‹ Obermann;Chapitre 2 sur 121 · I. O. . . n'a A ; — de plaisanter A B · texte numérisé non relu

I. O. . . n'a A ; — de plaisanter A B

est le destin ; leur puissance et leurs propriétés sont la nature, et la conception universelle de ces propriétés est 135 Dieu. I

Les analogies de ces propriétés forment la doctrine [2 50 magique, secret de toutes les initiations, principe de tous les dogmes, base de tous les cultes, source des relations morales et de tous les devoirs.

140 Je me hâte, et vous me saurez gré de tant de discrétion, car je pourrais suivre la filiation de toutes les idées cabalistiques et religieuses. Je rapporterais aux nombres les religions du feu ; je prouverais que l'idée même de l'Esprit pur est le résultat de certains calculs ; je réunirais

145 dans un même enchaînement tout ce qui a pu asservir ou flatter l'imagination humaine. Cet aperçu d'un monde mystérieux ne serait pas sans intérêt ; mais il ne vaudrait pas l'odeur numérique exhalée de sept fleurs de jasmin que le soufile de l'air va porter et perdre dans le sable

150 sur votre terrasse de Chessel.

Cependant, sans les nombres, point de fleurs, point de terrasse. Tout phénomène est nombre ou proportion. Les formes, l'espace, la durée sont des effets, des produits du nombre ; mais le nombre n'est produit, n'est

155 modifié, n'est perpétué que par lui-même. La musique, c'est-à-dire la science de toute harmonie, est une expression des nombres. Notre musique elle-même, source peutêtre des plus fortes impressions que l'homme puisse éprouver, est fondée sur les nombres.

160 Si j'étais versé dans l'astrologie, je vous dirais bien d'autres choses; mais enfin toute la vie n'est- elle pas réglée sur les nombres ? Sans eux, qui sau | rait l'heure [251]

153. sont des efforts (J'aute d'impression, sans douté) B — 157. musique elle même, la musique des sons, source des A B.

LETTRE XLVII

d'un office, d'un enterrement ? qui pourrait danser ? qui saurait quand il est bon de couper les ongles ?

6$ L'unité est assurément le principe, comme l'image de toute unité, et dès lors de tout ouvrage complet, de tout concept, de tout projet, de tout achèvement, de la perfection, de l'ensemble. Ainsi tout nombre complexe est un, ainsi toute perception est une, ainsi l'univers est un.

70 Un est aux nombres engendrés comme le rouge est aux couleurs, ou Adam aux générations humaines. Adam était le premier, et le mot Adam signifie rouge. C'est ce qui fait que la matière du Grand-Œuvre doit se nommer Adam lorsqu'elle est poussée au rouge, parce que la

7^ quintessence rouge de l'univers est comme Adam qu'Ado- [n]aï forma de quintessence.

Pythagore a dit : Cultivez assidûment la science des nombres ; nos vices et nos crimes ne sont que des erreurs de calcul. Ce mot, si utile et d'une vérité profonde, est

80 sans doute ce qui peut être dit de mieux sur les nombres. Mais voici ce que Pythagore n'a point dit ^ |

I. Dans toutes lés sectes, les disciples, ou beaucoup d'entre les disciples, sont moins grands hommes que leur maître. Ils défigurent sa pensée, surtout quand le fanatisme superstitieux ou l'ambition d'innover se joignent aux erreurs de l'esprit. 5 Pythagore, ainsi que Jésus, n'a pas écrit : les successeurs, prétendus tels, de l'un et de l'autre, ont montré qu'ils sentaient tout l'avantage de cette circonstance.

171. Car Adam était A B — 176. Adouaï {faute d'impression) C — 179. si profonde A B.

$. n'a pas écrit : ajoute-;;^ (du moins les écrits de Pythagore, perdus maintenant, paraissent n'avoir pas été bien reconnus des Anciens &wyLmêmes) et continu e:{ Valinèa. A {erratum); — successeurs, ou prétendus A B (ou a peut-être été siinpletnent oublié dans C).

Sans Un, il n'y aurait ni deux ni trois : l'unité est donc [^5^ le principe universel. Un est infini par ce qui sort de lui: il produit co-éternellement deux, | et même trois, [253 185 d'où vient tout le reste. Quoique infini, il est impénétrable ; il est assurément dans tout ; il ne peut cesser, nul ne l'a fait, il ne saurait changer; de plus, il n'est ni

Considérons *un moment le nombre comme Pythagore paraît l'avoir entendu.

10 Si, d'un lieu élevé et qui domine une vaste étendue, on discerne dans la plaine, entre les hautes forêts, quelques-uns de ceS êtres qui se soutiennent debout ; si l'on vient à se rappeler que les forêts sont abattues, que les fleuves sont dirigés, que les pyramides sont élevées, que la terre est changée par eux, on

15 éprouve de l'étonnement. Le temps est leur grand moyen ; le temps est une série de nombres. Ce sont les nombres rassemblés ou successifs qui font tous les incidens, les vicissitudes, les combinaisons, toutes les œuvres individuelles de l'univers. La force, l'organisation, l'espace, l'ordre, la durée ne sont rien sans les

20 nombres. Tous les moyens de la nature sont une suite des propriétés des nombres ; la réunion de ces moyens est la nature elle-même ; cette harmonie sans bornes est le principe infini par

, lequel tout ce qui existe existe ainsi : le génie de Pythagore vaut bien les esprits qui ne l'entendent pas.

25 Pythagore paraît avoir dit que tout était fait selon les propriétés des nombres, mais non par leur vertu.

Voyez, dans De my s ter Us numeromm par Bimgo, ce que Porphyre, Nicomaque, etc., ont dit sur les nombres. Voyez Lois de Pythagore 2036, 2038, etc., dans Voyages de

30 Pythagore. On peut remarquer, en parcourant ce volume de l'ancienne sagesse, ces trois mille cinq cents sentences dites Lois de Pythagore, combien il y est peu question des nombres.

10. depuis un A B — 17. font tous les phénomènes, les vicissitudes A B — 23. ainsi: et le A B.

LETTRE XLVII 9

visible, ni bleu, ni large, ni épais, ni lourd : c'est comme qui dirait... plus qu'un nombre.

190 Pour Deux, c'est très-différent. S'il n'y avait pas deux, il n'y aurait qu'un. Or, quand tout est un, tout est semblable ; quand tout est semblable, il n'y a pas de discordance ; là où il n'y a pas de discordance, là est la perfection : c'est donc deux qui brouille tout. Voilà le mau-

195 vais principe, c'est Satan, Aussi, de tous nos chiffres, le chiffre deux est celui qui a la forme la plus sinistre, l'angle le plus aigu.

Cependant, sans deux, il n'y aurait point de composition, point de rapports, point d'harmonie. Deux est l'élé-

200 ment de toute chose composée en tant que composée. Deux est le symbole et le moyen de toute génération. Il y avait deux chérubins sur l'arche, et les oiseaux ont deux ailes ; ce qui fait de deux le principe de l'élévation. Trois réunit l'expression de l'ensemble et celle delà

205 composition ; c'est l'harmonie parfaite. La raison en est palpable ; c'est un nombre composé qui ne peut être divisé que par un. De trois points placés dans des rapports égaux naît la plus simple des figures. Cette figure triple n'est pourtant qu'une, ainsi que l'harmonie parfaite.

210 Et, dans la sagesse | orientale, la puissance qui crée, [254] Brahma; la puissance qui conserve, Vitsnou ; et la puissance qui détruit, Routren ; ces trois puissances réunies, n'est-ce pas Trimourti ? Dans Trimourti, ne reconnaissez-vous pas trois ? C'est ce qui fait Brahm, l'unique

215 principe.

Dans les choses de la terre, trente-trois, nombre exprimé par deux trois, n'est-il pas celui de l'âge de la perfection

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