Du Pes equinus
LE pied est incliné directement en bas , et , dans quelques cas extrémement rares et qui en sont le maximum , il est enroulé en dessous , au point que sa pointe est dirigée en arrière.
La tension du mollet et du tendon d'Achille est encore le premier phénomène sensible, comme dans les vari; mais , dans l'espèce dont il s’agit en ce moment , la tension oc-
cupe toute la région postérieure de la jambe,
On ne peut ramener le pied en devant et en haut, sans agir en même temps, et sur l'ensemble de sa masse et sur celui des orteils : ces derniers sont entraînés dans le sens de la flexion , aussi distinctement et aussi fortement que la masse entière du pied dans celui de l'extension.
Alors , les déplacemens particuliers des os, les déformations de leurs surfaces articulaires ont lieu dans cette espèce comme dans Îles vari , et l'on en sent facilement la raison.
Une condition générale commune aux trois espèces, est une briéveté native des muscles vers lesquels le déplacement s'est opéré.
Dans les vari , le défaut de développement paraît borné aux muscles du mollet ; il intéresse les muscles extenseurs des orteils, quelquefois les muscles péroniens, ou bien le jambier antérieur seulement , dans les vatgi. Le vice frappe la totalité des muscles de la jambe dans le pes equinus, surtout porté au plus haut degré de développement.
Quand la maladie commence, lorsqu'un enfant vient de naître avec le principe de l'un de ces déplacemens , c’est tout ce que lon peut constater. Le reste se manifeste plus
CT) tard et n'en est évidemment que des conséquences. Le point de doctrine me paraît s0lidement établi par les discussions dont il a été l'objet , et doit servir de base aux principes du traitement thérapeutique dont ces difformités sont susceptibles.
B. Pecds-bots accidentets.
Divers accidens qui ont rompu l'antagonisme entre les muscles qui agissent sur le pied , ont donné lieu fortuitement aux mêmes difformités. Les observateurs ont noté comme autant d'occasions qui ont amené ce résultat, la paralysie des muscles fléchisseurs ou extenseurs ; la destruction d'une partie des mêmes muscles par des blessures ou par la gangrène ; la contracture de ces mêmes Orga= nes ; la nécessité d’une position inclinée permanente , imposée par un ulcère à la plante du pied; des suppurations profondes des articulations des os du pied et la coarctation qui accompagne leur guérison.
Le progrès et le résultat des déviations de cette espèce sont en tout couformes à ce que l'on observe dans les pieds-bots natifs: re- Marque qui autorise le classement méthodi-
que que nous leur assignons , et qui éclaire , en même temps , l'étiologie des pieds-bots natifs: on voit les causes des pieds-bots accidentels, dans tout ce qui altère l'antagonisme des muscles ; la même cause se présumerait ; d'après les mêmes données , si elle n'était démontrée d’ailleurs.
S. V. Vices de développement des os et des muscles des membres.
CE que nous allons exposer ici, n’a guère été observé que dans les membres inférieurs, et ce que nous allons en dire, doit leur être particulièrement appliqué.
Nous avons déjà noté que les muscles psoas etiliaques manquent quelquefois d'une partie de leur développement normal (1) , et nous en citerons un exemple remarquable, à propos de la thérapeutique : le principal effet qui en résulte, est le défaut d’équilibration du bassin sur les membres inférieurs.
(1) De l’'Orthomorphie ; chap. L., art. IV, $. IX: