‹ Observations anatomiques sur la sirèneChapitre 4 sur 11 · PLANCHE I · texte numérisé non relu

PLANCHE I

Protée ( Proteus anguinus Laurenti) de grandeur naturelle, en repos au fond de l’eau; sa tête forme un angle très-aigu avec l'horizon, car ce reptile a l'habitude, lorsqu'il se repose sur la vase, de tenir presque toujours son museau dirigé vers la surface de l’eau. Il a été copié avant que la lumière eût altéré sa couleur (**).

PLANCHE JL.

Fire. I.

Autre Protée, de grandeur naturelle, et étendu sur un plan divisé en pouces, d’après le pied de Paris. Cet individu, dont on donne ici la figure, avoit été prisenété; il a vecu trois jours,

(*) Ces planches, à l’exception de la cinquième, et de la sixième, sont celles qui se trouvent annexées à la Monografia del Proteo Anguino.

(**) Les branchies de ce reptile ne sont pas toujours si rouges comme on les voit dans cette figure; ordinairement elles sont un peu moins colorées , et paroissent un peu plus petites; de fois à autre elles sont d’un rouge pâle, et quelquefois même palissent tout-à-coup: ce dernier cas a lieu le plus souvent quand on lui renouvelle l’eau. Toutes ces nuances tiennent à cette circonstance, savoir, que la quantité de sang, qui se porte aux branchies, n’est qu’une portion de celle que le coeur envoie à tout le système, et cette portion est plus ou moins petite, selon les conditions dans lesquelles se trouve l’animal. Ordinairement quand il n’est pas irrité par la lumière, ou que l’eau, dans laquelle il vit n’est pas au-dessus de + 12 cent.de, et surtout quand il n’à pas mangé depuis long-temps, ses branchies sont d’un rouge pâle. La température + 3 ou + 4 cent.de, qui fait tomber en létargie les salamandres aquatiques, n’a aucun effet sur ce reptile, car il a toujours, même à cette température, son énergie ordinaire, et ne cesse pas de manger les lombrics de rivière, qu’on lui donne.

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LA f

4o on l’a dessiné et disséqué sept mois après. Son anus n’est qu’uue simple fente, dont les bords ne sont point saillants, mais dans les protées mâles d’un âge avancé, l'anus a quelque ressemblance avec celui des salamandres aquatiques, comme on peut le voir en examinant la figure pareille à celle-ci, qui est dans la planche en contre-épreuve.

Fic. II.

Le méme ouvert tout du long pour montrer les viscères en place.

a. Le coeur — b. Le tronc artériel qui naït de la base du coeur — c. sinus veineux — d. L'oreilleitte — e. Le péricarde ouvert — f. La veine cave postérieure — g. Le foie — h. Veines hépatiques — i. La vesicule du fiel — 1. Canal alimentaire — m. La vessie aérienne , ou le pseudo-poumon du côté droit — n. L'appareil genérateur du même côté, dans son état rudimentaire — 0 , o. les reins, dont on ne voit que les bords latéraux ou externes — p. Vaisseaux sanguins , allant du foie aux parois du bas-ventre : on a di les couper, en ouvrant l'animal, pour laisser les viscères en place — q. La vessie de l'urine , qui adhère par son fond aux parois du bas-ventre, c’est par cette raison , qu'elle se trouve jetée sur le côté — r. Cavité formée par la réunion des extrémités des deux conduits aériens.

Fic. IUT

Le même avec cette différence que le foie a été retourné, et les intestins ont été mis en développement, sans rompre cependant, les connexions établies par les replis du péritoine — a,b,c,d,e, h ont la même signification que dans la figure précédente (*).

(*) Dans la figure ombrée on voit l'artère qui se distribue à la vessie aérienne et dans l’autre, au simple trait, on voit les veines qui naissent de cet organe.

f. La veine cave postérieure — i. L’estomac — 1. La rate — m. La veine porte — n. L'extrémité postérieure du foie — o. Le pancréas, dont on voit seulement les bords latéraux — p. La grande veine mésaraïque — q. La vessie de l'urine, dans laquelle on a sufflé de l'air — r. Tronc veineux, qui porte dans la veine cave postérieure le sang revenu des muscles de la région dorsale du côté gauche — s. Appareil générateur du côté gauche, dans son état rudimentaire — t. La vessie aérienne du méme côté; elle adhère à l'appareil générateur à cause des vaisseaux sanguins, qui passent de La première au second — u. Tronc veineux, qui porte dans la veine cave postérieure le sang, qui a circulé dans la vessie aérienne et dans l'appareil générateur du même côté — x. Le rein du côté gauche — 7. Cavité commune formée par les deux extrémités des conduits aérifères.

Fire. IV.

La tête du même protée vue séparément et grossie.

a.a.a. Les trois membranes en forme de croissant, attachées aux bords convexes des arcs branchiaux du côté droit. Dans la planche ombrée les fentes branchiales sont fermées , mais dans l’autre au trait, ces mêmes fentes sont ouvertes.

Fic. V.

Protée, qui s’est coloré en rose en vertu de la lumière à laquelle il a été exposé de temps à autre pendant sa captivité; on l’a copié au moment où il veut, pour se soustraire à la lumière, s’élancer hors de l’eau. Ses branchies, n’étant plus soutenues par l’élément ambiant, pendent sur les côtés du cou.

Fic. VI.

Tête grossie, et une partie du tronc d’une larve de salamandre aquatique, qui touchoit au terme de sa métamorphose.

LE

a.a.a. Le reste des branchies , ou de leurs pedicules du côlé droit — b.b.b. Les trois fentes branchiales presqu’ entiérement oblitérées.

PLANCHE Ill.

Fre. I.

Le protée de la planche précédente, auquel on a enlevé le foie et le canal alimentaire, pour montrer les deux reins, les deux vessies aériennes, et les ovaires: ces derniers sont dans leur état rudimentaire.

c. Cavité formée par la réunion des deux extrémités des conduits aériens , qui a été ouverte pour faire voir, qu’elle est commune aux deux conduits — m.m. Les deux vessies aériennes, qui ont été éloignées des sinuosités des reins, où elles étoient logées: dans celle du côté droit, laquelle est représentée de profil, ton remarque l'arière, qui de la vessie passe à l’ovaire du méme côté, et s’y distribue — n.n.£ZLes deux reins — s.s. Les deux ovaires. Ils sont, chacun de son côté, dans le méme repli du péritoine, dans lequel se trouve la vessie aérienne — q.q. Les oviductes — g. Portion du rectum, qui a été rejetée vers la queue, pour faire voir, que les uretères et les oviductes se réunissent dans l'instant même, qu’ils perçoivent le rectum, où ils se terminent par une embouchure commune.

Fic. IT.

Tête du même protée. Le coeur et ses appartenances ont été rejetés en avant, pour montrer le caual en forme de cône, conduisant dans l’arrière bouche, l’air qui se dégage dans les deux vessies.

a. Le coeur avec son oreillette, et le petit sinus veineux — b. Canal très-court ouvert tout du long, dont la forme est celle d'un cône coupé longitudinalement. Il naït de la cavité commune formée par la réunion des ceux conduits aériens, et donne , par une très-petite ouverture (Fig. 4.d.), dans le fond de la bouche.

Fic. JT.

Autre protée vu de côté et un peu de face,

a. Narine du côté droit; on y remarque deux rangées de pores — b. Repli de la membrane buccale, qui est couvert presque entierement par la lèvre supérieure (*).

Fic. IV.

Tête d’un protée dont le crâne, après avoir été fendu le long du côté droit, a été retourné de manière à faire voir tout le plancher de la bouche.

a. La langue — b.b. Les cornes antérieures de Los hyoïde; elles sont couvertes par la membrane muqueuse, qui tapisse la bouche — c. narine interne, qui est située entre la lèvre supérieure, et l'os du palais — d. Embouchure du canal en forme de cône , qu’ on voit en-b. Fig. 11. — g. Facette articulaire de l'os tympanique — e.e. Fenies branchiales ; deux de chaque côté.

Fic. V.

Autre protée, dont le corps a été ouvert le long du côté droit, pour montrer les organes mâles de la génération. Les viscères sont à leur place naturelle, si l’on en excepte toutefois le racourcissement du canal intestinal, qui a eu lieu

(*) Chez ce reptile la membrane buccale forme, en dedans de la lèvre supérieure, un repli, une sorte de seconde lèvre, qui se déploit toute les fois que l’animal ouvre la bouche. Cuvier a pris la fente qui est entre la lèvre supérieure et le repli, dont je parle, pour le canal de la narine (voyez son mémoire sur les reptiles douteux ). Cette bévue me parut si étrange, que par égard à ce grand Anatomiste, je n° ai pas voulu la relever, mais afin de la lui faire connoître, j’ai fait exprés ce dessin, où l’on voit la narine, et le commencement du repli de la membrane buccale, Guvier a reconnu cette méprise et l’a rectifiée.

44 | vraisemblablement, parceque l’animal aura été mis dans l’esprit de vin lorsque ses intestins étoient encore irritables.

f. Le foie — g. Vésicule du Jiel — m.m. Les deux wessies, ou les deux pseudo-poumons — n. L'uretère du côté droit, qui longe le bord du rein du méme côté, auquel il adhère — +. Le canal alimentaire — p. Extrémité du rectum, qui a été fendue pour montrer en v. le sphincter — s.s. Les deux organes mâles de la génération — q. Partie interne de l'anus, dont la surface est sillonée — 0. La vessie de l'urine.

Fric. VI.

Autre protée, dont les viscères ont été rejetés sur le côté droit, pour montrer les organes femelles de la génération.

f. Le foie — m. La vessie aérienne du côté gauche, qui dans cet individu n'étoit pas ovale, mais très-alongée — n. Rein du côté gauche — c. Son uretère — s. L'ovaire du côté gauche , qui a été rejeté sur le rein du côté opposé — q. Oviductus du côté gauche — 0. La vessie de l'urine — 1. Le canal alimentaire — p. Extrémité du rectum , qui a été fendue, pour montrer L'orifice de la vessie, et L orifice commun des uretères, ainsi que des oviductes.

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