‹ Obermann (volume 4)Chapitre 14 sur 29 · L.,u,i,z™u,Goo^Ic · texte numérisé non relu

L.,u,i,z™u,Goo^Ic

quelqiip sor^ Texprëssion harmoiùqu.e (Je ses facultés. Là estle pouvoir de Tbiomine physique; là est la grandeur de l'homme moral; là est l'ame tout entièi'e ; et qui. n'a pa$ pleinement fimé, n'a pas possédé sa vie. . .

Des affections afistraites , des passions epéculatives ont obtenu l'euceDS des individus et ^s peuples. Les aSTections heureuses opt été réprimées ou ayilies : l'industrie sociale ,a op^ po^ les h(»ttmes que l'harmonie nrîmîtive aurait conciliés (i).

L'amouF.âoit gouverner la terre que }'ai|ibitipn &tigi^. L'amour est ce &u paisible et fécond, cette chaleur des cieux qui anime .^t renouvelle , q^î fait naître et fleurir , qi4 donne les couleurs^ la grâce , respérance et la vie- L'ambition est ce feu stérile qui ^ri^e sous les glaces , qiii consume sans rien animer ^ qui çrejose d'iqiinenses care,mes, qui é^anle soUrdemept, éclate en ouvraïkt des abime^ , et laisse un siècle de désolation ,8ur

(tjNotrc-iiidiUtriaMièlalca opfioté'le* hommes (fne' loàv t«U&«rt S0d«l derali cootàlier.

DiailizodbvGoOgle

■ *ps

la .contrée ^'étqpwa ^ lanùèps d'on^ hewe.

ILorsqu'une agitation nouvelle, .éfei^l Je»

rapports de l'homme qui «ssaie »a Tie,.il se livre aTidçment , . il demasde à toute .la oa,tui^e, il s'abandonne, il. s'exalte liû-mépie ; il place son existence 'daps raino,ur, .et dand tout il ne Toit qqe ramo.ur ^ul. Toiift aat» fealimefit se p«rd dans ce sentii^eat jip^ifqnâ , toute pensée y ramène, bout,«spoiry rèposfi. , Tout est douleur, vide, abandon, si l'ampHr s' joigne : ^'U s'approche , torut est jofe , espoir, illicite. Une voix lointaine, un «qn-dan^ tes airs, l'iagitation des branches, l^'^é^ii^^en meçt des eat}x , tout Taniioiïçe-, .tgut Vi^ prime, tçut imite .ses accëns et augmeqlie i,«^ désirs. La gràce de la nature est d^^!^ le iqppr vement d'un bras ; l'harfiiànie du Tnov4e .eslt ■ dani re^tpress^on d'un regard- C'est pom: jl "s- ] mojir qv.e la lumière 4u mat(p yie^f t ^yailj^r }es êtres et colorer les çiejox ; pQtv loi )es SffXf. de midi ^nt fermenter la .téi7ie ^ujE^de §ogM lit ^pus^ des £bréts ; c'est à Jui qffiç le ssvr , destine l'ainMiblç n^éii^colie .^ ^ VnfiHr» i?};.stërieu$es. Ggt^ fonta^e eçt ce|l^ 4b VaM-

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cluse , ces rochers ceui de Meîllerie , cette aTenue celle des pan^pfemdusses.' Le silence protège les' iréres de l'amour; lé mouTëme,^t des eàiix pénètï-e de sa dodce agitation; la fureUr des vaigues inspire ses efibrts orageux , et tout commandera ses plaisirs quand la nuit Sera douce , quand la liine embellira la nuit , ■ quand la volupté sera dans les ombres et la lumière ,. daàs la solitude, dansles airs et tés eaux et. la nuit.

Heureux délire T seul Moment resté à rhomme. Cette fleur rare, isolée, passagère sous le ciel nébuleux, sans abri., battue des vents, fa:tiguée par les orages, languit et meurt sans s'épanouir : le froid de l'air^ une vapeur, uu soufîle font avorter l'espoir dans son bôUton .flétri. On passe. au-deià, on espère encoi-e, on se hâte ; plus loin, sur un sol aussi stérile , on en-voit qui seront précaires, douteuses^,: instantanées comme elle, et qui . ôonlme elle périront inutiles. HeûrèuX celui qui possède ce que l'homme doit chercher, et qui jouit de tout' ce que l'homme doit Sentir ! Heureux encore , dit-on , celui qui ne cherche

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riea , ne sent rien j n'a besoin de rien i et pour qui exister c'est TÎvre. "

Ce n'est pA& seulement une erreur .triste et feroucbe, ma^s une erreur très-iiaDeste , de cfxndanmèr. ce plaisir vrai, nëceâsûre ; qtii toujours attendu , toujours renaissant j indépendant des saisons et prolongé' sur là plus belle partie de nos jours , -forme le lïén le plus énet^que et le plus séduisant des sociétés bumaïues. C'est une sagesse bien singulière, qu'une sagesse coutraire à l'ordre naturel. . Toute faculté, toute énet^e est une perfection (i) Il est beau d'être plus fort que ses passions ; mais c'est stupidité d'applaUdir àû silence des sens- et du cœur; c'est 'se croire phis parfait par cela même qtw l'on- est moins capable de l'âtre.

Celui qu^ est bomme sait aimer l'amour / sans oublier mte l'amour n'est qu'un accident

(r)Qiielqiies-imB VaateDt Icar ffoideuT iwiilme le cathie de b iageaae; il en es! qui préteiident. qu stérile honneor d'être inaccessibles î c'est l'aTeuglç qi>i«e croit mieux organisé ((ue le cornnutn de* hiimrnes, parce'que la cécité lui éTite des distrac-

u.,=N,z<,d..,GoogIf

',4ê Urie : et qnao<l il 9ux« ses.UliivioBS, Uea jouira, il l'es posséder^;, mois- ^nff .oobUfir

[que les jénié* les pW'séTères -Bcut .eaccn^ -avant le$ îUu^ds la pl\is beureiùes. Gehiî qui est .ba«uAe sait x^ojsir où .attendre . avec

/ prudevce, aimer avec continuitéj as dontier san^i&iblesse conuDje'sanarésérve.' L^açtlvité d'une paKsioA profcmde eat pour \m racdeor du-bien , le feu dn-gëale : il trouve dvas iV mour l'énergie vc^ptueusC' ^ la mMe \oxuistmce du cœur juste ^ sensible et ^and; il atteint le bônLieur. et sait »*en nourrir.

L'amour .ridicule ,ou coupable est une feir bleiise afilùsante ; Tamour jùsb^ est Le .diaxnie

' de la vie: et. la d^oence a*€tst que dans la ^ucbe austérité gai confimcl un seatiment noble'' avec un 8en|;iment'vil , et,qui condainne indUtinbtepaeat Tamour, parce que n'imaginant que des. hommes abrutis , elle ne peut imaginer que des passions misérables.

■ Ce plaisir reçu , ce plaisir donné ; cette progression cherchée et obtenue ; ce bonheur que Ton offre et qUe l'on espère j cette coniîance voluptueuse qui nous tait tout attendre

DiailizodbvGoOgle

da cœur aimé;' cette' volnpté plu^ grande «Dcore <ie ' rendre hevreux ce qa'oH' aime, de tt snffîre ihuttœllemeDt,' d'être néeesSaieé l'an k Fautref Cette plénUnde de séutîmenE et d'espoir agrandit' l*ame''et I9 prftsse d6 vifiré. Indicible abàndqn ! i^'homme qjaî Va p^ connaître n'en tf jamais rougi ; et celqi qui n'est pa» &it pou^ le s^itir, n*est pasné pour jngfcir l'amour. . *, '

.Je ne c6Bdan;inerai ptant celui qiii n'a pas I aimé, mais.eelui'qtir nC: peut pas aimet*. LCil circonstances déterndiient nos affe&tious ; mais 'fes sentimens expansift SMit naturels^ l'honnae dont l'oi^qmsation lUorale est paï^te : celui / qui est incapable d^aimei- est nécessairement incapable d'un sentiment magnanime i d'une ' tfiecbonsûbHmej'U peut être probe, bion,in^ ânstrieux , prudent ; il peut aroir déé quatités douces , et même des vertus par réflexion ; niais'il n^est pas boiamei il tt'a ni amë, ni génie : je veux bien le connaître ^ Il aura HUt confiance et jusqu'à mon estime , mais il »e j sera pas 'mon ami. Cœurs -vraiment sensible» ! qu'une destinée sinistre a ÈOmpriit^ dès le

uo

printetaps , qui tous bUmei'a de n'aroir point aimé ? Tout sentiment généreux \6^s était naturel; tout' le :feu des possipns était dans votre m&le intelligence; rameur lui était nécessaii'e*, il devait l'alimentei*, il' «At achevé, de la former pour de' graines choses ; mais rien ne vous a été dpnné, et le silence' de ramocuracommencé le néant où s'éteint votre ▼iè. • .

Le senùment de l'honnête et dn juste , le /{Xs "'*'' besoin de l'ordre et des convenances morales, \\tt^' conduit Ojéeessairenient au besmn d'ainter. Le bçau est l'objet de Tamour; l'harmonie est son principe et son but : toute perfection ,tout mérite semble lui appartenir, leS grâces aimal/les l'appellent, une moralité expansive et vertueuse le ûxé : et Tamour n'existe pas à la vérité sans le prestige.de la beauté corporelle; mais il semble tenir plus encore, à . l'harmonie iiateUectuelle , aux gr&ces dé la pensée , aux profondeurs du sentiment.

L'union, l'espérance^ l'admiration, lespres- - tiges., vont toujours croissant jusqu'à l'intimité parité; elle remplit Tame que cette

aiiizodbvGoogre

progression ^randï&s^it. Là s'arrête etrétror grade rhomme ardent sans être sensible, eç n'ayant d'autre besoin que celui dû plaisir- Mais Fbomnie aimant ipe ..change p^ ainsi; plus il obtient , pJus il çst lié ; plus il est aiipë, plus il aime; plus il possède ce. qu'il a désiré , plus il chérit ce qu'il possède. Ayant tout reçu> ilt^it tout devoir ; celle qui se donnë'à lui devient nécessaire'à son être; des attnées dç jonissance n'ont pas changé ses désirs »

elles ont ajouté à son amourla confiance d'une habitude heureuse, et les délices d'unç libre mais délicate intimilé.

On prétend condamner l'aniour comme uae affection tout-à-&It sensuelle , et. n'ayant d'autre principe qu'un besoin qu'cm appelle grossier. Mais je ne vois rien dans nos désirs tes plus compliqués dont, la véritable fin ne soit un des premiers besoins physiques^. Iç sentiment n'est que leur expression indirecte; l'homme intellectuel ne fut jamais qti'un.ÊinlÔme. Nos beswns éveillent en nous la perception de leur ol^et positif, elles perceptions innombrables des c^jets qiii leur sont analo-

gués. Les majeus directriie rempliraient pats, âeuls là> Vie ; mais ces- impulsions accessoire Toccnpent tout entière , parce qu'elles, n'ont çmnX dé bornés. Celui qui ne saui*aii viV^ sans espérer dé soumettre la terre j n'y eût pas songé s'il n'eût pas eu &im. IVos besoins i^nnîssent deux modifications d'nii même prinei^, Tappétit et le seiktiment; la prépondérance de l'une sur l'autre dépendra de l'organisation indÎTiduelle et de's ciroonstances dé terminantes. Tout but d'Un désjr'tiatiirel est légitime; tous leé moyens qu'il inspire sont bons s'ils n'attaquent les droits de personiië , et.s'^iU ne produisent dans notis-mêines alticun désdrdre réel qui compense son utilité.

Vous aTez trop étendu les devoirs. Tous avez dit: demandons phis, afin d'obtenir assez. VbUfl TonS-étes trompé.; si tous exigez trop des , il» se rebutera9[t'(i);'si tous roulez

(i] Ce qui doH eiâher l'imagiDation, déranger l'esprit, pasnonjMr le «éur , et interdire tout raiïOtiôemeiit ,- réusGit âtàatuit mieux ([uW y joint plus^d'austérilé: mais iln'eh e*t,paB de» institutions durables, des lois temporelles et cniies, des nxxur» intérieures, et de tout ce qui permet l'examen, comme

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qu'ils liaODkrentdesvartas ehittiérîqHeB jtt^les montrereôt^ Us disent que cela coûta pett-.

Maù ptu-ce que ces rertus ne ^oocpcu «ÎAm leur ilatui>e j il» eorout vtnë conduite cailofate toiiit<4-&it oottbvîre,- éi parée que cette tùâduite êera cadiée , tous ne pourrée^ en a^f^téi* leé eseès. Il oa tous redtera que ces m&féM dangefvtil: doot la vaine tentative augmentera le mal i en angilientaift la contrainte et Toppoûtion entre le devinr et le» penchahé) Voue croire^ d'abord que vos lois seront mietix suivies «arce que rinfractiou en seta illietait saasquée ; mais un jugement faux , iln goftt dépravé , une dissimulation habituelle , et àëé ruses hypocrites , en garoat les vA:itahIe# t^ »ttltaks.

àa rirapolsitm dn fatutâsme dont k natiire est de fortér i («dt ce qui est diiScàle, et de faire vénérer tout ce qui est eitroor- ' &oùfe. Cette ^sdnclion essentielle parait avoir été oubUéé. Ok a ttéi-HatAtarii dtAsl'bbltilAë'sés àflècthAls liiâlliidieët , et en quelque sorte les inddetis de sAir c«âur ; m^fe flrnsb^ il &!r« un grand pas ati-del&. Il est d important que la considâ'atiou de son utilité pourra cntrabier h l'essayer ; il est si difficile qu'en l'entreprenant on sera biea persuadé de ne faire qa'une

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" Les plauirade.ramourooatîeDnent de grandes oppositions physiques , ses désirs agitent l'imagination, ses-bescnns changent les orties ; c'est donc l'objet «ur lequel la manière de sentir et de Toir devait varier davantage. Il fallait prévenir les suites de cette trop grande différence y et non pas y joindre des lois morales qui soient propres k Taccroitre encM^^Mftis lés vieillards ont âiit ces lois ; et les vieillards n'ayant plus le sentiment de l'amour, ne sauraient avoir ni la véritable pudeur , ni la délicatesse du goût. Ils ont trèsmal entendu ce que leur Âge ne devait plus entendre. Ils auraient entièrement . proscrit l'atnour , s'ils avaient pu ti'ouver d'autres moyens de reproduction. Leurs sensations surannées ont flétri ce qu'il &llait contenir dans les grâces du désir j et pour éviter quelr ques écarts odieux à leur impuissance, Ils imaginèrent des entraves si gaudaes, que la so^été est troublée tous les jours par de véritables crimes que ne se reproche même point rhonnéte homme qui n'a pas réfléchi (i).

{■) C'hI dans l'amour que la dériatiaD.est devenue ertréme

L;,Q,i,z.du,GoogIt:

H5 C'est dans l'amour qu'il &Uait permettre tout ce-qui n*est pas Traiment ttuîsîble ; c'est par l'amour que l'homme se perfectiomiê ou «'avilit; c'est en cela surtout qu'il &Ilait retenir ' soa ima^nation dans les . bornes d'une juste liberté » cpi'il fallait mettre son-bonheur dans les limites de ses devoirs, qu'il ùllait régler son juffement parle sentimentprécis delà raison des lois. C'était le plus puissant. moyen naturel de lui donner la perception de toutes les délicatesses du goût et de leur vraie base , d'ennoblir et de réprimer ses affections , d'imprimer . à toutes ses sensations une sOrte de Tolhptë siftcère et droite , d'inspirer à l'homme mal oi^nîsé quelque chose de la sensibilité de l'homme supérieur, de les réunir, de les concilier , de former une patrie réelle , et d'instituer une Véritable société.

Laissez-nous des plaisirs légitimés ; c'est notre drmt , c'est votre dévoir. J'imagine que vous avez cru faire quelque chose par l*établi-

chra Jet Huions A qui nons troirronsdea mteurs : et c'est m qm l'amouT qne nous nvonc exclusivement appelé incenn.

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sèment' du mariage (i). Mais t'unoa dans laquelle les réeuilau de to» inatitutiiùiis mm» forcâiït de BiÙTTe les conTenances dtt hasard i ou de diercher icellet de la fortnfie à là place de» eoiïTtsiaiice» rëdies; Tunàon qu'acn mthméat ptM fUtiir pour toujonrs/et que tant de dégoctta ahèrent nécessairement; une tellie ' imibn. -ne nous suffit pa». Je tous demande un prest%e qui puisse se perpétuer; tous me damiez un lien dan» leqiiel je tdîs à nu le ier d'un eaclavEige sans tenne , sous ces fleurs d'tm )«mr4oni TOUS Taxiez maladroitement cou- Tert,etqaeTQns-mème avez déjà fanées: Je TOUS deaùade un prestigif qui puissedéguiser ou rajennir ma vie ; la natnxe me l'arait dtm-

(t) J'ai mal osé du ilroit d'éditeur, j|aj retranché def.p de pluùeurs lettres, et cependant j'ai laissé trop de choses au mcnns inutile!'. Mais cette négligence ne serait pas aussi excusable daas wat' lettre emnnie eélte-â ; c'est k dessein que fi& laissé ce tnot sur le mariage. Je ne VaipaaaupfMWné, parce que je n'si pas eu Tue la foule de ceui (]ui lisent : elle seule pour* rùt ne pas trouver érident que cela n'attaque ui l'utilité , ni ta heauté de l'institution du mariage, ni mâus tout ce qu'il y a d'heureux dans un marûge heoreux.

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né ! Vous oses me porkr des ressources qui me ceetent ! Vous floofiririez que, TÏl çontompuçui d'uni engagement où Upromèsie doit être observée religieuBeount puisqu'elle est donnée , j'aille persuader à uneienune d'être mjépiisftble afin que je Taime (i) ? Mfnns directement coupable , mais non moins inccmsidéré , ia'of- &rcerai-je de troubler une lamille , dedésoler des parens., de déshonoror celle à qui ce geôre d'hoimeur est si- néceBsaire dans la société 7 Ou bieu > pour u'attaquer aucun droit , pour n'exposer persoiiné , irai-je , dans des lieux mé>ptisés , . chercher celles qui peuTent être à moi, adu-pamne douce liberté de mœurs, non. par un désir naturel, mais parce que leur métier les donne à tous? N'étant plus à elles-mêmes, elles ne sont plus des femmes , mais je ne sais qwn d'anak^iK à elles que rouMi de toute

( U j sTWt ki dui& le texte 1 ■ J« ne la preaaecai f oint i'Mre fourbe eu ma bvew, j^ m'y refiueraie mémei at j« ne fcvak ricD w colnipie de Uia-tàmph, ries qui ne soit, poùrcjuicfKque'Y a su pen»er , nn deioir rigouretiK dont l'iidraetioii l'at^nitt. Nulle force du àéxs, auUe passion nutueUe m£nic ne peut servir d'excuse, «

délicatesse, Tînaptilude aux senttniens gén^ l'eus , et. le joug de la misère , livrent aux caprices les plus brutes de rhomme en qui une telle babitude déprav^a aussi les sensations et les désirs. -Il reste dit» circonstances possibles , j'en, conviens ; mab elles sont très-rares, et quelquefois elles ne se rençoBtrent-point dans une trie entière. Les uns , retequs par la raison (i)i consument leurs jours -dans des privations nécessaires et injustes ; les autres, en nombre bien pluâ grand , se jouent du devoir qutles contrarie.

Ce devoir a cessé d'en ^tre un daiis Topinion, parce que son observation est contraire à l'ordre naturel des çboses. Le mépris qu'oo:

\t) Ou Teit aussi pn- ta timidité du «endment. L'on a ^tingué dans toBtcaHectioD de notre être deux ^osasaDalogues, mais non sembl^)Iea: le sentiment et l'appétit. L'amour du ctçur donne au hommes sensibles beaucoup de réserre et d'embarras r le sentiment est plus', fort alors que le besoin .direct. Mus comme il n'f a point de sen^UËIé pi^endc dans une or> gmisation jntériera'eroent faible, celui qui e»! ainsi dans une véritable passion n'est plus le même dans l'amour sans passion; s'il est retenu «lors , c'est par ses devoirs , et nullemenl par sa limidilé. '

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U9 en fail.m^iie pourtant à l-balùtude de n'^iéir qu*à l'usage , de se &ire à soi-même .une rè^ selon &es penchans, et deméprisçr toute'obligation dont l'infraction ne conduit pas positivement aux peines légales , ou à la honte dan& la- société. C'est la suite inévitable des bassesses réelles dopt oo s'amuse tous les jours. Quelle moralité voulez-vous attendre d'une femme qui trompe celui par qui' elle vit, ou pour qui elle devrait vivre; qui est sa première amie, et se jOue de sa confiance, qui détruit son i-epos, ourit de lui s'il Je conserve j ' et qui s'impose la- nécessité de le trahir jusqu'aux bornes de sa viC:, en laissant à ses affectiom l'enfant qui ne lui appartient pas? De tous les engagemens, le mariage h'esV-il \'pas celui dans lequel la confiance et la bonne loi importent le plu$ à ta sécurité de la vie? > Quelle misérable probité que celle qui paie scrupuleusement un. écu , et compte pour un vain mot la promesse la plus sacrée qui soit entre les hommes ! Quelle moralité voulea»vous attendre de-l'êtré qui s'attachait à persuader une femme en se moquant d'elle , qui

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Ift méftim parce qu*^e m été telle qn'U la Mialui, la dëshcraore parce qn*ellel*a umé; la quitte parce qu'il en a joui , et l'abandonne ^araidellQ a le maUieaFTisIble -d'avoir partagé ass plaisirs (i)? Quelle moralité , quelle équité wulec-ïoos attendre de cet homme , au moins iaeon^équ^it , qui exige de sa femme des saorifîoes qu'il ne paie point , et qui la veut sage et inaccessible , tandis qu'il ra perdre , dans des habitudes secrètes, l'attachement dont îl Fa^sare , et qu'elle a eh>(Ht de prétendre pour que sa fidélité ne 'Soit pas un injuste esclavage. Des i^aisirs saus chsix dégradent l'hommef des plaiiirs coupables le eorrùmpent ; mais l'amour sans passion ne l'avilit poânt. Il y a un Age pour iûmer et jouif , il y en a un pour jiBUÂr sans amour. Ïjb eœar n'est pas tonjonrs fenne, et même, s'il l'est encore, il ne rËncon* tre pas toujours cç qu^il peut Tvaiment aimer.

{i} Xen'td pas encore âfcottr^rt ta iMiSrence mtre le imsS-

raUe^ randffnefemqie enorâite, p^rtd>MidoitBt,«t

l<$ soldat qui, dans \p Eaccage d'une ville, e^jptàt «^Yéf^rff. Celntvci seraib-il^oinsinnime, et parce que du moiiuil ne In trcMnpe pas, et parce qu'ordiuairement il est ivre ?

u.,Q,i,z.du,GoogIt:

Tonte pnwwce «t w» hk» lorBqvk'slle m ewmptç et cTinjivtice et d'excès , loi^qu elle at ajneaé« par lea co^vezûncç^ v»lursU«f « âfi possédée selon les diésii^ d'nne Qi^ni«»iion délicate.

L'hypocrisie de l'amcnH* e»); va dfSfi QéffKi d^ la ^i^ciété. Pourquoi r«moHr| sortirait^U <]« la loi comnmnp 7 pourqu^ q'ê^ pgâ £»

cela çoaune dans tqut Iç reftte , justf et sincère ? ûelni-là ^ul «ftt certaÎRipi&Qnt, âoÀgné de tout mai ^ 1^ cliarcbe avw nw^eté «e ^ pçut le Eure jonù* wns renordst Toute vwi»

imaginaire on accidentelle m'est swp«etQ , quapd je la yoi^ sortir prguemewçmeat de sa base çrronée ; je cUçrcbe , çt '}9 découvra ime Ifûdenr interne §ous 1« cQstuntâ des préjugée, soua le masque &agile dç la dissimulation.

Permettez, autorisez d^ plaûir», afin que ' 1*0» ait dea vertuf i mpntre* 1« faisoiï dealais, afin qu'on les vénère j invitez à jouir, afin d*étrp ^oiKité quand vous ccmunandea de soufbir. ÉlevesTame par le sentimentdes voluptés naturelles ; vous In rendrez forte et grande , . elle respecter» les privations légitimes * elle

L;,u,i,z.du,GoogIt:

IfiS ,

en jouira même dans la conTiction de leur ■utilité sociale. Je veux que l'homme use lîbrejmeilt de ses facultés; quand elles n'attaquent (point d'autres droits. Je tcux qu'il jouisse, lafîn d*étre bon ; qu'il soit animé par le plaisir, mais dirigé par l'équité visible; que -sa vie soit juste, beureAse et même voluptueuse- J*aimeque celuiquï penseraisonne ses devoirs, je feis peu.de cas d'unefemmé qui n'est retenue dans les siens que par ùn& sorte' de terreur superstitieuse pour tout ce qui appartient ' à des jouissances dont elle n'oserait s'avouer , le désir. ■

J'aime qu'on se dise; Ceci est-il mal, et pourquoi Test-itTS'il Test, on se Fintcrdit;s'il ne l'est point , on en jouit avec un cboiii sévère, avec la prudence qui est l'art d'y trouver une volupté plus grande ; mais sans autre réserve, sans-faontel sans déguisement (i).

(l) VnMemblablemeiit on objectera que te Tolgaire est mçspable de cherclier ainsi la raison de ses devoirs, et surtout de ]e faire sans partialité. Mais là dif^culté d'estimer ainsi ses devoirs n'est pas très-grande eâ elle-même, et n'eidste guère que dans la confusion présente de la morale. D'ailleurs , dans

D,Q,l,Z.dDvGOOglC

1S3 La vraie pudeur doit seule contenir la' volupté. La pudeur est uoe perception exquise, une partie de la sensibilité parfaite; c'est la grâce des sens , et le charme de l'amour. Elle évite tout ce que nos or^nes repoussait ; elle permet ce qu'ils désirent';- elle sépiM*e ce que la nature a'iaîssé à notre intelligence le soiu de séparer ; et c'est principalement l'oubli de cette réserve voluptueuse qui éteint l'amouiidans rindiscrète liberté du mariage .

des imtilutions diftérentes dei ndlres , il n'y aurait peut-être point des esprits iiusi initmits rpip parmi noiu, inais il n'y ai|rait cerUÙDenieat pat une foule ttinei sfuprde'et surtout ^us&i trompée.

(t) Void ane partie de ce que j'ai retranchée du texte. L'on trouvera peut-être que j'eusse dA le supprimer entièrement. Hais je rfpondt, pour cette. circous lance- ci et peur d'aulree, que l'on peut se permettre de parier aux bonimes quand on n a rien daiu aa pensée qu'on doive leur taire. Je suis rccpontabte de ce que je publie. J'ose JDger les devoirs; si jaiBois on pwA , IDC dire qu'il me soit armé de manquer à inLseuI devoir riel.

D,Q,i,z.dDvGoogli:

iU

un s«l4eqtWtj« BslcfJBgBraiplus, ouhje renooMrw pour toi^oiirt au dioit d'écrire.

■ J'aorais pea de confiance dans une femiiM <jui ne ■entîreil > pat la ràimn de ses devoir^, qui les saurait stiictenieDt,

• aveagl^ent etparTinsliDCt de la prétendon. H pent.arnrer

■ ^'hiu tdb oonduie aoh sfire^ sms ce getwedeccodnite ne Il ma ^liafcra pas. J'esôme davantage uoa femme <]ue rien ab-

■ folument pe pourrait engager k trahir celui qni reposerait

• sur sa foi; mais qni, dans sa liberté naturelle, n'étant liée ni

■ par une promesse quelconque, ni par an attadienent sfr-

■ ^ieiu,etMlranvantdansdGBârGciutancesRsswpar4calitre« » panr l'y délqrminer, jouirait de [diiâeurs hommes, et en

• joiiîrni iiiéme dans l'ivresse, dans la noditë, dans la dâicate « ioBe dii pWv (K). -

D,a,l,zt!dbvC00glc

LETTUE LXIV.

Sànt-Saphoria, lO-jnSlet, Vnt. .

Il iL*y à pas fombre de sens dans ta maniera dotit je vis ici. Je sais que j'y ^a des sottises, et je les eoatiutie sans pourtant tenir beaucoup à les continuer. Mais n je ne fikis pas ^M sageittent , c'est que je ne pui» parteâïr à y mettre de Timportance. Je passe stn- le lac la moitié du joue et la moitié de la. ntot; 6t Cfaand je m'en éloignerai , je serai tellement hâiiitiïé au balancement ^s vagues, an Isrmt des eaux ^ que je me déplairai sur un sOl immob^ et dans le silence des pré».

Les uns' me prennent pour un bomme dont quelque amour a un peu dérangé la tête, d'anlyes soutiennent que je suis un Anglais mii a

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le spIeeD ; les bateliers oat appris à Hantz que j'étais l'amant d'une bejle- femme étrangère qui vient de partir subitement de Lausanne.

' Il faudra que je cesse mes courses nocturnes, I car les plus «ensës me plaignent, et les méili leurs nie prennent pour un fou. On lui a dit à Vevay ; N*êtes-TOUS pas au service de cet Anglais dont on parie tant? Le mal gagne; et pour les gens de la côte , je croîs qu'ils se moqueraient de moi si je n'avais pas d'argent : heureusement je passe pour fort riche. L*auber^jSte veut absolument me'dire , Mîlord; et je suis très-respecté. Biche étranger , ou milixd , sont synonymes.

De plus, en revenant du lac, je me mets

ordinairement à écrire, en sorte que je me

' cpuche quand il fait grand jour. Une fois les

gens de l'auberge entendant quelque bruit

dans ma chambre , et surpris que je me fusse

. levé sitôt , moulèrent me demander si je ne

prendrais vUm le matin. Je leur répondis que

je ne soupais point, et que j'allais me coucher.

> Je ne me Jèvé donc qu'à midi, ou même à une

' heure ; je pninds du tlié , j'écris ; puis au lien

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H7 de diaer, jeprends encoredu thé, jç ne mange ^ autre chose -que du pain et du beurre^elaussrtôtjeTaisau lac. La première fois que j'allai! seul dans un petit bateau que j'avais f^t chercher-exprès pour xxla, ils remarquèrent que Hantz restait au rivage, et qiie je partais à la fin du jour : il j eut assemblée au cahai'et, et ils décidèrent que pourcette'fois le spleen avait pris le dessus, et que je fournirais unbeau suicide aux annales du village.

Je suis Shpiké de o'avc^r pas pensé d'avance à l'effet que ces singularité pourraient produire . Je n'aime pas à être remarqué :. mais je ne l'ai su que quand tout cela était une habitude déjà prise j et je pense qu'on ne parlerait pas moins si j'allais en changer pour le peu' de jours que je dois encore passer ici. Comme je n'y savais que faire , j'ai cherché à consuma les heures. Quand je suis actif, je n'ai pas d'au- . très besoins ; mais si .je m'ennuie , j'aime du moins àm'ennuyer avec mollesse. -

Le thé estd'un grand secourspour s'ennuyer d'une manière calme. Entre les poisons un peu lents qui font les délices de l'hpnmie, je crois

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<jtU6 c'eHqïlâie'OeiUf <[tti fiDnii^nment le ttitèirïf à Ms enauis. tl daime tnit éxnoâcta fbiMe et soutenue : coiflïiie' eHe est exetQpte des dégoûts éia tétiOtU f elle dëgëbètv eb ime habitude dôpHïX et d'mdËQ'éreiicëj euunefiùbleâttf qui tranquillise le cceur que ses besoins &tà^ guopftieftt, et lootis débiorasse de notre forée Bia&0C£i*etUe. J*en aï pris l'usage à Paris, puis à hjotï : mais ieî , j'ai eu Timprudenee de la porter jusqu'à r^Eçès. Ce qui me rassure, c'est quejetais arbir un domaine et des ouTrien, cela m'occupera et me retiendra. Je me fidtf beaucoup de mal maintenant; mais compte^ sur moi , je rais devenir sage' par nécessite.

' Je m'aperçois , ou je crois m'aperceroir que le changement qui s'est &it en hioi, a été ha&acoup avancé par' l'usage journalier du thé et du vin. Je crois que /toutes choses d'ailleurs: ' égales , les buTeors (Tean conservant bien plus long-temps ladéKcafesse des sensations , et eu . quelque sorte leur première candeur. L'usage i des stimulans vieillit nos organes. Ces émotipns outrées, et qui ne sont pas dans l'tïrdre' deâ. conrenanceâ naturelles entre nous et les cho-

i99 ses f effacent les émotions simples et détrmsant cette propwtion pleine d'harmonie qui nous rendait sensibles A tous les rapports extérieurs, quand nous n'avions, pour ainû dire , de sentimens que par eux, -

Tel est le cœur humain ; le principe le plus essentiel des lois pénales n'a pas d'autre fondement. Si on ôte la proportion entre les pei- nés et les délits , si on Veut trop presser le ressort de la crainte, on perd sa souplesse; et si on va enom^ plus loin , il arrive enfin qu'on le briBe:ondcRineauxamesle courage du crime; tm éteint tonte énei^e dans celles qui ont Ae la faiblesse, et Ton entraîne les autres à des TCrtus atroces. Si Ton porte au-delà des limites naturelles rëmotion des (H^attes , on les rend insemibtes à des impressions plus modérées.

En employant trop souvent, en excitant mal à propos leurs facultés extrêmes, on émousse leurs forces habituelles ; on les réduit à ne pott- Toû- que trop , cm. rien ; on détruit cette pro- pm'tifflft cnrdonnée pour les circcmstances diverses, qui nous unissait aux choses muettes elles-mômes, et nousy attachait par des conn. 9

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renancés inUmes. Elle nous laissait toujours dans Tattente ou Tespoir, en nous montrant partout des occasions de sentir; elle nous laissait ignorer la borne du possible, et nous laissait croire que nos cœurs avaient des moyens immenses, puisque ces moyens étaient indéfinis , et puisque, toujours relatif aux choses du dehors , ils pouTaient toujours devenir plus grands dans des situations inconnues. -

Il existe encore une différence essentielle entre l'habitude d'être ému par Timpression des autres objets, pu celle de l'être par Timpulsion interne d'un excitatîf donné par notre caprice ou par un incident fortuit, et nou par l'occurrence des temps. Tfous ne suivons plus le cours du monde ; nous sommes animés lorsqu'il nous abandonnerait an repos, et souvent c'est lorsqu'il nous animerait, que nous nous trouvons dans l'abattement que nos excès produisent. Cette -fatigue , cette indifféi-ence nous rend inaccessibles aux impressions des choses, àces mobiles extéi'ieursqui, devenu^ étrangers à nos habitudes, se trouvent fréquemment en discordance ou en opposition avec nos t

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Ainsi rhomme à tout fait pour se séparer du reste de la nature , pour se rendre Indépendant du cours des choses. Mais cette liberté , qui a^est point selon sa nature, n'est pas une vraie liberté : elle est comme la licence d'un peuple qui a brisé le joug des lois et des mœurs nationales, elle ôte bien plus qu'elle ne donne, elle met l'impuissance du désordre à la place d'une dépendance lëgilime qui s'acorderai^ atec nos besoins. Cette indépendance illusoire, qui détruit nos facultés pour y. substituer nos caprices , nous rend semblables à cet homme qui , malgré l'autorité du magistrat , voulait ïd>solunient élever dans la place publique le monument d'un culte éti'anger, au lieu de se borner à en dresser chez lui les autels : il se fit exiler dans un désert de sable mouvant, où peï-sonne ne s'opposa à sa volonté , maïs où sa volonté ne put rien produire ; il y mourut libre, mais sans autels domestiques aussi bien que sans temples, sans alimens comme sans lois, sans amis comme sans maîtres (i).

(i) Ls* stùnulans de la Torride pourraient avoir cODtribu£ ^ notu TÎeiUfr. Leur* feux agiuent moin» dBDt /'Inde" parce qu'on

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Je conTiens qu*il serait plus à propos de raisonner moins surrrnsâgè du thé, et d'en cesser l'excès; mais dès qu'on a quelque habitude de ces sortes de choses , ou ne sait plusbà s'arrêter. S'il est difficile de quitter une telle habitude , il ne Test pas moins peut-être de la régler, à moins que l'cm ne puisse également régler toute sa manière de rirre. Je ne sais comment avoir beaucoup d'ordre dans une

y est moÎDt actif; mais l'inquiétude européenne , excitée par leur fermenlatioii, produit ces honunei reronans et agités, dontle reste du globe voit la ntanle avec ml éttmtielnent toi^onra tKm-

Je ne dis pas que dans l'état prient des choses, ce ne soit pas nn allégeaient pour des indiridus, etm&ne pour un-corps de peuple , que cette activité valeureuGe et spirituelle qui voit dans )ç ittal le plaisir de le sbufTrir gaiemMt, et dans le dénrdre le odté bndesqae que présentent toutes les chstes de la vie. L'homme qui tient aux objets de ses désirs dît bien souvent: Qitele'monde est triste! Geliii qui ne prétend plus antre chose que cle ne pas souiTrir se dit : Que la vie est bitarre I C'est à^k tfotiver les clioiés Moins malheureuies qdede les trouver comiques : c'est phis tacore quand «n l'amuas de toutes les contrariétés qu'on éprouve; et quand, afin de mieux rire, on cherche les dsn^s. Pour les Français, a^Us ont jamais ^ na[des , ils btairont oBe salle de bal dans le cnrtère du VAsuvo-

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cbofie, quand il m'est iaterijit d'en avoii-dans le l'esté ; comment mettre de la suite dans ma conduite , quand je .n'ai aucun espoir d'en aroir une qui soit constante, et qui s'accorde avec mes autres habitudes. C'est encore ainsi que je ne sois rien iaii-e sans moyens : plusieurs hommes ont cet art de créer les moyens; ou de faire beaucoup avec très-peù. J^our moi, je saurais peut-être employer mes moyens avec ordre et ubUté : maïs le premier pas demande un autre art; et cet «rt, je ne l'ai point. Je crois que ce défaut vient de ce qu'il m'est impossible de voir les choses autrement que dans toute leur étendue > ceUe du moins que je puis saisir. Je veux donc que leurs princàpalescon- Tenances soient toutes observées ; et le sentiment de l'ordre , poussé peut-étoe trop loin , ou du moins trop es^clusif , ne me permet de rien &âre et de riençonduiredansle désin'dre. J'aime mieux m'abandpnner que de faire ce que je ne saurais bien faire. U y a des hommes, qui sans rien avoir, établissent leur ménage; ils empruntent, ils font valoir, ils s'intriguent, ils paieront quand ils pourront; en attendant.

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ils virent el dorment tranquiUes, .quelquefois même ils réussissent. Jen'auraispu me résoudre à une Tie si précaire; et quand j'aurais Tonlu m'y hasarder, je n'aurais pas eu les talens nécessaires. Cependant celui qui, avec cette industrie, réussit h iàire subsister sa famille sans s'avilir et sans manquer à ses engàgemens , est sans doute un homme louable ■ Pour moi, je ne serais guère capable que de me résoudre à manquer de tout,- comme si c était une. loi de la nécessité. Je chercherai toujours & employer le mieux possible des moyenssuIGsan8,ouà'rendre tels, par mes privations personnelles, ceux qui ne le seraient pas sans cela. Je ferais jour et nuit des choses convenables, réglées et assurées, pour donner le nécessaire à un ami , à un enfâiit; mais entreprendre dans l'incertitude, mais rendre suffir sans, à force d'industrie hasardée, dfis moyens très-insulEsans par eux-mêmes, c'est ce que je ne saurais espérer de moi.

n résulte d'une telle disposition c6 grand

inconvénient, que je ne puis vivre bien, sa-

. gement, et dans l'ordre , ni même suivre mes

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^oûls ou songer à mes besoins, ({u'avec des facultés à peu près certaines ; et que si je suis peut-être au nombre des hommes capables d'user bien de Ce qu'on, appelle une grande fortune, ou même d'une médiocrité facile, je suis aussi du nombre de ceux qui , dans le dénuement, se trouvent sans ressources, et ne savent Élire autre chose que d'éviter la misère , le ridicule ou la bassesse , quand le sort ne les place pas lui-même au-dessus du besoin. .

La prospérité est plus difficile à soutenir que \ l'adversité, dit-on généralement. Mais c'est le i contraire j>our l'homme qui n'est pas soumis | à des passions positives, qui aime à &ire bien ce qu'il fait, qui a pour premier besoin celui |

. de l'ordre, et qui considère plutôt l'ensemble '■ des choses que leurs détails. '

L'adversité convient à un homme ferme et

' ' un' peu enthousiastCL, dont Tame s'attache à une vertu austère, et dont heureusement Tesprit ne voit pas l'incertitude (i). Mais l'ad

(i) L'homme de bien est inébranlable dans sa vertu lévère; f liomme k système» cherche souvent des -vertus austères.

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Tersilé est bien triate, bien décourageante pour celui qui n'y trouve rien à son usage, parce qu'il Toodrait.&ire bien, et que pour &ire il £tttt pouvoir; parce qu'il voudrait être utile, ' et que le malheureux trouve peu d*occasïons de Vétre. N'étant pas'soutenu par le noble fanatisme d'Epictète, il sait bien résister an malheur, mais mal k une vie malheureuse dont il se rebute euGu , sentant qu'il y perd tout son être. L'homme reli^eux , et surtout celui qui est certain d'un Dieu rémunérateur, a un grand avantage : il est bien facile de supporter le mal quand le mal est le plus (p^nd bien que l'on puisse éprouver. J'avoue que je ne saurais voir ce qu'il y a d'étonnant dans la vertu d'un homme qui lutte sous l'œil de son Dieu, et qui sacrifie des caprices d'une heure k une félicité sans bornes et sans terme. Un homme tout-à-Ëiît persuadé ne peut Étire autrement, à moins qu'il ue soit en délire. lime parait démontré que celui qui succombe à la vue de l'or, à la vue d'une belle femme ou des autres objets des passions terrestres , n a pas la foi. Il est évident qu'il ne voit bien que

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la terre ; s'il voyait ^Tec Ja ipéi^e certitude ce del et cet quiet qu'il $e rappellç quelquefois^ s'ilâ étaient là , oqmme lea choses de la terre * préseus d^us sa. pensée, il serait impos^iblâ qu'U succombât, jamais. Où eA Ip SL^jet qtii jouissait de sa raison ne sera, pas dan^rim-* pi^s^apoÇ'de .conti'eTçnir à Tordre de «on prince, s'il lui a dit :. Vous voilà dvu mon sérail au milieii de toutes, mes feiqines ; pendant tinq miui|tes p'en approchez ^ucmàe ; fat l'œil sur yous ; si tous êtes fidèle pend&nt ce peu 4jÇ temps, tous ces plaisirs ^t d^Autres tous seropt permis ensuite pendant trente années d'une prospérité constante. Qui ne voit que' cet homme , quelque ardent qu'on le suppose, n'a pas même beswn de force ppur résister pendant un temps si court ; il n'a besoin que deoroire àlaparolede son prince. Assoréqaeqt las tentations du chrétien ne sont pçs plus fortes, et la vie de l'homme est bien moins devant l'éternité , que cinq minutes comparées à trente année» : il 7 a l'infiuî de distance entre le bonheur promis au chrétien , et les plaisirs offerts au sujet dont je parle : ea6n la parole

D,a,l,zt!db.,G00gIe

du pi'incê peut laisser quelque incertitude^ celle de Dteun'ea peutlaisseraùcune. Si donc ' il n'est pas démontré que sur cent mille de ceux qu'on appelle Trais chrétiens, il y en a tout au plus un qui ait presque la foi , il me l'est à moi que rien au monde ne peut être démontré.

Pour les conséquences dececi, tous les trouverez très-simples : et je veux rerenir aux besoins que donne rhabitude des. fermentes. Il . faiit TOUS rassurer et acheter de tous dire commeùt tous pourez m'en croire , quoique je promette de me réfbrmfir précisément dans le temps que je me contiens le moins, et que je donne à Thabitude une force plus grande.

.11 y a encore un areu k tous faire auparavant, c'est que je commence à perdre entin le sommeil : quand le thé m'a trop fatigué , je ■ n'y coîinais d'autre remède que le vin , je ne ' dors que pat- ce moyen, et Toilà encore un ex- ' ces ; car il faut bien en prendre autant qu'il se puisse sans qiie la tête eu soit affectée visiblement. Je ne sais i-ien de plus ridicule qu'ua homme -qui prostitue sa pensée devant des étrangers ; et dont on dit: Il a buj en voyapt

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ce qu'il fait , ce qu'il dit: Mais pour soi-même, rieu n^est plus doux à la raison que de la déconcerter un peu quelquefois. Je prétends encore qu'un- demi désordre serait autant à sa: place dans rintimité, qu'un véritable excès devient honteux devant les honuue», et avilissant daùs le secret même.

Plusieurs des vins de Lavaux que l'on recueille ici près , entre Lausanne et Vevay, passent pour dangereux. Mais quand je suis seul , je ne &is usage que du Courlaillonx :

c'est un vin de Neufchâtel que l'on estime autant que le petit bourgogne t Tissot le regarde comme aussi salubre.

. Dès que- je serai propriétaire , je ne man- querai point de moyens de passer les heures, et d'occuper aux soins d'arranger, de bâtir, . d'approvisionner, cette activité intérieure dont les besoins ne me laissent aucun repos dans l'inaction. Pendant le temps que dureront ces embarras, je' diminuerai graduellement l'usage du vin^ et quant au thé, j'en quitterai tout-à-(ail l'habitude; je veux à Tavenir n'en prendre que rarement. Lorsque tout seraar-

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rangé, et que je pourrai commencer à suivre la manière de Tivre que depuis si long-temps j'aurais voulu prendre, je me trouTerai ainsi préparé à m*j cçnformer -sans éprouver les inconvénieiis-d'un changement trop subit et trop grand.

Pour les besoins de Teunui, j'espère ne les plus connaître dès que je pourrai assujétir f toutes mes habitudes à un plan général; j'occuperai facilement les heures ; je mettrai à la place des désirs et des jouissances, l'intérêt que l'on prend à :&ire ce qu'on a cru bon , et le. plïùsir de céder à ses propres lois.

Ce n'est pas que je me figure un bonheur qui ne m'est pas destiné, ou qui du moins est encore bien loin de moi. J'imagine seulement que je ne sentirai, point le poids du temps , que je poni'rai prévenir l'ennui ordinaire , et que je ne m'ennuierai plus qu'à- ma manière.

Je ne veux pas m'assujétir à une règle monastique. Je meréserverai des ressources pour les iustans où le vide sera plus accablant , mais là plupart seront prises dans le mouvement et dans l'activité. Les autres ressources

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auront leurs limites assez étroites, et Textra- (Aïlinaîre lui-même sera régj<. Jusqu'à ce que ma vie soit remplie , j'ai besom d'une règle Exe. Autrement il me faudrait des excès sans autre terme que celui de mes forces , et' encore comment tempHraietit-ils tm vide sans bornes ? J'ai tu quelque part que l*hmnme qui sent n*a pas besoin de vin. Cela peut être vrai pour eduV qui n'en a point l'habitude.

Lorsque j'ai été quelques joiïrs sobre et occupé, ma tëte s'agite excessivement, le sommeil se perd' J'ai besoin d'un exéès qui me tire de '^mon apathie inquiète, et qui dérange un peu cette raison divine dont la vérité gêné nôtre ' imagination, et ne remplit pas nos coeurs. -

Il y a une chose qui me sârprend. .Je>ois .

des gens c(uiparaissentboireiinîqaementpoiikr ' le plaisir de la bouche , pour le goût, et pt^ndre un verre de vin comme ils preoidraient ' uae bavaroise. Gela n'est pas pourtant, miiiê ils le (ïroient; et si vous le lettr demandez, ils auront même sutpris de votre question.

Je vais' doiicm'iilterdire Ces mo;^ensde tromper les besoins da plaisir et ^inutilité <Ies

henres. Je ne sais pas si ce que je mettrai k la place ne sera pas moiodre encore : mais eqfin je me dirai , voici, un ordre établi , il faut le suÎTre. Afin de le suivre constamment, j'aurai soin qu'il ne soit pas d'une exactitude scrupuleuse, ni d'une trop grande uniformité; car il se trouverait des prétextes et même des motiis.de manquera là règle; et si une fois on y manque, il n'3' a plus de raison poilr qu'on ne la secoue pas tout-à-fait.

Il est bon que ce qui plaît soit limité par une loi antérieure. Au moment où on l'éprouve , il en coûte de le soumettre à une règle qui le borne. Ceux mêmes qui en ont la. force ont eucbre eu tort de n'avoir pas décidé , dans le tenlps propre à la. réflexion, ce que la réflexion doit décider., et d'avoir attendu le moment où ses -raistmnemens altèrent les affections agréables qu'iksont forcés de combattre. En pensant aux raisons de ne pas jouir davantage, on réduit à bien peu de cbose la jouissance qu'où se permet : car il est de. la nature du plaisir qu'il soit possédé avec une sorte d'abandon et de plénitude. Il se dissipe lors-

L,u,i,z™u,GoogIe

-qu'on veut le borner autrement que par la nécesùté; et puisqu^il faut pourtant que la raison le borne , le seul moyen de concilier ces deux «hoses, qui sans cela seraient contraires , c'est d'imposer d'arance au plaisir la reténue d'une loi générale.

Quelque lâible que soit une impression , le moment où elle agit sur nous est celui d'une sorte de passion. La chose actuelle est difficilement estimée h sa jiiste Taleur : ainsi dans les objets de la vue , la proximité , la présence, agrandissent les dimensions. C'est avant ] les désirs qu'il &ut se feire des principes (»ntre eux. Dans le moment de la passion, le souvenir de cette règle n'est' plus la voix importune de la froide réflexion , mats la loi de la nécessité, et cette loi n'attriste pa6 un homme sage.

Il est donc essentiel que la loi soit générale^ celle des cas particuliei's est trop suspecte. Cependant abandonnons quelque chose aux circonstances : c'est upe lîbierté que l'on' conserve , parce qatax n'a pu tout prévoir, et parce. qu'il faut se soumettre à ses propres lois

seulement de la même manière qaé notre nature nous a fibnmîs.à celles de la nécessité. Nos affections doivent avoir de Tindépendatice, n^ais une indépendance contenue dans des limités qti'elle ne puisse passer. Elles sont semblables aux mouvemens du corps qm. n*ont poidt de grâce s'3s sdnt'gèdés; contraints, et trËrp UUifbi'mes; mais qui manquent de dé^ ceùce côiittnë d'utilité /s^ls sont brusques ,irr^nlieï^, ouînTonlotaires.

C'est un excès dans l'ordre inèmé que de pi'éteiidre nuancer J)àr&itement , modérer, régler sei jclili'ssances , et les ménager avec la plu* 'sévère écottdtùie, pouf- les rendre durables et ittéme perpétuelles. Cette régularité absolue est trop rarement possible : le plaisir ftous séduit, il Ubus emporte , comme la tristesse nous retient et nous ent^aine. Nous vï- T6its aii milieu des soiiges; et de tons nos stingeé , l'ordre pat-fait poti^raît bien être le mâinS nattirel.

Ce qiié j'ai peine à nie figurer , c*ést comraent on cherche l'ivresse des boissons quand on a celle de6 choses. ÎTest-ce pas le besoin

D,a,l,zt!dbvG00glc

d'être ému qui &ît|ios passions? Quand nous sommies agités p$r elles, que pouTons-nous trouver dans le vin, si ■eê n'est un repos 'qui suspeiûleleur action immodérée?

Apparemment l'homme chaîné dé grandes ' choses cherche aussi dans le vin roubli,.'Ie , calme, et non pas l'énergie. C'est ainsi que le café, en m'agitent, rend quelquefois lé sommeil à ma tété fatiguée d'une autre agitation. Ce n'est paj ordinairement le besoin des impressions énergiques qui entraine les âmes fortes aux excès des vins ou des liqueurs. Une amè /ort,e , occupée de grandes choses , trouve dans ' ' leur habitude une activité plus digne d'elle en les gouvernant selon Tordre. Le vin ne peut que la reposer. Autrement poui-quoi tant de héros de l'histoire, pourquoi tant de gouvernans., pourquoi des maîtres du monde auraient-ils ba?C' était chez plusieurs peuples ui) honneur de beaucoup boire : mais des hommes extraordinaires ont fait de même dans des temps où l'on ne metfait à cela aiucune gloira. Je laisse <donc tous ceux que l'opinion entraîna , e% tous ceux des gouvernans qui fùn. ' . ■ . iO

t&m des bommea irès-ordÎBairss' : il reste qaelqxtes hommes foi'ts et occupés da choses utileft , eeuxrlà n'ont pli' ckercheir dans le TÏn que le repos d'une t^te surchargée , de ces soins dont Thabitude atténue' Timportance , nuis sans la détniir«, puisquiln'y a-ii^uau- . 4elà.

L;,Q,i,z.du,GoogIt:'

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