit réunis au nombre de GO 000 les délégués des 83 départements nouvellement établis. Le roi Louis XVI y assista.
Les circonstances étaient difficiles; voici ce qu'écrivait M. Oberkampf à M. Demaraise qui le pressait de venir le voir à Saint-Méry :
a Je n'oso quitter d'ici et ne le fais qu'à a mon corps défendant; on ne peut trop re- « garder à ses affaires en ces temps critiques. « J'ai toute la peine possible à me procurer de i l'argent; le dernier m'a coûté 7 0/0 (difféa rence de l'argent au papier monnaie), et je « crains bien que cela ne devienne encore pia « à Ianouvelle émission des assignats. »
Malgré de si sérieuses difficultés, cette première année d'exploitation de M. Oberkampf seul réalisa et dépassa même ses espérances. La. consommation des toiles peintes s'était tellement généralisée en France, que tous les efforts de l'industrie suffisaient à peine à la satisfaire. M. Oberkampf prit le grand parti de commencer les constructions
d'un vaste édifice où l'on pût réunir, dans la moitié de sa capacité, tous les travaux qui n'avaient pas besoin du voisinage de larivière et former du surplus, des ateliers nouveaux sur une large échelle. Les plans ayant été élaborés par l'architecte Toussaint Barré de Paris, l'emplacement en fut tracé dans le fond de l'enclos, non dans la largeur de la vallée comme les premiers bâtiments, mais dans le sens longitudinal, parallèlement à la rivière et la façade principale tournée au midi, vers le château.
Une reprise subite et tout à fait inattendue du commerce des indiennes se manifesta au printemps de cette année et ranima l'activité des ateliers; on fabriqua surtout beaucoup pour l'étranger.
Comme il était temps de songer à l'approvisionnement annueldestoiles,M. Oberkampf prit la résolution hardie d'envoyer à Lorient son beau-frere Petineau avec la mission d'acheter aux ventes de la Compagnie des Indes