‹ Observations cliniques de la taille et des membres ... accompagnées d'un atlasChapitre 50 sur 107 · Des V'art · texte numérisé non relu

Des V'art

Dans les vari , qui sont les plus fréquens, la pointe du pied est basse et inclinée en dedans ; on ne peut, sans vaincre la résistance des muscles du mollet, ramener le pied en devant et en dehors. Le bord externe est plus bas que l'interne. Le premier pré-

| (484) | sente une convexité marquée dans sa longueur, et le second , une concavité. Le talon est court , mince et suspendu assez haut derrière l'articulation tibio-tarsienne.

Cette difformité s'accroît à mesure que le corps se développe ; remarque fort im portante et qui ne permet pas d'attribuer à Îa marche une trop grande part dans la production de la maladie , puisque celle-ci existe et s'accroît notablement , avant que la déambulation puisse s'exercer. Il est même notable que les enfans atteints de cette infirmité, marchent tard et mal par l'effet de l'affection elle-même.

Les progrès de la déformation courbent extrêmement le pied vers sa région plantaire. L'iucurvation se fait autant dans le sens de la longueur, que dans celui de la largeur.

En même temps la masse entière du pied exécute un mouvement de rotation selon son

\ grand axe, en vertu duquel le bord interne est relevé et l’externe abaissé. Mais, le talon ne suit qu'imparfaitement l'inclinaison et la rotation du pied ; il est surtout fortement et de plus en plus rétracté en haut. Son inclinaison en dedans est beaucoup moindre

que celle du reste du pied , et entraîne dans

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Ja même direction le tendon d'Achille ; et, si l'on fait passer une ligne idéale par le grand axe du pied en cet état, cette ligne forme une courbe prolongée, dont le sinus est tourné obliquement en dedans et en haut.

Il n’y a pas une de ces attitudes vicieuses, qui ne soit sollicitée par une force considérable. Un effort peut lutter contre toutes et les effacer jusqu’à un certain point ; mais il doit être fort, soutenu et compliqué, car il faut qu'il s'exerce selon la même courbe que je viens d'indiquer.

La réduction complète est encore possible pendant les deux premières années de la vie; mais, plus tard, et surtout lorsque les malades ont marché , le déplacement est bien plus grand et l'effort de la main ne sufhit plus pour l’effacer. La rotation du pied et son enroulement vers la face inférieure, sont portés alors au point de diriger le dos du pied en bas et sa face plantaire en haut.

Cette conversion est complète d’abord à la région antérieure , les os métatarsiens sy prêtent plus aisément que le reste du pied ; mais, peu à peu elle tend jusqu'au point que le pied ayant totalement passé de dehors en dedans, laisse à découvert la malléole

externe , sur laquelle se fait réellement enfin une partie de la déambutation.

La tension des muscles du mollet est le premier phénomène anatomique apparent.

Dès que le pied tourne sensiblement en dedans , le tendon d'Achille forme une corde saillante et dirigée obliquement en bas et en dedans : en même temps, le calcaneum a cessé d'entrer dans l'axe du pied; il semble en avoir rompu la ligne par une inclinaison en haut et en dedans. En donnant de l'attention aux progrès de la déformation, on la voit découvrir successivement les surfaces articulaires des os, à mesure qu'ils s'inclinent : on sent comme à nu sous Ja peau , une partie de la trochlée de l'astragale , l'extrémité antérieure du calcaneum , la région supérieure de la tête de l'astragale , l'ouverture du cuboïde , etc. Il s'est fail donc un glissement successif des os sur leurs surfaces articulaires , qui en change totalement les rapports et dénature les conditions de leurs Jligamens.

L'anatomie démontre , en effet, que Îles ligamens sont alongés , affaiblis sur le côté duquel les os se sont éloignés ; que ceux du côté opposé sont bien plus solides et plus

courts; que les surfaces articulaires semblent d'abord étendues du côté où se fait le déplacement. Mais, plus tard , c’est l’inclinaison de ces mêmes surfaces qui, est réellement changée , comme si la coupe des os dont elles font partie , avait été vicieuse dès le principe.

En l'état d'exagération du déplacement que nous venons de dépeindre , et longtemps auparavant, la marche est difficile et pénible ; le sol est foulé par des saillies os- Seuses , recouvertes d'une peau dépourvue des conditions nécessaires ; au bout de la jambe n'est plus cette voûte, seule capable de porter , sans fatigue , le poids du corps. La peau s'enflamme , s’ulcère fréquemment aux points saillans ; les cicatrices se couvrent

enfin et avec peine de lames d'épiderme ac-

cumulées, formant une sorte de corne , imitant fort imparfaitement la semelle de la région plantaire. L'inflammation se transmet aux surfaces articulaires sous-jacentes ; elles deviennent raboteuses , elles s'unissent pour jamais.

Cependant , les muscles de la jambe et de la cuisse n’ont pu se livrer aux efforts de contraction auxquels ils étaient destinés : leur

nutrition en a langui; ils sont ruinés , atrophiés et presque impuissans. Néanmoins, il ne faudrait pas attribuer à la seule inaction , l’atrophie de ces muscles; il est des cas dans lesquels on trouvait , en même temps, l'articulation du genou mal conformée ; et, si les os de cette partie sont unis avec des conditions propres à rendre ainsi leur développement imparfait, comment concevoir que les muscles n'aient pas partagé la même disgrâce ?

a. Des Valgi.

Das l'espèce opposée, le pied est tourné en dehors ; mais, dans les cas de cette espèce, il n’y a qu’un simple déplacement de la totalité du pied. Il n’y a point de torsion, il n'y a pas d’enroulement. La direction selon laquelle le déplacement s'opère, est oblique en dehors et en devant: la pointe du pied est élevée , ainsi que le bord externe; le talon est abaissé ; la face dorsale est appuyée sur la face externe de la jambe , c’est-à-dire , sur la région qu’occupent les muscles extenseurs.

Il y a tension de ces mêmes muscles; ils soulèvent même quelquefois la peau corres-

pondante jusque vers le milieu du dos du pied , et ils résistent à une force qui tend à opérer la réduction. Cependant, la résistance n'est jamais aussi grande que celle des muscles du mollet dans les difformités de l'espèce opposée. |

Il n'y a pas d'autre déplacement que celui qui s’accomplit dans l'articulation tibio-tarsienne ; les os du pied gardent leur situation respective.

La déambulation est fort pénible et presque impossible avec cette difformité, lorsqu'elle se conserve ; mais, elle est facile à réduire, et il est rare qu'on ne l'efface pas en bas âge.

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