III. ~ Observation
« Un fœtus de sept mois, mort-né, présentait une double scission du voile du palais, sans trace de nerf olfactif.
(1) Journal des progrès. 1827; vol. lU, pag. .50 et suiv. J/.— 1837.— N° 441,
«Ces observations établissent la possibilité de la coexistence d’une double scission du palais avec l’absence des nerfs olfactifs et la confornaation vicieuse du cerveau; je n’oserais décider si cette coexistence est constante de toute nécessité. Une autre série de faits fera voir que les nerfs précités manquent dans quelques autres vices de conformation de la tête, par exemple chez les monstres nommés cyclopes, et lorsqu’au lieu de nez on trouve une sorte de trompe au front. »
« Dans tous les cas de cyclopes que je connais*(l), tant chez les hommes que chez les animaux, cettç conformation était accompagnée de l’absewce des nerfs olfactifs , de celle des fosses nasales, de la lame criblée, de la cloison osseuse et de l’os unguis, et il n’existait ni narines, ni fos.ses nasales. Au lieu du nez extérieur, on voyait, dans la trèsgrande majorité des cas, les téguments former un prolongement en foi me de trompe, au-dessus de l’orbite. Quant aux nerfs, ils manquent ou existent (2), selon que les organes auxquels ils appartiennent manquent ou existent eux-mêmes. Ainsi les nerfs olfactifs manquaient chez les monstres , dont les fosses nasales ne s’étalent pas développées , et chez lesquels le nez était représenté par un prolongement en forme de trompe qui recevait ses nerfs de la cinquième paire. »
« L’absence des nerfs olfactifs était généralement accompagnée d’un moindre volume des corps striés, et de l’absence ou d’un développement incomplet de la voûte et des cornes d’Ammon : ce fait est donc favorable à l'opinion de Treviranus, qui pense que la voûte et les cornes d’Ammon sont en rapport immédiat avec les nerfs olfactifs. » Une observation de M. Eugène Lacroix, sur un fœtus cyclope, publiée en 1833, vient d’apporter une nouvelle. confirmation aux faits cités par Tiedemann.
Sœmmering (3) rapporte aussi qu’un 'enfant du sexe féminin, chez
(1) Journal des progrès. 1827; vol. iil. p. 64.
(2) Journal des progrès. 1827 ; vol. m, p. 73.
(3) Disierlalio de base encephalh, \). 4.
lequel la place du nez était occupée par un trou, était totalement dépourvu de nerfs olfactifs.
Nous devons également rappeler un cas cité par Rudolplii (1) ; il concerne un enfant qui présentait un bec de lièvre, et qui, dépourvu de l’œil droit et du nez, l’était au?si des nerfs olfactifs et optiques du côté droit, ainsi que de ceux des troisième, quatrième et sixième paires du même côté.
Un enfant monstrueux, que M. Ollivier d’Arjgers a présenté à l’Académie de médecine (2), était affecté d’un bec de lièvre à droite, de manière que la cavité buccale se confondait avec la cavité nasale dont la cloison, déjetée à gauche, oblitérait la narine correspondante; il existait, en outre, deux tumeurs fronto-pariétales. L’enfant vécut dix jours. A l’autopsie. On constata, entre autres désordres, qu^la couche optique et le corps strié gauches existaient et formaient une tumeur arrondie qui se terminait brusquement, latéralement et un peu en avant, de sorte que l’épanouissement des fibres du pédoncule gauche ne se continuait que dans la partie antérieure du lobe cérébral. Ce pédoncule était entraîné à gauche, et le nerf optique correspondant avait subi une traction dans le même sens par suite de la hernie de tout le lobe cérébral. Nous n’avons pu retrouver aucune trace du nerf olfactif de ce côté : la fosse nasale correspondante était oblitérée.