‹ Obermann;Chapitre 67 sur 121 · semble (faute d'impression) B · texte numérisé non relu

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austères, les rêveries mys | tiques, les dogmes impéné- [394] trahies, les sciences secrètes, magiques, cabalistiques, et les passions opiniâtres des solitaires.

Le mélange des peuples et la complication des causes, 85 ou relatives au climat, pu étrangères à lui, qui modifient le tempérament de l'homme, ont fourni des raisons spécieuses contre la grande influence des climats. Il semhle d'ailleurs que l'on n'ait fait qu'entrevoir et les moyens et les effets de cette influence. On n'a considéré que le plus 90 ou moins de chaleur ; et cette cause, loin d'être unique, n'est peut-être pas la principale.

Si même il était possible que la somme annuelle de la chaleur fût la même en Norwège et dans l'Hedjas, la différence resterait encore très-grande, et presque aussi 95 grande entre l'Arabe et le Norwégien. L'un ne connaît qu'une nature constante, l'égalité des jours, la continuité de la saison, et la brûlante uniformité d'une terre aride. L'autre, après une longue saison de brumes ténébreuses où la terre est glacée, les eaux immobiles, et le ciel bou-

100 leversé par les vents, verra une saison nouvelle éclairer constamment lescieux, animer les eaux, féconder la terre fleurie et embellie par les teintes harmonieuses et les sons romantiques. Il a dans le printemps des heures d'une beauté inexprimable ; il a les jours d'automne plus atta-

105 chans encore par cette tristesse même qui remplit l'âme sans l'égarer, qui, au lieu de l'agiter d'un plaisir trompeur, la pénètre et la nourrit d'une volupté | pleine de [3c 5J mystère, de grandeur et d'ennuis.

Peut-être les aspects différens de la terre et des cieux,

iio et la permanence ou la mobilité des accidens de la nature

93. et dans l'Yémen, la différence A B — 95. aussi grande peut-être entre A B — 96. nature permanente A B.

LETTRE LXX

ne peuvent-ils faire d'impression que sur les hommes bien organisés, et non sur cette multitude qui paraît condamnée, soit par incapacité, soit par misère, à n'avoir que l'instinct animal. Mais ces hommes dont les facultés sont

115 plus étendues sont ceux qui mènent leur pays, ceux qui par les institutions, par l'exemple, par les forces publiques ou secrètes, entraînent le vulgaire ; et le vulgaire luimême obéit en bien des manières à ces mobiles, quoiqu'il ne les observe pas.

120 Parmi ces causes, l'une des principales, sans doute, est dans l'atmosphère dont nous sommes pénétrés. Les émanations, les exhalaisons végétales et terrestres changent avec la culiure et avec d'autres circonstances, lors même que la température ne change pas sensiblement. Ainsi

125 quand on observe que le peuple de telle contrée a changé, quoique son climat soit resté le même, il me semble que l'on ne fait pas une objection solide ; on ne parle que de la température, et cependant l'air d'un lieu ne saurait convenir souvent aux habitans d'un autre lieu, dont les étés

130 et les hivers paraissent semblables.

Les causes morales et politiques agissent d'abord avec plus de force que l'influence du climat ; elles ont un effet présent et rapide qui surmonte les | causes physiques, [396] quoique celles-ci, plus durables, soientplus puissantes à la

135 longue. Personne n'est surpris que les Parisiens aient changé depuis le temps où Julien écrivit son Misopogon. La force des choses a mis à la place de l'ancien caractère parisien un caractère composé de celui des habitans d'une très-grande ville non maritime, et de celui des Picards?

140 des Normands, des Champenois, des Tourangeaux, des Gascons, des Français en général, des Européens même,

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