LETTRE LXXXVII
3D novembre, IX.
Que la TÏe est mëlangée ! que l'art de s'y conduire est difficile! que de chagrins pour avtûr bien fait ! que de désordres pour avoir tout sacrifié à Tordre! que de trouble pour avoir voulu tout régler cfuand notre destinée ne voulait point de règle !
Vousne savez ti'opceque je veux vous dire avec ce préambule; mais, occupé de FoDsalbe, plein de Tidée de ses ennuis , de ce qui lui est arrivé , de ce qui devait lui arriver , de ce que je sais, de ce qu'il m'a appris, je vois ud abimed'inlustices, de dégoûts, de regrets; et, (ce qui est plus déplorable, dans cette suite
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de misères je ne vois rien d'étonnant , et rien <jui lui soit particulier. Si tous les secrets étaient connus, si l'on voyait dans l'endroit caché des cœurs Tamertuoie qui les ronge, tous ces hommes contens , ces maisons agréables , ces cercles légers ne seraient plus qu'une multitude d^nfbrtunés rongeant le frein qui les comprime , et dévorant la lie épaisse de ce calice de douleurs dont ils ne verront pas le fond. Ils voilent tous leurs peiues; ils élèvent leurs fausses joies, ils s'agitent pour les faire briller à ces yeux, jaloux toujours ouverts sur autrui. Us se placent dans le point de vue favorable , afin que cette larme qui reste dans leur œil , lui donne un éclat apparent , et soit enviée de loin comnSe Texpression du plaisir. La vanité sociale est de paraître heureux.
Tout hommese prétend seul k plaindre dans tout, et s'arrange de manière à être félicité de tout. S'il parle au confident de ses peines, son œil, sa bouche , son attitude, tout est douleur; malgré la force de son caractère', de profonds soupirs -accusent sa destinée lamenlaUe^et sa démarche est celle d'un homme
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5Si Cfuî n'a plus qu''à mourir. Des étranger; entrent; sa tête s'atrermit, son sourcU s'élève , son oeil se fixe , il feit «étendre que les revers ne sauraient l':atteindre, qu'il se joue du sorti qu'il peut payer tous les plaisirs : il n'est pas jusqu'il -sa cravate ^i ne se trouve aussitôt -disposée d'une manière pins heureuse, et il marche comme nn liomme que le bonheur agite etx]uî cède aux grands desseijïs de sa destinée.
Celle vaine montre , cette manie des beaux.
debors n'est Ignorée que des sots, etpourtant presque tous les hommes en sont dupes. La fête où vous n'êtes pas vous parait un plarsir , au moment même oà celle qui vous occupe n'est qu'un fardeau de plus. Il jouit de cent choses! dites-vous. — r^e jouissez vous pas deces mêmes choses, et de beaucoup d'autres peutêtre? — Je parais' en jouir, mais — Homme trompéî cesmai> ne sont-ils pas aussi pour lui ? Tous ces heureux se montrent avec leur visage des fêtes , comme le peuple sort avec l'habit dès dimanches. La misère reste dans les greniers et dans les cabinets. La joie ou la II. 2(
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patience sont sur ces lèvres qp'on observe ; le découragement, les douleurs^ la rage des passiops et de l'ennui sont au fbnd'des cœurs ulcérés. Dans cette grande popalation,, tx>ut l'extérieur est préparé , il est brillant ou supportable; l'intérieur est afireux. C'est à ces conditions que nous avons obtenu d'espérer.
Si nous ne pensions pas que les autres sont mieux , et qu'ainsi nous pourrons être mieux nous-mêmes, qui de nous traînerait jusqu'au bout ses jours imbéciles?
Plein d'un projet befiu, raisonné, ntais un peu romanesque,' Fousalbe partit pour l'Aniérique espagnole . Il fut retenu à la Martinique par un i incident asse? I;tizaFre qui partùssait devoir être de peu de dur^e , et qui eut pour~ tant.de longues suites/Forcê d'abi^donner enfin ses des.'ieins, il allait repasser la mer, et ' n'en attendait que l'occasion. Un> parent éloigné çbez qui il avait demewé pendant tout son séjour aux Antilies tombe malade, et meurt au bout de peu de jours. 11 lui fait entendre en mourant que «a consolation sei'ait de lui laisser sa. tille ^ dont il croyait faire le
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bouheuren la luidonnaiit.Foii8able,quîli'aTbit | uuUementpensé à elle, lui oitjeote tpi)iyAm véou -pins de six mqia dans la même maison ] sans avcàr farméaveo die aucune liaison parbcuUèr«, il lai ^tait aans doute et lui vestfr-| rait indifférent. Le para insiste-, il lui apprend \ que sa GUe «tait p^rtéeè raimér, et qu'elle le { lui avftii diit en peiii&ùit^fxtBtrâcter ua autre mariage. Fwïïaiije n'objeote plus rien, il hésite ; il met à la ^dace de ses projets renversés celui (fe remplir doiioement et bonnement le rôla d'une vie obccure , de rendre' une femoHe heureuae, et d'avoir de.iioane:heuDe> des en- &QS, afin de les former ; il>aoii^ que les défkuts de celle qu'on lui. propose sont ceux de l'éducation, et que ses; qualités sàài: naturelles j il se décide, il pr<^met.'Le père meurt -. quel- \ ques mois se passent; son fils etsà fille se préparaientàdiriser le jsienqu'ù leur avait laissé. / On était :en guerre; des vaisseaux' ennemis croisent devant l'ile , on s'af;tend à ua débarquement. Sous ce prétexte, lëiutur béau-irère deFonsable dispose tout, oomnepourseretirer
D,Q,l,z.dD;GOOgIe
subitement •loi*squ'il le &udrait, et se mettre leii sûreté ; mais pendant la nuit , ii -se rend à /la flotte avec tous les uè^*es de l'habitation, : emportant ce qui pouvait être emporte. On a ' su depiHs qu'il s'était établi dans une île an- ^ glaise, où son sort ue fut pas heureux.
1 Sa soeur ainsi dépouillée parut crainik^ que jFonsable ne l'abandonnât malgré sa:promes8e. lAlors il précipita son mariage pour lequel il eût attendu le cixisentement de sa Ëimille :
mais ce soupçon , auquel il ne daigna faire aucune autre -réponse , n'était pas propre à augmenter son estime pour une &Duae qu'il prit ainsi sans en avoir ni bouneni mauvaise opinion, et sans autre atlàcbemeat que celui d'une amitié ordinaire.
Une union sans amour peut fort bien être heureuse. Mats les caractères se convenaient peu .: ils se conTenaient pourtant en quelque «bose , et-c'est dans ua semblable cas que Tamourserait bon, je pense , pour les rapprocher lout>à-&it. La raison était peut^tre une res- .source: suffisante ; mais la raison n'agit pleine^
ment qu'au sein de l'ordre : la fortune s'opposa à une vie suivie et réglée
Onne vit ^'nne fois : on tient à son système quand il est en même temps celui de la raison et celui du cœur , on croit devoir hasarder le tiien qu'on ite pourra jamais faire si on attend dés certituides. Je ne sais si vous verrez de \ même; mais jesens que Fonsable a bien fait. Il \ en a été puni , il devait Tétre ; a-t-il donc mal
feitpour cela? Si on ne vit qu'une fois
Devoir réel , seule consolation d'une vie fugitive! sainte morale ! sagesse du cœur de l'homme! il n'a point manqué à vos lois. H a laissé certaines idées d'un jonr, il a oublié nos petites règles : l'habitué du coin, le législateurdu quartier, le condamneraient ; mais ces hommes de l'antiquité que trente siècles vé^ nèrent, ces hommes justes et grands, ils au> raient &it, ils ont fait'Comme lui- . ■
Plus je connais Fonsalbe , plus je vois que nous i-esterons ensemble. Nous l'avons décidé
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ainsi; la nature des choses l'aTait décidé avant nous : je suis heureux, qu'il n'ait pas d'état. 11 tiendi*a ici votre place ; autant qu'un ami nouveau peut remplacer un ami de vingt -années , autant que je pourrai trouver . dans mon^sort une ombre de nos anciens songes.
I L'intimité entre Fonsable et moi devance le ' pi-ogrèsdu temps, et elle a déjà le caractère tënérable de l'ancienneté. Sa. cooâaoce n'a point de bornes; et comme c'est un ^bomme trèsdiscret et naturellevient réservé) vous juges si j'en sens le prix. Je lui dois beaucoup ; ma vie est un peu moins inutile, et elle deviendra tranquille malgré ce poids intérieur, qu'il peut me faire oublier quelquefois, mai£ qu'il ne saurait lever. Il a r-endu âmes déserta'.quelque chose de leur beauté heureuse., et du roman^ tisme de leurs sitçs alpeçtre^ : \m infortuné , un ami y trouve des heures assez douces qu'il n'avait pas couuues. Nous nous promenons, nous jasons, nous allons au hasard; nous sommes bien quand nous sommes ensemble. Je ypiç tous les jwirs davantage quélscoeurs. une
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destinée contrant peut cacher parmi les hommes qui ne les connaissent pas , et dans un ordre de-choses où ils se ohercheraient vainement eux-mêmes.
FonsalbeaTécutristementdànsdeperpétùelles inquiétudes, etsans jouir de rien : il a deux ou trois ans de plus que moi ; il seàt qUe la vie s'ëooule. Jeluidisais : Le passé est plus étranger pour nous que Texistence d''ûn iilconnu , il n'en reste rien de réel ; les souveuirs -qu'il laisse Mfnt trop vains pour être comptés comme des biens ou des maux par un hobime sage.- Quel fondement peutent avoir les plaintes ou le» regrets de ce qui n'est plus? Si vous eussiez été le plus heureux des hommes , le jour présent serait-il meilleur? Si vous eussiez
souffert des maux affreux 11 me laissait
dire, mais je m'arrêtai moi-même. Jesentisque s'il eût padsé dix années dans un caveau humide, sa santé eu fût restée altéitée; que les peines morales peuvent aussi laisser des ilnpression6in%6raçab]es;etque quand un homme sensé se plaint des malheurâ qu'il parait ne
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plu» éprouver, ce soDt leurs suttea et leurs
çon5éq,aence8 divecses qu'il dëplore.
Qfiand oit'.a, vtdQUtairement laissé échapper l'occasion de bien ùire , on ne la,retrouve ordinairement pas; et c'est ainsi qu'est punie la négligence de ceux dont la nature était' de ^iit; le bien, mais que retiennent les considérations du moment, ouïes intérêts de leurs passions.
Quelques-uns de nous joignent àcette disposition natui'ëlle la volonté raisonnes de la suivre, et rhaLitude de faire taise toute pasùon codtraire;. lem- unique intention., leur premier désiredt de jpuer bien en tout le rôled'hwnmeT et d'exécuter ce qu'ils jugent, étfe bon : veri-ont-ils sans regret s'éloigner d'eux toute pos sibilité de &ire bien ces choses qui' n'appartiennent qu'à la vie privée ,. mais qui sont importantes parce que très^peu d'hommes songent réellement à les bien &ieel
Ce n'est pas une partie de la vie aussi peu étendue, aussi secondaire qu'on le pense, de faire pour sa femme non pas seulement ce que ledevoir prescrit, mais ce qu'une raison éclai<^ réc conseille, et même tout ce qu'elle permets
fiicEi des iu^mines remi^îsseot avec honneur de grandes foactïons publiques-, qui n'eussent pas su agir dans leur intérieur, comme Fodsalbe eût &it s'il eût eu une femme d'un esprit juste et d'an caractère sûr , une femme qui fût ce qu'il fallait pour qu'il suivît sa pensée.
Les plaisirs de la confiance et de rintitpitë sont grands entre des amis : mais, animés et multipHés par tous ces détails qu'occasione le sentiment de-la différcncedes sexes, ces plaisirs délicats u'out plus de bornes. Est-il une habitude domestique plus délicieuse que d'être bon et juste aux jeux d'une femme aimée ; de ^re tout pour elle, et de n'en rien exiger; d'en attendre tout ce qui est naturel et bounête , et de n'en rien prétendre d'exclusif; de la rendre estimable, et de la laisser à ellemême; de la soutenir, de la conseiller, delà protéger, sans la gouverner, sans l'assujétir; d'en &ire une amie qui ne cacbe rien et qui n'ait rien à cacher , sans lui inteixlire des cboses, indifférentes alors, mais que d'autres tairaient et devraient s'interdire ; de la rendre la
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plus parfaite maisia plus libre qu'il se puisse , d'avoir sur elle tous les droits afin de lui rendre toute la liberté qu'nbe ame droite puisse accepter ; et de feire ainsi , du moins dans l'obscurité de notre TÎe, ta félicité d'un être humain digne de recevmr le booheifr sans le corrompre, et la liberté de l'esprit sans en être corrompu?
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LETOIE LXXXVni.
Im., 3o novembre, IX.
U fait aujourd'hui le temps que j'aimerais pour écrire des riens peudant cinq ou six heures , poarjaMrde choses insignifiantes , pour Hre de bonnes parodies , pour passer le temps. Depuis plusieurs jours je suis autant que jamais dans cette disposition ; et tous auriez la lettre la plus longtie qu'on ait encore reçue à Bordeaux , si je ne devais pas mesurer avec Fonstilbe - la pente d'un filet d*eau qu'il veut amener dans la partie la plus haute de mes prés,, et qu aucune sécheresse ne pourra tarir, puisquilsort d'un petit glacier. Cependant on peut bien prendre le temps de tous dire que le ciel est pi'écisémenl tel que je l'attendais. -
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Ils n'ont pas besoin d'attendre, ceux qui vivent comme il Gonvient , qui ne prennent de la nature que ce qu'ils en ont arrangé à leur manière , et qui sont les hommes de l'homme.
Les saisons, le moment du jour , l'état du ciel , tout cela leur est étranger. Leurs hahi.tudes sont comme la règle des moines : c'est une autre loi qui ne considère qu'elle-même ; eUe ne voit point dans la loi natm'elle un ordre supérieur, mais seulement une suite d'incidens à peu près périodiques , une série de moyens ou d'obstacles qu'il faut employer ou vaincre selon la fantaisie des circonstances. Sans décider si c'est un mal ou non , j'avoue qu'il en doit être ainsi. Les opérations publiques , et pi-esque tous les genres d'alTaii'es , ont leur moment réglé long-temps d'avance :
elles exigent , à époque fixe , le concours de beaucoup d'hommes ; on ne pourrait les faire, on ne saurait comment s'entendre si elles suivaient d'auti-es convenances que celles qui leursont propres. Cette nécessité entraîne le reste : et l'homme des villes , qui ne dépend plus des événemèns naturels, qui même les
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voit ou le gêner souvent ou le servir par hasard , se décide , et doit se décider à arranger ses habitudes selon son état , selon les habitudes de ceux qu'il voit, selon l'habitude publique, selon Topinion de la classe dont il est, ou que ses f»^tentions envisagent.'
Une grande ville a toujours à peu près le même aspect, les occupations et les délassemens y sont toujours à peu près les métttes , on prend donc volontiers une manière d^étre uniforme. U'serait effectivement iôrt incommode de se lever dès- le matin dans les lougs jours , de se coucher plus tôt en décembre. Il est agréable et salubre de voir Tanrore; mais que ferait-on après Tavoir rue entre les toits , après avoir entendu deux serins pendus à une
jb lucarne saluer\e soleil levant? Un beau ciel , une douce température, une nuit éclairée par la lune,' ne changent rien à votre manière;
f- vous finissez par dire ; A quoi cela sert -il? et même en trouvant mauvais l'ordre de choses qui le iait dire , il &udrait convenir que celui qui le dit n'a pas tout à Êitt tort , et qu'on serait au moins original si on allait faire lever
exprès son portier et oourir de grand matin poiir entendre les mtûneaHX dhanter sur : le boulerardj si, on allait s'asseoir a la &nélre d'un salon , derrière lés rideaux , poar se séparer des lumières et du bruit , pour donner un moment k la nature ^ pour voir avec «t- (ifieiUentent Fastre des nuits brilln'.daBs le ruisseau.
Mais d^ns mon ravin des Alpe», les joun : de dix-'huit heures ressembieiit peu aux jours de neuf benres. J'ai eonserré quelques liabi^ tudes de I(t 'fiUe parce que je les trouve assez douces, et même . convenables pour moi qu| ne saurais preisdre toutes celles du lieu ; ce^ pendant avec quatre pieds de neige et douae degrés de glace , je ne puis vivre préciséiBent de la même manière que quand la séchci'essè ^llumc les pinsidaus les bois, et que, Ton £ùt des iVomages cinq mille pi«da aurdessos. de moi.
lime faut un certaia mauvais temps. pow ag^r au dehors, un autre pour mie pixonener.
un autre pour faire des courses , un autre pour rester auprès du feu quoiqu'il ne fesse
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33S point fi>oid, et i^n autre encore pour |ne plac^ à la cbemiq^e de la cuisine pendant, que l'on ffiit ces choses du ménage qui ne sont paa de tous les jours, et que je réserre autauf qu'il Ge peut pour ces momeos-là. Vous voyec qu'afii^ de yoi^ dire nicHi plan , je mêle ce qui est déjt^ pratiqué à ce qui h sera seulement : je 6iip-> pose que j'ai déjà suïyJ mon genre de vie tel que.je CDnunei)ce à le suivre, en effpt , et t^ qiie je le dispose pozir.les autres saisons et pour les çhqses encore ^ faire.
^e «osais pï^-lcr des beaux-jours : il £(ut pourtant ]e coi^sser enfin., jç ne Içs aiçae pas; je veux dire q/np je ne. les aime plus. I^e beau temps embellit la campagne , il ^mbte y augmenter l'existence ; on TéprouTç généralement ainsi. Maism^i,, je. ^uis plus.méççni tent qu^qd il fait ,très-beaii. J'ai Ta|ne^q^ lutté cOBfre ce mal-étre iiitérifeur, jç p'ai pas été le plus fortj alors j'ai pris, un autre pafti beaucoup pluç ççmmode , j'ai éludé le ijoal que je ne poiiT^s détruire. Fonsalbe vent bien condescendre à ma faiblesse : le^ excès modérés de la t^ble seront pour ces jours sans
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nuages , si beaux à tous les yeux , et si accablans aux miens. Ils seront )es jours de la mollesse ; nous les commencerons tard , et uous les passerons aux lumières. S'il se rencontre des choses plaisantes à lire , des choses d'un certain comique , on les met de côté pour ces matinées-là. Après le dîner on s'enferme , arec du vin ou du punch- Dans la liberté derintiinité, dans la sécnrîtéde Phomme qui" n'a jamais à craindre son propre cœur , trouvant quelquefois insuffisant et tout le reste et l'amitté elle-même , avides d'essayer un peu cette folie que nous avons perdue sans être sages , nous cherchons le sentiment actif et passionné de la chose présente , à la place de ce sentiment exact et mesuré de toutes choses, de ce concept silencieux qui refroidît l'homme et surcharge sa &iblesse.
Minuit arrive ainsi ; et Ton est délivré
oui , Ton est délivré du temps ; du temps précieux et irréparable , qu'il est souvent impossible de ne pas perdre et plus souvent impossible d'aimer.
Quand on a la tète inquiétée et dérangée
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par rima gin ation , robserration , Tëtudel par les dégoûts et les passions , par les habitudes, par la raison , croyez-vous que ce soit iine chose si Sicile que d'avoir assez de-temps jt.et surtout de n'en avoir jamais trop?' IVo'us sommes , il est vrai , des solitaires , des campagnards , mais nousavons nos manies: nous sommes au milieu ^de la nature, mais nous l'observons. D'ailleurs, je crois.que, mémedans Fëtat sauvage , beaucoup d'homajes rait veap d'esprit pour ne pas s'ennuyer.
Nous avons perdu les passe-temps d'une société choisie ; nous prétendons nous en (^nsoler en songeant aux ennuis i aux contraintes futUes et inévitables de 'la société en général. Cependant n'aurait-on pu parvenir k ne voir que des connaissances intimes 7 Que mettronsnous à la place' de' cette manière que les femmes seules peuvent avoir , qu'elles ont dans les capitales de la. France , de cette manière qu'elles rendent si heureuse , et qui les rend aussi nécessaires' à l'honmie de goût qu'à l'homme passionné? C'est'par là que notre so-