prêtre marié qu'on A B — 43 . à ce culte A B
Note, 4. ou seulement A B — 4-5. Un magistrat A B — 5-6. Montesquieu, Boulanger, Helvétius, n'étaient pas des hommes de lettres : je sais plusieurs A B — 6. vivans qui n'en sont pas AB.
LETTRE LXXIX
Ç5 règle sans exception, je pense que ce doit être celle-ci ; j'affirmerais volontiers que c'est toujours par quelque vice du cœur ou du jugement, que l'on dédaigne et que l'on affecte de dédaigner Testime publique, partout où la justice n'en commande pas le sacrifice.
60 On peut être considéré dans la vie la plus obscure, si on s'environne de quelque aisance, si on a de l'ordre chez soi et une sorte de dignité dans l'habitude de sa vie. On peut l'être dans la pauvreté même, quand on a un nom, quand on a fait des choses connues, quand on
65 a une manière plus grande que son sort, quand on sait faire distinguer de ce qui serait misère dans le vulgaire, jus I qu'au dénument d'une extrême médiocrité. [429] L'homme qui a un caractère élevé n'est point confondu parmi la foule ; et si, pour l'éviter, il fallait descendre
70 à des soins minutieux, je crois qu'il se résoudrait à le faire. Je crois encore qu'il n'y aurait pas en cela de vanité : le sentiment des convenances naturelles porte chaque homme à se mettre à sa place, à tendre à ce que les autres l'y mettent. Si c'était un vain désir de primer,
75 l'homme supérieur craindrait l'obscurité du désert et ses privations, comme il craint la bassesse et la misère du cinquième étage ; mais il craint de s'avilir, et ne craint point de n'être pas élevé : il ne répugne pas à son être de n'avoir pas un grand rôle, mais d'en avoir un qui soit
80 contraire à sa nature.
Si une sorte d'autorité est nécessaire dans tous les actes de la vie, elle est indispensable à l'écrivain. La considération publique est un de ses plus puissans moyens :
SS-56. celle-ci, et j'affirmerais A B — 71. aurait point A — 79. avoir point A B.
sans elle il ne fait qu'un état, et cet état devient bas, 85 parce qu'il remplace une grande fonction .
Il est absurde et révoltant qu'un auteur ose parler à l'homme de ses devoirs, sans être lui-même homme de bien^ Mais si le moraliste pervers | n'obtient que du
I. Il est absurde et révoltant qu'il se charge de chercher les principes, et d'examiner la vérité des vertus, s'il prend pour règle de sa propre conduite les faciles maximes de la société, la fausse morale convenue. Aucun homme ne doit se mêler de dire aux
5 hommes leurs devoirs et la raison morale de leurs actions, s'il n'est rempli du sentiment de l'ordre, s'il ne veut | avant tout, non pas précisément la prospérhé, mais la félicité pubhque : si l'unique fin de sa pensée n'est pas d'ajouter à ce bonheur obscur, à ce bien-être du cœur, source de tout bien, que la déviation
10 des êtres altère sans cesse, et que l'intelligence doit ramener et maintenir sans cesse. Quiconque a d'autres passions, et ne soumet pas à cette idée toute affection humaine ; quiconque peut chercher sérieusement les honneurs, les biens, l'amour même ou la gloire, n'est pas né pour la magistrature auguste
15 d'instituteur des hommes.
Celui qui prêche une religion sans la suivre intérieurement, sans y vénérer la loi suprême de son cœur, est un méprisable charlatan. Ne vous irritez pas contre lui, n'allez pas haïr sa personne ; mais que sa duplicité vous indigne ; et, s'il le faut pour
20 qu'il ne puisse plus corrompre le cœur humain, plongez-le dans l'opprobre .
Celui qui sans soumettre personnellement ses goûts, ses désirs, toutes ses vues à l'ordre et à l'équité morale, ose parler de morale à l'homme, à l'homme qui a comme lui l'égoïsme naturel de l'in- 25 dividu et la faiblesse d'un mortel, celui-là est un charlatan plus détestable : il avilit les choses élevées ; il perd tout ce qui nous
ij. sérieusement les femmes, les honneurs A B — 21. opprobre : qu'il y reste. A B — 22-25. désirs, ses vues A B — 26. choses sublimes A B.
LETTRE LXXIX
mépris, le moraliste inconnu reste tellement inutile que ) quand il n'en devient pas lui- | même ridicule, ses écrits [431]
restait. S'il a la fureur d'écrire, qu'il fasse des contes, qu'il travaille des petits vers ; s'il a le talent d'écrire, qu'il traduise, qu'il soit homme de lellres, qu'il explique les arts, qu'il soit utile à sa manière ; qu'il travaille pour de l'argent, pour la réputation ; que, plus désintéressé, il travaille pour l'honneur d'un corps, pour l'avancement des sciences, pour la renommée de son pays ; mais qu'il laisse à l'homme de bien ce qu'on appelait la fonction des sages, et au prédicateur le métier des mœurs.
L'imprimerie a opéré dans le monde social un grand chan- | gement. Il était impossible que cette influence ne fît aucun mal; [43 l] mais elle ne pouvait en faire beaucoup moins. Les inconvéniens qui devaient en résulter ont été sentis, mais les moyens employés pour les arrêter n'en ont pas produit de moins graves. Il semble pourtant que, dans l'état actuel des choses en Europe, on pourrait concilier et la liberté d'écrire, et les moyens de séparer de l'utilité des livres les excès qui tendent à compenser cette utilité reconnue. Le mal résulte principalement des démences de l'esprit de parti, et du nombre étonnant des livres qui ne contiennent rien. Le temps, dira-t-on, fait oublier ce qui est injuste ou mauvais. Il s'en faut de beaucoup que cela suffise, soit aux particuliers, soit au public même. L'auteur est mort quand l'opinion se forme ou se rectifie ; et le public prend un esprit funeste d'indifférence pour le vrai et l'honnête, au milieu de cette incertitude dont il sort presque toujours sur les choses passées, mais où il rentre toujours sur les choses présentes. Dans ma supposition, il serait permis d'écrire tout ce qui est permis maintenant : l'opinion même serait aussi libre. Mais ceux qui ne veulent pas l'attendre pendant un demi-siècle, ceux qui ne peuvent pas s'en rapporter à eux-mêmes, ou qui n'aiment pas à
29. traduise, qu'il fasse un honnête métier, qu'il soit A B — 55-4 fait dans A B — 36. que sa vaste influence B B — 40. Il me semblerait pourtant A B.
du moins le deviennent. Tout ce qui devrait être saint parmi les hommes | perdit sa force, lorsque les livres de [43 ^ philosophie, de religion, de morale furent étalés au milieu de la boue des quais, lorsque des pages solen-
95 nelles furent livrées aux plus vils usages du trafic.
L'opinion, la célébrité, fussent-elles vaines en ellesmêmes, ne doivent être ni méprisées, ni même négligées, puisqu'elles sont un des grands moyens qui puissent conduire aux fins les plus louables comme les plus
loo importantes/ C'est également un excès de ne rien faire pour elles ou de n'agir que pour elles. Les grandes choses que l'on exécute sont belles de leur seule grandeur, et sans qu'il soit besoin de songer à les produire, à les faire valoir ; il n'en saurait être de même de celles
105 que l'on pense. La fermeté de celui qui périt au fond des eaux est un exemple perdu ; la pensée la plus juste, la conception la plus sage le sont également, si on ne
^ les communique pas ; leur utilité dépend de leur expression, c'est leur célébrité qui les rend fécon'des.
lire vingt volumes pour rencontrer un livre, trouveraient aussi commode qu'utile un garant indirect, une voie tracée, que rien absolument ne les obligerait de suivre. Cette institution exigerait la plus intègre impartialité ; mais rien n'empêcherait d'écrire
60 contre ce qu'elle aurait approuvé : ainsi son intérêt le plus direct serait de mériter la considération publique qu'elle n'aurait aucun moyen d'asservir. On objecte toujours que les hommes justes sont trop rares : j'ignore s'ils le sont autant qu'on affecte de le dire ; mais ce qui n'est pas vrai du moins, c'est qu'il n'y
65 en ait point.
92. a perdu sa A B — 93. étalés, à trois sous la pièce, au A B — 94. leurs pages A B — 95. livrées aux charcutiers pour envelopper des cervelas. A B — ICI. de ne faire que A B.
Note. 57. ce garant A B ; cette voie A B.
LETTRE LXXIX
iio II faudrait peut-être que des écrits philosophiques Èk fussent toujours précédés par un bon livre d'un genre B agréable, qui fût bien répandu, bien lu, bien goûté'. ■ Celui qui a un nom parle avec plus de confiance ; il fait plus et il fait mieux, parce qu'il espère ne pas faire
115 en vain. Malheureusement on n'a pas toujours le courage ou les moyens de prendre des précautions semblables ; les écrits, | comme tant d'autres choses, sont [433] soumis à l'occasion même inaperçue ; ils sont déterminés par une impulsion souvent étrangère à nos plans
120 et à nos projets.
Faire un livre seulement pour avoir un nom, c'est une tâche : elle a quelque chose de rebutant et de servile, et quoique je convienne des raisons qui semblent me l'imposer, je n'ose l'entreprendre, et je l'abandonnerais.
125 Je ne veux cependant pas commencer par l'ouvrage que je projette. Il est trop important et trop difficile pour que je l'achève jamais ; c'est beaucoup si je le vois " approcher un jour de l'idée que j'ai conçue. Cette perspective trop éloignée ne me soutiendrait pas. Je crois
130 qu'il est bon que je me fasse auteur, afin d'avoir le courage de continuer à l'être. Ce sera un parti pris et déclaré ; en sorte que je le suivrai comme pour remplir ma destination.