‹ Observations archéologiques sur les églises de RomeChapitre 12 sur 16 · M . D . XXXVIII · texte numérisé non relu

M . D . XXXVIII

Tableaux. — Les plus anciens sont peints sur bois et à fond d'or : on en voit à Saint-Laurent in Damaso, à Sainte-Marie-au-Transtévère, Saînie-Françoise Romaine, Saînte-Marie-des-Monts, Sainte-Marie de la Consolation, Sainte-Marie du Peuple, Saint-Augustin, etc. Les uns sont byzantins et les autres du Moyen-Age italien.

Depuis trois siècles, ils sont peints sur toile et à Thuile, Ils ornent généralement les retables des autels.

Quelquefois les retables reproduisent en moSraïque des originaux renommés,comme à Saint-Pierre, à tous les autels latéraux ; à Saint- Jean-de- Latran, dans la chapelle Corsini ; à la Chiesa nwoi;a,au-dessus du corps de S. Philippe Néri.

Tombeaux. — Les toriibeaux primitifs sont des plus simples : c*est une dalle de naarbre, gravée d'une courte épitaphe. Plus tard, nous trouvons les sarcophages de marbre dans lesquels le défunt est enseveli.

Trois de ces sarcophages, historiés de scènes de TAncien et du Nouveau Testament, méritent, à Saint-Pierre, une mention spéciale ; ce sont ceux de Junius Bassus et tes deux classés sôus les numéros 108 et 159.

Le Moyen-Age garde le sarcophage, mais au lieu de sculpter la partie antérieure, il y étend une draperie ou inscrit Une épitaphe, couche la statue en relief du défunt sur le Couvercle, puis abrite le tout par un dais architectural.

11 n'existe pas de tombeaux complets ou mausolées, antérieurs au XII® siècle, -et encore ceux de cette époque que Fou remai^ue à Saint- Laurent hors-les-murs, aux SS.-Côme et Damien et à Sainte-Marié m Co*merfm, sont-ils incomplets et nïulilés.

Plus nombreux et plus élégants, ceux du XIII* siède se distinguent par la statue couchée du défunt, sculptée avec art et assez ordinairement

abrkée sous un dais orné au tympan d'une fresque ou d'une mosaïque. Les plus intéressants de cette époque sont à Sainte-Marie in ara cœh\ à Sainte-Marie-Majeure et à Sainte-Marie-sur-Minerve. Du même genre devait être le monument de Boniface VIII. A Saint-Laurent hors-lesmurs, le dais est devenu un véritable ciborium au tombeau du cardinal Fieschi.

Le Moyen-Age romain,qui aimait le travail tout fait et respectait l'antiquité, ne s'est pas fait scrupule de donner pour soubassement à ses tombeaux des sarcophages antiques, quel que fût d'ailleurs le sujet sculpté à la partie antérieure, comme on le voit encore à Sainte-Marie m ara cœlt\ à Saint-Basile-sur-l'Aventin, à Saint-Paul hors-les-murs et à Saint- Laurent hors-les-murs. A Saint-Pierre, Grégoire V, Pie II et Pie JII ont été ensevelis dans des sarcophages chrétiens .

Le XV® siècle et le commencement du XYI** admettent encore la statue couchée du défunt et Tencadrent de fines sculptures, auxquelles se mêlent tantôt les saints patrons, tantôt les Vertus. L'art ici atteint son apogée et ses œuvres sont si nombreuses à Saint-Augustin, à Sainte-Praxède, à Sainte-Marie-Majeure, à Sainte-Sabine, à Sainte-Marie-sur-Minerve, à Sainte^Marie-du-Peuple, à San-Cosimato, à Saint-Clément, etc., que je renonce à les compter. Le dais est supprimé et remplacé par une espèce de retable, où sont sculptées en bas-reliefs des scènes évangéliques.

Les deux tombeaux sculptés par André Sansovino, à Sainte-Marie-du- Peuple, caractérisent Tépoque de transition. Le défunt n'est pas mort, il s'est relevé et accoudé pour regarder le spectateur.

Dès lors, les personnages sont debout ou assis, voire même à cheval, comme aux SS.-Apôtres et à Sainte-Françoise-Romaine.

Aux XVII® et XVIIP siècles, l'esprit chrétien reparaît, lorsque le défunt est représenté à genoux et priant. Mais presque toujours la fantaisie domine et elle fait grand étalage de marbres, de têtes de mort, de squelettes et d'emblèmes.

Michel-Ange, par son tombeau de Jules II, imprima Tessor aux artistes, qui, ne se renfermant plus dans les sages limites du passé, reproduisirent, invariablement le même type, toujours dans des proportions plus grandes que nature, ce qui donne aux tombeaux l'aspect de véritables monuments. Or ce type est celui-ci : une statue du pontife, assis ou debout entre deux vertus. Tels sont depuis Léon X, à Saint-Pierre, à Sainte-Marie-sur- Minerve et ailleurs, tous les tombeaux des papes. Je ne fais d'exception que pour ceux de Sixte V, de Paul V et de Pie VI, dont les statues sont pieusement agenouillées et débarrassées de ces grandes femmes qui souvent n'ont de vertu que le nom.

lie Moyen- Age, par sa simplicité de bon goût et son ordonnance sans prétention, laisse bien loin derrière lui tous ces tombeaux fastueux, dont le meilleur n'est même pas comparable comme art aux gracieuses productions de la seconde moitié du XV' siècle, qui seule mérite le nom de Renaissance^ car, aussitôt après, la décadence commence et marche à grands pas.

L'on peut citer, quoique mutilés, conmie types de cette époque intelligente et habile, les tombeaux de Paul II et de Galixte III, qui sont des chefs-d'œuvre, trop oubliés dans leur obscure retraite.

Urnes. — En plusieurs églises, comme Saint- Nicolas m careere^ Samte- Bibiane, Saint-Barthélémy- en-FIle, Sainte-Marie m Cosmedin^ Sainte- Croix-de- Jérusalem, on a transformé des urnes ou baignoires antiques en autels. L'élégance de la forme^ le respect pour l'antiquité, la commodité de ces blocs de marbre tout taillés et qu'il suffisait de couvrir d'une table, la facilité que Ton avait de déposer à Tintérieur les corps saints, ont été des motifs suffisants pour les faire adopter telles qu'elles étaient, sans modification aucune.

Les artistes des deux derniers siècles toutefois se sont permis, et bien à tort, d'y ajouter des ornements en cuivre doré, tels que des palmes, le monogramme du Christ, etc.

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