BibL de l'École des chartes, 1855 et
éminent ne semblaient pas le porter à s'intéresser aux choses du moyen âge, mais son esprit ouvert, sa curiosité de toute science et par-dessus tout l'afiFection qu'il portait naturellement à la jeunesse studieuse l'attirèrent vers cette école qui n'avait ni asile, ni ressources et à peine un enseignement. H lui oflFrit pour amphithéâtre, dans les bâtiments des Archives, l'ancien salon ovale de la duchesse de Soubise et y joignit des dépendances suffisantes pour établir une bibliothèque et des collections, qu'il contribua à enrichir. Il provoqua une réorganisation complète de l'école, en accepta gratuitement les fonctions de directeur, et, de concert avec le ministre auquel il sut faire partager ses* vues, fit ajouter à l'enseignement, désormais réparti en trois années, plusieurs chaires dont l'une devait être consacrée à l'archéologie nationale. Pour créer cet enseignement, qui n'existait alors nulle part en France, les vues du nouveau directeur de l'Ecole et du ministre se portèrent sur Jules Quicherat. Dans les paroles émues qu'il a prononcées sur la tombe de son ami, M. Henri Bordier n'a pas manqué de rappeler le souvenir de la séance d'inauguration de la nouvelle École, le 5 mai 1847, dans laquelle M. de Salvandy apporta à Quicherat, aux applaudissements de tous ses camarades, sa nomination de professeur et celle de chevalier de la Légion d'honneur.
Comme archéologue, Quicherat ne s'était encore fait connaître que par quelques comptes-rendus critiques de peu d'étendue, insérés dans la Bibliothèque de V Ecole des chartes, et par une série d'articles remarquables sur Y Histoire du costume en France, publiés depuis 1845 dans le Magasin pittoresque. Ce travail, dont il lut un fragment, Y Histoire du costume au XI V^ siècle, à la séance même d'inauguration, continué dans le même recueil jusqu'en 1869, devint plus tard, complété et remanié, le beau livre auquel il donna le même titre et dont il publia deux éditions successives en 1874 et en 1877*.
Le bagage archéologique du jeune professeur n'était donc pas considérable en apparence, mais on savait qu'il avait déjà commencé la grande enquête sur tous les monuments du passé de notre pays qui n'a cessé qu'avec sa vie ; on savait aussi qu'il s'était trouvé déjà en état de réduire l'archéologie nationale en un corps de doctrine et d'en écrire un précis que M. Adolphe