OBSERVATION VIT
UxE jeune enfant de 9 ans, habitant, Île plus souvent, une campagne voisine d'une côte marécageuse , y contracta d’abord la coqueluche ; depuis , une fièvre intermittente irés-irrégulière , et qui résista à toutes les médications pendant dix-huit mois. Il survint de vives douleurs à la tête ; leur siége principal était la nuque. Elles se répandaient ensuite au crâne, vers les oreilles et jusque dans Îes orbites : les sens de la vue et de l’ouie devinrent délicats, faciles à offenser par les plus Jégères sensations. Lorsque nous vimes Ja malade , elle était dans un état de maigreur extrême ; la fièvre était continue, mais avec des exacerbations quotidiennes très-prononcées , précédées même de frissons ; le plus souvent , l'insomnie et le dégoût étaient complets. Les douleurs de la tête paraissaient jouer le principal rôle , et l'altération de deux sens rendait très-suspect l'état du cerveau.
Cependant , l'attitude de Ja tête fixa notre attention. Elle était singulière ; mais elle avait été attribuée jusque-là à l'habitude que la
jeune malade avait prise de tenir sa tête à deux mains, comme pour la presser et chercher à soulager ses douleurs; d’ailleurs, elle craignait l'impression de la lumière, et cette attitude pouvait être prise pour un soin propre à s'en défendre. Cependant, un examen plus attentif fit découvrir de meilleures raisons. |
L'enfant placée debout , ses bras pendans le long des côtes, la tête se trouva penchée sur l'épaule gauche et la face tournée à droite. Cette attitude était fixe; on pouvait en varier le degré, mais on ne pouvait la faire cesser. La première vertèbre cervicale avait suivi la tête dans cette double inclinaison : le mouvement s'était porté entre la première et la seconde vertèbre , et un peu aussi entre la seconde et la troisième. Audessous était une incurvation prolongée , qui ramenait la tête et les trois premières pièces cervicales à droite ; elle comprenait tout le reste de la région du cou et la moitié supérieure de celle du dos.
En examinant avec attention le point où paraissaient s'être consommés les mouvemens qui constituaient la difformité réelle et primitive , on y trouvait de l'epgorgement pro-
A 2 LR A al us. à SX ART RÉ
fond, qui correspondait aux articulations des trois premières vertèbres. La maigreur du sujet permettait de constater exactement par les rescifs osseux le siége positif des objets remarqués : ainsi, l’on put s'assurer que des douleurs dont le foyer était dans ces mêmes articulations, étaient le véritable motif des soins que l'enfant se donnait pour conserver exactement et constamment la même attitude. C'était là aussi la cause de la fièvre qui subsistait depuis si long-temps , et que l’on avait si vainement combattue par le quinquina et par toute autre médication.
Quant à la courbe prolongée à sinus gauche , que formait presque tout le reste de l'épine , elle était évidemment un balancement subsidiaire , uniquement propre à rétablir l’équilibre , et opéré par l’action des muscles : la preuve en fut acquise par la facilité avec laquelle elle s'effaçait par le decubitus en pronation , et par la plus légère traction exercée alors sur les membres inférieurs.
— Voilà donc un fait qui présente un exemple d'incurvations latérales au nombre de deux seulement ; mais, l’une est placée à l'extrémité supérieure de l’épine , et l’autre
ec tel LD. ARR.
anne cer itatt Li AAA
# d re | / FEU a #: | Le cnntet LÉ RAA IALA Cleulll
(42) est répandue au-dessous ; la supérieure ne comprend que trois vertèbres, l'inférieure en embrasse seize; la première forme dans un court espace, un sinus plus profond que celui de la seconde dans toute l'étendue da dos ; la courbure supérieure est fixe et douloureuse , l'inférieure est variable et indolente. Ces différences suffisent pour établir des dates et des motifs différens entre les deux courbures. Il est incontestable que la supérieure est l'état morbide, et que l'inférieure n'est que la conséquence du besoin d'équilibrer le poids du corps. Mais, l'état douloureuxet l’intumescence du foyer morbide méritent une attention particulière, en ce qu'ils signalent une catégorie spéciale dans les conditions des organes intéressés : ces phénomènes ne permettent guère de douter que les surfaces fibro-cartilagineuses des deux premières vertèbres, l'appareil fibreux qui leur est commuu avec la tête , le fibro-cartilage et les ligamens communs à la seconde et à la troisième , ont été mis dans un état inflammatoire, dont l'intensité a dû être plus grande d'un côté que de l’autre; état qui a déterminé l'inclinaison dela tête et des vertèbres vers le côté où le mouvement soulageait le
CAE Lai Ël n dE 0.
d'u UESre nétuS
% ni ité Tu 3 ü ARR &
she « À LR La ssl
# # os FR ë ù CES jp JS SE 4 # De jf f Fo 4 Fr Pal à Ÿ à CE Ce De, a: e . J OP " n.
4) # à a d w LA # ÿ Le L se FN ES À : f os #h 2 AB, sd À x 5 ; il Ka £ : AE 44 "à 4 F fe 2 Fe À à LS SE Log. p° Le Î #3 TFC D dé \& , 3 RAR ñ ps ut" Ua #. Re ÿ étonne Eur 7 € FD DRE 27 ; É à c; LS { 43 | è PT OUI , JS d'a,
plus les douleurs, En effet , le repos , le decubilus permanent ,pendantun certain temps, ont produit d'abord un grand soulagement ; mais, des effusions sanguines , des topiques émolliens, des anti-phlogistiques plus énergiques n'avaient pu , jusque-là, que débiliter la malade sans la soulager : ce qui porte à croire que l'état inflammatoire n'avait pas
l'acuité, nous dirons presque la sincérité qu'il présente dans les mêmes organes , lorsqu'il est provoqué par un agent extérieur , une chute, une profonde contusion , etc. Car, nous montrerons plus tard, par la nature des moyens par lesquels une guérison parfaite a pu étre obtenue, que l'inflammation était de la nature de celles que l'on connaît dans les sujets débiles appelés Jymphatiques , et qui sont si exposés aux lésions organiques.
OBSERVATION VIII. (Planche IV:)
Uxe demoiselle , âgée de 22 ans, douée d'une taille ordinaire , d'un développement assez régulièrement proportionné , éprouva des douleurs à la région lombaire , que l’on crut devoir attribuer à quelque altération dans Ja marche des fonctions menstruelles. Cependant, ses épaules parurent perdre leur
niveau ; la gauche s’éleva , et la tête parut portée à droite. Il survint alors des coliques prolongées , de l'oppression et de la toux.
Deux ans se passèrent ainsi, pendant lesquels la malade usa de médications variées, sans aucun avantage. Les déformations firent alors des progrès qui les rendirent sensibles pour tout le monde. Nous fûmes consultés.
La malade avait maigri. Son pouls était habituellement fréquent , sa température élevée, et trés-souvent un état de fièvre décidé se manifestait et durait plusieurs jours. Quelquefois une bronchite légère , une irritation passagère de la membrane muqueuse des voies alimentaires, semblaient liées à l’état fébrile et en donner l'explication ; mais, le plus souvent , la fièvre était sans motif connu. Les menstrues avaient perdu leur régularité, ei chacune de Icurs époques était l’occasion de nouvelles souffrances lombaires et abdominales. L'examen des viscères du ventre et de la poitrine n'y fit rien découvrir qui püt servir à expliquer de pareils symptômes.
L'examen de l'épine en donna la clef. Les trois dernières vertèbres lombaires s'étaient inclinées réciproquement et sur l'os sacrum,
formant ainsi une courbe dont le sinus étais
ägauche. Les pièces ascendantes de la même région semblaient continuer cette même marche par une ligne oblique ; mais, toutes celles de la région dorsale étaient ramenées à droite et formaient une seconde courbe prolongée, bien plus étendue , plus dense et servant de balancement à la première. En soulevant la malade par la tête, on effaçait , en grande partie , la courbe supérieure; l'inférieure même perdait une portion de son sinus, mais bien moins que l'autre et avec un peu de douleur. Cependant , la pression exercée, soit sur les apophyses épineuses , soit sur Îles transverses, ne causait point de douleurs.
— L'état de difformité de la région lombaire pouvait servir à expliquer Îes phénomènes morbides qui étaient inexplicables sans cela. Un traitement que nous exposerons plus loin , fut entrepris ; et son succès , quoique incomplet, ainsi qu'il avait été prévu, démontra que , en effet , il n’y avait pas d'erreur. Nous pouvons dire ici par anticipation , que du moment que, par l'effet du traitement , les vertèbres lombaires ne portèrent plus que momentanément le poids du corps, les phénomènes morbides diminué-
à » PET ui lutin LÉ 57 au bé À diet | vu Nr sis
(46) rent et disparurent. Déjà les progrès de Îa déformation étaient sensiblement arrêtés ; et jorsque l'on eut réussi à diminuer l'étendue de l’incurvalion première , la santé se rétablit; la malade recouvra ses forces, son emnbonpoint et la faculté de résister aux variations atmosphériques , à l'influence desquelles elle était si sensible auparavant. Ce qu'il faut faire ressortir de ce fait en ce moment, est Je léger état de douleur que l’on provoquait éncore apres deux ans , mais seulement par l'extension de l'épine et nullement par la pression. Ce phénomène et la diminution de Ja difformité lombaire dans la même épreuve, démontrent que les articulations inter-vertébrales étaient relächées, et que l’'engorgement des parties fibro-cartilagineuses qui les forment, était de nature inflammatoire, comme Je précédent. Cependant, la mobilité était bien moins grande que dans d’autres cas déjà cités, et la douleur ne pouvait être provoquée par l'extension, c’est-à-dire , par un effort qui s'appliquait à toutes les vertèbres à la fois et à toutes leurs articulations : c’est qu'il y avait deux ans que la maladie avait commencé , et que déjà une partie de l'intumescénce qui la constituait, avait diminué,
L'épreuve de l'extension , le corps étant debout, c'est-à-dire, tout le poids du corps faisant Ja contre-extension, est une des meilleures pour connaître le véritable état des choses sur ce point. On a dû remarquer qu'il a été employé en même temps , dans la même vue, des pressions successives sur les apophyses épineuses et transverses. Les praticiens anglais ont pratiqué avec succès ce mode de recherche sur les apophyses épineuses seulement.
Nous avons retiré souvent un grand parti de la pression des des transverses, parce qu'elle imprime à l'os correspondant un mouvement de rotation bien propre à faire manifester une mobilité peu étendue , et surtout un foyer douloureux difficile à reconnaître par toute autre épreuve, et cependant utile à saisir , parce qu'il peut signaler le véritable point de départ de la maladie.
I n'échappera d’ailleurs à personne , que ce fait est là surtout pour montrer un exemple de déformation essentielle du bas de la région lombaire, avec un seul balancement symptomatique, ou , si l’on veut, subsidiaire placé au-dessous.
Les exemples de formation de deux courbures subsidiaires sont si communs , que
(48) nous pourrions nous dispenser d'en citer pour démonstration ; cependant , nous allons placericile suivant, comme intéressant en même temps sous d'autres rapports.