DEUXIÈME CLASSE
Théophile Protospatbarios, moine, composant son ouvrage vers l’an 800, fait des organes olfactifs la première paire de nerfs: «Certainement, dit-il (2), la première paire de nerfs est celle quiV sortant des ventricules du cerveau, se porte vers J’ùne et l’autre ouverture du nez ; c’est par elle que le cerveau perçoit les odeurs. Mais, comme ces ouvertures du nez sont près du cerveau et toujours béantes, le cerveau.recevrait de grands dommages de l’irruption subite d’un air froid ou d’une vapeur irritante ou immonde, et, en même temps, les bons sucs du cerveau pourraient s’échapper avec les inutiles, si la sagesse et prévoyance de Dieu n’avaient placé dans. ce trajet de la boîte osseuse certains os perforés comme une éponge, de trous diversenient obliques, afin qu’aucun corps dur ne pût pénétrer à l’intérieur ou qu’aucune fraîcheur -ne pût arriver directement dans les sinus du cerveau. C’est pourquoi les vapeurs odorantes entrent avec l’air pendant l’inspiration, tandis que les humeurs surabondantes du cerveau s’écoulent avec l’air expiré.» Et plus loln.^au chapitre XV, en traitant des nerfs optiques, il revient sur les nerfs olfactifs : « Ces deux paires sont également molles; et si l’on veut en faire une seule paire ou bien les partager en première ou seconde paire, on ne s’écartera pas de la vérité , car chacune
(1) Journal de physiol., 1824, t. iv, p. 175.
(2) De C. Yl.Jabricâ, lib. iv, cap. xii, in fabricii biblioth. grcec., I. xii.
irait des ventricules antérieurs du cerveau et conslilue des nerfs mous ; et en effet , Galien fait de chacune d’elles la première paire. »
Or, il est évident que Théophile a été trompé, aussi bien que Fuchs et Metzger, par la description obscure et presque inintelligible’ de Galien, quand il traite de l’origine du nerf optique.
Pas un des anatomistes qui oiit suivi Théophile n’a embrassé son opinion ; il* faut attendre des siècles pour que la vérité surgisse de nouveau.
En 1.520, Alexandre Achillini (1) donne, des caroncules m'amillaires, la même description que Mondini : « Elevez légèrement le cerveau de peur de rompre quelqu’un des nerfs, et, en commençant par la partie antérieure, vous apparaîtront deux caroncules spongieuses et comme charnues, sortant de la moelle du cerveau, recouvertes par la piemère, situées dans la concavité de l’os des narines; elles reçoivent les vapeurs odorantes* par les trous de cet os. » Mais il ajoute ses propres observations: «D’après Galien, les anatomistes admettent sept paires de nerfs et ne comptent pas les rameaux qui .vont aux narines. Mais cette paire, plus molle que les autres et peu différente de la substance du cerveau, vient donner le sens de l’olfaction: souvent je Fai montrée; mais en l’année 1506, je n’ai pu la trouver; ce qui n’est point'étonnant parce que le corps était une monstruosité; bien plus, les caroncules mamillaires y manquaient aussi. Or, ces nerfs devraient se terminer aux caroncules, ce qui n’est point vrai; ils passent sous elles et pénètrent jusque dans les narines. »
De cette description brève et souvent obscure, il me semble juste de conclure qu’Achillini a donné le nom de nerfs aux organes de l’olfaction , qu’il les a différenciés des lobes antérieurs du cerveau , appelés aussi à cette époque carunculæ, processus mamillares sea tubera cerebri , et qu’il a même entrevu la terminaison des nerfs olfactifs dans les narines.
Nicolas Massa dit en termes précis que les éminences raamillaires
. (t) Annotât, anatom. Boaooiæ , 1520, Fol. 12.
«ont de véritables nerfs; il déerit leur distribution dans la inembrane pituitaire et leur donne le nord de première paire. Telles sont ses propres paroles (1): « La première paire de' nerfs est celle qui descend aux « narines: ces nerfs apparaissent près des nerfs optiques et se terminent « en deux petites éminences mamillaires qui s’aperçoivent aussitôt qu’on « soulève la partie antérieure du cerveau, avec soin toutefois, de peur «de les Jjriser ;.en sortant de ces caroncules, les nerfs descendent pai- « deux conduits dans l’intérieur des narines et se fixent dans leurs pa- « rois; c’est par ces nerfs qu’est constitué le sens de l’odorat. Ce qui ne «répugne nullement, quoique Galien ait refusé de reconnaître ces or- «ganes pour des nerfs; quel autre nom pourrait leur donner celui qui « a étudié les organes des sens? Mais, sans mettre d’importance au nom «qui leur convient, cherchons s’ils possèdent les qualités des autres « nerfs ;■ les nerfs optiques et auditifs ont la même couleur, la même «mollesse, la même forme allongée , et quant à leurs fonctions, ils «sont lés organes de la vue et de l’ouïe, comme les éminences mamil- «laires sont les organes de l’odorat; or, comme le dit Aristote, le goût, «étant une sorte de toucher plus matériel est pourvu de nerfs plus «consistants, tandis que l’odorat, qui s’effectue par une sorte d’évapo- « ration, n’avait pas besoin d’un appareil aussi solide, et a été doué.par «la nature de nerfs plus mous, afin qu’il put être impressionné par les «vapeurs même les plus faibles; les nerfs des yeux ont plus de consi- « stance, parce que destinés à faire connaître les différences des objets, « ils sont continuellement en exercice; il en est de même des nerfs de « l’ouïe qui sont à chaque instant ébranlés par les vibrations de l’air ; «pour toutes ces raisons, elles doivent être considérées comme des nerfs «et elles constitueront la première paire. »
Valverda , tout en partageant les opinions des anciens , semble cependant les reconnaître pour des nerfs (2) ; « Les nerfs qui naissent de la
(t) Liber introd. dissect. C. H. Venel., 1536, cap. xxjux, fol. 87. (2) Analom. del corp. hum. Rom., 1559, lib. vu, fol. 142.
tète, et qui, au dire de savants anatomistes, sont au nombre de sept, en J regardant avec soin, pourraient être,* selon nous, miçux partagés en neuf paires, en y joignant la paire qui va à l’organe de l’odorat, et que les anciens n’appelaient pas nerfs parce qu’elle ne sort pas du crâne, et en divisant la troisième paire en deux, ce qui pourralt.se faire avec la plus grande raison; en comptant, de plus, une autre paire qui naît près de l’origine de la cinquième paire et de laquelle p.ersonn^ n’a encore fait mention. Mais, pour suivre le même ordre que les anciens, je les comprendrai toutes sous le nombre de sept, çn commençant par la première qui sert à la vue. »
Dans les planches qu’il a, annexées à son ouvrage, il distingue aussi parfaitement simili aile mamelle et gli instrumenti deliodorare,
bien qu’il n’en dise pas un mot dan-s sa description. ..
Piccolhomini assigne aux nerfs olfactifs la seconde place pourcoYisei ver la première aux nerfs optiques (1) :« Lesnerfsolfactifs prennent naissance de la partie postérieure de la moelle, là où est situé le quatrième ventricule ; ils avancent entre le cerveau et l’os sphénoïde , et, arrivés à la partie supérieure et antérieure du cerveau , ils s’insinuent dans deux renflements qui , bien qiie dépourvus de noip, n’en doivent pas moins être regardés cornrae les organes propres de Todorat. Les nerfs olfactifs sont donc des canaux destinés à porter à ces renflements toute l’ame sensitive. Or, en ne considérant que la dernière partie. de ces nerfs, on lésa appelés éminences mamillaires ou organes de l’odorat. Situés (2) à la partie antérieure du cerveau , ils s’avancent jusque sur l’os ethmoïde, placés de chaque côté de son éminence.. Ils sontoblongs, pas tout à fait ronds, un peu larges, et égalent en grosseur un petit ver à soie; ils sont annexés au cerveau par l’intervention d’une fine membrane, et sont les organes de l’odoiat comme les yeux sont l’organe de la vue. On a donc lieu de s’étonner que pas un des anato-
(1) PrÆ/ecf. anatom. Romæ , 1596, lib. V, lect. v, fol. 263.
(2) Prœlect. anatom. Romæ, 1596, lib. vi, lect. ni, f. 292.
— 33 rr-
mistes n’ait jugé ces organes dignes 'du nom de. nerfs. » Mais c’est à tort qu’il se cite comme étant le premier qui ait admis ces organes au nombre des nerfsT puisque son ouvrage ne parut, comme le fait trèsbien remarquer Sœmmering (1), que cinquante ans après celui de Massa; du reste, il admet que le nez sert aussi à l’expulsion des fluides cérébraux. »
« Après l’os cribleux , dit Cassérius dans son Histoire des sens (2) , on trouve les éminences mamillaires, pour lesquelles toutes les autres parties du nez ont été faites; on les a ainsi appelées parce qu’elles ressemblent parfaitement aux papilles des femmes : elles sont oblongues, étroites, cependant sans concavité, et pourvues d’un esprit vaporeux. Situées à la partie antérieure des ventricules du cerveau, elles s’appliquent sur l’os cribleux recouvert de la dure-mère, et, par derrière, sont jointes aux nerfs olfactifs qui pénètrent le cerveau près de la selle du sphénoïde. Ces nerfs sont contigus et continus au cerveau ; jusqu’à présent, ils n’ont été connus ou au moins décrits par personne. La substance des éminences est molle, comme vaporeuse; de telle sorte que si elle n’était fortifiée parla pie-mère, elle paraîtrait devoir se répandre; elle est d’une nature particulière; dans tout le corps il n’en existe pas une semblable. Galien s’efforce de prouver que l’olfaction réside dans les ventricules antérieurs du cerveau. Il suit de là nécessairement (3) que Galien s’est trompé sur l’organe de l’odorat, à moins que sous le nom de venîricules'antérieurs du cerveau , il n’ait compris autre chose; et en effet, il n’a pu ignorer que le cerveau privé lui-même de sensibilité ne pouvait être doué d’aucun sens, parce qu’il est le principe de tous les autres. Aussi < il faut croire que Galien entend par ventricules antérieurs du cerveau, non leur cavité même, mais bien cette substance qui circonscrit la partie antérieure
(1) De basi encephali, fol. 73.
(2) Peniœsthecion. Venet., 1609, lib. iii, secl. i,cap. xix, fol. 122.
(3) /’entÉFif/jccïon, lib. m , secl. Il, cap. XVI , fol. 137. •
iüf. — 1837.— N“ 141,
des ventricules, et que nous Appelons processus mamillares. Notis croyons donc avec Galien (1) que l’organe propre de l’odorat est situé à. l’intérieur du crâne, et nous affirmons qu’il est constitué par ces éminences que nous appelons mamillaires; et on se rangera facilement de notre avis, en se rappelant que, dès que les os colatoires sont obstrués, l’olfaction est anéantie; signe certain que c’est immédiatement après ces os qu’est situé l’organe de l’odorat. Un nerf mou descend du cerveau pour chaque appareil des sens; il en est de même pour l’odorat. Ces nerfs naissent à la base du cerveau auprès du sphénoïde; ils se portent en avant et se terminent dans les éminences mamillaires qui sont ainsi, nécessairement, les organes de l’odorat. »
Cassérius respecte l’ordre établi pour-les sept paires de nerfs Dans la table VU, (). 123, il représente très-bien les organes olfactifs avec la racine externe, laquelle racine externe il appelle oifactoriorum nervorwn exortas. Le bulbe terminal est assez bien dépeint, et il le nomme processus mamillares , prœcipua odoratûs organa.
Il doane de plus d’excellentes figures d’anatomie comparée des organes olfactifs du chien, d«rchat, du lièvre, du mouton , dans lesquelles le tronc nerveux est nommé nerf olfactif, et le bulbe processus mamillares.
Gaspard Hoffmann distingue aussi (2) les érninences mamillaires des nerfs olfactifs. Lesaémlnences naissent du cerveau; elles en ont la substance et en font partie: les nerfs naissent de la moelle allongée et ont la même substance qu’elle; ils donnent la force olfactive aux éminences mamillaires, qu’il dit être creusées d’un canal qui peut s’ouvrir des pieds d’hippocampe.
Adrien Spigel (3) se moque de ceux qui n’ont pas voulu les recon-
(IJ Pentœsthecion.,V\h.\\ . sect. ill, cap. xvil, fol. 137.
(2) Comment, in Galen. Francof. , 162.5, com. 8 et 9.
(3) De Jabricà. Fraacof. , 1 632, lib. vu , cap. ii , f. 249.
naître pour des nerfs, et en fait la huitième paire du cerveau, pour ne point troubler l’ordre établi : « Les nerfs olfactifs, dit-il, naissent, à ce qu’on assure généralement , de la substance médullaire du cerveau, près les nerfs optiques ; une nouvelle section du cerveau démontre .qu’ils prennent leur origine vers les'extrémités latérales du cerveau, à la place même qui est au-dessus* du trou auditif (c’est l’opinion de Varole, qu’il ne cite pas cependant); d’où il est évident que, jusqu’à présent, on n’a indiqué que la moitié de leur trajet. A leur origine, ils sont très-pointus et assez distants l’un de l’autre; ils s’avancent vers les parties antérieures du cerveau , et, entre le lobe antérieur et le lobe moyen, ils se rapproclient l’un de l’autre, deviennent beaucoup plus lars, et - vont enfin, tovijours dans l’intérieur du crâne, reposer sur les sinus de l’ethmoïde. Ces nerfs se mêlent avec les éminences mamillaîres. Galien et Marin, et presque tous les anatomistes ont suivi leur exemple, ne voulurent point leur donner le nom de nerfs, bien qu’ils leur soient tout à fait semblables, par leur couleur, leur origine et leur usage, parce qu’ils n’.envoient pas de rameaux, comme les autres nerfs, et qu’ils ne sortent pas de la cavité du crâne; mais ils me paraissent faire le même sophisme que ceux qui rejettent les dents du nombre des os, parce qu’elles ne sont pas revêtues d’une membrane externe. » •
Selon Vesling (1), parmi les nerfs qui prennent naissance dans le crâne , se présentent aussitôt les nerfs olfactifs : « Ils tirent leur origine de la base du cerveau, au delà du trou de l’os pierreux, qui admet le nerf de la cinquième paire; devenus peu à peu plus voisins l’un de l’autre et plus épais, ils s’étendent au-dessus de l’os ethmoïde, • séparés par l’apophyse qu’on appelle crista-gnlli. Plus renflés à leur
extrémité, ils constituent les éminences mamillaires qui s’observent •• beaucoup plus développées ehez les animaux doués d’une grande force d’odorat. Suit la paire optique dite première. »
(1) S/nlagma anato. Palav., 1647, cap. XIV, fol. 177.
Marchettis (1) tient à peu près le même langage :t<Les nerfs olfactifs ne sont pas comptés parmi les nerfs, parce qu’ils ne naissent point de la moelle allongée. »
Vanderlinden, à l’exemple de Spigel, en fait la huitième paire (2).
Gaspard Bartholin s’exprime ainsi (3) : «La première paire, selon nous, est destinée pour l’odorat , dont les productions se nomment mamillaires. Or , ces productions ont été assez connues de tous, mais les nerfs par lesquels elles sont liées derrière et presque continues, n’ont été connus d’aucuns ou de peu de personnes. »
«Les nerfs sortent de la moelle, près de la selle de l’os sphénoïde, et ont la continuation, la couleur et l’usage des nerfs; c’est pourquoi nous les mettons au nombre des nerfs; car on ne doit pas leur ôter le nom de nerfs, à cause qu’ils ne sortent pas hors du crâne et de la dure-mère, et qu’après elle ne les revêt pas; autrement, tous les autres nerfs, tandis qu’ils sont dans le crâne, ne devraient pas être nommés nerfs, ce qui est absurde. La nature a joint à ces nerfs deux portions dures et un peu épaisses, qu’on nomme les productions mamillaires et papillaires, qui sont deux blanches, molles, larges, oblongues, plus déliées et plus petites aox femmes, plus grandes aux bêtes, surtout aux chiens et aux animaux doués d’un odorat exquis ; car l’usage de ces productions est, afin qu’elles soient les véritables organes de l’odorat, non pas le nez ni la tunique ; ces productions sont logées à la partie antérieure du cerveau ,. après l’os cribleux, sur lequel leur faeeest placée, après qu’il a été revêtu de la dure-mère; et c’est à travers ces os que les odeurs leur parviennent. La deuxième paire est l’optique. »
Bartholin croit que les excréments du cerveau coulent par le nez comme par un canal.
Marc-Aurèle-Severin dit que c’est surtout pour l’étude de l’organe
(1) Analomia. Hardev., 1656, cap. xiv, fol. 195.
(2) Medicina physiol. Amstel., 1653, cap. xii,foi. 533.
(3) Instit. anat. Paris, 1747, trait, iii, cap, il, fol. 482, 483.
de l’odorat qu’est nécessaire l’anatomie comparée (1). «En suivant mon conseil , vous reconnaîtrez sans doute que l’olfaction s’effectue dans les narines et non dans les éminences mamillaires, puisque celles-ci manquent dans les oiseaux, qui cependant jouissent de l’odorat. Chez les quadrupèdes et chez l’homme, on pourrait dire que ce sont les éminences qui odorent, parce qu’elles descendent plus" bas et s’unissent aux narines. C’est pourquoi je suis persuadé que c’est par les narines que nous percevons les odeurs.»
Schneider (2) établit distinctement deux paires de nerfs pour le» narines, et limite les fonctions de chacune d’elles. L’une, la première paire, naît des méninges, l’autre est un rameau de la troisième paire. Elles ont une distribution différente; la troisième paire se répand dans la membrane qui tapisse les parties inférieures et latérales des narines; la première paire se rend à la membrane qui tapisse l’intérieur de l’os ethmoïde(3). U décrit ainsi les nerfs olfactifs (d) : «On peut distinguer les nerfs olfactifs des prolongements mamillaires. Ces nerfs ne sont pas aussi blancs que les deux premières paires; ils sont de la même couleur que la substance corticale du cerveau; accompagnés des méninges, ils traversent chaque petit pertuls de l’ethmoïde, pour se répandre dans la membrane qui tapisse l’os spongieux. Les éminences mamillaires proprement dites s’introduisent aussi dans les trous de l’ethmoïde, de manière que leur substance semble se continuer et s’unir avec les nerfs qui y passent. Ces nerfs n’engendrent pas la membrane des narines, ear après l’excision des nerfs, cette tunique existe par elle-même. » C’est donc Schneider qui, le premier, a observé que les nerfs olfactifs contiennent de la substance grise; on ne peut comprendre comment il les fait naître
(1) Zootomia democritea. Norimb., 1645, part, il , cap. ni , fol. 124.
(2) De osse cribriformi. Witeb., 1645, fol. 236.
(3) De osse cribriformi, ^o\. 239.
(4) De osse cribriformi, fol. 71, 239, 185. etc.
des méninges dü cerveau, et, en particulier, de la dure-mère. Le premier encore, il distingua les nerfs de la fonction, du siège même de la fonction i^l). « Les trous de l’ethmoïde ont été formés par la nature, pour que les nerfs de la dure-mère, et ceux de la troisième paire, pussent se rendre à la membrane pituitaire, et, parleur concours, lui donner plus dé sensibilité. Je pense donc, avec d’autres très-habiles médecins de ce siècle (2), que le véritable organe de l’odorat est la membrane qui tapissé l’intérieur des narines. » Il prouva qu’il était impossible que les trous de l’ethmoïde pussent laisser passer les excréments du cerveau, puisqu’ils étalent exactement remplis par les HIets nerveux, et que les humeurs qui s’écoulaient par le nez étaient produites, non par le cerveau, mais bien par la membrane pituitaire. C’est à cause de ces différents travaux que la membrane pituitaiie a reçu, à juste titre, le nom de membrane de Schneider. ■
«Maintenant, dit Rolhnck (3), la majorité des anatomistes s’accorde à distinguer, dans les éminences mamillaires, les papilles et les nerfs; les papilles naissent de la partie antérieure du cerveau.et surtout de la substance corticale grise dont elles conservent la couleur; elles paraissent être des productions des ventricules; elles reposent sur l’os criblé revêtu de la dure-mère, et par derrière se joignent aux nerfs. Dans les animaux, et surtout les bœufs et les moutons, elles sonttrès-développées, et cinq et dix fois plus grosses que chez l’homme; elles sont manifestement creusées d’un canal qui communique avec les ventricules. Chez l’homme, ce canal est moins évident; il n’a pu cependant échapper à notre perspicacité. Les nerl| naissent de chaque côté de la* partie postérieure de la moelle cérébrale, au delà du trou de l’apophyse du rocher, qui donne passage au nerf de la cinquième paire; ils marchent d’avant eu arrière, s’insinuent dans les éminences
(1) De osse cribrif..,io\. 12.
(2) Deosse cribriformi, fol. 169.
(3) Dissert, anatomi. Norituberg, 1656, lib. iv, cap. xxvi, p. 703 et 704.
papillaires auxquelles ils se mêlent si intimement qu’on ne peut lés en séparer; on n’y observe aucune cavité; ils ne résultent pas de l’assemblage de plusieurs filets; chaque nerf est simple et d’une production unique. Ils passent en plusieurs rameaux à travers les trous de l’os criblé; au delà de l’éthraoïde, ces rameaux peuvent être soulevés et reconnus à l’œil seul ; sans aucun doute, ils se répandent dans la membrane pituitaire. Leur origines été découverte par Varole, mais nous avons observé, avec Riolan, qu’elle ne remonte pas aussi haut. » — Rolfinck a bien reconnu , avec Schneider, les différefits nerfs qui se rendent aux fosses nasales, et le vérilable siège de l’olfaction; il a, de plus, mentionné, pour la première fois, la substance grise dans les papi!le,s; Schneider ne l’avait aperçue que dans les nerfs. Il rejette ces papilles comme organes propres de l’odorat; ce sont les nerfs qui en partent et se ramifient dans la membrane pituitaire, qui donnent à celle-ci la puissance olfactive; mais il n’ose nier que ces papilles servent à évacuer les humeurs du cerveau et à recevoir l’air inspiré par les narines.
« Avant tout, dit Van-Horne (1), il est important de distinguer les productions mamillaires des nerfs olfactifs, et c’est à peine si l’on trouve un auteur qui ne les ait pas confondus ou qui les ait distingués sciemment. Je vais dire ce qui a donné lieu à cette confusion : Quelques auteurs ont appelé production manaillaire la partie obstuse du cerveau qui arrive à l’ethmoïde et repose dans ses sinus;. chez lesanimaux, ces papilles sont plus larges et d’unè couleur cendrée; on a pris pour des nerfs la substance blanche et élargie, peu différente des nerfs, qui, chez Fhomrac, se trouve manifestement entre ces papilles et le cerveau. Mais il n’en est pas ainsi, car, si on fait la dissection dû cerveau d’après la méthode de Riolan, on voit, en arrière de ce corps blanc et large, des nerfs que l’on peut appeler olfactifs et qui ont l’origine que Varole leur a assignée , le premier, près du trou auditif. Mais ,
(1 Disquis.aunt. ferlia de duc.t^ salii^aUhus. Liigcl. Ba(., 1656, cap. \S .Collect, anat. Hallcri , vol. 1.
81 l’on veut luous en croire, nous dirons qu’ils naissent par trois filets, au-dessus de l’os pétreux, des deux racines antérieures de la moelle épinière, qu’environnent les ventricules antérieurs. Ces nerfs marchent en avant dans la fissure qui se trouve à la racine des yeux, jusqu’à ce qu’ils aient atteint celte substance blanche et large, de laquelle accompagnés, ils arrivent à la papille couchée sur l’ethmoïde, dans laquelle ils se terminent, et ne sortent pas du crâne. Or, ce corps blanc et large naît de chaque côté de la partie antérieure dii cerveau, un peu au delà du chia’sma des nerfs optiques. Mais, dans les animaux, ce corps est plus ample et d’une forme pyramidale; il naît des deux tubérosités antérieures du cerveau. Chez l’homme, ce corps est entièrement imperméable au souffle ou au stylet. »
11 est le premier qui ait Indiqué la triple origine, bien qu’il ne la décrive pas d’une manière satisfaisante. 11 n’a point pris part aux travaux de ses contemporains, puisqu’il croit que les nerfs olfactifs se terminent dans le bulbe et ne sortent pas du erâne. Il ne regarde pas comme nerf le ruban par lequel les racines sont unies au bulbe, qu’il appelle processus mamillaris, conservant aux racines seules le nom de nerfs olfactifs.
Thomas Wlllis, dans son traité de l’encéphale, le premier et le plus complet qu’on ait eu jusqu’alors, établit définitivement l’ordre et le nombre des paires de nerfs. Les organes olfactifs tiennent la première place-, et il en donne bette description (1) : « Si l’on soulève la partie .antérieure du cerveau, on aperçoit aussitôt les éminences mamillaires et, en même temps, les nerfs olfactifs qui leur sont accolés. En disséquant les éminences mamillaires près de leur insertion, on trouve une cavité dans chacune d’elles; cette cavité est manifeste aussi dans les nerf.s olfactifs du veau, de telle sorte qu’en soufflant à l’extrémité du bulbe , l’air pénètre très-aisément et gonfle les hémisphères. Parmi les nerfs qui naissent du cerveau, les nerfs
(1) Cerebri anatome , etc. Amsl., 1G66, fol. 7 et 204.
olfactifs, appelés ordinairement éminences mamillaires, tiennent le premier rang; ils naissent des cuisses de la moelle allongée, entre les corps striés et la couche des nerfs optiques ; ils ont aussi une cavité manifeste, et s’ouvrent de chaque côté dans les ventricules du cerveau près les corps striés; et marchant en avant, ils augmentent sensiblement de grosseur, jusqu’à ce qu’ils se terminent en deux éminences arrondies, semblables aux mamelles. Dans l’intérieur de l’ethmoïde, ces nerfs, jusque-là mous et tendres, sont fortifiés par une expansion de la dure-mère, qui accompagne leurs divisions et leurs filets à leur sortie du crâne, à travers les trous de l’ethraoïde. Ces éminences mamillaires, avec leurs racines médullaires , leurs filets et leurs divisions , sont véritablement des nerfs et servent spécialement au sens de l’odorat. Elles donnent passage à la sérosité du cerveau et, dans l’état naturel, sont pleines d’eau, laquelle empêche qu’elles ne soient blessées par de.s odeurs trop fortes et trop violentes; de même, la nature a mis une humeur dans les yeux, de crainte que les nerfs optiques ne fussent blessés par le contact des rayons trop ardents du soleil. »
Il décrit le rameau de la cinquième paire qui va dans l’intérieur de^? narines, et donne à toute cette branche le nom à'ophtliahüque. Les planches qu’il a annexées à son ouviage n’apprennent rien sur les nerfs olfactifs, et sont même, sous ce rapport, inférieures à celles de Cassérius. Metzger croit que c’est Wiiüs qui a émis et propagé cette erreur : que les nerfs olfactifs naissent des corps striés (1). Du reste , Willis n’a point suffisamment indiqué l’origine des nerfs, et attribuant à l’homme la même organisation qu’aux animaux, il prétend que les nerfs olfactifs ont une cavité manifeste; malgré les travaux de Schneider, il croit encore que la sérosité du cerveau s’écoule pai- les processus mamillares.
Blasius, commentateur de Vesling, reconnaît le passage des nerfs
; () Hisiorica nerv.^^o\. Ai.
iW.— 1837— N° 441.
olfactifs à travers les trous de l’ethmoïde et pense avec Schneider que le siège de l’olfaction n’est pas dans le cerveau (1). •
-Thomas Bartholin, dans son anatomie (2), reproduit la description de son père Gas. Bartholin, mais dans un ouvrage spécial sur l’organe de l’odorat, il dit (3) : « C’est avec raison que Willis appelle organe de l'odoratXe^ ramifications des éminences mamillaires répandues dans la membrane des os spongieux, mais c’est à tort que la plupart des auteurs appellent ces éminences mamillaires organes de l’odorat, comme si les corpuscules odorants passaient par les trous de l’os cribleux et arrivaient jusqu’à elles. »
Molinetti (4), Murait (5), regardent aussi comme siège de l’odorat la membrane pituitaire tapissée parles nerfs olfactifs.
Glaser (6) admet de nouveau dans les nerfs olfactifs le canal décrit par Willis. ^
Lovver (7), par des expériences et le raisonnement, prouve que l’humeur contenue àl’interleur des éminences papillaires ne peut les traverser pour se rendre aux narines ; que la matière du catarrhe dérivé du sérum du sang; que les eatarrhes ne proviennent pas du cerveau; que toute humeur provenant du cerveau est absorbé par les veines jugulaires et que rien ne coule du cerveau aux narines à travers l’os ethmoïde.
Raymond Vieussens s’est rendu immortel par ses recherches anatomiques sur le cerveau et sur les nerfs (8) : suivant Aimé Mathieu, il
'1) Anat. contract. Amstel., t666, lib. ii, ca[). iv, fol, 189.
1^2) Anatom. rcfonn. Lugd. Bat., 1606, libell. iu,cap. Il, fol. 155.
(3) De olfact. org. Hafn., 1679, fol. 5.
(4) Dissert, anatom. pathol. Venet., 1675, lib. iv, cap. xviii, fol. 188.
(5) Exercit. awat. Amstel., \Q1%. De capite, cap. V, fol. 502.
(6) De eerebro. Basil. , 1680, cap. ii , fol. 255 et seq.
(7) Tract, de corde. Lou.don, 1680, caj). vi , De catarrhis, fol. 168.
(8) Sprengel , Hist. de la médecine ^ vol. iv, p. 256.
aurait, le premier , indiqué la triple origine du nerf olfactif , mais Sœmmering (t) fait observer, avec raison, qu’il faut en attribuer la gloire* à Vau-Horne qui l’avait aperçue 30 ans avant.
«Les nerfs olfactifs, dit Vleussens (2), ordinairement appelés ernïnences mamillaires, constituent la première paire des nerfs qui naissent dans le crâne ; ils ont leur origine avant tous les autres et résultent de plusieurs fibres médullaires, dont les unes partent des lobes postérieurs, les autres des lobes antérieursde la base du cerveau, et les autres de filets blancs sortant du milieu du centre ovale; ces racines, qui s’étendent au loin, sont antérieures à toutes les racines des autres nerfs du crâne. Ces fibres médullaires, ainsi sorties de la base du cerveau, se joignent, forment de chaque côté un corps blanc et mou, recouvert par la pie-mère, et s’avançant vers les parties antérieures du crâne. Ces nerfs, qui, chez l’homme, ont à leur partie moyenne une forme allongée et moindre que partout ailleurs, arrivent en formant un renflement sur les côtés de l’apophyse crista-galli, où ils paraissent blancs chez l’homme , la brebis et le veau , et blancs cendrés chez presque tous les autres animaux; là, ils se divisent en plusieurs filets très-minces qui, pour .sortir du crâne , passent à travers l’ethmoïde par les petits trous si tués au tour de l’apophyse crisla-gaUi, et, enveloppés de la piemère et de la dure-mère, ils entrent dans les narines, où ils se terminent dans la membrane pituitaire appliquée sur la partie perforée de l’os ethmoïde, d’où il suit que cette membrane, doit être regardée comme l’organe de l’odorat. »
Il assure qu’il n’a jamais trouvé de cavité dans les nerfs olfactifs , et qu’il est faux qu’ils communiquent avec la cavité des ventricules. Ils ne peuvent donc servir à évacuer les humeurs du cerveau.
Bidioo (3) fait naître les nerfs olfactifs comme Willls et décrit leur dispersion dans la membrane pituifaire.
(1) De basi encepbali , Pol. .85.
(2) Nevrograph. univers. Paris, 1684, lib. iii, cap. ii, fol. 163 et 164. (31 Tabul. 9, in explicatione.
Bourdon (1) co[)Ie WiUis et croit avec lui que la cavité des productions mamillaires continue jusque dans les ventricules antérieurs du cerveau pour porter dans le nez les excréments qui viennent des plis du cerveau dans ces ventricules.
Perrault s’exprime ainsi 'sur les organes olfactifs (2) : « Les animaux qui ont l’odorat fort subtil ont le museau long à proportion. Ce phénomène fait voir que l’organe immédiat de l’odorat n’est point au dedans du crâne comme on l’a cru , mais en deçà de l’os elhmoïde dans la cavité du nez, et que les apophyses mamillaires ne sont proprement que des parties du cerveau allongé pour produire les nerfs qui, après avoir passé au travers de l’os ethmoïde percé pour cet effet, jettent une Infinité de branches dans les membranes qui revêtent les lames osseuses du dedans du nez, lesquelles sont le véritable siège de l’odorat, quoique l’origine de ces nerfs soit différente dans les brutes et dans l’homme, en ce que les apophyses mamillaires sont beaucoup plus grandes dans les brutes, et ont une cavité sensible qui ne se trouve pas dans l’homme; il est vrai que ces a[)ophyses ne sont grandes qu’à cause de la multitude des filets qui en sortent, laquelle est proportionnée à la grandeur et à l’étendue des membranes qui sont hors du crâne, et la cavité des apophyses du cerveau est seulement pour leur servir comme de ventricules , que l’on peut dire' être particulièrement nécessaires à ces parties, à cause de la grandeur extraordinaire qu’elles ont dans les brutes. »
Ainsi Perrault a entrevu une loi anatomique posée de nos jours (3) ; «en se développant, tous les éléments fondamenta*ux de l’encéphale se creusent d’un ventricule : cette cavité semble avoir pour but d’étendre la superficie de l’organe. »
«La première paire est, pour Dlonis (4), l’olfactolre, appelée des an-
(1) Nouv. descrip. anafom. Paris, 1687, art. xiii , p. 408.
(2) Essais de ph/siqiie. Paris, 1688, vol. iv, fol. 152 et 153.
(3) Serres, Anal, cotnp. du cerveau. Paris, \%2A. Disc. préUm., p. 75.
(4) Anatomie. Paris, 1690, demonst. vu, p. 542.
ciens apophy-'CS mamlllaires; ces deux productions sont creuses dans les animaux et font un cul-de-sac du côté de l’os crihleux ; cela n’est pas ainsi dans l’homme ; les olfactifs naissent de la base des corps cannelés par une fibre moelleuse qui est plus grosse dans l’endroif où ils font un contour autour des optiques. Leur extrémité est arrondie et beaucoup plus large que leur commencement et leur milieu ; dès que ces avances sont arrivées à l’os cribleux, elles produisent quantité de fibres qui passent dans les trous de cet os, et delà dans la membrane qui tapisse les lames osseuses du nez et qui est l’organe immédiat de l’odorat. »
«Les principaux nerfs de l’odorat, dit Tauvry (l),‘sont les apophyses mamlllaires qui viennent des corps cannelés; leurs filets sont accompagnés de la dure-mère, et passant p*r les trous de l’os ethmoide, ils vont aboutir à la membrane interne du nez. Plusieurs modernes, et entre autres WlHis, prétendent qu’elles rapportent quelque matière des ventricules du cerveau dans les narines. L’anatomie ne nous fait pourtant point voir, dans l’homme, d’ouverture pour la décharge des ventricules dans ces apophyses, ni comment elles pourraient distiller cette humeur dans le nez.»
Blancard (2), Drouin (3), Munnicks (4), Bohnlus (5), donnent tous, des organes olfactifs, une description assez exacte, copiée en grande partie sur Vieussens, et accumulent les faits pour détruire l’opinion que quelques excréments sortent du cerveau par le nez.
Fantoni (6), Langius (7), Debrunn (8) combattent ceux qui croient
(1) Nouv. anatom. raisonnée. Paris, 1690, part. Ii, chap. ii.
(2) Anal, novissim. Liigd. Bat., 1695, cap. x, fol. 132.
(3) Descript. du cerveau. Paris , 1691, chap. iv, p. 28, 29, etc.
(4) De re anatom. Traj. ad Rh., 1697, p. 167.
(5) Circul. anatom. Lips., 1697, fol. 388.
(6) Dissert. anat. Taurini, 170t, di.ss. xi, f. 356.
(7) 0/7cra omn/a. Lips., 1704, part, iil , disp. VIII , fol. 96.
(8) Dissert, de gland, duod. et pituit. Francof. , 1715, c. iv, fol. 179,
à un canal ouvert des ventricules du cerveau dans ies énjliiences mamillaires.
Selon Ridiey «la première paire est l’olfactoire (I) ; après que ces nerfs s’éloignent des lobes antérieurs du cerveau, ils commencent à courir vers l’os ethmoide et prennent le nom d’éminences mamillairesmais c’est surtout dans les animaux qu’ils ont celte apparence à cause de leur grande amplitude, et ils sont manifestement creux. Avec tout le soin que j’ai pu y apporter, je n’ai trouvé qu’une seule racine. Elle part de la partie inférieure et antérieure des cuisses de la moelle allongée. J’ignore encore comment Vieussens a pu trouver les origines si diffuses dont il parle. »
Verheyen (2) admet ^dans les nerfs olfactifs, première paire, une cavité qui, étant insouftlée , permet d’arriver dans les ventricules antérieurs du cerveau; chez l’homme elle est très-étroite, mais beaucoup plus ample dans les animaux. 11 mentionne (3)- dans la membrane pituitaire les filets de la première paire et de la cinquième, et croit ceux de la cinquième destinés à la sensation du tact.
«Selon Helster, la membrane pituitaire (4) est l’organe deTodorat et sert à filtrer les mucosités. Les orifices des conduits excrétoires qui se trouvent dans cette membrane sont très-sensibles, surtout dans lé bœuf. Les glandes qu’elle couvre sont fort petites et filtrent la mucosité. Ces nerfs, qui s’y répandent, sont les nerfs olfactifs qui sont assez considérables, mais plus petits que chez les animaux. Leur nom marque l’usage qu’on leur a attribué jusqu’ici. Outre cela, il y a des rameaux de la cinquième paire. Les anciens médecins, et plusieiws même de.s modernes, ont cru que la pituite descendait du cerveau dans le nez. Ceux qui se sont imaginé que la glande pituitaire se décharge dans le
(1) De cerehro. Genèv., 1717. Theat. anatom. Mangeti, lib. iv, cap. U, fol.3f8.
(2) Anat. G. H. bips., 1718, tract, iv, cap. vi , fol. 381.
(3) Anat. G. H. Lip.s., 1718, tract, iv, cap. xv., fol. ‘139.
(4) Anatomie. Paris, 1724, fol. 605 et 609.
nez, ne savent pas que les liqueurs qu’on injecte dans cetie jjlande se rendent dans les veines jugulaires. »
Santorinl (1) indique, avec la plus grande précision, l’origine des nerfs olfactifs : « Ils naissent par trois racines dont la plus longue médullaire naît des confins du lobe postérieur du cerveau; les deux autres partent, l’une du càlé interne, l’autre du côté externe de la substance médullaire du cerveau ; ces trois racines disjointes à leur origine, se rapprochent et se terminent en une sorte de protubérance, semblable à la substance grise, qui est véritablement plus molle que la substance médullaire et conformée en papille. »
Il agile ensuite cette question : Comment se fait-il que, dans leur marche, ces nei'fs ne soient pas comprimés par le poids du cerveau ? Il répond que c’est en vertu du ligament falciforme suspenseur du cerveau , et, mieu.x encore, des sillons longitudinaux creusés dans les lobes antérieurs, dans lesquels ils se trouvent protégés pour arriver jusqu’à l’ethmoïde, disposition qu’on n'observe nulle part ailleurs dans le cerveau; et pour donnera sa description toute Ift clarté possible, il y a joint de très-belles figures d ssinées par Girardi.
Cheselden (2) distingue parfaitement les organes olfactifs chez l’homme et les animaux : «Des clix paires qui naissent du cerveau, la première est l’olfactive. Dans les animaux , chez lesquels elle a reçu assez justement le- nom de processus mamillares, elle est épaisse et creuse, et e.st évidemment une production des lobes antérieurs du cerveau ; sa structure et la lymphe qu’on trouve constamment en elle, ont conduit les anciens à penser qu’elle servait comme émonctoire pour conduire au nez les fluides surabondants du cerveau. Mais chez l’homme ce nerf est mince, allongé et sans aucune cavité. Sortant de la partie du cerveau où les artères carotides pénètrent . et chemlnajit sous le lobe antérieur, il devient un peu plus épais, jusqu’à ce qu’il atteigne
(1) Observ. anat. Venet. , 1724, cap. iii, § 13. (2} Anaionif. Lond. , 1726, fol. 251.
l’os cribriforme, dans les trous duquel il s’insinue en petits filametjfs qu’il est facile de voir en les tirant légèrement, ou en les coupant très-près de l’os. Leur tendre structure et soudaine expansion sur une large surface font qu’il est impossible de pouvoir les suivre dans la membrane des narines, ce qui est cause que beaucoup d’auteurs n’ont pas voulu reconnaître à ces organes la structure et l’usage des nerfs. »
Winslow décrit ainsi la première paire (1) : « Les nerfs olfactifs, anciennement appelés productions mamillaires, sont deux 'cordons mé dullaires fort plats et très-mollasses, qui naissent chacun, d’abord, par des fibres médullaires du côté externe de la partie in'férieuî'e des corps cannelés, entre le lobe anlérieui' et le lobe moyen de chaque côté du cerveau, ensuite par un filet plus interne et par un autre qui est postérieur et très-long. Us rampent sous les lobes antérieurs du cerveau, logés chacun dans une espèce de rainure superficielle de la base de ces lobes, et couchés immédiatement sur la dure-mère, depuis les apophyses clinoïdes jusqu’à l’os elhmoïde. Il font d’abord chacun une courbure de dehoft en dedans, par laquelle ils s’approchent peu à peu l’un de l’autre jusque derrière l’os elhmoïde , d’où ils s’avancent ensuite, presque parallèlement, à quelques lignes de. distance l’un de l’autre. Ils sont fort minces en arrière e* grossissent de plus en plus ver.s le devant, jusqu’à chaque côté de la crête de l’os ethmoïde, où ils se terminent en forme de mamelons allongés, dont la substance paraît plus mollasse et moins blanchâtre que celle des cordons. Ces mame- •f Ions sont couchés sur les deux côtés de la lame cribleuse, et jettent en bas, dans chaque trou de cette lame, un filet nerveux. La dure-mère produit au même endroit autant de gaines qu’il y a de trous et de filets nerveux, lesquelles gaines, comme autant d’enveloppes, accompagnent les filets nerveux et leurs ramifications sur les parties internes du nez. »
11 affirme que le nerf nasal de la cinquième paire s’unit aux filets de la première paire, au-dessus de l’os crlbleux.
(1) Expos, anat. du C. H. Paris, 1732, 630, § 132 et 133.
Garengeol (1) croit, avec Winslow, que quelques-uns des filets de la première paire communiquent avec des filets du nerf ophthalmique et du nerf maxillaire supérieur, qui se distribuent aussi à la membrane pituitaire, d’où on concevra que l’organe de l’odorat ne dépend pas seulement de l’épanouissement des nerfs olfactifs.
Lecat (2) enseigne que, outre le nerf olfactoire, il entre dans le nez une branche du nerf ophthalmique; c’est la communication de ce petit nerf avec celui de l’odorat qui est cause qu’on pleure quand on a reçu de fortes odeurs; et qu’une vive lumière qui nous frappe les yeux, nous excite à éternuer.
I/ieutaud (3), Bonhomme (4), Tarin (5), partagent les opinions de Winslow sur l’origine des nerfs olfactifs.
Meckel nie formellement que la première paire s’unisse à la cinquième (C); quant à l’anastomose du rameau nasal avec les filets de la première paire, filets invisibles dans la inembrane pituitaire, bien que Winslow affirme l’avoir vue, je n’al pu l’observer, de même que tous les autres anatomistes les plus soigneux. En effet, il dit que eette union se fait au-dessus de l’os cribleux, ce qui n’a jamais lieu ; en effet, le rameau nasal est séparé des filets du nerf olfactif ou par la duremère ou par le eanal osseux dans lequel il passe; et, dans ce trajet, il ne donne et ne reçoit aucun rameau, jusqu’à ce qu’il arrive aux narines, si ce n’est qu’il envoie des filets très-déliés au sinus frontal. Or (7), le , nerf de la cinquième paire sert aussi à l’odorat par les ra-
(1) Traité des viscères. Paris, 1739, cap. i.
(2) Traité des sens. Rouen, 1740, p. 232.
(3) Essais anatom. Paris, 7742, art. v, p. 430.
(4) Céphalotomie. Avignon, 1748, p. 68.
(5) Anthropotomie. Paris, 1750 ; t. ii, p. 242.
(6) De quinto pare nerv. Gœtt. , 1748, § 44. — Ludwig, Script necrol. select. Leip., 1791, v. i, fol. 230.
(7) De quinto pare nerv. Goell., 1748, § 127. - Ludwig, Sciipl. luvrol. select.
Leip., 1771.
ilr.-1837.-^®441.
lueaux qu’il envoie dans l’intérieur des narines; il ressent la plus légère irritation, ce que nous montre une plume inti'oduite dans les narines ou la plus petite quantité de poudre steruutatoire, qui provoque aussitôt l’éternunient avec la convulsion instantanée du col, de la tête et de presque tout le tronc; oi‘, ces mêmes substances approchées d’autres parties du corps produisent à peine de sensation.
Mais est-ce bien de l’anastomose des nerfs ciliaires de l’œil avec le i“ameau nasal de la branche ophtbalmique de la cinquième paire, que l’ésulte l’étei'nument occasionné par une vive lumière, quand on sort' des ténèbi’es ? »
Weitbrecbt démontre, encore' mieux que ses prédécesseurs, la différence qui existe entre l’homme et les aniiïiaux quant aux organes olfactifs ; « Les éminences mamillaircs (l),chez les animaux, sont de véritables productions du cerveau -distinctes des lobes antérieurs , étendues sur l’ethraoïde, formées de substance médullaire corticale, creusées dans leur intérieur; elles communiquent chacune avec le ventricule correspondant , mais vers les narines , elles sont fermées et forment un culde-sac. Ceux qui , avec Galien , prennent cette masse comme organe de l’odorat et comme communication, à la façon des nerfs, entre les narines et le cerveau, sont, si je ne me trompe, bien loin de la vérité. Car, à la base du cerveau, sous la face inférieure. de ces éminences, on voit les vrais nerfs olfactifs sous l’apparence de stries médullaires, blanches, ayant à peine une ligne géométrique de largeur, point renflées, mais planes et comprimées; ils sortent par plusieurs racines médullaires des corps siriés, et dans le sillon transversal qui sépare le lobe antérieur du lobe moyeu, ils marchent l’un vers l’autre par une direction opposée, se réunissent, et, arrivés à l’endroit où les éminences mamillaires se séparent des lobes du cerveau, ils se mêlent et se perdent dans la substance de ces éminences. »
(1) De process. tnamill. §8, 9 et seq., in Comment, acad. petropolit., années 1744-t751 , vol. XIV, fol . 276 et seq.
« Les nerfs olfactifs, chez les animaux, sont donc distincts des éminences de Galien. »
«Mais chez l’homme, il n’existe point de semblables productions du cerveau qu’on puisse appeler mamiüaircs, car la terminaison des lobes antérieurs du cerveau ne saurait êlre appelée éminence, production ou apophyse. Dans l’intéi'ieur du crâne, chez l’homine, les véritables organes de l’olfaction sont .des petits rubans, qui, par leur mollesse, leur couleur, leur forme grêle et allongée, sontserablables aux autres nerfs, et ont mérité, avec raison, d’être rangés parmi eux; ils sont formés de substance blanche, larges d’une ligne géométrique, aplatis cependant, et ont plus de largeur que de profondeur. J'ajouterai ccpendânt deux observations : la première, c’est qu’ils ne croissent pas peu à peu en largeur, comme l’ont avancé Wiili", Wins^o\^'. Vieussens et beaucoup d’autres ; mais, dès qu’ils se sont réunis, ils conservent à peu près la même largeur, jusqu’à ce qu’ils soient parvenus à l’apophyse crista-galli, sur les côtés de laquelle ils se renflent aussitôt en extrémités ovales et bulbeuses, qui seront appelées, si l’on veut, papillaires ou mamillaires, pourvu qu’on ne suppose pas une semblable forme au nerf tout entier. »
«La seconde, c’est que ces nerfs ne sont pas si complètement formés de substance blanche qu’on ne puisse apercevoir dans leur longueur plusieurs sillons cendrés; et, de plus, leur bulbe terminal présente la même apparence corticale et cendrée que la glande pinéale. »
Il regarde, chez les animaux, les éminences mamillaires comme nécessaires à supporter les nerfs olfactifs, parce que la partie antérieure du cerveau ne s’étendant pas chez eux, comme dans riiomme, jusqu’à l’os ethmoïde, les nerfs olfactifs auraient été obligés de parcourir une longue étendue, sans soutien ni enveloppes, depuis leur origine jusqu’à leur extrémité antérieure.
Palfin (1) fait naître les nerfs olfactifs de la partie antérieure des
(1) ^nat. chirurg, Paris, 1753. t. i, p. 406.
corps cannelés : « Ils sortent du crâne par les trous de l’os elhmoïde; ensuite, ils vont se distribuer, par quantité de filets, à la membrane pituitaire qui tapisse foutes les parties internes du nez. Ces nerfs sont mous et aplatis; ils se glissent sous les lobes antérieurs du cerveau, et , étant arrivés à la lame cribleuse de l’ethmoïde, ils s’élargissent et couvrent entièrement cette lame; ils ne ressemblent pas mal à une spatule; les filets qui vont à la membrane pituitaire viennent de la face du nerf qui s’applique sur l’os cribleux; ils sont d’une finesse extrême, de très-peu de consistance, comme pulpeux, et point accompagnés des membranes qui enveloppent les autres nerfs; de manière qu’ils se présentent presque à nu à l’impression des corpuscules odorants; c’est à cette disposition que l’on doit la vivacité et la sensibilité de l’organe de l’odorat. »
U nie la cavité des nerfs olfactifs et l’écoulement des humeurs cérébrales à travers l’ethmoïde.
Zinn dit, dans les mémoires de l’Académie de Berlin (1) : « A la sortie de l’olfactoire, la dure-mère jette, par les trous de la lame etlimoïde, des productions remplies de rameaux nerveux et de petits vaisseaux, qui, pendant un certain espace, se montrent distinctement dans la membrane pituitaire , jusqu’à ce qu’ils s’évanouissent insensiblement avec elle. J’aurais du penchant à croire que les auteurs qui , en décrivant la distribution du nerf olfactolre dans les parties des narines, prétendent que ses rejetons sont embarrassés, qu’ils se distribuent en rameaux et qu’ils ne sont pas fort mous , n’ont vu autre chose que ces productions de la dure-mère qui s’engagent dans la membrane des narines. Quiconque en a fait l’expérience, reconnaîtra, avec moi, que la mollesse coulante et muqueuse du nerf olfactolre, depuis qu’il a passé ia lame ethmoïde, empêche entièrement ‘qu’on puisse affirmer quelque îhose de sa distribution ou de son anastomose avec les autres nerfs. *>
> l) Anoée 1753, p. 133.
Ge.oi’j’c Mra'lin (1; copie sc8 compatriotes ilidley et Clieseiden.
Aimé Aîatliieu a vu varier les ori^jines médullaires (2) : «Les unes naissent du côté externe de la partie Inf erieure du corps strié, entre les lobes antérieurs et postérieurs du cerveau; les autres, internes, plus courtes, du confin des lobes antérieuis près le principe du pédoncule; d’autres sortent des lobes postérieurs, le plus souvent de la région des apophyses clinoïdes. »
Ziervogel pense (3) que la première paire préside seule à l’olfaction, bien que Winslow, Meckel, etc., affirment que la cinquième paire y contribue aussi.
Duverney (4), célèbre par ses travaux sur l’oreille lïuraaine, donne une figure très-exacte de la base du cerveau. 11 fait venir nos nerfs des corps striés , et soutient qu’ils ne sont pas creux chez l’homme et qu’ils n’ont aucune communication avec les ventricules du cerveau, à la différence de ceux des animaux qui ont une cavité très-considérable, pleine de lymphe, et qui communique avec celle des ventricules ; mais elle ne s’ouvre pas dans les petits trous de l’os cribleux, le nerf qui la recouvre fait là comme une espèce de cul-de-sac Les nerfs olfactifs ayant pris leur origine de la base des corps cannelés, s’avancent obliquement vers la jonction des nerfs optiques, où, étant arrivés, ils vont delà en ligne droite jusqu’à la racine du nez, et dans toute leur route ils demeurent toujours couchés à la base des lobes antérieurs du cerveau. Ces nerfs vont toujours en se dilatant à mesure qu’ils s’éloignent de leur origine, ce qui leur donne la forme d'une petite patte. Chacun d’eux couvre toute la face de l’os cribleux à laquelle il se termine, et là, il jette autant de fibres qu’il y a de trous dans ce même os, le.squels, passant par ces ouvertures, se i^evêtent de la dure-mère et
(1) Comment, in Eustachi tab. Edinburgh , 1755 , tab. xvii, tig. 6 , fol. 160.
(2) De nervis in genere. Leid., 1758; fol. 21.
(3) De natib. inter. Upsal, 1760, Thésaurus Sandijorli.
(4) OEuvres anatom. Paris, 1761; t. t, p. 84.
vont se distribuer dans !a membrane qui couvre les petites cellules des os sponjjieux, et dans celle qui tapisse la cloison du nez. Or, on- ne saurait douter que la membrane pituitaire ne soit le véiâtable organe de l’odorat, ainsi qu’on peut le prouver par sa structure et par son étendue. Les nerfs qui s’y rendent sont donc de véritables nerfs ayant le même usage que tous lès autres; et ils sont destinés seulement à l’odorat, ce dont on tombera facilement d’accord, si l’on fait réflexion que le nerf est plus gros dans les animaux à proportion qu'ils ont l’odorat plus exquis. Outre le nerf olfactif, la cinquième paire fournit aussi plusieurs rameaux à la membrane du nez, ce qui a obligé Diémerbroeck à croire qu’il était le seul nerf olfactif; nous t)e devons pas douter que toutes les ramifications de la cinquièm'e paire dans cette membrane ne servent aussi à la sensation de l’odorat ; c’est par ce moyen que Willis a expliqué le consentement qu’il y a entre le goût et l’odorat.
Monro (1) n’a rien qui lui soit propre.
«Les nerfs olfactifs, dit Sabatier (2), n’ont été généralement mis au nombre des nérfs que fort tard, parce qu’ils sont en partie creux dans la plupart des quadrupèdes et qu’ils contiennent de la sérosité; ils portaient le nom de processus mamillares , et l’on croyait qu’ils étaient destinés à transmettre hors du crâne une partie des humeuré contenue.^ dans les ventricules du cerveau. Mais, comme ils n’ont aucune cavité dans l’homme, et qu’ils traversent la lame cribleuse de l’os ethraoide par un grand nombre de filaments qui se distribuent à la membrane pituitaire, ils ont été rangés, depuis Willis, parmi ceux que la moelle allongée produit. Ils naissent de la partie inférieure et antérieure du cerveau par deux racines: une, extérieure, plus allongée, qui vient du sillon qui sépare le lobe antérieur de ce viscère d’avec son lobe postérieur, et qui est connu sous le nom de grande scissure de Sylvius ; l’autre, intérieure et plus courte, qui tire son origine de la partie pos-
Tractai, très de nervis, etc. Harling, 1763 ; fol. 87 et 88.
(2) Traité d'anatomie. Paris, 1772; t. iv.
térleure du lobe antérieur du cerveau. L’écartement de ces ’nerfs en arrière est assez considérable, mais ils se rapprochent bientôt et se portent parallèlement l’un à l’autre, et cie derrière en devant, sous les lobes antérieurs du cerveau, dans un des sillons desquels ils sont logés, jusqu’à la lame cribleuse de l’os ethmoïde où ils paraissent se terminer, lis sont d’abord assez larges; ils se rétrécissent ensuite et s’élargissent de nouveau à leur partie antérieure.
M Lorsqu’ils sont arrivés à l’os ethmoïde, ils se divisent en un grand nombre de filets, qui passent à travers les trous dont la lame horizontale de ces os est percée, et qui vont se perdre sur la portion de la membrane pituitaire qui recouvre la cloison des narines. Les nerls olfactifs, dont la consistance était si molle en dedans du crâne, deviennent assez fermes lorsqu’ils en sortent, soit qu’ils empruntent de la dure-mère une gaine membraneuse qui les accompagne jusqu’à leurs extrémités, soit plutôt qu’ils reçoivent cette gaine du tissu cellulaire voisin. S’ils sont l’organe de l’odorat, comme on ne peut en douter, cette fonction ne doit s’exercer qu’à la partie supérieure des narines et vers la cloison qui sépare ces deux cavités, puisque ce n’est qu’en cette partie qu’on trouve des filaments qui leur appartiennent; on découvre aisément ces filaments en raclant la membrane pituitaire avec un instrument mousse, tel que le manche d’un scalpel.»
Haller enrichit la science de nouvelles observations sur les nerfs olfactifs (1) ; « Leur origine m’a paru double : la première, droite, courte, naît de la partie inférieure du lobe antérieur du cerveau, au commencement des cuisses du cerveau. H vient se joindre à cette première racine une seconde, qui sort de l’intervalle qui sépare le lobe antérieur du lobe postérieur, et naît elle-même du lobe antérieur par plusieurs fibres disjointes, dont une plus longue pi'ovient à la fois de l’intervalle et du lobe postérieur; elle va rejoindre la première en avant et en dedans. Le nerf, ainsi formé et presque plane, s’avance
(1) Elemenia physiologice, t. iv, p. 204.
dans un* petit sillon qui lui est préparé dans le lobe antérieur du cer^ veau, se rapproclie sensiblement des irons de l’os criblé, se dilale ei , enfin, se divise en filaments, à la manière d’une palme. Presque toujours je l’ai vu l•ougeâtre , semblable à la couche corticale du cerveau ; et, dans les oiseaux, il se dislingue manifestement par sa couleur du nerf de la cinquième paire. Ses filets sont reçus dans des gaines de la duremère, et se ramifient dans les narines ; on dit* qu’ils durcissent à leur sortie.» Ce grand homme confirme, par l’anatomie comparée, que ce nerf est réellement affecté à l’odorat.
Sœmmering, dans son grand ouvrage de hasi encephali (1), commence par réfuter toutes les opinions de ceux qui ne veulent pas admettre au nombre des nerfs les organes olfactifs. « Ce sont de véritables nerfs , sans cavité , qui sortent évidemment des cuisses du cerveau, et ne servent à aucune évacuation ; c’est à tort que Varole fait venir leurs raclnés des environs du trou auditif, et Piccolhomini, du (pjatrième ventricule et des corps striés. Je n’ai pu,- eomme le dit Kiolan, trouver les racines venant des piliers postérieurs de la voûte, qui s’enroulent jusqu’à la base du cerveau. Je crois que Riolan , ayant fait cette observation sur les animaux, l’a rapj)Ortée à l’homme. En effet, dans les animaux, j’ai vu des choses qui peuvent être alléguées en faveur de son opinion : la fin du pied d’hippocampe se termine en une pointe semblable à une corne, et, presque dans le même lieu, elle coïncidé avec la racine blanche de la première paire. De chaque côté le nerf est formé, sur la limite postérieure des lobes antérieurs du cerveau, de deux filets médullaires et d’un troisième cendré. Des médullaires, l’externe, qui est le plus long, naît de la fosse de Sylvius; il est d’une couleur argentée , et s’avance en dedans et en avant ; parvenu à la circonvolution dernière et postérieure du lobe antérieur, il se courbe pour devenir antérieur, et, formant un angle avec le tronc, il sejointàangle aigu à l’autre racine médullaire, qui, parsa position, peut être appelée in-
1 1) Gœtl., 1778, lib. ni, sect. i , g 21, 24, 25.
terne, et ne diffère de la première que par sa brièveté* A ces deux racines s’en joint une supérieure cendrée, qui semble être la continuation de la substance cendrée de la circonvolution , sur laquelle les deux autres racines viennent se joindre. Les racines médullaires, d’abord très-petites, s’augmentent progressivement, renforcées peut-être par de nouveaux filets. Elles sont presque égales; l’interne, plus courte , le cède à peine à l’externe pour la largeur. On ne peut séparer ces origines de la substance même de la circonvolution, aussi Haller a-t-il écrit élégamment que cette. première paire avait plutôt l’air d’être peinte. Quelquefois il s’y joint une troisième racine médullaire, vue pour la première fois par Vanhorne, et ensuite par Santorini. Le nerf, ainsi formé, est prismatique ; il s’avance dans son sillon, montrant les stries médullaires et cendrées que Weitbrecht indiqua très-bien le premier ; puis il se termine subitement en un corps renflé, bulbe cendré, duquel partent les rameaux pour les narines. Ce bulbe, mal décrit, mal dénommé par les anciens, est plutôt cendré que médullaire. Ceux qui lui ontcru une cavité se sont trompés, et ont été abusés par l’anatomie comparée. Chez les enfants et les fœtus, ce nerf est plus gros, plus pulpeux et plus gris; on y voit à peine des stries médullaires. Enfin ces nerfs diffèrent de tous des autres , 1° par leurs stries alternatives de chaque substance, 2° leur mollesse, 3° leur bulbe cendré, 4® leur forme prismatique, 5" leur court chemin sou* les circonvolutions du cerveau , 6° leur marche convergente. » Dans les tables annexées à l’ouvrage, on voit parfaitement représenté tout ce’qu’a décrit l’auteur. Dans ses ouvrages plus récents (1), Sœmmering a fait quelques changements : akifi , les stries cendrées n’alternent, pas avec les médullaires ; c’est une lame blanche repliée qui renferme le noyau cendré, de sorte que l’extérieur laisse apparaître la couleur cendrée intérieure. Il dit ailleurs (2) que la forme prismatique du nerf se comporte de manière
(1) Uber die Korperliche Verschied, etc. Francof. , 1785; g 63.
(2) Dissert, de decussat. nerv. optico. MogUnt, 1786; fig. j. yl/.— ISSr.-N" 441.
à présenter un Irèfle à la section, et il le démontre par une figure très-bien dessinée.
Mayer fait brièvement l’histoire du cerveau et des nerfs (t). Les nerfs olfactifs naissent par deux racines, l’une, interne rectiligne, plus courte; l’autre, externe curviligne, plus longue ; sa concavité regarde la circonférence du cerveau. La première sort de la partie antérieure .des cuisses du cerveau , près les éminences raamlllaires ; la seconde part de l’intervalle qui sépare les lobes antérieur et postérieur : quelques-unes des stries de cette racine sortent de la partie inférieure des corps striés, c’est pourquoi on voulait à tort, autrefois, leur attribuer l’origine entière du nerf.»
Les descriptions de Prochaska (2) et de Gottlob Haas (3) ne pré- ^ sentent rien de remarquable.
Pfeffinger donne une description très-détaillée des nerfs olfactifs (4) : «Le nerf olfactif est formé, de chaque côté, par le concours de la substance grise et de la substance' blanche du cerveau : il naît par deux racines, une, externe et longue, partant de la scissure S-ylvius; l’autre, interne et courte, partant de la limite du corps strié antérieur et postérieur. 11 y a plusieurs exemples d’une troisième racine médullaire. Ces racines paraissent comme peintes à la base du cerveau; elles s’élargissent en marchant en avant; mais, comme elles ne suffiraient pas pour constituer l’épaisseur du nerf, la nature prévoyante leur a adjoint un faisceau de substance grise, dé sorte qu’à leur réunion en un centre commun, elles semblent enlever et s’approprier une portion des lobes antérieurs du cerveau, ce qui fait paraître le nerf mélangé de filets blancs et cendrés. Dans sa marche sous Ifslobes antéireurs du cerveau , le nerf est protégé dans un sillon qui recouvert
(1) Anatomisch abhandlung^ etc. Berlin, 1779; p. 26.
(2) De struct. nervor. Vienne, 1779; sect. ii, cap. iii, fol. 333.
(3) Anatome cerebri, etc. Lipsiæ, 1781; sect. i, cap. v, § 65, fol. 35 et 36.
(4) De struct. nero. Argent., 1783; sect. il, § 2, 3, 4, etc.; dans Ludwig, Script, nevrol. minor., vol. i.
par l’arachnoïde, forme une sorte de canal. Sur les côtés de l’apophyse crisla-galli , le nerf se termine en une papille de couleur cendrée, que l’antiquité reconnut pour être seule l’organe de l’odorat. Il s’échappe de cette papille des filets nerveux qui , enveloppés de- l’arachnoïde et de la dure-mère, descendent perpendiculairement, à travers les trous de l’ethmoïde, dans la membrane pituitaire. Les nerfs paraissent comme arrosés d’une humeur aqueuse , déjà décrite par Varole. Chez le fœtus, ils sont composés d’une grande quantité de substance cendrée, tandis que dans un âge plus avancé ils sont presque entièrement composés de substance blanche; de plus, ils ne sont pas prismatiques, mais coniques, de telle sorte que leur base est antérieure et le sommet postérieur. 11 semble que la nature n’ait voulu marcher que graduellement dans la confection de ce nerf : c’est Fopinion de Wrisberg et de Sœmmering, qui pensent que ces nerfs, d’abord imparfaits, ne prennent leur entier développement que par le secours des vaisseaux. »
Alexandre Monro (1), quoique parlant peu de nos nerfs, fait cependant remarquer que Zinn et Haller ont eu tort d’avancer que les ramifications des nerfs olfactifs dans les narines ne pouvaient être démontrées, puisque lui-même les»représente dans une des planches de son ouvrage.
Palelta (2) donne de l’origine des nerfs olfactifs cette description , que Sœmmering (3) et Scarpa (4) attribuent à Malacarne : « Les nerfs olfactifs, qui, par leur mollesse, désespèrent ceux qui les recherchent, ont une triple origine : le plus long filet provient d’un ruban nerveux, qui, recouvert d’une sorte de couche cendrée, sort en haut des côtés du troisième ventricule; le plus court naît le plus souvent de la fin de la strie médullaire, qui est continue à la commissure antérieure du
(1) Observ. on ihe nerv. tyst. Ediaburgh, 1783; ch. xxi, p. 62, tab. xxiv.
(2) De nervo crotaphitico, etc. 1784, Ludwig; vol. ni, fol. 65.
(3) De basi encephali. Fol. 87.
(4) Annot, anat. de org, olf. Turioi, 1789; lib. U, cap. ii, fol. 22.
cerveau , là où cette strie perfore la face ronde et inférieure du corps strié; enfin le dernier filet part de if 'moelle du cerveau environnant le corps strié, à la tin du sillon qui sépare les lobes du cerveau, et là se joint aux deux autres filets. »
Hunter (1) et Caldani (2) najoutent rien aux découvertes de leurs contemporains.
Vicq-d’Azyr, dans de très-belles planches, représente très-bien les trois racines (3) : « La racine externe et longue du nerf olfactif, filet blanc, ne s’enfonce pas profondément dans la substance du cerveau; elle se dirige obliquement vers la scissure de Sylvius, et se termine par une pointe très-aiguë. » Cette longue branche a été connue de Varole; c’est la seule dont Duverney ait fait mention. La racine interne et longue, filet blanc, connue de Haller, ne l’a point été de la plupart de ceux qui ont précédé cet anatomiste. Elle a aussi très-peu d’épaisseur, et se dirige vers le sillon de Sylvius. La racine, interne et courte, n’est point un filet comme les deux précédents, mais un prolongement aigü et très-peu considérable de la substance blanche; ce prolongement est très-remarquable dans un grand nombre de sujets. L’extrémité antérieure du nerf olfactif est une espèce de bulbe ou renflement ovale, qui se termine d’une manière insensible en arrière, qui est formé de substance grise, demi-transparente, mêlée de stries blanches, .et dont la face inférieure est soutenue sur la lame criblée de l’os ethmoïde. Ce nerf, dans sa totalité, est mou et pulpeux; voilà pourquoi Galien, et tous les anciens anatomistes après lui, ont regardé cette production, non comme un nerf proprement dit, mais comme un prolongement de la substance même du cerveau. Dans la plupart des quadrupèdes, ce nerf est creux; il n’en est pas de même dans l’homme, ee qui était bien connu de Varole, de Vésale et de Vieussens.
(1) Observ. of the anim. œconomy. London, 1786; p. 213,
(2) Jnstit. anat. Venet., 1791 ; vol il, part, iii, § 456, fol. 119.
(3) Traité d'anat, et de phjrsioî. Paris, 1786; pl. xvii.
Scarpa est l’auteur qui a donné l’histoire la plus complète des nerfs de la première paire; il y a consacré -un ouvrage entier, dont voici un extrait (1) :
« Pour chaque nerf olfactif, il existe trois racines : deux médullaires et une cendrée. Des médullaires, l’une, plus longue, part de la fosse de Sylvius, et marche en avant, contournant la substance corticale de la dernière circonvolution du lobe antérieur; elle s’augmente ensuite de nouveaux filaments; souvent même elle est bifide.
« L’autre, plus courte et interne , varie d’origine et de siège. En effet, tantôt elle naît du milieu de la région inférieure de la dernière circonvolution du lobe cérébral antérieur, tantôt, très-courte, elle émerge de l’angle interne de cette circonvolution ; souvent aussi elle est bifide ; en outre , dans l’angle qui résulte du concours des deux racines , on aperçoit de très-courts filets blanchâtres. C’est à cause de ces variétés que se sont élevées les dissensions des auteurs, dont les uns n’ont compté qu’une racine, les autres deux, d’autres trois racines médullaires. Les anatomistes ont exercé leur habileté à poursuivre la première origine de ces racines, entre autres, Malacarne fait sortir la plus longue racine des côtés du troisième ventricule , et la plus courte de la commissure antérieure du cerveau.
« Enfin, aux racines médullaires, se joint la racine cendrée, qui naît du sillon dans lequel se loge le nerf olfactif. En effet, en renversant le nerf, on aperçoit une petite éminence cendfée. en forme de pyramide, dont la base, cachée dans le sillon et le sommet allongé en avant, se réunissent, sous forme de petite corde ou de filament cylindrique, au tronc même du nerf. Cette racine cendrée contient cependant un peu de substance médullaire, qui naît de la bandelette blanche accolée au corps strié; la nature offre aussi quelques variations dans cette racine. »
Il décrit ensuite le cordon nerveux et ses stries blanches, alternant
(t) Anat. annot. de olf. organo. Turini, 1789.
avec les cendrées; 11 note la plus grande abondance de ces dernières chez l’enfant; enfin il passe au bulbe, dont la structure est telle, t|u’il envoie aux narines des filets blancs, et que lui-même est presque entièrement cendré : c’est pourquoi il préfère, avec Malacarne, rapporter ce bulbe aux ganglions, dont il a toutes les propriétés. Et après cette description de l’origine et de la marche des nerfs olfactifs, il les suit dans les narines, où il indique leurs ramifications mieux que tous ses prédécesseurs. C’est l’angle supérieur de la cloison des narines, où les nerfs olfactifs sont ramassés, qu’il désigne pour le. véritable et unique siège de l’odorat. .. .
Metzger (t), après avoir présenté et discuté les opinions de tous les auteurs qui ont parlé des nerfs olfactifs , donne ses propres observations sur la structure et la nature des différentes parties dont ces nerfs sont composés : «Et d’abord, quant aux deux racines médullaires (2) la plus longue naît de l’angle de la scissure de Sylvius, par une origine tantôt large, tantôt aiguë; elle se dirige en avant en décrivant une courbe, et s’approche de la scissure qui cônstamment divise les lobes antérieurs du cerveau : elle a une apparence argentée’, elle se glisse dans la substance cendrée du corps strié antérieur et inférieur, se joint à l’autre racine médullaire , et commence à dégénérer en nerfs près la séparation des lobes (.3). La plus courte racine naît de la limite qui existe entre le corps strié antérieur (portion placée devant la commissure antérieure) et le postérieur ( portion placée derrière la commissure), se porte en avant, par un chemin direct, pour se réunir à l'autre racine. Ces deux origines médullaires déterminent, par leur réunion ,
(1) Primi paris nervor historia. Golhæ, 1782. *
(2) /</., fol. 77 et seq.
(3) Pour l’intellig^ce de ce passage, il est nécessaire d’avertir que Metzger se propose d’admettre dans sa description la distinction qu’a faite Vieussens entre les différentes parties des corps striés. Or, Vieussens entend par corpora striata inferiora et anteriora '\e% portions des corps striés placées devant les prolongements latéraux de la commissure antérieure. C’est donc à travers ces portinos des corps striés que Metzger fait passer la racine externe.
— esta forme du nerf, et , de chaque côté des lobes antérieurs du cerveau, entraînent avecelles une partie de substance corticale, déjjénérant ellemême en espèce de filaments qui se joignent aux filets médullaires , de telle sorte qu’on les dirait alterner les uns avec les autres. On les voit ainsi distinctement jusqu’à la division des nerfs à travers les trous de la lame criblée de relhmoïde. J’ai vu, <fit-il (1), une fois ou deux, une troisième racine médullaire venir se joindre à nos nerfs de l’interstice des lobes antérieurs , proche l’origine de's cuisses du cerveau : elle paraissait sortir du fond des ventricules antérieurs , et était cachée par une papille qui termine la substance corticale des lobes antérieurs du cerveau , là où ils sont contigus. Du reste, elle était moins évidente que les autres. Je voudrais que les anatomistes commençassent l’histoire des nerfs olfactifs, de l’endroit où ils sortent des lobes mêmes antérieurs du cerveau, c’est à-dire, de l’éminence cendrée de Scarpa, et que ce fût là l’origine des nerfs, quelque variables que soient les racines dans leur direction et la région d’où elles partent. L’externe est très-constante , plus longue, et forme un segment de cercle dont le centre serait vers l’extrémité latérale du lobe antérieur. Souvent elle est bifide ou double ; je l’ai vtie triple. L’interne est constituée par des fibrilles trèscourtes, ayant une marche presque rectiligne, et s’avançant de la région des cuisses du cerveau à travers la substance perforée et prenant insertion sur l’éminence de Scarpa. L’éminence elle-même, visible dans le fond du sillon , proéminente comme une papille, et peut-être née de la limite du corps strié inférieur de Vieussens, rassemble les racines, les unit, et donne de la substance et de l’épaisseur au nerf naissant, qtii trouve un emplacement commode dans le sillon. Le nerf est triangulaire , et suivant S^mmering, ses côtés sont excavés et ses angles arrondis. 11 se termine par un renflement dénommé si diversement par les auteurs. De ce renflement partent les filets nerveux qui se rendent aux narines : Sœmmering, Pfeffinger, Scarpa, ont parfaitement observé,
(I) Fol. 81 et seq.
et mes propres observations m’ont appris que chez les fœtus et les enfauts, la substance cendrée abonde tellement dans les nerfs olfactifs, en comparaison de la substance blanche, qu’ils semblent en être seulement constitués. »
« Bien que les narines-soient pourvues de deux ordres de nerfs , il n’en faut pas moins rejeter l’opimon de Méry , qui refiise l’olfaction à la première paire ; la plus grande part doit lui être attribuée, comme le prouvent l’anatomie, l’anatomie comparée et la pathologie. »
« Si nous cherchons maintenant quelle est l’utilité , chez l’homme , des alternatives de stries médullaires et des ganglions annexés à nos nerfs , il me semble qu’ils ont pour usage de diminuer la véhémence des sensations olfactives. Mais, dans les animaux chez lesquels les bulbes cendrées recouvrent tellement les nerfs olfactifs qu’ils peuvent être confondus avec eux, et semblent plutôt en constituer la plus grande partie, je crois qu’ils n’ont d’autre but que d’ajouter la cavité dont ils sont pourvus à la cavité des ventricules, de sorte que les ventricules latéraux du cerveau, trop resserrés pour l’économie animale, trouvent ainsi une expansion convenable. Cette proposition paraît d’autant plus probable , que la cavité des bulbes n’est jamais plus grande que quand l’animal est plus petit. Mais quelle est la fonction et l’utilité de ses cavités ? Personne ne jl’a encore dit convenablement. »
Metzger termine son ouvrage en disant qu’enfin il est certain que les nerfs olfactifs ne naissent pas des corps striés. Lui et Malacarne sont les premiers qui Indiquent quelque connexion des nerfs de la première paire avec la commissure antérieure du cerveau.
Boyer (l), Cuvier (2), Richerand (3), Portai (4), Dumas (5), n’ajou-
(1) Anatomie. Paris, an vu; vol. ni, p. 314.
(2) Leçons d’anat. comparée. Paris, an viil; vol. n, p. 143.
(3) Éléments de physiologie. Paris, au ix; p. 267.
(4) Cours d'anat. méd. Paris, 1804 ; vol. iv, p. 149.
(5) Physiologie. Paris, 1806; vol. iii, p. 451.
tenl rien à la description de Scarpa, et ne s’occupent que de roHjrine apparente des nerfs, sans clierclier dan's les parties profondes s’ils ont quelque rapport avec les autres parties de l’encéphale. ♦
Chaussier ( I ), qui avait adopté l’opinion que les nerfs olfactifs viennent des corps striés, appelle cette élévation couche, du nerf ethmoïdal, de même qu’on avait nonoraé les couches optiques d’après le nerf optique.
Bichat (2) distingue trois sortes de nerfs: ceux qui naissent, 1° du cerveau, 2“ de la protubérance cérébrale, 3“ de la moelle vertébrale.
«Les premiers sont au nombre de deux, l’olfactif et l’optique; ils «ont remarquables parleur structure, leur destination exclusive pour des organes sensitifs, par leur volume très-grand, en le comparant à celui des parties où ils vont descendre. »
«L’origine des nerfs olfactifs a excité spécialement l’attention de.s anatomistes, qui l’ont placée en différentes parties, en voulant la poursuivre profondément dans la substance cérébrale; mais il est presque impossible de la suivre au delà de la superficie du cerveau. Or, en commençant l’examen à cette superficie, on distingue à ces nerfs deux racines médullaires et une corticale. Les premières sont les plus connues et les plus sensibles. Pour voir la troisième racine, il faut soulever le nerf et écarter les deux côtés du sillon longitudinal qui le reçoit dans son trajet. On aperçoit alors, sous les deux premières racines, un corps pyramidal grisâtre, dont la base est enfoncée dans le sillon, tandis que le sommet s’avance antérieurement pour se réunir à ces deux racines dans le point de leur jonction : là il dégénère en un cordon grisâtre, mince., qui règne sur la surface supérieure du nerf, dont il coupe le milieu. Cette troisième racine est nommée corticale, pour la distinguer des deux autres; mais si on la fend suivant sa longueur, on y trouve un canal médullaire très-distinct, et qui va en
(1) Exposit. somm. du cerveau. Paris, 1807.
(2) Anat. descript. Paris, 1803; vol. Iil, {). 143 etsuiy. Æ7. — 1837.— 441.
s’amincissant toujours davantage jusqu’à son sommet; en sorte que, comme Scarpa l’a observé, il forme véritablement une racine de même nature que les autres, mais que la substance corticale enveloppe jusque sur son extrémité. »
«Le nerf olfactif, disent Gall et Spurzheim (1), est le seul qui permette de douter s’il ne prend pas sa première origine dans les hémisphères; mais même, dans ce cas, il n’est pas la continuation de la substance blanche; il sort de la substance grise amassée dans la face inférieure des hémisphères. Il est certain que chez l’homme, ainsi que chez les animaux, c’est à la partie antérieure des circonvolutions internes des lobes moyens, que l’on aperçoit les premiers filaments de ce nerf : ils sont déliés, mous, et paraissent, pendant un assez long espace, comme incrustés dans la substance grise ; ils se rapprochent graduellement, et forment ordinairement les trois racines principales du nerf olfactif, dont l’intérieure est plus courte et plus large que les deux autres. On peut suivre jusqu’au fond de la scissure de Sylvius la plus extérieure et la plus longue de ces racines. »
«Dans la |>lupart des mammifères, on volt naître, de la substance grise de la partie antérieure, des circonvolutions internes du lobe moyen une grande quantité de filets nerveux disposés en rayons: ils se joignent à ceux qui viennent de la substance grise de la face inférieure des circonvolutions antérieures, et aident à former le nerf olfactif. Celui-ci forme une bande large et arrondie, reste adhérent au lobe antérieur, dirige son cours un peu en dedans, jusqu’à ce qu’il arrive à l’os ethmoïde, où il rencontre encore une grande masse de substance grise dans laquelle il se renforce. Cette substance grise et les filaments nerveux forment, tout près de l’os ethmoïde, un bulbe allongé et arrondi, qui est fermé de tous côtés. Mais si l’on enlève la partie antérieure de ce bulbe, on s’aperçoit que tout l’intérieur du nerf olfactif est creux; sa couche blanche intérieure est en ‘connexion Im-
(t) Anat et physiol. du système nerveux. Paris, 1810; p. 85 et suiv.
médiale avec la cavité antérieure du cerveau, de sorte qu’en soufflant dans le creux du bulbe l’air y pénètre très-aisément et gonfle les hémisphères. Nous ne doutons pas que toute cette organisation n’ait aussi lieu chez l’homme. Sœmmering dit que dans les embryons de trois mois le nerf olfactif est creux, et que l’air qu’on souffle par ce creux pénètre dans les cavités du cerveau. Cette expérience réussit aussi, mais très-rarement, dans les sujets adultes : elle s’accorde parfaitement avec la structure de ce nerf, composé de lames étroites nerveuses placées les unes sur les autres. »
Maygrier (I) les fait naître des lobes antérieurs du cerveau.
Wenzel (2) dit que, d’après les recherches des^anatomistes sur l’origine des nerfs, il paraît certain que le nerf olfactif naît, en partie au moins , des corps striés.
M. Hippolyte Cloquet établit (3) que' le nerf olfactif est actullemenl le seul dont on ne puisse pas démontrer les rapports directs avec la moelle, ou au moins avec la protubérance formée par les cordons médullaires qui naissent de sa partie supérieure. « L’origine de ce nerf a lieu par trois racines, deux blanches et une grise. La racine blanche externe naît du corps strié, la racine blanche interne paraît se confondre en arrière et en dedans, avec la substance blanche qui occupe la partie interne de la scissure de Sylvius, et, (pielquefois bifurquée, elle se prolonge jusqu’à la partie antérieure du mésolobe; mais, ainsi que l’autre, elle semble toujours incrustée dans la substance grise, et paraît dessinée seulement sur la surface inférieure du cerveau. La racine grise a la forme d’un corps pyramidal, couché sur le point de jonction des deux précédentes, et réuni à elles par son sommet, qui est tourné en avant. Après celte jonction, elle devient un cordon mince, toujours grisâtre, qui règne sur le milieu de la face supérieure du nerf.
(1) Manuel de l'anatomiste. Paris, 1811: p. 529,
(2) De structur. cerebri. Tubing., 1812; fol. 205.
(3) Anat. descript. Paris, 1825^ p. 84 et suiv.
En la fendant suivant le sens de sa longueur, on trouve son eenlre occupé par de la substance blanche , et, à trois ou quatre lignes au delà de sa réunion, on voit peu à peu la matière cendrée s’aminsir, et disparaître enfin tout à fait , de manière à laisser à nu cette partie médullaire^centrale. Le nerf qui résulte de l’assemblage de ces racines présente à sa surface inférieure sept stries longitudinales, dont trois cendrées et quatre blanches : il sembla renfermé dans un canal dont la partie supérieure est formée par le «illon du cerveau, et l’inférieure, par la membrane arachnoïde, etc.
Les nerfs olfactifs diffèrent de tous les autres pajp les caractères suivants : * '
Leur tronc a trois racines que copcourent à former les deux substances du cerveau ;
11 converge en avançant vers celui du côté opposé ;
Sa forme est celle d’un prisme triangulaire ; '
Il est logé dans un sillon spécial du cerveau;
L’arachnoïde ne lui fournit-point une gaine, et ne le recouvre que sur une de ses faces;
Il est entièrement mou et pulpeux ;
Ses filets ne s’anastomosent avec ceux d’aucun autre nerf;
■ Ils sortent du crâne par un grand nombre de trous.
« Les nerfs de l’organe olfactif, dit Treviranus (1) ne sont pas aussi variés que ceux de l’organe de la vision; ses nerfs accessoires proviennent seulement de la cinquième paire. Mais les nerfs olfactifs proprement dits sont, chez la plupart des animaux des quatre classes supérieures, à l’exception de l’homme, des singes et des cétacés, les plus forts du système nerveux, et les plus intimement unis à tout le système de la sphère sensitive. Ils naissent ici d’organes dont la structure intérieure n’est pas encore exactement étudiée, savoir, des appendices ‘olfactifs. Selon mes observations, les parties dont la base
(1) Jrch. de méd. 1823; vol. il, p. 557 et suiv.
— codes lobes cérébaiix antérieurs et les commencements des nerfs olfactifs sont formés dans les singes, servent à la construction de ces appendices. Cependant elles sont modifiées d’une manière particulière dans ces appendices olfactifs. A la base de ces corps se trouve longitudinalement une bandelette médullaire qui, dans les rongeurs, le hérisson, la taupe et les ruminants, offre la formo.du nerf olfactif humain, qui, plus large, est moins rigoureusement circonscrite sur les parties latérales dans les anitnaux carnassiers, mais qui, en général, naît, avec une racine simple ou double, analogue aux deux racines extérieures de l’organe olfactif humain, du noyau médullaire de la scissure de Sylvius, et qui se porte jusqu’au renflement antérieur des appendices olfactifs. Sous cette bandelette, la commissure antérieure se porte vers les corps olfactifs, et pénètre jusque dans leur dernière extrémité. Cette commissure, qui, dans l’homme et les singes, s’étend vers la scissure de Sylvius sous la forme d’un cercle, pénètre ici un cordon recourbé en forme de fer à cheval. Sous chacune de ses deux extrémités se trouve de plus un cylindre médullaire, dont les fibres naissent de la radiation du corps strié, et d’un amas de substance ‘médullaire située à l’extrémité antérieure de ce corps. Le cylindre médullaire et l’extrémité de la commissure antérieure sont entourés d’une continuation des circonvolutions cérébrales, sous la forme d’un tube composé de plusieurs couches superposées de substance médullaire et corticale dont le nombre n’est pas le même dans tous les animaux. A la face inférieure des appendices olfactifs, au-dessus de la bandelette médullaire externe, il se trouve entre ce" tube et le noyeau médullaire un canal longitudinal assez large, et oblitéré à la partie antérieure, se rétrécissant en une fente postérieurement, lequel paraît s’étendre, chez quelques animaux, jusqu’aux ventricules latéraux.
Outre les parties indiquées, la radiation de l’appendice cérébrale s’étend probablement aussi aux appendices olfactifs, qui reçoivent peut-être ,aussi des processus immédiats des pédoncules du cerveau; du moins les derniers peuvent-ils y être suivis dans les oiseaux, les amphibies et les poissons. Avant de parvenir jusqu’à la lame criblée de
l’ethmoïde, l’extrémité du corps olfactif se renfle en forme de massue, qui, dans les rongeurs, le hérisson, la taupe et les chauves-souris, est séparée par un rétrécissement delà partie postérieure de ce corps, tandis que, dans les autres mammifères, il y passe sans aucune interruption. Dans cette massue se mêlent, de la manière la plus intime, toutes les parties dont se compose l’appendice olfactif, et il en sort des filets nerveux qui pénètrent par la lame criblée dans la cavité nasale, de la même manière qu’ils sortent de la massue olfactive de l’homme et des singes. Dans la plupart des animaux, par le moyen des nerfs du nez, une influence extérieure et immédiate peut donc être exercée sur les corps striés, la commissure antérieure, le noyau médullaire de la scissure de Sylvius, les circonvolutions antérietires du cerveau, en un mot, sur les plus importants des organes encéphaliques t!e la vie sensitive. Danç l’homme, celte impression ne se fait que d’une manière médiate par les racines des nerfs olfactifs. Mais ici les mêmes organes principaux de la vie sensitive confluent dans les parties qui donnent naissance à ces nerfs. »
« La corne d’Ammon est en relation intime avec les corps olfactifs et les corps striés (1). Son volume n’est en rapport direct qu’avec le volume des nerfs olfactifs, et la substance médullaire de son extrémité inférieure se confond avec le noyau médullaire duquel naissent les racines externes du nerf olfactif; mais c’est précisément ce nerf, qui est situé le plus loin de la moelle allongée, et de la sphère de la vie végétative. L’hippocampe coopère donc vraisemblablement à une fonction de la vie intellectuelle supérieure, peut-êtré à la réminiscence, qui est si bien réveillée par des impressions exercées sur le sens de l’o.l faction.
« Aucun nerf (2) d’un des organes sensoriaux supérieurs, qui se trouve à un degré plus élevé de formation, ne s’unit pendant son trajet avec
(1) Archiv. 1823; vol. ni, p. 234.
(2) 'Archiv. 1823; vol. il, p. 571.
un autre nerf hétérogène. C’est aux derniers degfés de l’organisation , seulementdans la classe des insectes, que nous voyons des nerfs des yeux, desquels partent des nerfs accessoires pourd’autres parties.»
« Je crois, pouvoir montrer que ce n’est pas pour l’olfaction seule que le nerf olfactif. est si intimemenl uni aux parties principales du cerveau (1). En effet, il sert encore à opérer une autre impression immédiate de l’atmosphère sur l’encéphale, influence qui excite et détermine l’action de l’encéphale, particulièrement l’instinct des animaux. C’est pour cela que ces nerfs, avant de se ramifier, se renflent en ganglions grisâtres, tandis que les autres -nerfs sensoriaux des animaux vertébrés ne sont jamais interrompus par de la substance grise avant leur ramification. »
Meckel (2) , après une très-bonne description des trois racines, dit ;
O Qu’elles sont tellement plongeés daus la substance grise, qu’on n’aperçoit que leur face inférieure , et qu’on ne peut les mettre en évidence, dans tous leurs contours, sans employer le secours de l’art. Il est trèsvraisemblable qu’on doit regarder toute la masse de substance grise dans laquelle elles sont plongées, comme la portion du cerveau qui est en rapport avec l’origine du nerf olfactif. Cette portion a la forme d’un carré long. Elle se continue en dehors avec la jonction des lobes antérieurs et postérieurs, en arrière avec la lame perforée ou criblée antérieure; en devant elle fait corps, à son côté externe et à son côté interne, avec les deux circonvolutions qui limitent le sillon dii nerf optique. Au milieu elle est libre, et forme la paroi postérieure de ce sillon , dans l’intérieur duquel elle fait saillie. Le nerf se gonfle beaucoup d’arrière en avant, de manière qu’à son extrémité antérieure il est deux ou trois fois plus épais qu’à son origine. II a la forme d’un prisme dont la base regarde en bas, dont les deux faces latérales sont tournées en dedans et en dehors, et dont l’angle supérieur est le plus aigu.
(1) y/rcAiV. t823; vol. ii, p. 562 et siiiv.
(2) Manuel d'anatomie. Paris, 1825; vol. iii , p. 117.
Dans toute sa longueur, il est formé très-manifestement de substance grise et de substance blanche, disposées en fibres longitudinales qui marchent les unes à côté des autres, et s’entremêlent ensemble. Son extrémité antérieure renflée , qui porte le nom de bulbe du nerf olfactif, est l’endroit où l’on trouve, proportion gardée, le plus de substance grise. Dans tout le reste du trajet du nerf, cette sub.stance est surtout abondante au côté interne. Au côté externe, c’est près de la face inférieure qu’on l’aperçoit principalement, La face inférieure du bulbe est la seule partie du nerf olfactif d’où naissent les filets qui vont se distribuer à la membrane pituitaire. Les nerfs de la cinquième paire entourent la surface à laquelle se distribue le nerf olfactif, avec les filets postérieurs et externes duquel ils sa’nastomosent. »
« Très-probablement (1) la commissure antérieure a aussi des relations avec l’orignle du nerf olfactif, puisqu’elle passe au-dessous de la lame criblée antérieure, à peu de distance de ses racines, surtout de l’externe, et qu’on parvient à démontrer chez les animaux, qu’il existe un rapport incontestable entre le développement de ces racines et celui de la commissure. Il résulterait de là une grande ressemblance entre le nerf optique et le nerf olfactif à leur origine.»
M. Meyranx (2) expose ainsi les idées de M. de Biainville: » C’est à tort qu’on désigne les masses olfactives sous le nom de nerfs olfactifs; ce sont de véritables lobes cérébraux. La partie blanche qui entre dans leur composition est l’extrémité du système central à sa partie antérieure ou céphalique. La commissure antérieure, au moins en partie, paraît appartenir aux lobes olfactifs, et leur servir de liaison. Le ganglion olfactif est doué d’un appareil extérieur situé dans la gouttière cthmoïdale; il communique, d’une part, aux lobes olfactifs, et de l’autre, il envoie les nerfs olfactifs à la membrane pituitaire. Deux ou trois^e ces filets vont, chez les mammifères, se porter à l’organe de Jacobson. Ij’illustre auteur regarde cet organe comme intermédiaire au goût et à
(1) Meckel, Anat,-, vol. ii, p. 6ft8.
(2) Arch. gén. de méd. 1807; t. xiv, p. 61 et suiv.
l’odorat; mais rien n’est prouvé à cet égard. Le naso-palatin, découvert parM. Hlp. Cloquet, et qui existe dans le trou incisif, est réuni au ganglion olfactif par les deux ou trois filets découverts par Jacobson.
Iæ lobe olfactif est d’autant plus développé dans les mammifères qu’on s’éloigne davantage de l’homme. Toutefois l’homme n’est pas à l’extrémité de l’échelle de dégradation de ce ganglion. Le dauphin et les cétacés revendiquent en effet cette place. On disait que le dauphin était entièrement dépourvu des Kjbes olfactifs; MM. de Blainville et Jacobson ont découvert, dans le lieu analogue, un petit lobe olfactif.
Le lobe antérieur est d’autant plus développé, en général, que le lobe olfactif est plus dégradé.
Bailly (I) cherdie, par l’anatomie comparée, à établir les connexions des nerfs olfactifs avec les autres parties de l’encéphale, et il arrive à ce résultat: «Ou sait depuis longtemps que la commissure antérieure du cerveau de l’homme se rend dans les lobes moyens; dans les autres mammifères, elles se rend aux nerfs olfactifs. Chez les herbivores, elle ne se rend pas aux lobes moyens, mais se termine dans les nerfs olfactifs dont elle est alors la commissure. Jusqu’à présent, elle n’a été décrite que comme simple, mais dans les earnivores elle est double; la plus grande partie de ses fibres se rend, comme chez les herbivores, dans le nerf olfactif; mais, de la partie postérieure de sa courbure, part de chaque côté un petit faisceau de fibres transversales qui va dans les lob*es moyens. Ce faisceau représente la commissure antérieure de l’homme. Chez ce dernier, on n’a point encore trouvé de commissure pour le nerf olfactif. »
Tiedemann note que, chez le fœtus. humain, les organes olfactifs ne paraissent qu'au troisième mois. «Alors (2) les nerfs olfactifs, qui sont très-volumineux, forment deux bandelettes, nées latéralement de la scissure de Sylvius, entre les lobes antérieurs et les appendices posté-
(1) Rccherch. d’anat. et de physiol. — Arch. gén. de 1823; tom. iv, p. 48 et suiv.
(2) Anat. du cerveau. Paris, 1823, p. 40, 55, 72, 78, 9Ô et 105. i/.1837.— 441.
rieurs, et terminées par un petirtubercule arrondi. Ils ont beaucoup de ressemblance avec les éminences mamelonnées qu’on trouve dans les cerveaux des animaux; tous deux sont creux', et leur cavité se continue avec la corne antérieure du ventricule latéral , qui va profondément s’insinuer jusque dans le nerf olfactif, au-devant du corps strié. Il est évident que ces deux nerfs sont des prolonjjements ou des appendices creux du cerveau. Celte cavité, communiquant avec la corne antérieure du ventricule latéral , existe manifestement jusqu’au septième mois , époque à laquelle le nerf est très-volumineux, proportionnel lement à la masse dû cerveau, et presque entièrement composé de substance grise. »
MM. Adelon(l), Velpeau (2), Blandin (3), ne mettent point en doute la propriété olfactive du nerf de la première paire.
M. Serres (4) expose que, dans la classe des mammifères, le nerf olfactif offre des variétés très-essentielles dans son volume et ses rapports avec les hémisphères cérébraux. «La racine externe, peu prononcée chez l’homme, très-grêle chez les quadrumanes, augmente tout à coup chez le phoque, et suit une proportion toujours croissante pour les autres classes. Le faisceau Interne ne partage pas la progression directe de l’externe; son volume est soumis à beaucoup de variations. Relativement au point où ils s’insèrent, ces faisceaux offrent de semblables variations. L’externe correspond toujours à la proéminence latérale du lobe de l’hippocampe, dont il est la continuation au dehors : ce rapport esta peine visible chez l’homme, à cause de l’atrophie du lobe de l’hippocampe et de la saillie prodigieuse du lobe sphénoïdal; à mesure que le lobe de l’iiippocampe se développe et se déjette en dehors, la branche externe suit son mouvement et se porte en dehors
(1) Physiologie. Paris, 1823; p. 331.
(2) Anat. chirurg. Paris, 1825; p. 129.
(3) Anat. chirurg. Paris, 1825; p. 86.
(4) Anal, coinp. du cerveau. Paris, 1824; p. 273 etsuiv.
aussi. La racine interne suit un autre rapport dans son insertion ; chacun sait qu’elle s’implante chez l’homme à la partie interne de la base du lobe antérieur, un peu au-devant de la jonction des nerfs optiques. Mais, à mesure qu’on'se rapproche des dernières classes, le point de son implantation s’écarte de la jonction des nerfs optiques. En s’écartant l’un de l’autre pour se rendre à leur point d’insertion,. ces deux faisceaux circonserivent un espace plus ou moins étendu sur la base du lobe antérieur; eet espace est borné, en dehors, par le faisceau externe, en dedans, par le faisceau interne, en arrière j par la jonction des nerfs optiques et la partie antérieure du lobe de l’hippocampe, en avant, par la réunion des deux faisceaux du nerf olfactif. Je nomme cette partie de la base du lobe antérieur, champ olfactif. Nous voyons de suite que ce champ devra s’étendre à mesure que la racine externe des nerfs se portera en dehors, et que la racine interne se portera en devant en s’éloignant des nerfs optiques, c’est-à-dire, à mesure qu’on descend de l’homme aux rongeurs. J’appelle pédicule olfaetif le tronc résultant de la réunion des deux faisceaux, d’insertion ; son existence est assujettie à celle de ces deux racines d’implantation; or, ces racines suivant d’une mânière générale une progression croissante de l’homme aux rongeurs, le pédicule suivra le même rapport. Ce pédicule, filiforme chez l’homme, devient dans les autres elasses d’un volume si considérable qu’on lui a donné le nom de processus. L’appareil olfactif, considéré à la base de l’encéphale, se compose donc, dans ces familles de inammifères, de quatre parties distinctes, non compris le lobule olfactif: l”du pédicule olfactif; 2" de scs racines interne et externe; S*’ du champ. olfactif ; 4“ du lobe de l’hippocampe. »
«En se développant, tous les éléments fondamentaux de l’encéphale se creusent d’un ventricule. Cette cavité semble avoir pour but d’étendre leur superficie. 11 en est ainsi pour le lobule olfaotif: ce lobule est solide ehez l’homme, les singes , les phoques et les oiseaux, à cause de son faible développement. 11 se creuse, au contraire, chez les ruminants, les rongeurs; les reptiles et les poissons, en raison directe de son accroissement. »
«On a supposé que les nerfs de l’olfaction prenaient leur insertion dans le corps strié, mais aucun anatomiste n’a pu démontrer ce rapport, qui est, du reste, en opposition avec le développement de ces corps chez les mammifères, ainsi que l’ont montré Sœmmering, Gall et Cuvier. Cuvier a même détruit pour toujours cette hypothèse, en faisant voir que les cétacés privés de nerfs olfactifs avaient conservé leurs corps striés. Une opinion qui, chez les mammifères, paraît plus probable, est celle qui considère les liaisons du nerf olfactif avec la radiation externe de la commissure antérieure. Malacarne est le premier qui l’ait émise, Rolando l’a adoptée, M. de Blainville l’a reproduite depuis [)eu, •Vieq-d’Azyr l’avait lui-même entrevue. Chez l’homme, on voit la racine externe du nerf olfactif s’insérer par l’iin de ses faisceaux sur les rayons externes de ta commissure antérieure. »
M. Sommé (1), après avoir examiné l'organe de l’odorat dans les différentes classes des vertébrés, pose en principe que «dans aucun animal vertébré, la perception des corps odorants ne s’exerce immédiatement sur des cordons nerveux. C’est une substance grise, pulpeuse, de même nature que la corticale, qui passe à travers les ouvertures des fosses ethraoïdales pour se répandre sur la membrane pituitaire. La substance blanche , placée au-dessous des lobes antérieurs du cerveau, ne va pas plus loin que l’intérieur du crâne. Ce qui a contribué à faire considérer comme un nerf la substance blanche située au-dessous des lobes antérieurs , c’est que, dans l’homme et les singes, les substances grises et blanches s’allongent en forme de cordon jusqu’au renflement pulpeux des rainures ethmoïdales. Ce prolongement étant regardé comme un nerf, on n’a fixé son attention que sur la substance blanche ou médullaire, "qui se termine en arrière par plusieurs filets blancs décrits sous le nom de racines du nerf olfactif. L’examen du cerveau, par sa base, semble confirmer cette prévention. La substance blanche du prolongement se présente la première; mais.
(1) Bccherch. sur l'anat. conip. du cerveau. Anvers^ 1824 ; chap. ni, p. 10 et suiv.
en soulevant ce prétendu nerf, en le renversant en arrière, on verra quelle est sa véritable origine. J’ai examiné si ce prolongement était creux comme dans quelques animaux , et s’il communiquait avec les ventricules latéraux ; en faisant une section ti’ansversale vers le milieu du nerf olfactif, il m’a paru qu’avec la loupe on aperçoit une cavité triangulaire chez un sujet infiltré; la rainure qu’on observe le long de la partie inférieure semblerait indiquer un canal.
« Les parties de l’encéphale qui servent à l’odorat sont peu développées dans l’homme et le singe; les tubercules olfactifs sont petits, les fosses ethmoïclales peu profondes, et les trous de la lame criblée peu nombreux. C’est dans les animaux que l’on voit facilement le passage de la substance grise dans les fosses nasales; cependant, un examen attentif des mêmes parties dans l’homme fera connaître les mêmes dispositions, et l’on sera convaincu que la perception des odeurs ne se fait pas par le moyen d’un nerf. »
Desmoulins (1) prouve que dans les carnassiers, les rongeurs, les ruminants , etc., le lobe olfactif a quatre connexions principales : 1" avec les pédoncules du cerveau; 2“ avec les fibres du pied d’hippocampe, 3" avec le corps calleux, et 4” avec la commissure antérieure; en outre, toutes les circonvolutions inférieures de l’hémisphère, adjacentes au gros faisceau aplati de fibres blanches, qui forment le pédoncule olfactif, sont aussi en continuité de fibres avec le lobe olfactif. «Mais, chez l’homme, il n’existe plus qu’une seule de ces connexions ; en effet, son pédoncule olfactif n’a pas plus d’une demi-ligne de diamètre ; il est libre dans toute sa longueur, jusque auprès de l’angle interne que forme la base du lobe antérieur de l’hémisphère , entre l’extrémité interne de la scissure de Sylvius et le fond de la grande scissure du cerveau, devant le croisement des nerfs optiques. Là, il s’implante par trois racines dans la paroi antérieure de la scissure de Sylvius : la racine extérieure médullaire s’implante au sommet même de la scis-
(t) y^nat. des syst. nerv. Paris, 1825 ; vol. i, p. 564 et suiv.
sure, dans la couche corticale de la dernière circonvolution du lobe moyen ; la racine interne naît de l’angle indiqué de la base du lobe antérieur, près et au-dessous de l’entre-croiseraent des nerfs optiques, également dans la couche corticale de cet endroit; la troisième, appelée corticale^ parce qu’elle n’est blanche qu’à l’intérieur, s’enfonce dans l’extrémité du sillon , où est enclavé le pédoncule olfactif, et atteint les fibres blanches de la circonvolution correspondante. Ici donc, le pédoncule du lobe olfactif n’a plus de connexion ou de continuité qd avec les circonvolutions postérieures de la base du lobe antérieur de l’hémisplièBe. Les quatre autres connexions, déci'ites dans les rongeurs, les insectivores, les ruminants, etc., manquent donc ici.
«11 n’y a aucun rappoit direct entre la proposition de l’hippocampe, et celle du cordon latéral externe du pédoncule olfactif.
«J’ai démontré, le premier (1), que le nerf olfactif rie s’insérait pas au cerveau; que le renflement ou lobe médullaire, logé dans la fosse ethmoîdale, n’est point le nerf olfactif; que c’est un lobe encéphalique du même genre que les lobes cérébraux, optiques, cérébelleux, etc., et que ce lobe donne naissance ou insertion aux nerfs olfactifs , comme les lobes optiques donnent naissance aux nerfs du même nom. Auparavant, on ne comptait à l’encéphale des mammifères que trois paires de lobes : les cérébelleux, les optiques et les cérébraux.
« Les nerfs olfactifs et optiques sont les seuls dont les fibres se continuent avec celles de l’appareil cérébro-spinal correspondant. Mais, lors même de cette continuité, il n’y a pas lieu de conclure que le nerf est une production sortie du lobe; car, dans le cas de défaut de formation de tout l’axe cérébro-spinal , chaque paire de nerfs , et ceux des sens surtout, n’eh existent pas moins avec tous leurs appareils externes; leurs extrémités encéphaliques ou spinales, plu.s ou moins rudimentaires , sont alors libres et flottantes.
«Les systèmes nerveux latéraux sont donc formés à leur place.
(1) Archives. 1823; tora. iil, p. 572.
comme l’axe cérébro-spinal à la sienne, et des obstacles subséquents peuvent empêcher, à différents degrés, l’établissement de leurs connexions. »
M. Breschet (1) rapporte ainsi l’observation d’un hydrocéphale manquant de cerveau : « Les nerfs mis à nu , je vis distinctement la première paire ou nerfs olfactifs, dont le renflement antérieur était trèsmarqué. et deux filets blanchâtres qui se dirigeaient en arrière vers la moelle épinière; cependant , je n’al pas pu suivre ces cordons jusqu’à leur insertion on origine. »
Un autre fail du même genre a été fourni par M. Béclard; « Chez un hydrocéphale, la moelle allongée était divisée en avant et présentait les pédoncules du cerveau terminés par des éminences qui paraissaient être les couches optiques et les corps striés. En outre, la moelle se pi'olongeait, entre les pédoncules, en deux petits cordons blancs qui se terminaient dans les gouttières ethmoidales par les renflements olfactifs. »
«D’où, entre autres considérations générales, il s’ensuivrait ; que le cerveau ne donne naissance à aucun nerf, et qu’on peut, sous le rapport du système nerveux, le considérer comme étant plutôt un ganglion de renforcement que comme la source de quelques cordons nerveux; que les nerfs olfactifs, existants dans ces enfants privés de cerveau, ne tirent point leur origine de cette partie de l’encéphale, à moins qu’on n’admette que toutes les parties naissent en place indépendamment les unes des autres. Le volume, toujours considérable, des nerfs olfactifs chez les nouveau-nés, leur figure en massue, la nature de leur substance, portent à penser que les parties nommées nerfs olfactifs, sont moins des nerfs proprement dits, quede petits lobes ou des prolongements du cordon rachidien analogues au cerveau luimème.
«En continuant à les considérer comme des nerfs, il faut.ad mettre
(1) Journ. de phrsiol. cxpérim. 1822 ; vol. ii. p. 271, 27.3, 27-5.
que les lobes cérébraux ou les corps striés ne leur donnent pas naissance, et qu’ils tirent leur origine d’un point plus éloigné. Ne trouvet-on pas, dans beaucoup de poissons, une analogie assez frappante entre la conformation des nerfs ethmoïdaux et .celle de ces fœtus privés du cerveau. »
•«Enfin, par ces deux observations, on est autorisé à croire que le développement normal des parties contenantes n’est pas sous la dépendance de l’existence et de l’accroissement régulier des parties contenues. Le crâne peut offrir une forme régulière, quoique le cerveau manque ou qu’il ait éprouvé, dans son évolution, une plus ou moins grande déviation. »
Voici une autre observation de MM. Baron et Comte (1), qui se rapproche de celles rapportées par M. Breschet ;
«Dans un cas d’hydro-anencéphalie, on ne trouva aucun vestige du cerveau: le cervelet existait, recouvert par sa tente et surmonté par deux petites sphères, du volume d’une noisette, tapissées d’une membrane vasculaire qui s’étendoit jusqu’aux apophyses d’Ingrassias; audevant de ces deux prolongements, existait, sur la selle turcique, une substancfé pulpeuse qui recevait, en avant, les extrémités postérieure» des nerfs olfactifs et celle des nerfs optiques, en -dessous la tige pituitaire; on souleva. à gauche les membranes, et l’on put se convaincre de l’existence de tous les nerfs qui naissent de la moelle allongée ou qui s’y rendent. On disséqua avec soin les éminences ovoïdes, situées à la partie antérieure et supérieure du cerveau, et l’on vit que c’étaient les pédoncules du cerveau qui, pareils à deux moignons cicatrisés, semblaient, en ce point, avoir été divisés par l’instrument tranchant, et derrière lesquels se trouvaient les tubercules quadrijumeaux. »
«Il est impossible, dit M. Laurencet (2), d’appeler nerf olfactif le lobule et le pédicule olfactifs. Tous les traités d’anatomie comparée
(1) Archives. 1825; vol. vu, p. 471.
(2) Anatomie du cerveau. Paris, 1325; p. 135.
et d’embryofiénie s’accordent à reconnaître là un véritable lobe, qui, ainsi que les optiques, s’atrophie chez l’homme et perd son ventricule. On doit donc restreindre le nom de nerfs aux filets qui s’en détachent pour traverser la lame criblée de l’ethmoïde, comme l’on n’appelle les nerfs optiques chez les oiseaux que les cordons qui procèdent des lobes du même nom. Mais il est à propos de remarquer ici que chez tous les mammifères où l’on trouve ce lobe, il est composé de deux parties fibreuses bien distinctes; l’une, provenant du lobe de l’hippocampe dans le sillon de Sylvius, et l’autre (ce serait la plus considérable) nous a paru venir, chez tous les mamnifères, excepté l’homme et le singe, de la commissure antérieure. Chez l’homme et le singe, cette dernière racine est celle que les auteurs ont reconnu provenir du corps strié par un ou quelquefois deux filets assez ténus, mais non point de la commissure antérieure, puisque celle-ci s’épanouit dans le lobe moyen. 11 résulte de là utie singularité plus piquante; c’est que la commissure antérieure étant crois'ée, comme on le voit chez les rongeurs, ce nerf serait croisé chez eux quant aux fibres antérieures qui composent son pédicule; rien, chez l’homme, n'indiquerait une disposition semblable pour les filets issus du corps strié; leur ténuité, d’ailleurs, empêche de les suivre très-avant; chez beaucotip de; poissons, il existe aussi une commissure entre les lobes d’où [)artent les nerfs olfactifs. »
Lauth (I), après avoir décrit les nerfs olfactifs., s’exprime ainsi: U Dans la plupart des animaux, les parties analogues à ce que nous venons d’appeler nerfs olfactifs ne sont autre chose que les continuations des lobes antérieurs du cerveau, creusées, dans leur intérieur, d’une cavité qui communique avec les ventricules latéraux. Ce ne seraitdonc pas à tort, peut-être, si on considérait ces parties, y compris le bulbe olfactif, comme étant des portions du cerveau, et si on appelait seulement nerfs olfactifs les filaments qui s’en détachent pour traverser les trous de l’ethmoïde. Il est vrai que dans l’homme cette disposition
(1) Nouveau manuel de l’anatomislc. Paris, 1829; p. 224, 4/.— 1837.— N« 441.
est inverse, en ce que les lobes cérébraux y sont très-grands et leurs prolongements olfactifs très-minces; ce n’est donc que par voie d’analogie que l’on pourrait adopter cette opinion. »
M. Lélut (1), dans une note sur le lobule de l’hippocampe, établit ainsi les relations de cet organe avec les racines des nerfs olfactifs : «En bas et en avant, la couche de substance médullaire, qui tapisse la face inférieure du lobule de l’hippocampe, se continue avec la substance qui revêt la partie interne de la scissure de Sylvius; substance tantôt et plus généralement blanche, suivant la remarque de Bichat et de Desmoulins , tantôt d’une couleur jaunâtre, comme l’a bien vu Sœmmering. Elle se trouve ainsi en connexion immédiate avec les deux racines blanches du pédicule olfactif, et avec la couche de substance médullaire qui forme l’écorce de la partie Inférieure de ce pédicule. Cette dernière disposition est de la plus grande évidence dans les mam-. mifères inférieurs à l’homme, dans le chien, le chat, le bœuf. Chez l’homme, s’il n’y a point continuation de substance, il y a au moins analogie de structure etitre ces parties : deux ou trois fols j’ai vu la substance blanche du fond de la scissure de Sylvius présenter la disposition alvéolée que j’ai Indiquée comme propre à la face ventriculaire du lobule de l’hippocampe, et surtout à sa partie inférieure.»
Carus (2) n’admet pas, chez l’homme, de commissure entre les nerfs olfactifs : « C’est dans la classe des mammifères qu’on voit apparaître, pour la première fois, l’un des caractères des hémisphères, qui consiste en ce que les nerfs olfactifs ne tiennent plus que comme des mamelons creux [processus mamillares) à l’extrémité antérieure de ceuxci , et , reposant sur la lame cribleuse , fournissent les filets nerveux à la membrane pituitaire, lia déjà été dit que la cavité de ces mamelons communique avec les grands ventricules latéraux ; j’ajouterai que les deux communiquent ensemble par un faisceau fibreux courbé en arc et dirigé en avant de la commissure antérieure, et que la face infé-
(1) Journ. des progrès. 1830; vol. il, 2® sér., p. 167.
(2) Traité d'anat. comparée, Paris, 1835; vol. l, S 125, p. 98.
Heure des hémisphères offre également ici, presque comme dans les oiseaux, une commissure médullaire entre le lobe moyen du cerveau et le mamelon olfactif. Les singes sont les seuls chez lesquels on rencontre, comme chez l’homme, des cordons libres de nerfs olfactifs.»
M. Cruveillîier (1) décrit à part l’origine apparente et l’origine profonde ou réelle du nerf, et montre ainsi qu’on ne doit plus conserver de doute que relativement aux connexions profondes que le nerf olfactif peut avoir avec les autres parties de l’encéphale : «Sous le rapport de leur extrémité centrale et de leur trajet crânien , les nerfs olfactifs sont des nerfs à part, et leur disposition justifie l’incertitude qui a longtemps régné et qui règne encore sur leur véritable caractère. Ils proviennent du cerveau, et c’est-là un caractère qui leur est exclusivement propre; c’est le seul nerf encéphalique proprement dit. Ils naissent de la circonvolution la plus reculée du lobe antérieur, au devant de la substanee perforée qui limite cette circonvolution en arrière. Cette origine a lieu par un mamelon ou renflement pyramidal, pyramide grise, qu’on considère comme la racine grise du nerf olfactif. Ce renflement grisâtre, qu’on voit très-bien en renversant le nerf d’avant en arrière, se prolonge comme une traînée linéaire de substance grise sur la face supérieure du nerf. Indépendamment , il existe deux ou trois racines blanches: l’externe ou longue, cachée dans la scissure de Sylvlus, m’a paru provenir du lobe postérieur du cerveau, ou plus exactement de la lèvre postérieure de la scissure de Sylvius ; la racine interne ou courte naît de la circonvolution la plus interne du lobe antérieur, et vient s’unir, à angle aigu , avec la racine longue; souvent , entre ces racines, se voient une, deux et même trois stries qui viennent de la portion la plus reculée du même lobe antérieur. Les anatomistes n’ont pas borné leurs recher ches à l’origine apparente des nerfs olfactifs , ils ont encore essayé d’en déterminer l’origine profonde ou i-éelle. Willis* les faisait provenir de la moelle
(!) Anal, descript. Paris, 1835; \ol. iv, p. 883 et suiv.
allongé^ ; Ridley, du corps calleux; Vieussens, Wlnslow et Monro, des corps striés. Scarpa dit que les racines profondes viennent d’un cordon blanc placé en avant et au-dessous des corps striés. Herbert-Mayo représente ces racines comme provenant des corps striés ; elles m’ont paru provenir de la commissure antérieure , et nullement du corps strié. 11 suivrait de là que les nerfs olfactifs naîtraient par une commissure, à la manière des nerfs optiques. Né de cette manière, par une sorte de bulbe ou renflement gris (renflement ou bulbe d’origine), le nerf olfactif se rétrécit, s’effile immédiatement, est reçu dans le sillon antéro-postérieur qui lui est destiné et qui le conduit jusque dans la gouttière ou fosse ethmoïdale, où il présente un renflement ou bulbe (bulbe ethmoïdal) analogue, à beaucoup d’égards, au renflement ou bulbe d’origine. Vu inférieurement, le nerf olfactif se présente sous l’aspect d’un ruban soyeux, sillonné longitudinalement à sa partie moyenne; mais si on le renverse d’avant en arrière, on voit que ce nerf est prismatique et triangulaire; que ses deux faces latérales concaves répondent aux circonvolutions qui limitent le sillon antéropostérieur; que son arête supérieure est formée par une traînée linéaire de substance grise, qui unit la substance grise du renflement d’origine à la substance grise du renflement ethmoïdal. L’arachnoïde se comporte, à l’égard de ce nerf, d’une manière particulière : au lieu de lui former tout d’abord une gaîne, elle passe au-dessous de lui, et le maintient appliqué contre son sillon protecteur, tandis que la pie-mère passe au-dessus, pour aller tapisser l’anfractuosité correspondante. Ce n’est qu’à quelques lignes en deçà du renflement ethmoïdal que le nerf se détache entièrement du cçrveau. Le ruban olfactif de l’homme n’est d’ailleurs nullement creusé à son centre, comme chez les mammifères; durci par l’alcool, ce nei’f se décompose en filaments blancs parallèles, tout à fait semblables aux fibres de la substance médullaire du cerveau. Parvenus au iiiveau des gouttières ethmoïdales, les nerfs olfactifs, qui ont convergé l’un vers l’autre, se renflent immédiatement en un bulbe olivaire, cendré ( bulbe ethmoïdal ), extrêmement mou, auquel Malacarne, le premier, a donné le nom de ganglion.
el qui e.sl compo é de la manière suivante : au moment où ils vont plonger dans le bulbe, les filaments blancs qui eonstituent le ruban, ou mieux le prisme olfactif, s’écartent à la manière d’une palme et plongent dans l’épaisseur d’une substance grise ou cendrée, qui remplit également leurs intervalles. Cette substance est tout à fait analogue à la substance grise du eerveau, mais moins consistante ; elle est encore analogue à la substance des ganglions ; aussi , Scarpa n’hésite-t-il pas à considérer le renflement ethmoïdal comme un ganglion. C’est de ce renflement que partent les nerf» olfactifs proprement dits, qui s’expriment, pour ainsi dire, à travers les trous de la lame criblée de l’ethmoide. On a dit que la substance cendrée envoyait des prolongements à travers ces trous , mais la chose n’est nullement démontrée. »
«Je n’ai pas trouvé (1), comme Tréviranus, que la substance médullaire c^e l’extrémité antérieure de la corne d’Ammon se continuât, ni même qu’elle communiquât en aucune manière avec les racines externes du nerf olfactif. Je ne puis conséquemment admettre que les fonctions de la corne d’Ammon soient relatives aux nerfs olfactifs.
«Les nerfs olfactifs (2) sont les organes de l’olfaction. Leur distribution établit que la faculté olfactive réside essentiellement et exclusivement à la voûte des fosses nasales et à son voisinage. »
Résumé de la partie anatomique.
Ainsi, jusqu’au XVII* siècle, c’est à peine si nous trouvons quelques auteurs qui aient regardé les organes olfactifs comme des nerfs; ce «ont Théophile Achillini, Massa, Valverda, Piccolhomini.
Du XVll® siècle jusqu’à nos jours, le petit nombre est de ceux qui se sont rangés du côté des anciens, en ne voulant pas les reconnaître pour des nerfs; ce sont Félix Plater, J. Baidùn, Grasseck, Knobloeh, Vidius, Riolan, Schenklus, Diemerbroeck, Méry, SIevogt.
Donc la plupart des anatomistes les ont admis comme des nerfs qu’ils
(1) Ànat. descript. Paris, 1835 ; vol.v i, p, 694.
(2) Anat. descript.-, p. ,903.
ont appelés olfactifs, et auxquels Ils ont assigné des places différentes, jusqu’à Willis qui définitivement leur fixa la première.
Sous le nom • collectif de nerfs olfactifs sont comprises, de nos jours , quatre parties différentes du cerveau bien distinctes:
1" Les trois racines d’origine;
2“ Le tronc nerveux, ruban, pédicule, qui résulte de l’assemblage des racines;
3" Le renflement, bulbe, ganglion, lobule, par lequel le tronc nerveux se termine dans les fosses ethmoïdales;
4° Les filets nerveux qui , nés du bulbe, traversent les trous de la lame criblée de l’ethmoïde et vont se répandre dans la membrane pituitaire.
Cherchons si de tout temps il en a été de même.
Les anciens, qui n’avaient disséqué que des quadrupèdes, chez lesquels, au lieu de nerfs olfactifs, on semble ne trouver que deux grosses éminences cendrées qui remplissent les fosses ethmoïdales, et dont l’intérieur est creusé par une cavité qui communique avec la cavité des ventricules antérieurs du cerveau, regardaient ces éminences comme des productions du cerveau, et les avaient appelées, à cause de leur ressemblance avec dt-s mamelles, caruncu! a, processus mamillares. Us les considéraient comme des espèces d’émonctoires, de canaux par lesquels s’écoulaient la sérosité et la pituite du cerveau. Comme ils n’avaient pas vu ces organes envoyer de filets nerveux hors du crâné, ils prétendaient qu’il n’y avait pas d’appareil extérieur pour l’odorat , et que, seul de tous les sens. Il existait à l’inférieur de la boîte osseuse. Les uns, à l’exemple d’Hippocrate, d’Aristote, de Galien, en plaçaient le siège dans les ventricules antérieurs du cerveau, regardant les productions mamillaires comme servant d’introducteurs aux corpuscules odorants ; les autres prenaient pour organes propi es de l’olfaction ces productions mamillaires, qu’ils rejetaient toutefois du nombi'e des nerfs, tandis que d’autres, en les l'econnaissanl pour des nerfs, ne les en croyaient pas moins propres à l’écoulement des fluides cérébraux.
Donc, ils ne connaissaient du nerf que le renflement terminal si prodigieusement développé chez les animaux.
Bientôt, ils commencèrent à étudier l’homme lui-même, et ayant pris pour type anatomique la structure des mammifères, ils y ramenèrent l’organisation humaine, et, trouvant, chez l’homme, un cordon blanchâtre, mince, étroit, se terminant- par un renflement, ils le regardèrent comme absolument identique à ce qu’ils avaient appelé processus mamillares chez les animaux, lui donnèrent le même nom, lui attribuèrent les mêmes fonctions, et voulurent qu’il fut creusé d’une cavité, bien qu’ils n’aient pu, en aucune façon, la démontrer.
D’autres, peu satisfaits de cette analogie, et voulant absolument trouver chez l’homme les équivalents des organes qu’ils voyaient dans les animaux, et jugeant le renflement terminal trop petit pour être le correspondant de ce qu’on avait appelé processus mamillares, cherchèrent au-dessus, et voyant là, comme chez les animaux, des masses s’avancer au-dessus des rubans nerveux, ils appelèrent ces masses, qui n’étaient autre chose que les lobes antérieurs du cerveau, tubera cerebri vel processus mamillares.
De sorte que, sous ce même nom, les uns entendaient le cordon nerveux et son renflement, les autres, les lobes antérieurs du cerveau. Ce sont ces dénominations vicieuses qui ont amené le vague et la confusion qui existent dans toutes les descriptions des anciens.
Vésale, le premier, s’éleva contre cette expression, et, entraîné par son siècle, il l’employa dans l’explication de sa figure.
Fuchs établit parfaitement la distinction entre les organes olfactifs et les lobes antérieurs, mais il ne peut la faire adopter.
Cependant Plater, dans ses figures, a soin de distinguer les organes olfactifs des parties antérieures du cerveau, tout en leur laissant le nom de tubera cerebri vel processus mamillares.
G. Bauhin les appelle aussi tubera vel processus cerebri, sed non mamillares.
Cassérius applique le nom de processus mamillaris au renflement terminal du cordon nerveux, sans plus donner de nom à la partie au térieure du cerveau, et dès lors cette erreur est chassée de la science.
Tous les anatomistes du XVll® siècle veulent qu’on différencie les
nerfs olfactifs des processus inainillares , c’est-à-dire les racines d’origine et le cordon nerveux d’avec le renflement terminal.
Or, les uns appellent nerfs les racines et le cordon nerveux, les autres, seulement les racines, ne considérant pas comme nerf cette substance large et blanche qui les unit au renflement.
Mais combien de noms ce renflement a t-il reçus depuis Galien jusqu’à nos jours ?
Galien l’appelle apophyse; Avicenne, addition subtile du cerveau; Mundini, caroncule mamillalre; Carpi le dit semblable à une massue; Palfyn, à une spatule; Duverney, à une petite patte; Deschamps, à une palette.
La plupart le dénomment, de nouveau, éminence, production mamillaire ou papillaire; Weilbrecht, extrémité renflée et ovale; Pfeffinger, papille; Vicq-d’Azyr, un renflement;-SœmmerIng, un bulbe cendré; Malacarne , Scarpa, Metzger, un ganglion; Blainvilie, Desraoulins, lobe olfactif; Serrés, lobule olfactif.
La plupart des anciens lui reconnaissent une cavité qui communique avec les ventricules, au moyen d’un canal dans le cordon nerveux. C’est en vain que Vésale s’efforce de renverser cette opinion admise d’après l’autorité de Galien ; que Schneider prouve que cette cavité 'n’existe pas, et que si elle. existait elle ne pourrait avoir l’usage qu’on lui suppose, puisque rien ne peut s’écouler du cerveau dans les nairnes; Rolflnck dit quelle n’a pu échapper à sa perspicacité; Fallope, Willis, soutiennent qu’elle est manifeste, et DIemerbroeck prétend que, bien que petite, elle peut admettre un stylet de fer ordinaire , et qu’il l’a démontrée plusieurs fois à ses élèves.
Vieussens n’a jamais pu trouver cette cavité et Slevogt assure qu elle devient très-manifeste par l’insufflation. Sœmmering, VIcq-d’Azyr^ Scarpa, Tiedemann, la nient sur l’adulte, quoiqu ils 1 aient observée chez les fœtus et les nouveau-nés. Gall et Spurzheim ne doutent pas qu’elle existe chez l’homme comme chez les animaux, et M. Sommé croit l’avoir aperçue avec une loupe sur un sujet infiltre.
M. Serres semble, mieux que personne, nous donner la raison de l’existence de cette cavité, en disant: le lobule olfactif est solide chez
rhomrae, le singe et les oiseaux à cause de son faible développemeni ; il se creuse au contraire chez les runainants, les rongeurs, les reptiles et les poissons en raison directe de son accroissement.
Avant Varole on ne connaissait point les filets d’origine; aussi fait-il à ses prédécesseurs le reproche de n’avoir connu que la moitié des organes olfactifs. Il indique deux filets médullaires.
Vanhorne d’abord, puis Vieussens, Sanlorini, Wlnslovv, Aimé Mathieu, attribuent, il est vrai, une triple origine au nerf olfactif: mais, dans leur description, ils ne parlent que de filets médullaires.
Sœmraering le premier décrit la racine grise, et Scarpa vient enfin démontrer la petite éminence cendrée qui lui donne naissance.
Mais de grandes dissensions s’élèvent sur le point du cerveau d’où partent les racines médullaires du nerf :
Varole les fait naître du cerveau près du trou auditif, entre le lobe antérieur et le lobe moyen.
Piccolhomlni , du quatrième ventricule et des corps striés;
Jean Riolan , des piliers postérieurs de la voûte qui retourne vers la base du cerveau ;
Ridley, des cuisses de la moelle allongée;
Winslow, Chaussler, des corps striés;
Sœmmering, des cuisses du cerveau;
Gall, Blehat, et la plupart des modernes , du cerveau même.
Sœmmering, Gall , Cuvier, Serres, réfutent et rejettent l’origine des corps striés.
Malacarne le premier émet l’opinion de connexion du nerf olfactif avec la radiation externe de la commissure antérieure.
Metzger, Rolando, Tréviranus adoptent cette opinion; le dernier ajoute un rapport avec la corne d’Ammon.
Meckel dit que la connexion avec la commissure antérieure établit une grande analogie entre les nerfs olfactifs et optiques.
Bailly nie la commissure des nerfs olfactifs chez l’homme, mais l’admet chez les animaux.
M. Serres enseigne que le filet externe correspond toujours à la pro- ;5/,— 1837.— N® 4tl. 12
éminence latérale du lobe de rhip[)ocampe, dont il est la continuation en dei)ots,et que ce rapport est à peine visible dans l’iiomme.
ÜesmoLilins n’admet chez l’homme que la connexion avec les circonvolutions postérieures de la base du lobe antérieur : il prétend, contre- Tréviranus, qu’il n’y a aucun rapport direct entre la proportion de l’hippocampe et celle de la racine externe.
M. Breschet cite des observations dans lesquelles les deux filets blanchâtres se dirigeaient en arrière vers la moelle épinière, et il en conclut que les nerfs olfactifs, existant dans des enfants privés de cerveau, ne tirent pas leur origine de cette partie de l’encéphale, ni des corps striés.
M. Lélut établit une relation entre le lobule d’hippocampe et les racines du nerf olfactif.
Garus n’admet pas de commissure entre les nerfs olfactifs chez l'homme.
M. Cruveilhier enseigne qu’un grand nombre de racines blanches profondes, divergentes, lui ont paru provenir de la commissure antérieure, et nullement des corps striés. 11 nie le rapport avec la corne d'Ammon, indiqué par Tréviranus.
Les anciens, Varole même, n’avaient point vu les filets sortant du bulbe; Massa les décrivit le premier, puis Schneider, Rolfinck, etc., etc. Il faut arriver jusqu’à nos jours pour que leur distribution dans les narines soit bien connue : c’est Scarpa qui en a donné la description la {)lus exacte.
Quelques anatomistes ont cru que ces filets nerveux communiquaient avec ceux de la cinquième paire; Winslovv, Garengeol, Lecat, affirment que cette anastomose a lieu au dessus de l’os cribleux ; mais Meckel la nie positivement et prouve qu’elle ne peut exister, les deux nerfs étant séparés par la dure-mère et s’engageant dans des trous différents.
Personne aujourd’hui, si ce n’est Meckel, qui dit exister une union entre les filets de la cinquième paire et les filets postérieurs et externes dcj nerf olfactif , n’admet celte anastomose à l’intérieur des narines, et
Tréviranus pose cette loi: aucun nerF d’un des organes sensoriaux supérieurs, qui se trouve placé à un degré plus élevé de formation, ne s’unit pendant son trajet avec un autre nerf hétérogène.
Quanta la nature même du nerf, les anciens avaient bien !-emarqué lasubstance grise dont se compose le renflement : Schneider observa la substance grise dans les nerfs à leur sortie du bulbe ; Vieuspens , avant leur entrée dans le bulbe. Weitbrecht note plusieurs sillons cendrés dans la longueur du tronc nerveux. Sœmmering, Pfeffinger, Scarpa, Metzger décrivent les différentes alternatives de stries blanches et grises que présente le cordon nerveux à sa partie inférieure, et M. H. Cloquet en admet jusqu’à sept. Scarpa démontre que la racine grise contient à son intérieur delà substance médullaire. Sœmmering, le premier, fit observer que chez le fœtus la proportion de substance grise est beaucoup plus considérable que celle delà blanche.
Sœmmering aussi le premier indiqua exactement la forme prismatique du nerf.
D’après les travaux des modernes , on est convenu de considérer le renflement terminal comme un petit lobe, un prolongement du cordon rachidien analogue au cerveau lui-même; comme une des paires de ganglions placés sur le prolongement de la moelle épinière, mais à l’état de vestige chez l’homme; et par conséquent on n’appellerait nerfs olfactifs que- les filets nerveux qui, émanés du- bulbe, vont se répandre dans les fosses nasales. Je ne doute pas que dans l’étude de l’anatomie comparée, cette manière d’envisager les organes olfactifs ne soit beaucoup plus rationnelle et plus philosophique; mais comme on accorde que chez l’homme ce ganglion est à l’état rudimentaire, et, qu’au contraire, le pédicule olfactif est au moins aussi développé que chez les auimaux pourvus d’une grande force d’olfaction, il me semble que l’anatomiste humain a droit encore d’appeler nerfs olfactifs, les racines, le pédicule et les filets nerveux qui se rendent aux narines, malgré la présence du ganglion surajouté; de même que l’on appelle nerf optique, les racines, les cordons nerveux, chiasma, etc. , malgré la présence des couches optiques, ganglion surajouté.