‹ Obermann;Chapitre 69 sur 121 · II. n'ai point A B · texte numérisé non relu

II. n'ai point A B

pagne, telle que je l'ai vue dans plusieurs provinces. Si je voulais imaginer la meilleure situation possible pour

20 moi, ce ne serait pas dans une ville. Cependant je ne donne pas une préférence décidée à la campagne ; si, dans une situation gênée, il y est plus facile qu'à la ville de mener une vie supportable, je crois qu'avec de l'aisance il est plus facile dans les grandes villes qu'ailleurs

25 de vivre tout-à-fait bien selon le lieu. Tout cela est donc sujet à tant d'exceptions, que je ne saurais décider en général. Ce que j'aime, ce n'est pas précisément une chose de telle nature, mais celle que je vois le plus près de la perfection dans son genre, celle que je reconnais être le

30 plus selon sa nature.

Je préférerais la vie d'un misérable Finlandais dans ses roches glacées, à celle que mènent d'in | nombrables [399] petits bourgeois de certaines villes, dans lesquelles, tout enveloppés de leurs habitudes, pâles de chagrins et vivant

55 de bêtises, ils se croient supérieurs à l'être insouciant et robuste qui végète dans la campagne, et qui rit tous les dimanches.

J'aime assez une ville petite, propre, bien située, bien bâtie, qui a pour promenade publique un parc bien

40 planté, et non d'insipides boulevards ; où l'on voit un marché commode et de belles fontaines ; où l'on peut réunir, quoique en petit nombre, des gens non pas extraordinaires, célèbres, ni même savans, mais pensant bien, se voyant avec plaisir, et ne manquant pas d'esprit ; une

45 petite ville enfin où il y a aussi peu qu'il se puisse de misère, de boue, de division, de propos de commère, de dévotion bourgeoise et de calomnie.

J'aime mieux encore une très-grande ville qui réunisse

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