‹ Oberkampf 17381815Chapitre 8 sur 30 · Beau-pere du comte Roy · texte numérisé non relu

Beau-pere du comte Roy

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tout ce qu'il jugerait propre à l'impression, qu'elle qu'en fut la quantité. Il avait compris qu'il valait mieux accumuler dans ses magasins une masse de toiles blanches qui ne passeraient pas de mode, que de garder des assignats qui se dépréciaient de jour en jour.

L'opération ayant réussi, fut renouvelée l'année suivante avec la même confiance et le même succès. Les achats de toileB blanches faits à Rouen pendant les années \ 791 -92 furent également très-importants.

Le \ " octobre 1 791 , la Constituante fut remplacée par la Législative. Ce fut à cette époque qu'eut lieu l'organisation communale dans tous les départements; aux élections du dimanche 13 novembre, M. Oberkampf fut élu maire de la commune de Jouy, à la majorité de 30 voix sur 39 votants. Malgré sa répugnance pour toute espèce de fonction publique, il accepta celle que lui conférait la conGance des habitants ; il eut pour adjoint un de ses commis et pour secrétaire de mairie, son beau-frère James Petineau.

La garde nationale de Jouy se formait en même temps, et Samuel Widmei' fut nommé commandant. Organisée avec enthousiasme, elle fut belle et nombreuse; M. Oberkampf contribua largement aux frais de l'équipement.

On a peine à comprendre qu'en des temps si troublés, l'activité de la manufacture continuât telle qu'aux années les plus prospères ; c'est unfaitcependantqui estnettement constatépar la réponse suivante de M. Oberkampf à un de ses clients d'Orléans :

17 mai 1791.

- .... Je réponds à votre lettre du 15 courant, qui m'apporte une commission de soixante-neuf pièces, qu'il ne s'en trouve pas une seule dans mon magasin, qui est entièrement vide dans les bas prix et très- désassorti pour le reste. Tout ce qui est en ouvrage ou prêt à y mettre est promis; si vous pouvez attendre votre tour et payer 5 sous par aune plus cher que votre dernier achat, je vous expédierai aussitôt que possible, mais pas avant deux mois. »

Personne n'achetait plus de soieries; le tlrxliaùiilé il' indienne avait remplacé les riches

toilettes ; les échantillons de cette année et des suivantes, dessins à grands losanges, à grands zig-zags, se reconnaissent à première vue; le goût était aussi troublé que les idées, et les tricoteuses semblaient régler la mode. Avec le Directoire tout devait revenir à la grecque, à la romaine y ce genre, dont on avait déjà fait l'essai sous Louis XVI, fournît de très-beaux dessins d'ornements pour meubles et tentures.

La construction du nouveau bâtiment se poursuivit avec la plus grande activité ; comme annexe indispensable on en construisit un autre en avant de sa façade, d'une moyenne étendue et d'un seul étage, relié par une galerie vitrée à la porte centrale ; il était destiné à la préparation des couleurs. Non loin delà une troisième construction fut élevée, au-dessus de la rivièremorte, pour une blanchisserie chimique (par la propriété décolorante du chlore), d'après lé procédé de Berthollet, tout nouveau à cette époque et non encore expérimenté en grand.

La nation tout entière était absorbée par la politique ; c'est à cette époque que furent organisés les Conseils généraux; celui de Seine-et-Oise, dana une de ses premières séances (15 décembre 1791), voulut rendre un hommage public à Oberkainpf, par l'érection d'une statue sur la place de iouy.

Cette résolution alarma sa modestie; il mit tout en œuvre pour en empêcher l'exécution , et il se félicitait d'y avoir réussi.

L'année 1792 fut une année de deuil pour M. Oberkampf; il relevait à peine lui-même de maladie lorsque son fils Christophe fut atteint de la fièvre miliaire et y succomba, le 5 avril, à l'âge de douze ans, après de vives souffrances, Peu de temps après, il reçut la nouvelle de la mort do sa sœur M™ Widmer, qui mourut au Binzenhof, le 22 mai, âgée de cinquante ans.

Ce n'est certes pas un fait insignifiant que l'achèvement en une pareille année du Grand- Bâtiment de la manufacture. Cet édifice avait 342 pieds de longueur, sur 43 de largeur et

70 de hauteur. Trois étages, avec un grenier en mansarde, formaient son élévation. Ses deux grandes façades étaient percées de trois rangées de fenêtres cintrées, au nombre de 52 par rangées, et les côtés de 1 8 fenêtres semblables. Le grenier était éclairé par 54 mansardes carrées; le tout formant un vitrage de 3,300 carreaux; la dépense fut évaluée à 260,000 livres. Les planchers étaient soutenus par une double rangée de piliers en charpente, supportant 27 travées, et le grenier formait une galerie unique sur toute la superficie. Couvert en 1792, démoli en 1864, le Grand-Bâtiment a eu une durée de 72 ans.

La Manufacture reçut à cette époque la visite de deux Anglais, porteurs d'une lettre de M. Berthollet; l'un était le fils du célèbre physicien Watt, l'autre un savant Écossais, M. Swediaw.

L'ordre des événements politiques nous amène à la formation de la Convention Nationale. Le 10 août eut lieu la prise des Tuile-

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