‹ Obermann (volume 4)Chapitre 7 sur 29 · LETTRE LIV · texte numérisé non relu

LETTRE LIV

Friboui^, aSrr

Vou» trouvez que ce n'était pas la peine de quitter si tôt Lyon pour m'arrêter dan§ une ïille , je vous envoie pour réponse une vue de Friboui^. Quoiqu'elle ne soit pas exacte , et que l'artiste ait jugé à propos de composer au lieu de copier fidèlement y vous* y verrez du moins que je sms au oiilieu des rocs : être à Fribourg, c'est aussi être à la campagne. La ' vïUe est dans les rochers, et sur les rochers. ' Presque toutes ses riies ont une pente rapide ; ' maïs jnalgré cette situation incommode , elle est beaucoup mieux bâtie que la plupart des petites villes de France. Dans les environs , et aux portes mêmes de la ville, il y a plusieurs sites pittoi-esqui^s et un peu sauvages.

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I L'ermitage dit la Madelaine ne mérite pas sa célébrité. II est occupé parune espèce

jde fou qui est deTeuu à moitié saint, ne trou-

,' yant plus d'autre sottise à faire. Cet homme n'a jamais eu l'esprit de son état : dans le gouvemement il ne fut point magistrat, et dans Termitage il ne fut point ermite : il por-

^ tait le cilice sous l'habit d'olHcier , et le pantalon de hussard sous la robe du désert.

\j& roc a été bien choisi par le fondateur ; il est sec et dans une bonne exposition ; la pei^ sévérance des deux hommes qui l'ont percé seuls, est sûrement très-ixmarquable. Mais cet ermitage, que tous les curieux TÎsitent, est du nombre des choses qu'il est inutile d'aller voir, et dont on a une idée suffisante quand on en sait les dimensions,.

Je n'ai rien à tous dire des habiïans, parce que.je n'^i pas le ta,leiit de connaître un peuple pour aToir pai-lé quelqties momens à deux ou trois personnes : la nature ne m'a point feit voyageur. J'aperçois seulementquelque chose d'antique dans les habitudes ; le yieux caractère ne s'y perd qu'avec lenteur. Les hommes

6t et les lieux ont encore la physionomie helvétique. Les voyageurs y viennent peu :'il n^y a point de lac, point de glacier considérables , point de monumens. Cependant ceux qui ne vont que dans la partie occidentale de la Suisse, devraient au moins traverser le canton de Fi4bourg au pied de ses montagnes : les terres' basses de Genève , de Morges, d'Yverdun, de Nidau, d'Anet, ne sont point suisses; elles ressemblent à celles des autres peuples.

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