Revue historique, tome IV, p
4. Supplément aux Témoignages contemporains sur Jeanne d'Arc, Ibid., t. XIX, p. 68 (mai-juin 1882).
de relever dans les documents de fréquentes mentions d'un aventurier autrefois célèbre, dont l'histoire avait complètement perdu le souvenir. Reconstituer l'histoire de Rodrigue de Villandrando c'était faire la peinture de la vie de la plupart des chefis de bande qui furent la plaie de l'Europe à cette époque du moyen âge. Quicherat s'y appliqua et publia, en 1844, un mémoire de moins de cent pages, nourri de faits. La publication faite, loin de cesser de s'occuper du singulier héros dont il avait raconté les aventures, il profita de l'éveil de l'attention pour se renseigner plus complètement, amasser de nouveaux documents, compléter et rectifier sa biographie. Cette enquête continuée pendant trente années aboutit à une seconde édition du mémoire, transformé en un volume de 350 pages ^ Le volume publié, l'enquête n'était pas interrompue, et déjà s'était formé un dossier de supplément d'informations, quand la mort de Quicherat vint arrêter ses recherches.
On a dit ici récemment* quelle était la valeur de ce livre et nous n'avons pas à y revenir. Il est toutefois un caractère de cet ouvrage qui n'a peut-être été nulle part assez remarqué, c'est que la plupart des renseignements nouveaux qu'il contient sont dus à des communications faites à Jules Quicherat. L'œuvre s'est ainsi formée peu à peu de pierres apportées une à une par les amis, les disciples, les admirateurs du maître, qui est resté l'architecte et a réglé l'ordonnance du monument dont les matériaux sont autant d'hommages d'une foule de collaborateurs.
Revenons à l'époque de sa vie où il explorait les bibliothèques, les archives , les musées de la France, et recueillait, avec les éléments de son travail sur Jeanne d'Arc, ses premières observations archéologiques. Michelet préparait alors les volumes de son histoire de France où devait revivre tout le xv® siècle. Quicherat fut pour ces deux volumes un véritable collaborateur et contribua à leur donner pour base cette consciencieuse étude des documents, qui, entre tous les volumes de Y Histoire de France, fait de ceux-ci la partie la plus solide et la plus durable peut-être de l'œuvre historique de Michelet. Dès 1839, à propos d'une édition illustrée des romans de Walter Scott, Quicherat avait publié un article plein d'humour sur Quentin Durward^; la manière