LA VERITË SUR CERTAINS SCEAUX ET MARQUES
11 importe, au nom de Tari et du bon sens si souvent outragés, de dire, moins à leurs auteurs qu'au public intelligent, la vérité sur une foule de sceaux ou de marques de fabrique qui affichent des prétentions pieuses ou ecclésiastiques. En signalant ce qui est défectueux à plus d'un point de vue, je ne me flatte pas, bien entendu, d'amener les coupables à résipiscence, mais uniquement de prévenir, le cas échéant, de pareils écarts : car à quoi servirait de rectifier le présent si l'avenir ne devait pas en être meilleur?
4. Une association catholique ouvrière s'est composé des armoiries, qui se blasonnent ainsi : de gueules, à une croix d'or, tré/lée et alésée ; en cimier, un, nom de Marie dans une gloO^e : devise sint vnvm.
Cette devise est bien choisie. Elle exprime Yunion, qui est, en efi*et, le but direct de l'association. Seulement elle me choque par deux endroits: elle n'est pas à sa place et elle est en latin. Laissons cette langue aux ecclésiastiques et aux savants : évidemment elle n'est pas faite pour des ouvriers qui n'y comprendront rien et qui même, après se l'être fait expliquer, ne la retiendront pas. On pouvait dire^ l'équivalent en français, mais c'est moins sonore et moins pompeux ; il n'y avait qu'à chercher. Notre langue se prête à la concision, quand on la possède à fond. Un ouvrier l'eût trouvé ce mot heureux,Jsi on l'eût consulté, car la langue populaire a l'immense avantage d'être, en bien des cas, plus substantielle et plus topique que notre verbiage littéraire. Un ecclésiastique, directeur ou aumônier, |[a passé par là : on le sent de prime abord.
C'est une manie de nos jours de placer la devise en bas; qu'on
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la remonte en tête de Técu, d'où elle n'aurait jamais du descendre .
Une croix tréflée, sacrifice aux idées courantes sur le Moyen-Age. Mais à quoi bon une croix ? Est-ce pour justifier le titre de catholiquél Ici cette croix est banale, parce qu'elle ne renseigne pas sur l'objet de l'association : il était bien plus simple d'y mettre le chiflfre de la Vierge, puisque l'œuvre est sous le patronage de Notre-Dame, Mais une faute en amène une autre : ce chiffre est devenu le cimier du blason, en sorte que la Vierge domine la croix ; c'est juste l'inverse qui serait exact. Le monogramme rayonne ; il a son auréole, insigne refusé à tort à la croix, dont l'Eglise chante pourtant dans une de ses plus belles hymnes : Arbor décora et fuigida. Il y a de ces convenances qu'il faut savoir observer.
Le chiffre se compose de l'initiale M qui s'enlace à la finale A pour faire maiAâ et non pas Ave Maria, comme on le répète à tort. La tournure des lettres est en gothique de fantaisie, où je n'ai à critiquer qu'un détail : les jambages de l'M sont surmontés chacun d'un point, comme si c'était un I. Le monogramme est ainsi substantiellement altéré dans sa forme traditionnelle, car il laisse soupçonner deux lettres qui ti'en font pas partie. Le moindre détail mérite donc attention, sous peine de faire fausse route.
Ain^i, trois objets et trois fautes : l'artiste n^'a pas été chanceux.
2. c( Une croix penchée, enlacée d'une banderole et plantée dans une cdùrôhne de inàrquis ». Ainsi deux symboles et leur explication normale. La devise est ainsi conçue : Prière, ordre, travail. Sa place régulière serait aiitour de la marque, car elle ne se réfère pas exclusivement à la croix, qui peut cependant motiver les deux mots prière et travail, car c'est la croix du Sauveur devant laquelle on prie, et la croix encore, qui, imposée sur les épaules, à titre de fardeau, rappelle là parole évangélique : Que chacun porte sa croix et me suive.
Cette croix û'est pas droite, mais inclinée. Michel Vintras, allant plus loin. Voulait que la croix fût portée horizontalement par ses adeptes ; car, au jour de la régénération, elle devait se redresser <i*elle-lnêmô et faîi*e teconnaitrè les fidèles. L'inclinaison, qui n'est pas des plus esthétiques, peut donc encore être suspecte à un certain point de vue.