‹ Observations cliniques de la taille et des membres ... accompagnées d'un atlasChapitre 24 sur 107 · AAA UE · texte numérisé non relu

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__ Il est encoreune espèce de difformité qui se montre assez souvent, qui dépend sans doute de causes bien variées , et sur laquelle on n’a que des données très-vagues. Elle a été appelée torticolis , et consiste dans l'inclimaison de la tête vers une épaule , avec ou sans rotation permanente de la tête du côté opposé à celui de inclinaison. Nous ne devons dire là-dessus que ce qui nous est bien connu , et ce qui peut passer réellement pour difformité.

Il sera question plus loin de l'affection tuberculeuse des vertèbres , particulièrement de leurs apophyses transverses ou obliques , qui donne lieu aux plus prolongées et aux plus difficiles à guérir de ces difformités.

Nous ne devons pas faire mention de laffection paralytique des muscles sterno-mastoïdiens. Nous parlerons seulement de deux espèces qui sont peu connues, et qu'il importe de distinguer.

Une affection rhumatique des surfaces articulaires s’exercant sur les apophyses obliques, donne souvent lieu à l'inclinaison de la tête et à la rotation du côté opposé. Les surfaces enflammées sont douloureuses , le sentiment instinctif de la douleur à éviter, déter-

mine une inclinaison et une rofation constantes de la tête, propres à éviter ce contact et surtout la pression. Le rhumatisme pouvant se prolonger indéfiniment à l’état chronique, l'attitude vicieuse qui en résulte , ne cesse pas plus que lui. |

On peut distinguer l'espèce, en ce que Île point douloureux de la colonne vertébrale est en arrière et latéral, répondant au côté de la rotation de la tête et à l'opposé de celui de linclinaison de l'oreille. On sent, en effet, que celte combinaison porte l’apophyse oblique inférieure de la vertébre supérieure , audessus et en arrière du niveau de l'apophyse oblique supérieure de la vertèbre inférieure. Le muscle sterno-mastoïdien du côté sain est tendu , mais dans la veille seulement : il est relâché dans le sommeil , et l’on peut le surprendre en cet état et faire un effort de restitution, auquel rien ne s'oppose alors que la doulcur. La tête ne peut être ramenée à sa position naturelle, qu’autant que toute douleur , toute sensibilité insolite ont entièrement cessé dans les surfaces articulaires malades.

Une contracture musculaire, surtout celle qui résulte de l’inflammation des muscles

sterno-mastoidiens, peut donner lieu au même phénomène : alors, la face est tournée du côté sain , et l'oreille inclinée du côté ma- Jade. D'ailleurs , le muscle sterno-mastoïdien contracturé est tendu constamment , et oppose à la restitution de la tête une résistance, qui ne peut être vaincue qu'avec le temps et par des efforts progressifs.

Une auire espèce de rotation permanente de la face avec inclinaison de Ja tête en sens opposé , est déterminée par la briéveté native du muscle sterno-mastoïdien.

OBSERVATION XVIH.

Nous avons vu une jeune enfant, née avec la rotation permanente de la tête à droite et l'inclinaison de la tête à gauche, au point que l'oreille de ce côlé reposait sur l'épaule correspondante. Le muscle sterno-mastoïdien gauche était court, et l’équilibration simple de son antagoniste donnait pour résultat la position vicieuse que nous venons d'indiquer. La nature de l'affection a été complétement justifiée par la nature du traitement , qui a réussi et que nous indiquerons plus tard.

S- V. Incurvation angulaire de l’épine.

Nous comprenons dans cette dénomination les affections connues sous le nom de maladies de Pott , qui constituent les lésions organiques les plus graves des vertébres.

Il paraît bien démontré aujourd’hui, que le développement de tubercules dans la propre substance des vertèbres, est la véritable raison de Ja maladie dont il s’agit. La dénomination de carie , appliquée par presque tous les écrivains à cette lésion, quand elle était inconnue dans sa nature, doit cesser maintenant que l'on peut déterminer l'espèce d’altération qui détruit, dans ces cas , la substance des vertèbres , et que l'on peut assigner son analogue dans les lésions des parties molles.

Ainsi, nous conserverons la dénomination d'affection tuberculeuse des vertébres, consacrée par l’un de nous. La distinction introduite par un autre écrivain et suivie par un grand nombre , en carie superficielle et carte profonde , doit être entendue comme celle qu'il faut admettre entre les tubercules qui naissent sur un point des surfaces extérieures et libres des vertèbres , et ceux qui se

forment dans l'intimité de la propre substance de ces mêmes os. Il n’y a point de déformation primitive dans les cas de la première espèce; elle résulte nécessairement des lésions de la seconde.

Un point important de l'histoire des lésions de cette espèce, si ulilement discuté dans ces derniers temps, et presque à la fois, cn Allemagne par le savant Wantzel , et en France par le professeur Delpech , consiste en ce que , en général, les périostes ne périssent pas, du moins en totalité, dans cette espèce d'affection, et que cette membrane conservant ses propriétés malgré les épreuves morbides dans lesquelles elle se trouve si long-temps engagée , reproduit des lames, des masses osseuses autour des vertèbres perdues, très-capables avec les secours de l'art, de suppléer tout ce qui manque. Ce travail de nutrition appliqué à la restauration des vertèbres, est extrémement précieux; c’est lui qu'il faut avoir en vue dans tout le cours de la maladie.

Décrire ici cette dernière dans toutes ses phases , serait déplacé et superflu : il ne doit entrer dans ce travail que ce qui a des rapports directs avec les déformations de l'épine,

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