‹ Obermann (volume 4)Chapitre 4 sur 29 · LETTRE L · texte numérisé non relu

LETTRE L

LyoD, 93 jmn. Septiâme année.

Depuis <ju« la mode n*a plus cette uniibcmité locale qui en fiusait aux yeux de tant de gens une manière d'être nécessaire , et à peu près une loi de la nature, chaque femme pou- Tant choisir la mise qu'elle veut adopter , chaque homme veut aussi décidercëlle qui convient.

liCs gens qui entrent dans l'âge où l'on aime à blâmer ce qui n'est pas comme autrefois , trouvent de très-mauvais goût que l'on n'ait plus les cheveux dressés au-dessus du Êcont , le chignon relevé et empâté , la partie iofé^ rieure du corps tout k nu sous une voûte d'un ncble diamètre , et les talons juchés sur de hautes pointes. Ces usages vénérables mainte-

L;,Q,i,;.du,Goo^It:

naient une grande pureté de mœurs; tuais depuis, les femmes ontperverti leur goût,au point d'imiter les seuls peuples qui aient eu du goût : elles ont cessé d'être plus larges que hautes; et ayant quitté par degrésles corps ferrés et baleiné.s, elles outragent la nature jusqu'ù pouvoir respirer ,et manger quoique habillées.

Je conçois qu'une mise perfectionnée choque ceux à qui plaisait la raideur ancienne, la manière des Goths ; mais je ne puis les excuser de mettre une si risîble importance à ces changemens qui étaient inévitables.

I^les-mai si tous avez trouvé de nouvelles raisons de ce que nous avoils d^jù remarqué ensemble sur ces ennemis déclarés des mœurs actuelles. Ce sont presque infailliblement des hommes sans mœurs. Les autres, s'ils les blâment, n'y mettent du moins pas cette chaleor qui m'est suspecte.

Personne ne sera surpris que les hommes qui se sont joué des mœurs parlent ensuite de bonnes mœurs avec exclamation ; qu'ils en exigent si sévèrement des femmes, après avoir

DiailizodbvGoOglc

passé leur Tte à Ucher de les leur ôter; et ty'Us les méprisent tou tes , parce que plusieurs d'elles ont eu le malheur de oe pas les mépriser eux-mêmes. C'est une petite hypocrisie dont je crois même qu*ils ne s'aperçoivent pas : c'est davantage encore et bien plus communément un effet de la dépravation de leurs goûts , des excès de leurs habitudes, etdu désir secret de trouver une résistance sérieuse pour avoir la vanité de la vaùicre : c'est une suite de l'idée que d'autres, (mt probablement joui des mêmes faiblesses, et de la crainte qu'on leur manque À eux-mêmes , «omme ils sont pai-venus à £iire manquer à d'autres en leur &veur.

Ii(»ïque les années font qu'ils n'ont plos d'intérêt À introduire le mépris de tous les droits , l'intérêt de leurs passions , qui fut toujours leur seule loi, commence à les. avertir qu'on violu-a ces mêmes droits à' leur égard. Ils ont contribué à faire perdre les moeurs se- ' vères qui les gênaient , ils déclament mainte- ^ nant contre les moeurs lilures qui les inquiètent. Ils prêchent bien vainement : d^ choses II. S

DiailizodbvGoOgle

Iboiaes recommandées par de tels hommes, tombent dans le mépris , au lieu d'en recevmr /une nouvelle autorité.

Aussi Tainement quelques-uns disent que s'ils s'élèrent contre des mœurs licencieuses, c'est qu'ils en ont recsnnu les dangers : cette cause* quelquefob réelle , n'est pas celle k faquelle on croit) parce qti'on sait bien qii'ordiaairecnent rhonuae qm a été injtfste quand cela lui était con^ode ftendatit l'âge des pa«sions» ne devient jaste ensuite que psflf des motifs personnels. Sa justice , plus honteOse que sa ticemce même , est encore plus méprise , pan» qu'elle est nwins franche.

Mais que des jeunes gens soient choqués Subitement et avant la réflexkni par des choses dont la nature est de plaire à kufs sens, et qu'ils ne pourraient im^ronver naturdlement qu'a[wès y avoir pensé J voilà , à mon avis , la pius grande preave d'une déprat&tion réelle.

Je suis surpris que des gens sensés regardent cela comme une dernière vmx de la nature qui se révolte , et qui rappelle au fond des efiëur^ se^ lois méconnues. La ccx-ruption , diseot'ils, ne

DiailizodbvGoOgle

peut franehirdeeertaiDesboriMtiodB les tansore et les cotnsc^e.

Pour moi , fe crois voir le ocnitraire. Je foudnù» MToiroe que tous en peiisiereB , ««si je serai seul à voir ainsi ; car je n'assure point que ce Soit la T^rité , je eouTiens même que beaucoup d'apparences sont txmtre moi.

Ma manière de peauer là-^ssus ne pouvait guère résulter que de ce que j'éprouve personnellement, je n'étudie pas, je ne &ispaftd'ob- > serrations systématiqties ; j'en seruis' assez peu'; capable. Je réfléchts pa^ booasioa j je me rap- t pelle ce que j'ai sentie Quand cela me conduit à examiner ce quejeneisaispasparmoirmrâne, c'est da moins en ci^ierehant mes données dans ce qui m'est connu avec fdus de oertitude , «'ess-àrdire, dans moi: ces données n'ayant rie» de supposé ou d'hypothétique y serrent à me découvrir plusieurs choses dans ce qui leur est analogue ou opposé.

Je sais qu'avec le vulgaire des hommes il y a des inconvéniens à ce que g&te la bêtise de ^leurs idées, la brutalité de leur sensations, et

la hde suffisance qui almse Se tout ce qui n*a- TerUtpasqueroa sera réprimé. Jenedispoint que les iemmes dont la mise paraît trop libre , soient tout^-&it exemptes de blâme :. celles d*entr' elles qui n'en méritent pas un autre , «ublient du moins qu'on vît parmi la foule, et cet oubli est uneimprudence . Mais ce n'est point d'elles qu'il s'agit ; \e parle de la sensation que la légèreté de leurs vétemens peut fiôre sur des kommes de différens caractères.

Je oberche pourquoi des hommes'qui se permettent tout, et qui, loipde respecter ce qu'Us appellent pudeur, montrent jusque dans leurs discours qu'ils ne connaissent pas mémeles lois du goût^ pourquoi des bommes qui ne raisonnent point leùrTxinduite et qui s'abandonnent ■aiux fantaisies de l'instant présent , s'avisent de trouver de l'indécence à des choses où je n'en sens peint , et où la réflexion même ne blâmerait que l'incràiyènaiice du moment.

Comment en trouvent-ils à des choses qui , par elles-mêmes etlorsqu'elles ne sontpoint déplacées, paraissent toutes simples Àd'autres, etquî

D,Q,l,z.dD;G00gIt:

plaîraiènt'méme àceuxqui aiment une pudeuF réelle et nJon l'hypocrisie et la superstition de la pudeur.

C'est une erreur funeste de mettre aux mots, et à la partie extérieure des choses une impoctanœ si grande; il suffira d'être familiarisé arec ces Btntômes par quelque habitude, même légitime , pour cesser d'eiunettre.aux.

choses elles-mêmes.

Lorsqu'une dérote qui ne pouratt à seize' ans souffrir qu'on l'embrassât dans des jeux de société; qui, mariée à. TJngt-dexix., n'envisageait qu'avec hoiireur la première nuit, reçoit à Tingt-quatresondinecteuE dans ses bras, je ne crois pas que ce'Soit,tDut-à''-&it hypocrisie de sa part. J'y vois beaucoup plus la sottise des préceptes qui lui ûirentdonnés. Il peut y avoir chez elle de la mauvaise foi , d'autant plus qu'une morale fausse altère toujours la candeur de l'ame, et qu'une longue contrainte inspire le déguisement et la duplicité. Mais s'il' y a de la {aùsseté dans son cœur, il y a bien plus encore d'ineptie dans sa tête. On lui a rendu l'esprit Ùlvol , on l'a retenue sans cesse

DiailizodbvGoOgle

dans la terreur des devoirs chimériques; on ne lui a pas drame le moindre sentiment des devoirs réels. Au lien de lui montrer la véritable fin des choses , on Ta habituée à tout rapporter à une fin imaginaire. Lès rapports ne sont plus senàbles ; les proporti<ms deviennent arbitraires ; les causes , les effets scmt comptés pour rien ; les ctmvenances des choses sont impossibles k découvrir. Elle n'imagine pas même qu'il puisse exister une raison du mal et [du bien , hors de la règle qu'on lui a imposée , et dans d'autres rapports que les relations oÏMcures. entre ses habitudes les plus secrètes et la volonté împénétraUe des intelligences qui veulent toujours autrement que rbomme.

On lui a dit : fermez les jenx, puis marchez droit devant vous, c'est le diemin du bonheur et de la gloire ; c'est le senl ; la perte, rhorreur, les abîmes, Tétemelle damnation remplissent tout le reste de l'espace. Elle va donc aveuglément, et elle s'égare en suivant une ligne oblique. Gela devait arriver. Si vous marchiez les yeux fermés dans un espace ou-

veri de tovte part , tous ne retrouveriez point votre première direction , lorsqu'une fois tous Viwnez perdue, et souvent même tous ne sauriez pas que vous la perdez. Si donc elle ne s'aperçoit point de son erreur, elle se àétoume toujours davantage , elle se perd-avec cooiiance. Si elle s'en ap^^it, elle se trouble ' et s'abandonne; cai' elle ne connaît pas de pto- i portions dans le mal , elle croît n'avoir plus ' rien à perdre , dès qu'elle a. perdu cette pre- : mière innocence , qu'elle estimait seule et ■. qu'elle ne saurait retrouver.

On a V.U des filles simples se maintenir avec ignorance dans la sagesse la plus «ëvère, et avoir horreur. d'un baiser comme d'un sacri- ' 1^; niais s'iUest obtenu , elles pensent qu'il | n y a plus riep à conserver , et se livrent uni- | quemeut parce qu'elles se croient déjà livrées. ' On ne leur avait jamais dit les conséquences (Jns ou moins grandes des diverses choses. On Avait voulu les préserver .seulement contre le premier pas , comme «i l'on eût la certitude que ce premier pas ne serait jamais frandû, ou

DiailizodbvGoOgle

que Ton serait toujours là pour les retenir ensuite.

. LadéTotedontjeparlaisn'ëTitaitpas des imprudences, mais elle redoutait un fitntôme. H < s'ensuÏTranaturellementquelorsqu'onluiaurft j di t à rautel de couclier avec son mari , elle l'égrai tignera les premiers jours, et quelque temps après couchera arec un autre qui lui parlera du salut et des mortificatiOBs de la ehair. Elle était effrayée quand on lui baisait la main , mais c'était par instinct; elle s'y &it, et ne Test plus quand on jouit d'elle. C'était son ambition d'être placée au ciel pamu les Tierges; mais elle n'est plus' vierge; cela est irrémédiable , que lui importe le reste? Elle devait tout à Jésus son époux céleste, et à l'exemple que la Sainte-Yieige donna. Maintenant elle n'est plus la suivante de la Vierge, elle n'est plus épouse céleste ; un homme l'a possédée , si un autre homme la possède aussi , quel grand changementcelafera-t-il? Les droits d'un mari ' font très-peu d'impression sur elle ; elle n'a jamais réiléchi à des choses si mondaines; il

D,Q,i,z.du,GoogIt:

S5 est irès-possible même qu'elle les ignore, et il est très-certain du moins qu'elle n'en est pas frappëe, parce qu'elle n'en sent pas la raison. A la Térité, elle a reçu Tordre d'être fidèle; mais c'est un mot dont l'impression a passé , parce qu^elle appartenait à un ordre de choses sur lequel elle n'arrête pas ses idées , sur lequel elle rougirait de s'entretenir avec elle. Dès qu'elle a couché avec an homme , ce qui l'embarrassait le plus est &it; et s'il arrive qu'en l'absence de son mari, un homme^ plus saint que luï, ait l'adresse de répondre à ses scrupules dans un moment de désirs ou de besoinç, elle cédera comme elle a cédé en se mariant ; elle jouira avec moins de terreur que lors de ses premières jouissances , parce que c'est une chose qui n'est plus nouvelle y et qui &it un moins grand changement dans son état.

Comme elle ne s'inquiète point d'une prudence terrestre, comme elle aurait horreur de porter des précautions dans le péché, de l'attention et de la réflexion dans on acte qu'elle permet à ses sens , mais dont son ame écarte la souilhire , il arrivera encore qu'elle sera en-

DiailizodbvGoOgle

ceinte, et que souvent elle ignorera ou doutera si son mari est le père de Fen&nt dont elle le charge. Si même elle le sait, elle aimera mieux le laisser dans Terreur, pourvu qu'elle ne prononce pas un mensonge, que de l'exposer à se mettre dans une colère qui offenserait Dieu , que de s*expo8K* elle-même à médirodu prochain, en nommant son séducteur.

Il est très-vrai que la religion, mieux entendue , ne lui permettrait pas une pareille conduite, et je ne parle ici contre aucune religion. La morale , bien conçue par tous , ferait les hommes très-justes , et dès-lors très-bons et très-heureux. La religion, qui est la morale moins raisonnée, moins prouvée, moins persuadée par les raisons directes des choses ; mais soutenue par ce qui étonne, mais affermie, mais nécessitée par une sanction divine; ' la religion, àien entendue j ferait les hommes parfaitement purs. Si je parle d'une dévote , c'est parce que Terreur morale n'est nulle part plus grande et plus éloignée' des vrais besoins du cœur humain que dans les erreurs des dévots. J'admire la religion telle qu'elle devait

être ; je l'admire comme un grand ouvrage.

Je iTaime point qu'en s^élevant contre les re- ' lîgions, onnieleurbeauté, etTonméconnaisse , on désaTone le bien qu'elles étaient destinées à &ire. Ces hommes ont tort : le bien qui est fait '■ en est-il moins un biea pour être fait d'une manière contraire à leur pensée? Que l'on chfaxbe des moyens de faire mieux avec mmns; mais que l'on coBTienne du bien qui s'est fait autrement, car enfin il s'en est fait beaucoup. Voilà quelques mots de ma profession de foi : nous nous sommes crus , je pense , trop éloignés l'un de l'autre en ceci.

Si TOUS voulez absolument que je revienne à mcm premier objet par une transition selon les r«^;le9^ vous me mettrez dâns' un grand einbarras. Mais quoique mes lettres ressemblent ''beaucoup trop à des traités, et que je vous écrive en solitaire qui parle avec son ami comme il rére en lui-même , je vous avertis que j'y veux c<Hiservcir toute la liberté ^{Mstolùrç quazid cela m'arrange.

Ces hommes dont les jouissances inconsidérées, ou mal choisies, ont perverti les afieotions

DiailizodbvGoOgle

et abruti les sens , ne voient plus , je crois, dans, l'amour physique que les grossièretés de leurs habitudes : ils ont perdu le délicieux pressentiment du plaisir. Une nudité les choq'ue, parce^qù'il n'y a plus chez eux d'intervalle entre la sensation qu'ils en reçoivent, et l'appéût brut auquel se réduit toute leur volupté. .Ce besoin réveillé dans eux, leur plairait encore en rappelant du moins ces plaisirs informes que cherchent des sens pln^ lascifs qu*embi'asés ; mais comme ils n'ont pas conservé la véritable pudeur, ils ont laissé les dégoûts se mêler dans les plaisirs. Comme ils n'ont pas su distinguer ce qui convenait d'a- ' vec ce qui ne convenait pas , même dans Fahandon des sens, ils ont cherché de c<s femmes qui portompent les mœurs,, en perdant les manières, et qui sont méprisables, nonpas précisément, .parce .qu'elles donnentle plaisir, mais parce qu elles le dénaturent, parce qu'elles détruisent en mettant la licence à la place de la liberté. Comme en se permettant ce qui répugne à. des sens déUcats, et en confondant des daoses d'un ordre très^lifférent , ils ont

=dbvGooglc

laissé s'échapper les séduttmtes- ittasùms ; comme leurs imprudences ont été punies par des. suites funestes et rebutantes , ils ', ont perdu la candrau* de la, volupté avec les incertitudesdu désir. Leur imagina tiûnn'estphis allumée que par l'habitude : leurs sensations plus indécentes qu'avides , leurs idées pins grossières que voluptueuses j leur mépris povr les femmes, preuve assez claire- du mé[»if qu^ils ont eux-ménlesméritét tout-leur rappelle ce que l'amour a d-odieux et peut-éU% ce qu'il a de dangereux. Son charmé primitif , sa grâce si puissante sur les âmes pures , tout ce qu'il a d'aimable et d'heureux n'est plus pour eux. Us sont parvenus à ce point qu'il ne leur fiint que des filles pour s'amuser sans retenue et avec leur dédain habitael , ou des femmes trèsmodestes qui puissent leur en imposer enc(H« quand aucune délicatesse ne les contient plus, et qui ^ n'étant pas des femmes à leur égard , ne leur donnent point le sentiment importun de ce qu'ils ont perdu.

N'est-il pas visible que si une mise un peu

DiailizodbvGoOglf

libre lenr dé|^tt , c'est que leur imagination dégradée et leuiv sens affaiblis ne peuvent plus être ému» que par une sorte de Gurprise? Ce qui fiùt leur humeur chagrine , c'est \e dépit de ne plus pouvoir sentir dans des occasions ordinaires etfaciles/Ils n'ont plus la &culté de voir que les choses qui ont été cachées et qui SQut découvertes suintement : comme un homme j»esque aveugle n'est averti de la présense

' de la luiïùère qu en passant hrusqoeanent des tépèbi'es à tme grande clarté.

Quiconque entend quje^uecIl08e aux mœurs trouves*» que la femme méprisable est ceUe qui , scrupuleuse et sévère dans ses habitudes visibles, prépare, pendant plusieurs jours de réflesicDQS , le moyen d'en imposer à un mari qui met son honneur ou sa satisfaction à la posséder seul. Elle rit avec son amant; elle plaisante son mari trompé, : je metci au-^ssns d'dle une courtisane qui conserve quelque dignité, quelque choix, et surtout-quelque lojaH-

■ té dans ses mœurs trop libres.

' Si, les homn^es étaient seulement sincères,

DiailizodbvGoOgle

3i malgré leurs intérêts perBoimels , leurs oppositions et lenrs vices, la terre serait CBCore belle.

Si la morale qu'on leur |»-êcbe était Traie, conséquente, jamais e:tagérée; si die leur montrait la raison clés devoirs ea otmserv^it leur» justes proportions ; si elle ne tendait qu'à leur fin réelle, il ne resterait dans chaque nation autre chose à faire que de contenir une poi^oée d'hommes , doal la tête mal cirganisée ne pourrait reconnaître la justice.

On pourrait mettre ces es[irll» de travers avec les imbécUes et lés maniaques : le noUtlu-e des premiers ne serait pas grand. Il est peu d'hommes qui ne soient pas susceptibles de raison j mais beaucoup ne savent où trouver la vérité parmi ceserreurs pubhquesqui aBectxtat de porter son nom; si même ils la rencontrent, ils ne savait comment la reconnaître' à causedâ la manière gau(^e,rebutan te et finisse dont on la présente.

Le Inen inutile , le mal imaginaire, les vertus chimériques, Tint^rtitude absorbent notre tempSretnos&fniltés, et nos volontés; comme

DiailizodbvGoOgle

tftBt de travaux et de soins superflitô ou contradictoires empêchent, dans un pays florissant, de faire ceux qui seraient utiles et ceux qui auraient un but inTariaHe..

] Quaadiln*japlusdeprincipesdanslecœur, on est bien scrupuleux sur les apparences pa- . blîques et sur les devoirs d'opinion : cette sévérité déplacée est un témoignage peu suspect des reprocbes intérieurs. En téflédiissant, dit J.-J.V à la folie de nos maximes, qui sacrifient toujours à la décence là véritaUe bonnêteté, je comprends pourquoi le langage est d'autant plus chaste que. les cœurs stnit plus corrompus, et pourquoi les procédés sont d'autant [^us exacts que ceux qui les ont sont plus malb(mnétes.

Peut-être est-ce un avantage d'avoir peu I joui : il est bien difficile que des plaisirs tant I répétés le soient toujours sans mélange et sans ; satiété. Ainsi altérésouseuleinentafiaiblis par rhabitude qui dissipe les illusions, ilsnedonnent plus cette surprise qui avertit d'un bonheur auquel on ne croyait pas, ou qu*on n'attendait pas : ils ne portent plus l'iibagination

D,Q,l,z.dD;G00gIe

de rhomme au-delà de ce qu^il concevait : ils ne l'élèvent plus par une progression dont le dernier terme est devenu trop connu : l'esperance rebutée l'abandonne à ce seatiiqent pénible d'une vohipté qui s'échappe, k ce sentiment du retour qui „8i souvent est venu la refroidir. On se souvient trop qu'il n'y a rien au-delà; et ce bonheur jadis tant imaginé) tapt espéré , . tant possédé , n'est plus qu'un amusement d'une heure et le passe-temps de l'indiSTérence. Des sens épuisé^ ,, ou du ^oi&s satisfaits, ne s'embrasent plus à une première émotion ; la présence d'une femme n,e l0s étonne plus ; ses beautés dévoilées ne les agitent plus d'un frémissement universel ; la séduisante expression de ses désirs ne donne plus à l'homme qu'elle aime une félicité inattendue. Il sait quelle est la jouissance qu'il obtient; il peut imaginer qu'elle finira; sa voluptén'a plus rien de surnaturel : celle qu'il possède n'est plus qu'une femme, et lui-même a tout perdu , il ne sait plus aimer qu'avec les facultés d'un homme.

=dbïGoogIe

II est bienTheure de finir; le jour commence , Si TOUS êtes revenu hier à Chessel, tous allez en ce moment visiter vos fruits. Pour moi qui n'ai rien de semblable à faire , et qui suis trèspeu touché d'un beau matin depuis que je ne ' sais pas employer le jour, je vais me coucher. .Te ne suis point fôché, quand le jour paraît , d'avoir encore ma nuit tout entière à passer, afin d'arriver sans peine à l'après-midi dont je me soucie peu.

DiailizodbvGoOgle

Page 1