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qui détermine des gibbosités pouvant siéger exclusivement ou dominer dans un point , et ce point pouvant être placé plus ou moins près de telle ou telle extrémité de l'épine, il est très-important de pouvoir calculer la valeur de l'effort qui se trouvera appliqué au point altéré, c'est-à-dire, à des os et à des ligamens affaiblis , moins denses que dans l’ordre naturel et pouvant être rompus.
A la vérité, la suspension du corps peut être partagée par l'effort d'extension appliqué aux aisselles; mais, le calcul que nous venons de présenter, n'en serait pas moins appréciable à chacune des moitiés en particulier : que Von n'imagine pas d'ailleurs, que ce partage soit aussi réel qu'il est apparent. Si tous les. muscles qui de l'épaule se rendent et s’insèrent au tronc, au-dessous de l'effort appliqué aux aisselles, pouvaient recevoir ce même effort, ce seraient les pectoraux , le grand dorsal et le grand dentelé qui le propageraient, mais seulement aux côtes et au sternum , et nullement à l’épine., Mais, ces muscles ne peuvent remplir un pareil office ; il faudrait qu'ils fussent toujours tendus , et lon sait bien que l'action des muscles est essentiellement intermittente : la preuve que dans
(208) le cas dont il s'agit , ils sont bien ‘dans un état de distension passive et ne font même pas l'oflice de lien , c’est que les membres pectoraux sont souvent engourdis par Ja pression des béquilles sur le plexus nerveux axillaire. Les muscles ne sont donc pas le moyen de transmission de l'effort d'extension exercée par les béquilles, et cet effort ne peut être transmis à une partie du tronc que par les ciavicules. Mais , ces os s’articulent avec le siernum : c'est donc sur ce dernier os que l'effort arrive par les ligamens de l'articulation sterno-claviculaire. Le sternum doit entraîner les côtes en haut , ce qui n’est guêre capable d'agir sur les vertèbres ; car , toute inflexion de l'épine relâche plus ou moins les articulalions costo-vertébrales. En définitive, c’est une véritable illusion que l'espèce de partage de l'extension que l'on a cru pouvoir exercer sur la tête et les aisselles ; celle qui peut agir réellement sur l'épine, s'applique exclusivement à la tête et fatigue beaucoup plus les articulations vertébrales supérieures que les inférieures. Il faut donc aussi se tenir pour bien averti que, si, par l'effet de la difformité que l'on entreprend de constater, les articulations vertébrales supérieures peuvent
être suspectées de peu de solidité, c’est exposer les malades à de grands dangers, que de les soumettre à l'extension , le corps étant assis.
3° Extension , 4e corps étant debout,
L'avaxrace de ne pas priver les malades de l'exercice, a fait imaginer des instrumens qui prennent leur point d'appui au bassin, soutiennent l’épine, soit par la tête , soit par les aisselles.
Levacher inventa un corset portant un tuteur pour suspendre la tête, et des emmanchures qui forcaient sous les aisselles.
Chesser, en Angleterre, a renouvelé la même invention , en y ajoutant divers points de compression.
Le docteur Portal imagina des béquilles arrétées sur une ceinture, que des praticiens. ont renouvelées de nos jours.
Tous les mécaniciens ont rivalisé de zèle et d'habileté pour cacher dans l'épaisseur d’un corset , de quoi dissimuler la difformité réel’, en même temps, exercer des pressions plus.
ou moins violentes sur divers points saillans, repousser en arrière ou de côté, le cou et.
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( 294 ) la tète, enfin exercer l'extension entre Îles aisselles et le bassin.
On a vu dans les promenades de Paris, comme on en avait vu dans celles de Londres , de jeunes personnes dont le corps et Ja tête ne formaient qu'une pièce, par un de ces instrumens de suspension appelé mtnerve.
Enfin , un de ces moyens de suspension, mais qui na pas de contre-tirage et nul point d'appui ou de compression du bassin , consiste dans des béquilles plus hautes qu'il ne faudrait pour laisser appuyer la plante des pieds, et qui , ne laissant arriver jusqu’au solque la pointe des pieds, doivent supporter le poids du corps. L'intention est de faire du poids des parties inférieures le contre-tirage de l'extension.
Ce que nous venons de dire du vice de l'extension pratiquée sur la tête dans l’atti-: tude assis, s'applique nécessairement à la même extension pratiquée sur le corps debout. Il faut en dire autant certainement de l'illusion relative à l'extension pratiquée sous les aisselles. La première a Je:tort , si elle est exercée sérieusement, de faire courir des dangers au malade ; la seconde a celui d'en im-
poser , pendant toute son action, sur Îles effets que l'on peut espérer, parce que , en tenant habituellement les épaules trop hautes , elle cache parelles l’état de la difformité , et, par conséquent, clle dissimule la vérité touchant les résultats réels et ce que l’on peut se promettre du traitement. Ceci s'applique incontestablement aux béquilles longues , tout comme à celles qui peuvent faire partie d'un corset.
Mais, un vice commun à tous ces moyens d'extension applicables au corps debout ou Jibre , vice qui a été signalé par presque tous les écrivains anglais , et notamment par
Bampfield , Harisson , Hard et Shaw , consiste en ce que leur usage servant à maintenir érigée la colonne vertébrale sans le concours des muscles , ceux-ci tombent dans l'inertie et même dans l’atrophie. Ce vice est d'autant plus grave qu’il seconde singulièrement une des plus déplorables, la plus déplorable de toutes les tendances qui résultent des différentes gibbosités de l’épine ; car, ainsi que nous l'avons rappelé ci-dessus , surtout à propos des pieds-bots , il est démontré que tout muscle dont les extrémités sont plus ou moins rapprochées entre elles que dans
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l'état naturel , perd d’abord de son énergie , et bientôt après, de sa propre nutrition ; d'an autre côté , il est bien reconnu que tout muscle quicesse d'agir, tombe dans l’atrophie. Or, lorsque l'épine est déviée , les muscles du côté convexe sont distendus, ceux du côté concave sont relâchés ; les uns et les autres perdent, par cette méme disposition , une partie de leur aptitude contractile. Si un instrument de suspension vient soutenir l’épine et dispenser ces mêmes muscles de toute contraction , le repos les jette nécessairement dans l’atrophie , ou plutôt accélère cette altération résuilant déjà directement de la déviation.
Ce vice n'a pas été concu à priori. Au contraire , on avait concu partout les plus grandes espérances de l'usage des points d'appui inhérens au corps , et que les malades pourralent transporter partout avec cux , sans qu'ils fussent privés des précieuses ressources de l'exercice. Il a fallu que lexpérience vint démontrer dans les mains des praticiens de bonne foi, que l'on avait concu des idées fausses et qu'il y avait plus à perdre qu’à gagner dans l'usage des moyens de cette espèce.