Arch. de Phys., 1887, p
CR O0 encore pris la forme définitive, comment se fait-il que les cellules situées à l’intérieur des fibres musculaires, plus jeunes, aient déjà atteint ce degré de développe-
ment? » De plus, dans certain cas, les noyaux muscu-
-laitres peuvent prendre un aspect fusiforme, aussi Cris-
tiani pense-t-il à une erreur d'interprétation.
Voici quelles sont les conclusions de son étude: « Les altérations produites dans les muscles sont variables.
« Dans un grand nombre (ceuxquicontiennent des éléments adultes) le tissu musculaire disparaît par atrophie simple, par suite de compression. Le sarcome est alors une tumeur relativement bénigne.
« D’autres fois, dans les sarcomes malins, il y a réaction du muscle par une prolifération cellulaire, d’abord du tissu conjonctif interstitiel, plus tard aussi dans les fibres musculaire. Le sarcolemme peut disparaître et laisser libres les corpuscules musculaires (noyaux) proliférés.
« Il n’est pas démontré que ces corpuscules devenus libres se transforment en éléments sarcomateux ».
Depuis Cristiani, la plupart des auteurs qui ont étudié ce sujet ont fait naître le sarcome dans le tissu conjonctif interfasciculaire, etn’ont attribué à la fibre musculaire qu’une dégéné: escence granuleuse ou granulo-graisseuse sans participation aucune à l’accroissement dela tumeur.
Schœæffer a vu, à la suite de pénétration du sarcome dans le tissu conjonctif périfasciculaire, la fibre musculaire se couder, et prendre un aspect vermiforme, mais jamais d’après lui, il n’y a pénétration directe de la cellule sarcomateuse dans la fibre musculaire. Ainsi donc il con-
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— 90, — firme le travail de Cristiani, De même Ziegler lui donne aussi raison.
Schlieter considère le tissu musculaire comme devant être regardé comme des éléments passifs qui se détruisent sans réaction, pour lui, comme causes de la formation néoplasique, il faut reconnaître d’abord la participation des éléments endothéliaux des vaisseaux, et ensuite celle des noyaux du tissu conjonctif, irrité probablement par le voisinage de la tumeur.
Dans un travail tout récent, M. Regaud étudie un fibrome musculaire à évolution maligne, que, dit-il, la plupart des anatomo-pathologistes auraient considéré comme un fibro-sarcome. Cela nous paraît en effet être une forme mixte, tenant lemilieuentre le fbromeet le sarcome, et ne différant de ce dernier néoplasme que par le petit nombre d'éléments cellulaires.
Examinant d’abord une coupe transversale du muscle à un faible grossissement, il trouve une fasciculisation exagérée du tissu musculaire, s’étendant même aux faisceaux primitifs. C’est du tissu fibreux qui dissocie ainsi le muscle, À un plus fort grossissement, on voit en certains points des amas plus ou moins considérables de cellules jeunes, dont un grand nombre ont pour centre un vaisseau sanquin; aussi sans rejeter absolument l'hypothèse de leur origine vasculaire, M. Regaud pense qu’ils sont les points
d’accroissement interstitiel qu’on rencontre dans tous les
fibromes en voie d'évolution ; mais il existe un rapport :
étroit entre la néoformation vasculaire et les amas de cellules jeunes. Les fibres musculaires ont un diamètre
moindre qu'à l’état normal et elles peuvent arriver à dis-
AA; peu
paraître complètement ; leurs contours sont nets jusqu’au moment de la disparition presque complète, mais jamais on n’observe de morcellement, témoignant d’une attaque de la fibre par les cellules ambiantes. Les cellules .embryonnaires se trouvent assez loin de la fibre musculaire, et en sont séparées par du tissu fibreux dense. Il résulte de cette constatation que la phagocytose ne joue aucun rôle dans la disparition de la substance contractile. C’est d’ailleurs ce que nous avons indiqué un peu plus haut. Les noyaux musculaires sont très augmentés de nombre, surtout les marginaux; quant aux noyaux intérieurs, qui ne se rencontrent normalement que dans les muscles de la grenouille et du lapin, on peut en compter trois ou qua-
tre sur une même section de fibres. L'augmentation du
nombre des noyaux et l'apparition de’noyaux intérieurs
sont des phénomènes précoces, car on les observe sur des fibres musculaires à diamètre normal.
A un certain moment, le sarcolemme, qui était épaissi et apparaissait sur une coupe avec un double contour, est étranglé par le tissu fibreux, et éclate, laissant libre les fibrilles musculaires. Si l’on suit un cylindre primitif en particulier, on voit qu'il ne tarde pas, après s’être écarté de ses voisins, à s’égréner en ses éléments constituants,
à la manière d’un tœnia qui perd peu à peu ses anneaux.
La substance contractile fragmentée paraît donc être l’ob-.
jet d’une digestion de la Part des cellules musculaires elles-mêmes. « Les cellules de la tumeur ne semblent jouer aucun rôle dans la disparition des éléments musculai-
res. »
Recherchant alors ce que deviennent les noyaux,
M. Regaud dit: « Nous pouvons conclure que les noyaux musculaires n’ont pas le même sort que la substance contractile; ils ne disparaissent pas. » C’est à cette conclusion que nous étions arrivé en examinant nos préparations. Quand les fibres musculaires commencent à s’égréner, les noyaux, d'après l’auteur, s’entourent d’une masse de protoplasma finement granuleux, constituent ainsi des cellules qui tombent au sein du tissu néoplasique. Ces nouvelles cellules présentent encore longtemps des marques de leur origine. Se demandant alors quel-est le sort de ces éléments néo-formés, M. Regaud conclut ainsi (1): « Peuvent-ils, une fois libres, proliférer dans le sens néoplasique? C’est une question que nous ne pouvons pas trancher : elle est sur la limite des faits de la théorie.
{S'il ne nous paraît pas positivement démontré que les cellules de provenance musculaire peuvent continuer à se développer après être devenues libres en donnant des cellules-filles néoplasiques, ce fait ne nous paraît pas impossible.
« Quant à la substance contractile, produit d’élaboration du produit musculaire, elle disparaît sous l’action de ce même protoplasma. »
Mais plus tard, une nouvelle théorie prit naissance. Etant donnée l’extrême vascularité, et la présence de vaisseaux en voie de développement, c’est-à-dire avec des pointes d’accroissement, on attribua au sarcome une origine musculaire. Cette théorie a été souvent défen
due par M. Pilliet, et exposée tout au long dans la thèse