‹ Obermann (volume 4)Chapitre 12 sur 29 · LETTRE LIX · texte numérisé non relu

LETTRE LIX

Du chfti. de C^uprii , ■vt mai, VHT.

A deux heures nous étions déjà dans

le bois à la recherche des fraises. Elles couvraient les pentes méridionales : plusieurs étaient à peine formées , mais un grand nombre avaient déjà les couleurs et le parfum de la maturité. La &aise est une des plus aimables productions naturelles : elle est abondante et salubre , elle mûrit jusque sous les climats polaires : elle me parait dans les fruits ce qu'est la violette parmi les fleurs , suave , belle et simple. Son odeiu- se répand avec le léger souffle des airs, lorsqu'il s'introduit , par intervalles , sous la voûte des bois pour agiter doucement les buissons épineux et les lianes

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<pâ se soutieuneut sur les troncs élevés. Elle eat entrainée dans les ombrages les plus épais aTec la chaude haleine du sol où la fraise mûrit; elle vient s'y mêler à la fraîcheur humide , et semble s'exhaler des mousses et des ronces.. Harmonies sauvages! tous êtes. formées de ces contrastes.

Tandis que nous sentions à peine le mouvement de Tair dans la solitude couverte et sombre, un vent orageux passait librement sur la cime des sapins; leurs branches frémissaient d'un ton pittoresque en se courbant contre les branches qui les, heurtaient. Quelquefois les hautes tiges se séparaient dans leur balancement, etTon voyait alors leurs têtes pyramidales éclairées- de toute la lumière du joui' et brûlées de ses feux, au-dessus des ombres de cette terre silencieuse oOt s'abreuvaient leurs racines.

Quand nos corbeilles furent remplies , nous quittâmes le bois, les uns gais, les autres contens. Nous allâmes par des sentiers étroits, à travers des prés fermés de baies , le long desquelles sont plantés des merisiers élevés et de

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grands poiriers sauvages. Tetre encore patriarcale quand les hommes ne le sont plus ! J'étais bien , sans avoir eu précisément du plaisir. Je me (Ësais : que ce qu'on appelle plaisirs purs n*est , ea quelque sorte , que des plaisirs qu'on ne fait qu'essayer ; que l'économie dan^ les jouissances est l'industrie du bonheur ; qu'il ne suffit pas qu'un plaisir soît sans remord, ni même qu'il soit sans mélange poui' être un plaisir pur ; qu'il faut encore qu'on n'en ait accepté que ce qui était nécessaire pour en percevoir le sentiment, pour en nourrir l'espoir, et quel'ou sache réserver, poiu* d'autres temps, ses plus séduisantes promesses. C'est une bien douce volupté de prolonger la joiûssance en éludant le désir, de ne, point préci' I piter sa joie, de ne point user sa vie. L'on ne ' jouit bien du présent que lorsqu'on attend un 1 avenir au moins égal , et l'on perd tout bon- ' heur si l'on veut être absolument heureux.

C'est cette loi de la nature qui fait le charme inexprimable d'uniH-emier amour. Il &ut ànos jouissances un peu de lenteur ^ de la continuité dans leurs prt^ressions, et quelque incertî-

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tude dans, leiir tsmia. Il nous. &udrait une volupté habituelle , et ntm de» émotions extrêmes et passagères : il nous faudrait la tranquille possession qui se suffit À elle-même dans sa paix domestique, et non cette Ëèrre de plaisir dont rivresse consumante anéantitdans la satiété nos cœurs ennuyésde ses retours, de ses dégbùts , de la vanité de son espoir , de la fatigue de ses regrets. Mais notre raison ellemême doit-elle songer, dans la société inquiète , k cet état de bonheur sans plaisirs , à cette quiétude si méconnue , à ce bien-être constant et simple oà l'on ne pense '|ia6 à jouir, ou l'on n'a plus besoin de désirer?

Tel devait être le cœur de Thomme : mais l'homme a changé sa vie , il a dénaturé son cœur , et les ombres colossales sont venues Êitiguer ses désirs , parce que Içs proportions naturelles des êtres yrais ont paru trop exactes à sa folle grandeur. Les vanités sociales me rappellent so^vent cette - fastueuse puérilité d'un prince qui se crut grand , lorsqu'il fit dessiner en lampions le chiffre de l'autocratrice sur la pente d'une montagne de plusieurs. lieues.

. Nous avons aussi taillé les montagnes, mais nos travaux ont été moins gigantesque. Ils furent iaits dé nos mains, et non de celles des esclaves ; nous n'avions pas des maîtres à recevoir, maïs des amis à placer.

Un ravin profond borde les bois du château; il est creusé dans des rocs très-escarpés et trèssauvages. Au haut de ces rocs, au fond du bois, il parait que Ton ^ autrefois coupé des pierres : les angles que ce travail a laissés ont été arrondis parle temps; mais il en résulte une sorte d'enceinte formant à peu près la moitié d'un hexagone, et dont la capacité est très-propre à recevoir com,modémcnt six ou huit personnes. Après avoir un peu nivelé le fond de pierres , et avoir achevé le gradin desdné à servir de buffet,. nous fîmes un siège circulaire avec de -grosses branches recouvertes de fouilles. La table fut une planche posée sur des éclats de bois laissés par les ouvriers qui venaient de couper près de là quelques arpens de hêtres.

Tout cela fUt préparé le matin. Le secret fut gardé , et nous conduisîmes nos hôtes , châtiés de fraises, dans ce réduit sauvage qu'ils ne

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connaissaient pas. Les femmes parurent flattées de trouTer les agr^mens d'une simplicité délicate au milieu d'ime scène de terreur. Des branches de pin étaient allumées dans un angle du roc s.uspendu siu- un précipice que les branches avancées des hêtres rendaient moins effrayant. Des cuillères de buis faites à la manière du Koukisberg (i), des tasses d'une por- . celaine élégante, des corbeilles de merises étaient placées sans ordre le long du gradin de pierre avec des assiettées de la crème ëpaiâse des montagnes ^ et des jattes reu^lies de cette seconde crème qui peut seule servir pour le café , et dont le goût d'amande, très-l^èrement-pariUmé, n'est guère connu que vers les Alpes. Des carafons contenaient une eau chargée de sucre préparée pourles fraises.

Le café n'était ni moulu, ni grillé. Il £a.at laisser aux femmes ces sortes de soins , qu'elles aiment ordinairement à prendre elles-mêmes :

(f) Petite contrée montueuse où l'on trouve des usages qui lui sont particuliers , et même quelque ehose d'assez extraor-

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elles sentent si bien qu'il &ut préparer sa joui^sfince, et, du dunns en partie, deroiràioi ce que Ton vent posséder ! Un plaisir qui 8*offire sans être un peu cherché par le d^ir perd souvent de . sa 0râce , cotnme un bien trop attendu a laissé passer l'instant qui lui donnait du mérite.

Tout était préparé , tout paraissait prévu , mais quand ou voulut faire le cafë , il se trouva que la chose la plus facile était celle qui nous manquait: il n'y avait pasd*eau. On ee mit à réunir des cordes qui semblaient n'avoir eu d'autre . destination que de Her les branches apportées pour nos néges, et de courber celles qui nous donnaient de l'ombre : et non sans avoir cassé quelques carafes, on en remplit enfin deux de Teau glaciale du torrent -trois f»nts pieds au-dessous de nous.

' La réunion fut intime, et le rire sincère.

Le temps était beau ; le vent mugissait dans cette longue enceinte d'une sombre profondeur où le torrent, tout blanc d'écume, roulait entre les rochers anguleux. Le k-hou-hou chantait dans les bois, et les bois plus élevés

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multîfdiaieut tous ses sons austères : on entendait à une grande distance ]es grosses cloches des Taches qui montaient au Kousin-bcrg.

L*odeur sauvage du sapin brùië s'unissait à ces bruits montagnards » et au milieu des fruits simples t dans un asile disert , le cafô fumait sur une table d'amis.

Cependant les seuls d'entre nous' qui jouirent de cet instant furent ceux qui n'en sentaient pas l'harmonie moi'alé. Triste faculté

dépenser à oe qui n'est point présent!

Mais il n'était pas parmi nous deux coeurs semblables. La mystérieuse nature n'a ^int placé dans chaque homme le but de sa vie.

. Le vide et Taccablante vérité sont dans le cœur qui se cherche lui-même : l'illusion entraînante ne peut venir que de celui qu'on aime. On ne sent pas la vanité des biens possédés par un autre ; et chacun se trompant ainsi , des coeurs amis deviennent vraiment heureux au milieu du néant de tous les biens directs.

Pour moi , je me mis à rêver au lieu d'avoir du plaisir. Cependant il me faut peu de chose.

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/mais j'ai besoin que ce peu soit d'accord : les biens les plus sëduisans ne sauraient m'attacher si j'y découvre de la discordance j et la plus &ible jouissance que rien ne flétrit suffit à,tous inesdésîrs.'C'estcequi me rend lasim-

^plicité nécessaire; elle seule est harmonique. Aujourd'hui le site était trop beau. IVotre salle pittoresque , notre foyer rustique , un goûter de fruits et de crème , notre intimité momentanée j le chaxït de quelques oiseaux, et le vent qui à tout moment jetait dans nos tasses des feuilles de sapin , c'était assez : mais le torren t dans l'ombre , et les bruits éloignés de là montagne , c'était beaucoup tropj j'étais le seul qui entendît.

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tETTBE Ï.X.

Vaienmwe , 18 jaat , VIII.

iJe Tiens de parcourir presque toutes les VollëeS- hahitables qui sont entre Charmey, Thun , Sion , SaîntMaurice et Tevay . Je n'ai pas été avec espérance, powr admirer ou pour jouir. Tai revu les montagnes que j'avais vues il y a près cte sept années. Jen'j ai point porté ce Sentiment d'an âge qui cherchait avidement leurs beautés sauvages. C'étaient les noms anciens, mais moi auaii je porte le même nom!

Je me suis assis auprès de Chîllon sur la grève. J'entendais les vagueS , et je cherchais encore à les entendre. Là, où j'ai été jadis, cette ^Te si belle dans mes souvenirs , ces ondes que la Trajux n\ point, et les hautes cimes,

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et Chillon , et le Léman ne m'ont pas surpris, ne iti'ont pas satisfait. .Tëtais là^ comme j'eusse été ailleurs. J'ai retrouvé les lieux ; je ne puis ramener les temps.

Quel homme suis-je maintenant? Si je ne sentais Tordre , si je n'aimais «ftcore à ètjrc la cause de quelque bien, je croirais que le sentiment des choses est déjà éteint, et que la partie de mon être qui se lie à la nature ordoanée a cessé sa vie.

. Yous n'attendez de moi ni des narradons histonques, ni des descriptions comme en doit faire celui qui voyage pour obserrer , pour s'instruire lui-même , ou pour &ire connaître au public des lieux nouveaux, tjn solitaire ne vous parlera point des hommes que vous fréquentez plus que lui. Il n'aura pas d'aventures , il ne vous fera pas le roman de sa vie. Mais nous sommes convenus que je continuerais à tous dire ce que j'éprouve, parce que c'est moi que vous avez accoutumé, et non pas ce qui m'environpe. Quand nous nous entretenons l'un avec l'autre, c'est de nous-xiiénies, car rien n'est plus près d^inous.

Il m'arrive souvent d'être surfMri» que nous ne Tivioiu pai eatemble : cela me -pmait oontradictoire et comme impossiUe. Il fau< que œ soit une destinée secrète qiû m'ait entrafaé à chercher je ne aei» quoi Wa de tous , tandis que je pouvais rester où vous êtes ne pouvant Toasflmmeneroù je sqis.

Je ne saurais dire quel besoin m'a rappelé dans onç terre extraordinaire dont îe ne re- CroQveplus les beautés, et où je né me retrouve prant moi-même. Mon premier besoin n^était-' il pas dans celte habïtndë àe pens^, dq sentir ensranble? 14* était-ce pas use nécessité de rêva* nous seols sur cette agitation qui^ dan& on cœur périssable, creuse un abtme d'avidité qui semlde as pouvoir être rempli que par des choses impérissables? Nous nous mettions À sourire de ce mouvement toa)onrs ardent et toujours trompé j nous applandisâona à l'a- ^esae qm en a tiré parti pour nous faire immortels; nous cherchions avec empressement quelques' exemples des illusions Iës plus grossière» et les plus pubsantes, afin de noua figurer aussi que la mort elle-même et tontes

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choses visibles u'étaféât'qiie des Êmtâmes, et que rintelligenoe subsisterait pour un rêve meilleur. FTons nous àbaniktnnions avec xtae sorte d'indififérence et' d'impassibilité à l'bubU des' choses dé la terre ; et, i^ns l'accord de nos âmes, nous imâgimonsl'hàrtnonie d'un mqndè divin caché, sous la représénta.tion du monde visib^. Mai» maintenant jç suis seul , je n'ai pins ri^ qui me soutienne. Il y a quatre jours, j'ai réveiUë un homme. qui mooratc dans la neige siir le Sanetz. Sa femme , ses deux,enfans, qui vivent par lui, et dont il parait être pleinement le mari' et le père', comme Tétaient les patriarcales , comme- on l'est encore aux montagnes et dans les déserts; tous trois £iibles et demi-morts de crainte' et de Êvid, l'appelaient dans les rochers et au hord du glacier. Nous les. avons rencôntàrés. Imaginez une femme etdeox enlans heureux.

Et tout le reste du jour, je respirais en homme libre, je marchais avec plus d'activité. Mais depuis , le même silence est autour de moi , et ilne «e passe rien quime'&sse sentir monexistence:

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as

J'ai donc cherché Uans toutes les vajlétjç po.ui- acquérir pu pâturage isolé , iqaiq faciler mânt acceswble, d'une température un. pev douce, bien situé , traversé par. uiX ruisseau , et d'où l'on entende ou la chute d'un torrent, ou les vagues d'un lac. Je veu^ maintenant une possession non pas importante j.mais éten^ due, et d'un genre tel qiie la'Vallée du Rhône n'en o&tc pas. Je veux aussi Ëàtîr en.bois, ce qui sera plus, facile ici que dans le Bas-.Valais, Dès que je serai âxé, j'irai à Saint- Maurice et à Charrières. Je ne. me suis pas soucié -d'y passer à présent, de crainte que maparesse naturelle), et l'attachement que je prends, si £icilement poup les lieux dont j'ai, qiielque habitude, ne me fissent rester à Chttrrières. Je préfère choisir un lieu commode et y h&tîr à ma manière , comme il convient, à,pi:ésen$ que je puis me fixer pour du temps, et peutêtre pour toujours.

Hantz qui parle le Roman , et qui sait aussi un peu l'allemandde l'Oberland, suivait .les vallées et les. <diemins , ' et s'informait dans les villages. Pour moi j'allais de chÂlets en chalets

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à travei-e les montagnes, et dans les lieux dû il n'eût pas osé passer, quoiqu'il soît plus robuste que moi, et plus habitué dans les Alpes; et où je n'aurais point passé ' moi-même si je n'eusse été seul.

\ J'ai trouvé un domaine qui me coBTiendraît beaucoup, Riais [e ne sais pas si je pourrai l'ai voir. Il y a trois propriétaires ■: deux sont de la S Gruyère, le troisième esta VeTKy. Celui-ci, 1 dit-oa, n'a pas l'intention de rendre : cepen- ) dantilmefèut le tout.

Si vous arez connaissance de quelque carte nouvelle de la Suisse, ou d'une carte topographique de quelques-unes de ses parties , envc^eï-les moi. Toutes celles que j'ai pu trouver sont pleines de &utes ; quoique dans les modernes il y «n ait de bien soignées pour l'exécution , et qui marquent avec beaucoup d'exactitude la position de plusieurs lieux. Il &ut avouer qu'il y a peu de pays dont le plan soit aussi difficile à&ire.

Je pensais à essayer celui du peu d'espace comprisentreVevay, Saint-Giiigoùpfa, Aigle, Sepey, Etivaz, Montbovon et Senapsales, dans

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la supposition toutefois que j'aurai le pâturage dont je TOUS parle, près de la dent de Jamant, dont j'aurais feît le sommet de mes principaux triangles. Je me promettais de passer dans cette fatigue la saison inquiète de la chaleur et des beatïx jours. Je l'aurais entrepris l'année prochaîne, mais j'y ai renoncé . Lorsque toutes les gcn^B, tous les revers, tous les aspects me seraient.c(mhu« avec exactitude, il ne me resterait plus rien à trouver. Il vaut mieux conserver lesenlmoyeud'échapperauxmrmiezisd'ennui intolérables, en m'égaranC dans des lieilx nouToanx , -en dkerchant avec impadenoe ce qui ne m'intéreue pcûnt; en grimpant avec ardeur aux dents les phis difficiles pour T^rî- / fier un angle , pour m'assurer d'une ligne que i'oubUerai ensuite , afin de retourner l'f^iserfer ooipame si j'avais un but.

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il sent fbrtbieD aussi que je saurais parler en

maître. '

Vous ne soupçonneriez pas qu'il s'est mis à

lire la /u/(« de Jeaa- Jacques. HÎOT il disait, en

dirigeant son bateau vers le rivage de Savoie :

C'est donc là Aleillerie I Mais que ceci ne vons ' inquiète pas ; rappelez-vous qu'il est sans ppé-

tentions. Il ne serait pas avec moi s'il avait de

l'esprit d'antickambre.

d'est surtout la mélodie (i) des sons qni , I réunissant l'étendue sans limites précises à un

mouvement sensible mai^Tague, donne àl'am'e

ce sentiment de i'intint qu'elle ciroit posséder

en dWée et en étendue.

! J'avoue qu'il est naturel k l'homme de'se i croire moins bcHmé , moins fini , de se xaxnre , plus grand quQ sa vie présente , lorsqu'il ar- . rive qu'une percepùoit subite Itit montre les

(i) lA mélodie, ri Von prend, cette eipreuiou dans tonter^leiviue doHt elle est su^ceptiblo, peut auuiriFtulter é^xme ■ail« de couleurs ou d'une suite d'odeun. Ln mélodie peut résulter de toute suite bien ordonnée de certaines sensations , de toute série convenable de ces cflcU , dont la propiiété est d'exciter en oou* t» que nous appeloDS exclusivement «■ senliment.

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9f contrastes et Téquillbre , le lien , l'organisa- ' tion de l'univers. Ce sentiment lui pvutt oomine une déoguTcrte d'un Aioade à connaître , comme un [H%quer a^nçu de ce qui povrraît lui être dévoilé -on jour.

J'aime ceschftDU dont je ne comprends point \ les paroles. Elle« nuisent toujours pour m<H ' à la beau4;é de Tair , ou du moins k sqn effet. 11 est presque impossible que les idées qu'elles expriment soient entièrement d'accord avec cellefi que me donneni les stms. D'ailleurs l'accent allemand a quelque chose de plus romantique. Les syllabes sourdes et indétei^niaéesne me plaisent poîntdans la musique. Notre e muet est désagréable quand le chantforce k le fitire sentir ; et «i pnHionoe pr^que toujours d'une manière &us6e et rebutante la syllabe inutile des rîmes fâminines, parce qu*en effet on ne saurait guère. ta prononcer Mstrement.

- J'aime beaucoup l'uoisscHi de deu^ ou âe plusieurs voix; il laisse à la mélodie tout son pouvoir et tç»itesa simplicité. Pour la saTaate harmonie, ses beautés me sont étrangères : ne

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sachant pas la musique', je ne jouis pa» de ce

qui n'est qu'art ou difficultés.

Le lac est bien beau , lorsque la lune blaocbit nos deux voiles , et que les échos de Chil> Ion repètent les sons du corj quand le mur inûnehse de Meillerie oppose ses ténèbres à la douce clarté du ciel , aux lumières mobiles des eaux; quand les vagues se brisent contre nos bateaux arrêtés, quand elles font entendre an loin leur roulement sur les cailloux innom^ brables que la Verayse a descendus des m<mlagnes.

Vous qui savez j6uir, que n*4te6-you$ là I pour entendre de,ux vcàx de femme , sur les (eaux, dans la nuit! Mais moi je devrais tout laisser. Cependant j'aime à étreaveiitï de mes pertes, quand Tanstère beauté des lieux peut me &ire oublier combien tout est vain dans l'homme jusqu'à ses regrets.

ËtangdeChessel! Là, nos promenades étaient moins belles, etplus heureuses. La nature accable le cœur de l'homme , mais l'intimité le satisfait : on s'appuie mutuellement, on parle et tout s'wiblic.

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J*aurai le lieu en question ; mais il làut at- j tendre quelques jours avant d'aroir les çerti- ' tudes nécessaires pour terminer. Je ferai aussitôt commencer les travaux, car la saison s'avance.

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