ces hautes conceptions A B
Note. 2. apparente de notre œil, plus A. Oheruiann^ II.
pensée aura cherché trop de vérités dans la nature des
55 choses, il ne sera plus donné à sa pensée elle-même de se maintenir selon sa propre nature.
On ne parle que de réprimer ses passions, et d'avoir la force de faire ce qu'il faut ; mais au milieu de tant d'impénétrabilité, montrez donc ce qu'il faut. Pour moi,
60 je ne le sais pas, et j'ose soupçonner que plusieurs autres l'ignorent. Tous les sectaires ont prétendu le dire et le montrer avec évidence ; leurs preuves surnaturelles nous ont laissés dans un doute plus grand. Peut-être une connaissance certaine et un but connu ne sont-ils ni
65 selon notre nature ni selon nos besoins. Cependant il faut vouloir. Cest une triste nécessité, c'est une sollicitude intolérable, d'être toujours contraint d'avoir une volonté, quand on ne sait sur quoi la régler.
Souvent je me repose dans cette idée, que le cours
70 accidentel des choses et les effets directs de nos intentions ne sauraient être qu'une apparence, et que toute action humaine est nécessaire et déterminée par la marche irrésistible de l'ensemble des choses. Il me paraît que c'est une vérité dont j'ai le sentiment ; mais quand je perds de
75 vue les con | sidérations générales, je m'inquiète et je projette comme un autre. Quelquefois, au contraire, je m'efforce d'approfondir tout ceci, pour savoir si ma volonté peut avoir une base, et si mes vues peuvent se rapporter à un plan suivi. Vous pensez bien que dans cette obscu-
80 rité impénétrable, tout m'échappe, jusqu'aux probabilités elles-mêmes : je me lasse bientôt ; je me rebute, et je ne vois rien de certain, si ce n'est peut-être l'inévitable incertitude de ce que les hommes voudraient connaître. Ces* conceptions étendues qui rendent l'homme si