‹ Obermann;Chapitre 19 sur 121 · plus rien ? A B — 69. donneront à l'état une A B · texte numérisé non relu

plus rien ? A B — 69. donneront à l'état une A B

LETTRE LI

rens sur ces fantaisies du destin, qui l'accordent souvent au bonheur, la refusent quelquefois à l'héroïsme, et la donnent si rarement à la pureté des intentions. 1 75 Je me sens depuis quelques jours un grand regret des choses simples. Je m'ennuie déjà à Paris : ce n'est pas que la ville me déplaise absolument, mais je ne saurais jamais me plaire dans des lieux où je ne suis qu'en passant. Et puis voici cette saison qui me rappelle

8o toujours quelle douceur on pourrait trouver à la vie^' domestique, si deux amis, à la tête de deux familles peu nombreuses et bien unies, possédaient deux foyers voisins au fond des prés, entre des bois, près d'une ville, et loin pourtant de son influence. On consacre le matin

85 aux occupations sérieuses ; et la soirée est pour ces petites choses, qui intéressent autant que les grandes, quand celles-ci n'agitent pas trop. Je ne désire | rais [288] pas maintenant une vie tout-à-fait obscure et oubliée dans les montagnes. Je ne veux plus des choses si

90 simples ; puisque je n'ai pu avoir très-peu, je veux avoir davantage. Les refus obstinés de mon sort ont accru mes besoins ; je cherchais cette simplicité où repose le cœur de l'homme, et je ne désire maintenant que celle où son esprit peut aussi jouer un rôle. Je veux jouir de la paix,

95 et avoir le plaisir d'arranger cette paix. Là où elle règne universellement, elle serait trop facile ; trouvant tout ce qu'il faudrait aux désirs du sage, je ne trouverais pas de quoi remplir les heures d'un esprit inquiet. Je commence à projeter, à porter les yeux sur l'avenir, à penser à 100 un autre âge : j'aurais aussi la manie de vivre ?

Je ne sais si vous faites assez d'attention à ces riens

88. point maintenant A B — 93. l'homme, je A B — 96. facile ; et trouvant A B.

qui rapprochent, qui lient tous les individus de la maison, et les amis qui viennent s'y joindre ; à ces minuties qui cessent d'en être, puisqu'on s'y attache,

105 qu'on s'empresse pour elles, et qu'on se hâte d'y courir ensemble. Lorsqu'aux premiers jours secs, après l'hiver, le soleil échauffe l'herbe où l'on est tous assis ; ou lorsque les femmes chantent dans une pièce sans lumière, tandis que la lune luit derrière les chênes ; n'est-

iio on pas aussi bien que rangés en cercle pour dire avec effort des phrases insipides, ou encaissés dans une loge à l'Opéra, où l'haleine de deux mille corps d'une propreté et d'une santé plus ou moins suspecte vous met tout en sueur. Et ces soins amusans et | répétés d'une vie [28Q

115 libre ! Si, en avançant en âge, nous ne les cherchons plus, nous les partageons du moins ; nous voyons nos femmes les aimer, et nos enfans en faire leurs délices. Violettes que l'on trouve avec tant de jouissance, que l'on cherche avec tant d'intérêt ! fraises, mûrons% noi-

120 settes ; récolte des poires sauvages, des châtaignes abattues ; pommes de sapin pour le foyer d'automne ! douces habitudes d'une vie plus naturelle ! Bonheur des hommes

simples, simplicité des terres heureuses î Je vous

vois, vous me glacez. Vous dites : J'attendais une

125 exclamation pastorale. Vaut-il mieux en faire sur les roulades d'une cantatrice ?

Vous avez tort : vous êtes trop raisonnable ; quel plaisir y avez-vous gagné ? Cependant j'ai bien peur de devenir assez tôt raisonnable comme vous.

130 II est arrivé. Qui ? Lui. Il mérite bien de n'être pas nommé : je crois qu'il sera des nôtres un jour, il a une forme de tête Vous rirez peut-être aussi de cela ;

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