‹ Obéron; poëme hëroïqueChapitre 6 sur 18 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

éloigné d'uiui Iteuc seulement de la ville impériale. Il amenait afec lui le conseiller de La Rocbe, bomme instruit, spirituel, caustique , brillant, qui eottnaissait le monde et savait en parler; il amenait enfin la fiomme de celui-ci, la belle et célèbre Sopbic, dont Tesprit ne le cédaU pas à celui de son mari. Accueilli, attiré dans ce cercle d'élite, où Wieland trouvait enOn le milieu qu'at* tendait son génie pour se développer avec tout son éclat et toute sa liberté, il y trouva dès lors une source coniinuelle d'inspirar tionset d*encouragemensqui fut longiemps intarissable. Quelque féconde- qu'ait toujours été la plume de Wieland, elle étonne à celte époque par Taboadance de ses productions, si Ton réflcchiit surtout au greffe où se perdait en partie le temps du poète. . Il publia successivement Nadine , conte imité de Frior, et d'autres Contes comiques (1763); Don Syl%>io de Rosalva, ou h l'riomphe de la Nature sur Vexallation (176 S.), imitation, trèsinférieure au modèle, de Don Quichoile , mais appliqui^e à la féerie; le prince Binbinkmr^ peëme (176i); Agathon (t7i5ct 1767),soncbef<i'œuvreen'|irose, le meilleur roman moral, a dit Lessing, qui eût paru jusque-là) Aspasie, poëme;.les fng* ments de Psyché ^ grand poëmc sur TAmour; Idris ê$.Zénidf (1765) et le Nouvel Amadis (1770}, bisloires de cbevalerie écrites en vers ravissants; J^usarûm^ ou la Philosophie d0s Grâces (1768), poôme en trois chants, qu'on regarde, après Obé' ron^ comme le chef«d'œiivre en vejrjLde son auteur, et dont li^ Utre indiq-ue assez la tendance ; enfiA sa Tradttction de Shak- 4paar6 en huit volume» (176i-1768.)

4]ne circonstance aa»e]( aingalière détermina ce dernier travail. En sa qualité de secréU^TO de la ville , Wieland était chargé de rinspeoiion , voire^mènie del9 direction du théâtre, si toutefois Biberach avait bien lui^héâbtre. Là, comme dans la plupart des villes impériales de laSeuabe, quelques lK)urgeois des deux sexes avaient formé une espèce de corporation dramatiifue et donnaient annuellement, à certaines époques, des repn^ntations dont celle de Pyrame et Thisbé, dans Shaksi)eare^^|ie|il donner une idée. Un cordonnier pour femmes, qui avait été à Paris et qui avait vu Carlin , en était le principal acteur, avec un autre ar^ tisan, un armurier, je crois. Youlaat donoer quelque importance à ce spectacle , le doter au moins d'une pQMneur lilléraire , le poëte eut recours au grand William', fy^% oeawssait à peine;

SUICWIBLAND. xiu

il arran^ ia Mnp^ê )>our la seèM municipale,. prit gpoûtà celte élode, ei oeoUana sa traduelion » cpd obtint, dn reste, la soffreges de Lessing , critique si rigMuroÉ^ poortaot.

Dans rantomne de 1765, Wi^nd sléWfantrié* Sa femme était fille d*un négociant d^Angsbonrg^^^Mlàflèr^ndl. Voici comme il la dépeint dans une lettre à Ge^aiB^^'iiivee lequel il entretint, depuis son premier âé^iour à Zurich^' lies relations amicalea et soutenues : « Mile n'a que fcurt peu de ces qualités brittmeaqoe je n'ai pas recherchées , du reste, dans le oboii d*iiaiL'é|tnae ^ peut«ètre parce que j'ai eu Toceasion d*en recomialtie Mtecon^r vénients. Elle est, comme dilaotre HaUnr, fsite pour mon cceur, pure, exemple des atteintes^lte «itoide, douce, gaie, sensible; c^l la nature, à peu près oonmé la Pbilis de votre Daphni8> pas tout à iait aussi joHe, nais pourtant asoex pour un honnête homme qui veut avoir une femme k lui, avantage que ne pro^ curent point les grandes beautés^.. »

Ge mariage fut heureux. A»wxtimlllÉB les plus brillantes, le poêle joignait les plus solides. iî*eft un témoignage que ses contCMpoiidns , comme ses historicBS', se sont plu tous à lui rendrai Quelle if^nse plus décisive à opposer aux détracteurs de m nttmVté?...

Avant d'arriver à la dernière phase de sa vie , à la ^ilus glorieuse, sa résidence à Weimarj Wieland passa quatre ans environ è r.oniversitéd'firfurt, où l^lecteur de Mayeoce le nomma, peu après la mort du comte de Stadion , en 1768 , professeur de philosophie » charge qu'il n-accepta fte seulement à tii^re honorihque, comme on prétendait la loi don nir,«ais dont il remplit avec scrupule les devoirs laboriesx.'AcM-de ses leçons sur rhiatoire de la philosophie et de laiittératuM, Il sot, néanmoins, trouver assez de temps pour ache>^ ê^n^n ouvrages t le Manuterit de Diogén» ds Sinope (1770), Itf^fAus heureuse |)eut-êlre des inspirations sans nombre qu*aU éveillées Vhumonr de Sterne; XombabuSf MtftMki même année; Kwkùr et Kiqueixel, roman où il combat te idées de Rousseau avec les armes de Voltaire; quelques autreé écrits ëontre le philosophe de Genève , en dé-^ fense des lumières et dà'la civilisation ; le Miroir d'Or, ou le» roi» de Sehenêchimt (li77t)r.ieçons indirectes de morale et de politique, reflet togéntoux eti^rillant des idées qui se manifes- U4eDt en FraiM*9;iri|6-wéine temps,

srili NOTICE

En 177i, il reçut- de la dochesse Anne-Amélie t*bonorable mission d'élever son fils , le prince héréditaire de Saxe-Weiroar. Il Tacoepta et detintainâi le premier memtNre de cette belle réunion de poêles , de littérateurs et de satants, qui bientôt illttstra l'Athènes allenande et qu'il a eu la gloire de provoquer autant par son esprit aimable et son bienveillant caractère que par ses conseils à son élève et à la régente. Il y trouva un nouveas Warthauseuy plus grand, plus digne de sa renommée, alors répattdne^lans (ouïe TAIIemagne et même au dehors ; il y trouva ee q«*U avait saASicesse désiré avant toute chose, de nobles loi- Mrs. Durant quarante ans, Wieland lança de là dans le monde ses écrits que, depuis 1773 j«squ*en 1793, il publia lui-même, sans rintermédiaire des éditeurs, dans (0 Mercure allenumdf recueil philosophique et critique fondé, rédigé, soutenu par lui , moyen puissant d'encourager la marche de plus en plus indépendante et hardie de la littérature nationale, service important et léel qu'il rendait à son pays après d'antres services.

Pour terminer la liste ôe.ses écrits, sans y joindre des obseryations ou des jugements qu'on peut chercher dans une notice plus détaillée y voici, quant aux principaux, ceux qui parurent depuis son arrivée à Weiroar: le Choix d'Hercule et Aleêêie (1773), opéras pour le théâtre ducal^ les premiers ouvrages de ce genre qui aient eu en Allemagne une valeur littéraire ; VBùMre âê9 Abdériiains (1773), roman critique fort amusant, où l'on se plut à voir nombre d'allusions plus ou moins transparentes «l dont le succès fut immense; VHUUdre de Danitehmevid et de* trois Kalendere (1773), qui fait suite en quelque sorte au Miroir d'Or; Gyron le courioi$t Contes d'hiver et d'été, Pervonte, imitations en VQrs de légendes étrangères, dont la première a été citée par un critique comme une leçon de morale et un modèle littéraire à mettre entre les mains de la jeunesse; Amour pour amour j qui obtint, au point de vue moral ainsi que sous le rapport poétique, les suffrages de Schiller; Obéro» (1790), son chefd'ceuvre poétique ; les Dialogues dans l'Elysée , les Diaioguê» des Dieux , les Dialogues entre q^atre youx, où sont traités des sujets divers de politique et de littérature ; Peregrinus Proteus (1789), tentative ingénieuse pour compléler les notions données par Lucien sur cet adepte du mysticisme; Agathodcnnon j essai du même genre à propos d'Apollonius ; k JAmm et k nouveau

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