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ries, le massacre des Suisses et la captivité du Roi'!
Le 9 septembre, un incident lugubre répandit l'effroi dans la population de Jouy. Le convoi des prisonniers d'Orléans, en marche sur Versailles, s'arrêta à Jouy vers midi et stationna pendant trois quarts d'heure sur la route (près du château qu'habitait encore la famille de Beuvron). 11 se composait de cinquante-trois prisonniers garrottés, sur sept chariots, escortés de quelques soldats et d'une nombreuse troupe de brigands armés, émules des septembriseurs de Paris.
Altérés de sang, ils se disposaient à massacrer à Jouy même les infortunés prisonmers.
M. Richaud, maire de Versailles, instruit de leur projet était accouru pour aviser avec le3 autorités de Jouy au moyen de les sauver.
1. Au nombre des victimes se trouvait le fils d'un ministre luthérien do Trêves, Charles- Louis Bœcking , ) chirurgien-major aux sardiis-suisses, dont la fille 6;>oush plus tard Philippe Widmer, à Jouy.
Tandis que le chef de la troupe 1 s'arrêtait à la manufacture pour parlementer avec les deux maires, la garde nationale avait pris les armes. On ignore ce qui se passa alors, mais on devine cependant à quel genre d'argument dut céder un tel personnage; toujours est-il que le funeste cortège reprit sa marche sur Versailles.
M. Richaud espérait y réunir une force armée suffisante pour sauver les prisonniers; mais l'horrible catastrophe ne pût être conjurée. Elle eut lieu dans la rue de l'Orangerie, à Versailles, malgré les suprêmes efforts du maire Richaud, dont une inscription placée au carrefour des Quatre-Bornes (au coin de la rue Satory), rappelle le « dévouement héroïque. »
50 prisonniers sur 53 périrent; trois furent sauvés par des ouvriers qui les enlevèrent des charrettes en feignant de les massa-
1 . Cet homme, nommé Fournier, avait décoré la poitrail de son cheval des croii de Saint-Louis enlevées SU officiers qui se trouvaient parmi les prisonniers.