LE TRIPTYQUE DE CONSTANTIN AU VATICAN
Le triptyque du Vatican, attribué à Constantin, est du genre de ces deux que décrit l'ouvrage du comte Riant : Exuvùe sacrœ Constantinopolitatiœ (Genève, 4876), I, pag. 425, 4 50.
Le moine Gunther, de l'abbaye de Pairis, raconte qu'après la prise *de Constantinople par les croisés, il rapporta, en 4207, à Philippe, empereur des Romains, h domine Philippe, serenissimo imperato ri », un tableau, en or gemmé, contenant des reliques et deux grosses pierres: sur l'une d'elles était sculptée la crucifixion et sur l'autre la majesté de Dieu. Ce tableau se suspendait au cou de Tempereur à l'aide d'une chaîne d'or, lors des solennités.
« Tabulam videlicet quamdam inestimabilis fere pretii, auro et genunis pretiosis operosissime exornatam et plurima sanctarum reliquiarum gênera, longe auro et gemmis pretiosiora, ibi diligeuter recondita, continenteni ; quam tabulam Grecorum imperator, in solemnibus festis, velut quoddam certum pignus împerii, gestare consueverat, de coUo suo catena aurea dependentem ; cui tabule, prêter aurum vel alias gemmas quamplurimas, jaspis unus mire magnitudinis infixus est, passionem Domini sibi inscultam et béate Virginis et Joannis evangeliste ymagines hinc inde assistentes : est etiam sapphyrus ibi quidam admirande quantitatis, cui divina majestas (que nuUa prorsus ymagine proprie representari valet, artiflciose tamen ita ut fieri potuit) insculpta est » .
Je ne connais pas de saphirs ainsi sculptés, mais j'ai signalé au musée chrétien du Vatican, dans ma Bibliothèque Vaticane, plusieurs petits médaillons byzantins, en jaspe et historiés, qui ont perdu leur monture. On fit même, à cette époque, des imitations en pâte de verre, et le même musée en possède quelques échantillons.
Dans la relation du transport d'un morceau de la vraie croix à Bramholm en Angleterre, il est question de cette relique enfermée
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dans une thèque précieuse, qu'à l'exemple des empereurs Grecs, le nouvel empereur Beaudouin avait oublié de porter dans une bataille.
« Erat autem (in capella sua) quedam sancta crux, ab antiquo lempore de ligne dominice crucis secta, in quadam theca preciosa recondita, quam imperatores secum asportare consueverant in belle cum inimicos sues expugnabant, ut per virtutem sancte crucis de hostibus possent triumphare. Factum est postmodum quod împerator Balduinus duxit exercitum suum contra regem Blakum, apud Adrianopolim civitatem Tracie, septimana Pasce, oblitusque est secum ferre predictam crucem, sicut morîs erat. Quapropter misit festinanter pro predicta cruce predictum capellanum, sibi familiarem, usque Constantinopolim ».
La tradition romaine a donc son côté vrai. La croix ainsi enchâssée a pu être portée dans les combats au cou d'un empereur byzantin ; mais rien n'autorise à croire qu'elle ait pei'sonnellement appartenu à Constantin. Sa présence sur le triptyque, commune sur les objets de cette espèce, ne suffit pas pour le lui attribuer sûrement.