DISCOURS DE M. DUPLESSIS
Messieurs,
J'ai la douloureuse mission de venir, au nom de la Société nationale des antiquaires de France, dire un dernier adieu à notre éminent confrère M. Jules Quicherat. Depuis la mort récente de M. Adrien de Longpérier, M. Quicherat occupait sur la liste de nos membres résidants la première place ; il était entré dans notre compagnie le 9 mai 1845. Tous ceux d'entre vous , messieurs , qui ont connu cet homme loyal et profondément honnête, ont pu apprécier la sûreté de son savoir et la sagacité qu'accusaient tous ses travaux. Autant il mettait d'ardeur à défendre les causes qu'il jugeait bonnes , autant il combattait sans merci les opinions qui lui semblaient erronées ou mauvaises. Sa parole incisive et brève était toujours écoutée avec attention ; il donnait à nos séances une animation particulière; il aimait la discussion et il répondait aux objections que soulevaient quelquefois ses communications avec une telle netteté qu'il ramenait bien vite à son opinion ses adversaires. La Société des antiquaires fait aujourd'hui une grande perte et nous sommes certains que toute l'érudition française s'associera à notre deuil.