Arch. de med. expérim., 896. p
de Chambe : « Le sarcome n’est pas, comme le disent la plupart des auteurs, une tumeur embryonnaire, parce que, comme le faisait remarquer Ch. Robin, le tissu embryonnaire n'existe pas, l'embryon étant fatalement composé de tissus complexes.
« D’autre part, le sarcome encéphaloïde des muscles, des aponévroses, du périoste et de los, n’a pas d’équivalent normal dans les tissus de l'adulte, à part le tissu hématopoiétique de la moëlle des os. La loi de Muller exigeant que le type du tissu d’une tumeur se retrouve dans un tissu normal de l’adulte ou de lembryon, c’est donc dans les tissus de l’embryon que nous devons cher- cher celui qui est le point de départ du sarcome musculaire encéphaloïde. Or, ce sarcome est surtout caractérisé par la présence de points vasculaires d’accroissement, par la présence de cellules myéloplaxes formatrices de globules rouges, de capillaires néoformés sans parois distinctes, de cellules à hémoglobine tapissant ces capillaires.
« Les formations de néo-vaisseaux sont aussi nettes et aussi évidentes dans le sarcome que la formation de globes épidermiques dans les cancroïdes; il s’ensuit que le sarcome encéphaloïde des membres, dans lequel on retrouve toutes les figures de la formation des vaisseaux sanguins et des globules rouges, ne peut être attribué qu'à un seul tissu, le tissu formateur des vaisseaux et des globules sanguins, le parablaste de His, que l’on peut aussi appeler tissu angioblastique.
« Ceci explique la formation de ces sarcomes dans le
jeune âge et leur siège dans les tissus qui deviendront
AT plus tard aponévrotiques, mais qui sont surtout, chez l'embryon, composés de tractus vasculaires autour desquels s'organisent lés masses musculaires que ces tractus doivent nourrir ». |
Dans la thèse de Guitton, M. Pilliet avait déjà décrit des ‘altérations très curieuses des fibres musculaires (1). Faisant remarquer que, dans des coupes pratiquées à des niveaux différents, c’est-à-dire, soit sur les limites de la tumeur, soit dans la tumeur elle-même, on rencontre des gaînes très épaisses de tissu conjonctif, provenant de la prolifération du tissu conjonctif propre de chaque faisceau musculaire, et présentant à leur centre, dans le premier cas des capillaires sanguins, dans lé second des fibres musculaires en voie de dégénérescence, il veut démontrer la métamorphose de la fibre musculaire en capillaire sanguin. En effet, dit-il, 1 y a prolifération des noyaux à l’intérieur et à l’extérieur du sarcolemme. Ceux qui sont situés dans l’intérieur s’entourent de protoplasma, forment ainsi de véritables cellules qui, en s’étendant les: unes vers les autres, constituent un véritable endothélium. Quant à la substance musculaire, elle s’atrophie et dégénère, laissant ainsi un vide entre le sarcolemme et elle-même, vide qui deviendra la lumière du néo-capillaire. Ces nouveaux vaisseaux sont donc constitués, comme Îles capillaires ordinaires, par une gaïne amorphe avec un endothélium; l’hémoglobine du tissu musculaire pourra servir à la formation des globules sanquins, ce
qui complète encore l’analogie.