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(62) courbe supérieure, la plus profonde , formait une excavalion dans le côté gauche de Ja poitrine par la rétraction des côtes correspondantes, dans Jaquelle semblaient logés Je bord supérieur et l'angle postérieur de l'omoplate correspondante. De là , l'apparence que cette épaule aurait comme disparu , selon Je langage de la mère. La courbe suivante et opposée ayant aussi rétracté les côtes correspondantes, l'épaule droite n’était ni élevée , ni saillante, comme on aurait dû s’y attendre ; elle paraissait dans son niveau naturel :
circonstance remarquable , en ce qu'elle est caractéristique. Les deux contours suivans étaient plus sensibles, quoiqu'ils fussent moins prononcés , et le dernier même moins encore que le troisième. Mais , ils étaient à nu ; les omoplates ne les couvraient pas. Le dernier surtout, qui anticipait sur les vertèbres lombaires , en avait rendu les apophyses transverses droites saillantes , par l'effet d'un mouvement de rotation que nous allons bientôt exposer , et qui rendait ce point d'un aspect fort disgracieux. La région inter-scapulaire , au premier coup-d'œil , présentait une disposition qui n'eût point signalé comme remarquable le point correspondant de l'épine,
si l'expérience ne nout eût tenu sur nos gardes ; le bord postérieur des deux omoplates, particulièrement celui de la gauche, était comme perdu dans les parties molles du dos.
La crête formée par les apophyses épineuses était également enfouie. On ne pouvait prendre une idée exacte de l’état deschoses, qu’en portant les bras fortement en devant et les croisant sur la poitrine : en entraînant par là les omoplates sur les côtés du thorax, nous pûmes dénuder la région postérieure , et connaître la véritable disposition de l’épine et des côtes, qui en avait suivi les os déplacés. Les bras, abandonnés à leur propre poids , ramenaient les omoplates sur les parties déformées de l'épine et en dissimulaient complétement les défectuosités. En cet état, le dos avait l’apparence d'être entièrement aplati. Ces parties étaient indolentes : la pression la plus forte exercée sur les apophyses épineuses ou transverses ne produisait aucune sensation; il n'y avait jamais eu de douleur dans la région de l'épine.
Il n'était pas difficile de concevoir les motifs des anomalies que présentaient les fonctions du poumon et du cœur : la distension des branches antérieures des paires dorsales
(64) desnerfs spinaux, entrainées dans la déviation des points correspondans, suffisait pour les expliquer, Ileûtété bien difhicile , en cet état, que la nutrition fût prospère. La restauration de la colonne vertébrale était donc l'indication fondamentale. Les moyens ordinaires y furent employés ; ils améliorèrent singulièrement l'état général de la santé. Le cours des difformités fut arrêté, une partie même fut effacée ; mais , il s’en fallut de beaucoup que Ja restauration füt complète, et cependant les muscles prirent un grand développement.
La jeune personne acquit les plus belles proportions , et une force dont on ne l'aurait jamais crue susceptible.
On conçoit aisément que des formes si spéciales dans les difformités de l’épine, pouvaient avoir quelque chose de spécial dans les causes; mais, on voit dans une même famille , plusieurs individus difformes présentant chacun des formes particulières, quoiqu'il soit probable que des dispositions natives communes ont influé sur la formation des unes et des autres.
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(65) OBSERVATIONS XI et XII. ( PI. XLIX etL.)
Uxe famille opulente , habitant une grande ville, a eu la douleur d’avoir deux demoiselles atteintes de difformités de l'épine. Les parens sont fortement constitués et jouissent d'une santé constante. Les deux enfans sont bien venus , et n’ont eu que les incommodités familières à leur âge. Il est vraiment impossible d’assigner une cause manifeste de l'événement qui a aflligé leur famille, à moins de l'attribuer à l’action d’un rhumatisme, qui, en effet, n'est pas sans quelque probabilité.
L'aînée des deux demoiselles éprouva, à 8 ans , des douleurs vers les lombes et une déviation remarquable qui portait les deux premières vertébres lombaires à droite, et bientôt une autre, d'abord médiocre , mais qui, dans la suite , devint bien plus étendue, et qui rejetait le dos à gauche , avec les épaules et la tête. Plus tard, une troisième inflexion s annonca dans les dernières vertebres cervicales, et, comme la supérieure , elle rejetait à gauche la tête et le thorax, et complétait ainsi avec elle le rétablissement de l’équilibre. Des moyens insuffisans n'ont pu, ni arrêter , ni effacer de pareilles déformations ,
(06) qui subsistent encore, mais qui n'ont pas empêché la jeune malade d'acquérir beaucoup de force et une bonne santé.
La cadette, bien plus faiblement constituée, éprouva, à la suite d'une maladie aigué dont elle était encore convalescente , des douleurs à la région de l'épine, qui s'étendirent à la tête, au point de produire d'abord des vertiges, puis quelques instans d’extase et de délire. Ces accidens se renouvelérent souvent et furent combattus par des sangsues appliquées, tantôt sous les oreilles, tantôt à l'épine. On s’apercut bientôt d’une déformation de l'épine à la région lombaire ; qui en avait été rendue saillante et contournée à gauche.
Elle nous fut présentée, un an après la manifestation des premiers symptômes ; elle avait alors près de 14 ans. Sa taille était assez élancée ; mais les muscles étaient presque nuls. Il y avait, parfois, des battemens du cœur assez remarquables par leur force. Les douleurs à la tête étaient fréquentes ; celles étaient très-vives ; elles duraient vingt à trente heures ; elles étaient accompagnées d'une forte injection de la tête et d'un état de siupeur très-prononcé. Après ces souffrances , Ja jeune malade conservait de la tristesse pendaut
deux jours ; après quoi, toute trace s'effaçait complétement. L'état de l’épine était tel que la région lombaire tout entière formait un seul et grand foyer d'inflexion latérale et oblique en arriére et à gauche, courbure dont le sinus était tourné à droite ; au-dessus , le dos présentait trois autres courbures alternalives , décroissantes , plus courtes et moins profondes, mais toutes fixes.
IT était probable que les méninges du rachis avaient éprouvé une affection primitive ; que l’épilepsie était fort à craindre dans un avenir très-prochain. Un rhumatisme était la cause la plus vraisemblable , d’après les précédens. Des ventouses scarifiées à l’épine, des cautères avec la potasse dans les mêmes points, n'eurent pas d’abord un succès fort encourageant ; il fut même assez évident que les douleurs que ces procédés entraînaient , ajoutaient à la susceptibilité nerveuse, déjà très-remarquable. Il devenait plus probable par ces premières tentatives, que les déformations de l’épine étaient pour beaucoup dans les prodromes d’épilepsie , qui nous avaient beaucoup occupés. Il fallut donc employer les procédés propres à combattre les difformités ; et la diminution de celles-ci, au point
(68) 'être presque entièrement effacées, fut suivie d'un amendement rapide de ces symptômes
aflligeans, et peu à peu de leur extinction totale.
Voilà donc deux sœurs, avec l'identité que leur origine et les apparences de leur constitution permettent de supposer frappées probablement par une cause semblable , éprouvant, toutes les deux , des difformités de l’épine , mais chacune d’une manière trèsdifférente. Sans doute , il doit y avoir, quant au fond des choses, de grandes analogies entre les déformations de l’épine que nous conparons ici. Cependant, celles à foyers multiples ne peuvent pas être confondues avec les autres; leur apparition est ordinairement
spontanée , et, à part le prodrome , la manière .
dont elles s’accomplissent , est bien différente. Ii est surtout fort remarquable que chaque nouveau point de l’épine envahi aussitôt, perd sa mobilité et conserve son inflexion : on a
vu, d’ailleurs, que le diagnostic a des diffi-.
cultés particulières. Enfin , le traitement est loin d’être toujours aussi satisfaisant que dans les autres espèces, quelques soins que l'on se donne.
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Les inflexions latérales de l'épine à foyers multiples , présentent une autre disposition qui leur est propre et que nous allons exposer : cest une torsion qui incline la région antérieure des vertébres vers le côté opposé à celui auquel correspond le sinus de l'inflexion latérale. Ce phénomène est connu, il a été signalé par les écrivains ; mais, il n’a peut-être pas obtenu toute l'attention qu’il mérite. Il est propre à l'espèce dont il s’agit ici, ctil se répète , le plus souvent, à chacune des inflexions latérales , à mesure qu'elles se succèdent. C’est là ce qui mériterait, à juste titre, l'épithète de serpentine curvature, que l'on pourrait traduire par ophédiorachie.
Si l'on prète quelqué attention aux ma- :
nières des jeunes personnes en proie aux déformations de cette espèce , on observera aisément quelles ne se placent jamais droit dans un siége. Elles se placent toujours notablement de côté ; elles s'appuient fortement , soit sur l’un des accotoirs , soit sur le dossier du siége, en faisant une rotation de la partie supérieure du corps, pour atteindre le point d'appui auquel elles tendent. Il en arrive tout autant devant une table à laquelle elles sont assises , ou devant tout autre point