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que ces vertus ne sont pas A B

LETTRE LXIII

et les penchans. Vous croirez d'abord que vos lois seront mieux suivies, parce que l'infraction en sera mieux masquée ; mais un jugement faux, un goût dépravé, une dissimulation habituelle, et des ruses hypocrites, en

325 seront les véritables résultats.

Les plaisirs de l'amour contiennent de grandes oppositions physiques ; ses désirs agitent l'imagination, ses besoins changent les organes ; c'est donc l'objet sur lequel la manière de sentir et de voir devait varier davantage. Il

330 fallait prévenir les suites de cette trop grande différence, et non pas y joindre des lois morales qui fussent propres à l'accroître encore. Mais les vieillards ont fait ces lois ; et les vieillards, n'ayant plus le sentiment de | l'amour, ne sauraient avoir ni la véritable pudeur, ni la délicatesse

335 du goût. Ils ont très-mal entendu ce que leur âge ne devait plus entendre. Ils auraient entièrement proscrit l'amour, s'ils avaient pu trouver d'autres moyens de reproduction. Leurs sensations surannées ont flétri ce qu'il fallait contenir dans les grâces du désir ; et pour éviter

340 quelques écarts odieux à leur impuissance, ils imaginèrent des entraves si gauches, que la société est troublée tous les jours par de véritables crimes que ne se reproche même point l'honnête homme qui n'a pas réfléchi

C'est dans l'amour qu'il fallait permettre tout ce qui

34S n'est pas vraiment nuisible. C'est par l'amour que l'homme se perfectionne ou s'avilit ; c'est en cela surtout

I. C'est dans l'amour que la déviation est devenue extrême chez les nations à qui nous trouvons des mœurs ; et c'est ce qui concerne l'amour que nous avons exclusivement appelé mœurs.

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